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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 21:19

Samedi 25 Juin

 

Temps gris, humide et bouché.

Repus, nous nous dirigeons par la N1 vers le musée de plein air de Laufás, c’est une ancienne ferme de tourbe construite entre 1860 et 1870,  très bien rénovée.

La façade est composée de plusieurs maisons accolées, en bois peint en

rouge et blanc, l’arrière est en tourbe brute empilée en quinconces, le toit est recouvert d’un épais gazon.

10-Laufas 10-Laufas2

10-Laufas3

 

 

 

 

 

Entre 20 et 30 personnes vivaient dans cette ferme, ils cultivaient les terres fécondes, pêchaient du poisson dans les rivières proches, et ramassaient le duvet d’eider.

 

 

10-Laufas5

 

 

 

 

 

 

 

 

Au fronton d’un des pignons, une sculpture en bois peint représente « la dame à l’eider ».

 

 

 

 

 

10-Laufas4

 

 

 

 

 

 

Une très jolie petite église ceinte de son cimetière jouxte l’ensemble.

La visite ne commence qu’à 10h, nous n’attendrons pas l’ouverture.

 

 

Nous continuons vers Akureyri et longeons l'Eyjafjörður (le fjord de l’île) jusqu’à Dalvík un petit village de pêcheurs dont la moitié de la ville fut anéantie par les éboulements propulsés par la montagne proche, lors du tremblement de terre de 1934.

10-Dalvik.jpg

                                                                  Photo Wikipedia

Au large, l’île de Hrisey.

C’est ici que sont élevés les eiders dont les fermiers ramassent les plumes laissées sur le nid par la femelle, pour fabriquer des édredons.

vaches.jpg

 

 

 

 

On trouve y également des bœufs Galloway, importés d’Ecosse. L’élevage en est interdit dans le restant de l’Islande.

 

 

 

 

 

Plus loin, le petit village de pêcheurs d'Olafsfjörður, que nous atteignons en empruntant un long tunnel de 3400 mètres.

 

Il nous faut redescendre très au sud, puis remonter vers le nord pour arriver à Siglufjörður au fond d’un fjord, une des villes les plus septentrionales.

Comme il pleut, nous nous réfugions dans le musée du hareng* situé sur le port qui retrace l’épopée du hareng de la fin du XIX° siècle à nos jours.

10-Sigluf1 10-Sigluf2

Nous repartons plein sud et traversons de verdoyantes prairies en cours de fauchage.

Nous longeons le Skagafjörður qui miroite sous le soleil.

 

10-Holar

 

 

 

Au bout de 85 kilomètres, nous découvrons l’évêché de Hólar fondé en 1106. Il fut l’équivalent de Rome durant 650 ans.

La cathédrale a été érigée en 1763, les fonts baptismaux sont taillés dans une pierre qu’on ne trouve pas en Islande. Elle provient sans doute du Groenland d’où elle aurait dérivé sur un iceberg.

Le dernier évêque catholique et ses deux fils furent décapités en 1550.

 

 

Nous visitons la superbe maison en tourbe de 1854 restaurée récemment.
C’est dans l’église du village (fermée aujourd’hui), qu’est exposée la première Bible islandaise (Gudbrandsbiblia) datant de 1584.

 

La route qui mène à Sauðarkkrokur traverse le fjord de Skagafjörður. La lumière est extraordinaire, la mer est bleu lagon, il ne manque que les palmiers.

 

10-Saudar

 

 

 

 

 

 

La ville est insignifiante, hormis la très jolie maison datant de 1903 Villa Nova, appartenant à un riche négociant.

 

 

 

Sous une pluie battante, nous arrivons à Glaumbær, une des plus célèbres fermes en tourbe d’Islande.

Elle a été édifiée au XIX° siècle. De la route, nous ne distinguons qu’une masse herbue percée de petites fenêtres.

10-Glaum1 10-Glaum3

Bravant les éléments, nous en faisons le tour et découvrons une alignée de bâtisses en bois assemblées les unes aux autres par des murs de tourbe.
A l’intérieur, les pièces communiquent entre elles par un long couloir.

La tourbe servait d’isolant.

10-Glaumbaer2

 

 

 

 

 

A côté dans la maison Áshús se trouve un café. Elle a été bâtie vers 1880 dans une autre région et démontée pour rejoindre les maisons en tourbe et montrer ainsi les types d’habitation qui se sont succédées en Islande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10-Bakkaflot-copie-1

 

 

 

 

 

 

Nous rejoignons notre gîte de Bakkaflot.

 

 

 

 

 

Le vent souffle et nous nous amusons beaucoup à regarder les malheureux campeurs essayer désespérément de monter leur tente.

Après un bon repas : soupe aux asperges, mouton, légumes et glace, nous allons laver la voiture et faire le plein à Varmalhið (le versant chaud), car demain, nous attaquons la Kjölur et nous rencontrerons peu de stations-service.

 

10-Vidi

 

 

 

 

Nous n’irons pas dormir sans avoir rendu visite à la ravissante petite église de Víðimýri (Vídim Rarkikja) construite en 1834. Elle fait partie des six églises de tourbe et bois restant en Islande.

 

 

 

Les riches s’asseyaient devant, les pauvres restaient debout au fond ou dehors. Il existe encore un siège plus bas que les autres réservé aux femmes enceintes hors mariage. Non par gentillesse, mais pour pouvoir les toiser. Cela s’appelle la charité chrétienne !!!!!

 

 

*Si vous voulez tout savoir sur l’épopée du hareng à Siglufjörður, voir la catégorie Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande, au chapitre L'épopée du hareng.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 16:12

Dimanche 26 juin

 

L’étape qui inquiète le plus Jean-Louis.

Après avoir pris connaissance des conditions météorologiques et routières auprès de notre hôtesse, nous nous dirigeons avec une petite appréhension vers la F35 : la piste du Kjölur.

La traversée de l’Islande du Nord au Sud, le désert à l’état pur sous une alternance de pluie et de soleil.

Nous longeons la vallée fertile de la Blöndudalur par la 732 puis attaquons la F35.

 

Première halte au bord du lac Mjóavatn bleu turquoise. Il fait un vent du diable, nous avons du mal à ouvrir les portières. Le froid arctique nous saisit, au prochain arrêt, il faudra mieux se couvrir.

 

11-Blondulon

 

 

 

 

La piste empierrée longe l’immense lac Blöndulon, le paysage est désertique, pas une fleur, pas une touffe de verdure, pas un mouton, pas une voiture.  

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’horizon se détachent à gauche le Hofsjökull et à droite le Langjökull

enneigés.

La route se dégrade encore.

 

Nous arrivons à Hveravellir, véritable oasis de chaleur au milieu d’un désert glacial, site géothermique très actif : solfatares vomissant des fumées soufrées ; mares grises bouillonnantes bordées de sédiments pourpres, noirs ou bruns ; cascades roussies de dépôts de soufre, bassins d’eau chaude turquoise.

 11-Hvera-fumee2 11-Hvera cascade

11-Hvera-pas

 

Dans un bruit de clapotis et de succion, accompagnés de cognements sourds, vapeurs et gaz comprimés par la boue à haute température crèvent la surface des bassins bouillonnants en dégageant une forte odeur de soufre.

11-Hvera-fumee

 

 

 

 

 

Une source d’eau chaude se nomme Eyvindarhver en l’honneur d’un hors-la-loi qui habitait dans la petite cahute  qu’il avait creusée dans une brèche de lave au XVIII° siècle.

 

 

 

 

  

Une autre Bláhver en raison de la couleur d’un bleu caractéristique dû à la présence de silice. Le geyser Öskurhólshver crache un panache irisé.

11-Hvera-oeil

 

 

 

 

La température de la jolie mare glougloutant ci-contre est de 87°. Un peu chaud pour s’y baigner !!!

 

 

 

 

 

Une autre source d’eau chaude alimente un bassin par un tuyau, un autre tuyau d’eau froide rafraîchit le bain.

Nicolas barbotte avec délice dans une eau à 38/45°. C’est difficile de s’extirper de cette douce chaleur, car, malgré le soleil, le vent souffle et la température extérieure indique 9°.

11-Hvera Nicolas

 

11-Pjofafel

 

 

 

 

Par la F735 très cahotante, nous montons vers Þjófafell, le panorama est grandiose, à couper le souffle. La route est très difficile, les grosses pierres roulent sous la voiture, des plaques de glace nous font déraper malgré la vitesse réduite.

 

Nous faisons demi-tour et nous retrouvons à Hveravellir de nouveau sur la F35.

Comme c’est dimanche, la pompe à essence est fermée, dommage, car la jauge est descendue bien vite.

11-Hof-Lang

 

 

 

 

 

Nous continuons sur la piste déserte, la vue est magnifique sur le Hofsjökull et le Langjökull couverts de neige.

 

 

 

 

Nous bifurquons à gauche par la F347 vers Kerlingarfjöll (la montagne des sorcières).

Nous passons le premier gué sans encombre.

Au deuxième, j’enfile mes sandales de mer pendant que les hommes admirent la cascade de Gýgjarfoss et je brave les flots pas si froids que je ne le pensais.

Nous pouvons traverser sans problème.

Quoi ! Un troisième gué ! Aucun guide n’en fait mention, ni le récit des Gilabert. Celui-ci nous paraît bien plus large et profond que les précédents.

Les rivières sont farceuses ici, elles changent de lit et créent de nouveaux bras tous les ans.

11-kerlin gue

Rebelote, sandales et bâton.

Je pénètre dans l’eau, le courant est assez fort. A cet instant, arrivent deux Français qui s’écrient : « mais ils n’en parlent pas dans le Guide du Routard ! ».

Ils sont éberlués de me voir au milieu du gué et immortalisent la scène.

Après moult tergiversations, nous repérons un itinéraire et nous nous lançons dans les ondes.

Ouf, nous sommes passés. Nous attendons nos Français car leur Jimny est plus

bas que notre Kia et c’est leur premier gué. Tout va bien pour eux aussi.

 

D’un seul coup, apparaît le refuge de Kerlingarfjöll avec ses croquignolets petits chalets verts et rouges.

11-Kerling chalet

Il vaut mieux ne pas avoir oublié le pain, car l’habitation la plus proche est à 100 kilomètres !!!

La pompe à essence est vide et notre jauge se rapproche de zéro.

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Un piton ruiniforme domine une langue glaciaire qui s’étiole, salie par les cendres volcaniques de la dernière éruption de l’Hekla

 

 

 

 

Le soleil brille et le ciel est d’un bleu céruléen.

Nous continuons la route sur 4 kilomètres et contemplons le panorama : neige (il y peu de temps encore, on pratiquait le ski ici), montagnes de ryolithe* et palagonite*, plaines noires, champs de fumerolles, solfatares, vues sur le Hofsjökull, le mont Snækollur  (la tête de neige) 1482 m.

11-Kerling-snaek

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De quelque côté que l’on se tourne, ce n’est que magnificence, couleurs

hallucinantes, large palette chromatique, l’appareil photos cliquète, les

onomatopées et interjections fusent.

 

 

 

C’est beau, magnifique, somptueux, majestueux, étrange, féerique, nous ne nous lassons pas de nous extasier sur le paysage.

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  C’est ici que l’appellation de « Terre de glace et de feu » sied le mieux à l’Islande. Les versants fumants et hauts en couleur des rhyolites, entaillés par de profonds ravins, se dégagent progressivement des glaces.

 

 

 

 

 

 

 

 Nous redescendons au refuge, nos Français s’installent et eux aussi s’inquiètent pour l’approvisionnement en essence.

Nous rebroussons chemin et les 10 kilomètres qui nous séparent de l’intersection avec la Kjölur sont vite avalés, nous passons les gués «à l’islandaise» sans oublier de nous arrêter à la cascade de Gýgjarfoss que je n’avais pas eu le loisir de contempler.

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Il est 15h30, nous pique-niquons à la croisée des deux pistes.

Un cycliste !!!!!! apprécie le café chaud que nous lui offrons.

Nous reprenons la route ou plutôt la piste.

 

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La rivière Jökulkvísl s’étire lascivement en larges méandres.

 

 

 

 Le lac Hvítárvatn (où la rivière Hvítá prend sa source) vert, bleu, turquoise, scintille au soleil sous les cimes enneigées du Landjökull.

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Nous traversons le désert de terre et de roches dominé par le sinistre mont Bláfell

 (1204 m) tout noir.

 

 

 Le désert cède la place aux lichens pourpres et aux herbus, quelques fleurettes blanches attentent nos amis les moutons absents depuis 250 kilomètres.

La route s’élargit et redevient goudronnée, les lupins font leur apparition, la civilisation n’est pas loin.

Un grand parking nous indique que la cascade de Gullfoss (la chute d’or) est proche.

Cette cascade d’une hauteur de 32 mètres issue de la Hvítá (rivière blanche) s’élance dans une gorge de 70 mètres de profondeur creusée par les deux chutes. Son débit est de 109 à 2000 mètres cubes par seconde.

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La rivière plonge pour se vaporiser en pluie quelques dizaines de mètres plus bas, faisant scintiller les milliers d’éclats d’obsidienne qui composent la plate-forme

entre les deux chutes.

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Nicolas descend avec moi et nous faisons tremper par les embruns.

Les roches d’obsidienne noire sont glissantes, je dérape et m’écroule en m’entaillant sévèrement le genou. Heureusement que la pharmacie de la voiture est bien garnie et que Jean-Louis qui craint toujours pour les siens n’est pas là.

Lorsque par la suite, avec Nicolas, nous évoquerons Gullfoss d’un ton sibyllin, nous dirons : Pour une belle chute, c’était une belle chute !!!

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Un arc-en-ciel traverse la cascade et nous pouvons en toucher l’origine.

 

 

 

 

Au début du XX° siècle, des industriels étrangers envisagèrent de construire une centrale hydroélectrique. La fille du propriétaire des lieux, Sigriður Tómasdóttir, s’y opposa et les menaça de se jeter dans les chutes. Après de nombreuses interventions auprès des puissants islandais et sa détermination, Gullfoss a été intégrée dans le parc national.

Sur le chemin qui descend à la cascade, une stèle rend hommage à Sigriður.

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Dans un enclos, des chevaux islandais attendent les cavaliers de l’école équestre.

 

 

 

 

Ils sont beaux et doux ces petits chevaux avec leurs grands yeux de velours, certains préfèrent les caresses des touristes aux bottes des élèves.

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 Nous continuons jusqu’à Geysir (celui qui jaillit). De loin, dans le ciel bleu limpide, nous voyons s’élever le panache de Strokkur (la baratte), le petit frère du Grand Geysir qui a donné son nom à tous les geysers du monde.

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 Les geysers sont une manifestation volcanique, qui découle du réchauffement des eaux qui traversent le sous-sol par le magma qui remonte près de la surface du sol. Au contact des roches bouillantes, l’eau se métamorphose en vapeur et quand la pression augmente, une colonne d’eau bouillonnante et de vapeur apparaît et jaillit plus ou moins haut.

 

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Depuis quelques années, le Grand Geysir ne jaillissait plus, laissant sa place à Strokkur. Il n’était « remis en service » qu’aux grandes occasions en le remplissant de lessive, ce phénomène physique est simple : les bulles de savon équivalent aux bulles de vapeur qui se forment spontanément dans l’eau surchauffée. En entraînant une réaction en chaîne, elles provoquent le jaillissement d’un jet qui s’élance dans le ciel avec un volume 1500 fois supérieur au volume d’eau vaporisée.

Depuis l’éruption de 2000  il se réveille de temps à autres et jaillit de nouveau à 60 mètres.

Nous étudions l’activité de Strokkur : l’eau du cratère commence à se balancer, puis se soulève doucement, redescend, le balancement s’accroît, une bulle aigue-marine se forme, enfle, le geyser jaillit dans un bruit d’enfer et se vaporise à une hauteur d’environ 20 mètres, ensuite l’eau se disperse, douchant les curieux, puis l’eau du cratère est à nouveau calme, par la suite, toutes les 2 à 10 minutes, le cycle se reproduit . Plus le temps entre deux jaillissements est important, plus le panache est élevé.

 

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                                                     Photo Skúll Þor Magnússon

Fascinés nous passons un long moment à nous repaître du spectacle, puis nous nous promenons au milieu d’autres geysers en sommeil, de fumerolles, de marmites grondantes, de vapeurs malodorantes.

11-geys-fume.jpg  11-geys-fume-2.jpg

Nous sommes intrigués par un bruit inhabituel, c’est un groupe de chevaux islandais* qui trottent, non, qui töltent* sur la route goudronnée.

Les pompes à essence situées en face sont en panne et la jauge est au plus bas, le pompiste nous envoie à Reykholt situé à 25 kilomètres, mais en consultant la carte, nous constatons que sur notre chemin à Uthlíð à 15 kilomètres, se trouve une pompe. Tentons le coup. Nous n’avons droit qu’à 3000 couronnes soit 27 litres, cela nous suffira pour arriver jusqu’à une autre station-service. 

A quelques kilomètres, nous trouvons notre hébergement de Efsti-Dalur.  

11-Efsti.JPG Nous sommes accueillis par un affectueux chien blanc borgne qui ne nous lâche plus.

Notre chambre douillette est équipée d’une salle de bain privative bien que réservée en catégorie II.

Les fenêtres et la porte sont munies de rideaux. Deux bonnes nuits en perspective.

Notre charmante hôtesse nous signale que dorénavant, elle fait demi-pension. Alléchés par la bonne odeur qui s’échappe de la salle à manger, nous nous laissons tenter.

Nous dînons divinement : soupe poireaux pommes de terre, rôti de porc fumé, pommes de terre, chou rouge, mais toujours pas de dessert.

Nous nous rendons à Reykholt pour compléter le plein et laver notre voiture crasseuse.

 

Durant notre absence, notre hôte nous a préparé le hot-pot.

 

11-bain chaud

 

 

 

 

 

 

Nous nous laissons glisser dans une délicieuse eau chaude avec le chien blanc et son compagnon noir venus nous tenir compagnie. Ils sont si affectueux et démonstratifs que nous craignons qu’ils ne viennent  nous rejoindre.

 

 

 

 

 

 

Nous rédigeons nos cartes et le journal, puis nous nous lovons sous notre couette.

 

Demain sera encore une longue journée.

La F35 n’est pas aussi ardue et difficultueuse que nous le pensions.

*        Si vous voulez en savoir plus sur les chevaux islandais, voir le chapitre Le cheval islandais

**      Si vous voulez en savoir plus sur les pierres, voir le chapitre Géologie

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 12:11

Lundi 27 juin

 

Il pleut.

Nous avons passé une excellente nuit grâce aux rideaux épais.

Délectable petit déjeuner avec saumon fumé. De la fenêtre de la salle à manger, nous voyons l’usine de fumage alimentée par la géothermie.

Après avoir appelé le 1777, notre hôtesse nous informe que la piste F208 est totalement ouverte.

Nous voici rassurés, car le 16 juin, jour de notre départ, elle n’était que partiellement accessible  et le 17 juin notre hôte nous avertissait que la neige avait bloqué une partie déjà dégagée.

Nous voici partis vers Landmannalaugar et l’Eldgjá l’étape qui me soucie le plus.

12-Pjor

 

 

 Après quelques kilomètres au milieu des prairies, nous empruntons la 32 et longeons la Þjórsá ; la rivière, surplombée par le mont Hekla (montagne au manteau), s’étire en larges méandres parsemés d’îlots colonisés par les lupins.

 

 

 

 

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  Nous nous dirigeons vers la reconstitution de la ferme de Stöng, le Pompéi nordique.

Cette « maison longue » viking était habitée par Gaukur Trándilsson dont la saga a disparu, mais il en est fait référence dans la saga de Njáll le Brûlé.

 

 

 

En 1104, le volcan se réveilla et ensevelit la ferme et la vallée sous une abondante couche de cendres. Les archéologues mirent à jour la ferme en 1939. Ces excavations permirent de fournir de précieux renseignements concernant l'architecture viking de XII° siècle.

Celle que nous visitons en est une fidèle reconstitution, l’original se trouve à quelques kilomètres, à Skeljastaðir.

Les fondations sont en basalte, les murs en tourbe et le toit est recouvert d’herbe. Le bâtiment principal comporte deux pièces contiguës. Les dépendances (sanitaires et laiterie), accolées de chaque côté du bâtiment principal forment une croix.

Nous franchissons la  Þjórsá , traversons un sandur noir et rocailleux , longeons un chapelet de barrages hydroélectriques et bifurquons par la 26 vers Hrauneyjafoss où nous faisons le plein , bien plein pour ne pas se trouver à court, comme hier. La station, située au milieu de nulle part, est mitoyenne à un hôtel constitué d’algéco verdâtres accolés. C’est lugubre.

Nous  sommes à la croisée de deux pistes célèbres : le Sprengisandur et le Fjallabak.

Pour nous,  c’est la F208, le Fjallabak de sinistre réputation qui nous attend, les choses sérieuses commencent

La pluie cesse dès que nous nous engageons sur la F208.

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Les montagnes qui nous entourent passent du noir mat du basalte au noir de jais brillant de l’obsidienne, les coulées de lave rhomboïdales noires truffées de cristaux  scintillent sous le soleil qui succède à la pluie.

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Les mousses vertes fluorescentes zèbrent les flancs ocre, rose, rouille, vert, gris, brun,  jaune de ryolithe. C’est sublime. Il n’y a absolument personne, nous sommes les seuls rescapés de « la fin du monde ».

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Hypnotisés par tant de beauté, nous contemplons le spectacle changeant.

Quelles merveilles.

Une petite pluie fine et un vent coulis nous glacent les os.

 

Nous bifurquons vers le lac Ljótipollur (Infâme bourbier) malgré la désapprobation de Jean-Louis qui n’en mène pas large.

Arrivés au bord, nous nous extasions et Jean-Louis est obligé de reconnaître que c’eût été dommage de ne pas y aller voir.

Un lac bleu-vert sommeille au fond du cratère. Les flancs sont blanc, vert, noir, turquoise, ocre, gris, rouge, pourpre…

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Nous nous arrachons à regret de cette splendeur et découvrons une montagne dont le décor fait marcher notre imagination. Chacun y voit un personnage différent.

12-figureNous nous arrêtons au bord du lac Frostastaðavatn et nous émerveillons encore devant toutes ces couleurs plus délirantes les unes que les autres, on dirait qu’un peintre fou y a écrasé tous ses tubes et que la peinture a giclé partout.

12-Frosta1 12-Frosta2

Le champ de lave de Laugahraun a pour origine une éruption au XV° siècle.

12-Laugarh1 12-Laugh2

Sous un timide soleil, nous franchissons les deux gués qui nous séparent du camp de Landmannalaugar (la vallée où les hommes se baignent nus). Le niveau de l’eau est assez élevé, mais nous passons.

L’eau est tiède et je patauge avec plaisir dans la petite rivière qui mène au camping.

Un groupe de septuagénaires allemands vêtus comme Baden Powell s’escriment à monter une gigantesque tente. Le « planté de sardines » dans la caillasse n’est pas aisé !!!

12-bus

  

  

 

 

 

 

Nous allons faire provision de cartes postales dans le vieux bus vert qui sert d’épicerie.

 

 

 

 

 

 
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Jean-Louis escalade la coulée de lave pendant que nous allons voir de plus près de quelle roche verte est composée la montagne que gravissent des randonneurs.

 

 

 

 

Maints bras de la rivière nous barrent la route, mais nous disposons des cailloux pour nous servir de gués.

Nous touchons la colline et nous sommes ébahis de constater qu’il s’agit de sable fin et friable. Une dune du Pyla verte.

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12-Land7

 

 

 

 

 

Je "grave" mes initiales qui s'effaceront dès la première pluie ou le premier coup de vent et nous repartons retrouver Jean-Louis.

 

 

 

Nous contemplons les ryolithes* polychromes du mont Brandsgil et les fumerolles de Brennisteinsalda.

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Un dernier regard sur Landmannalaugar qui restera gravé dans notre mémoire.

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En avant pour l’Eldgjá.

Une fois les deux gués franchis, nous reprenons la F208. La route est de plus en plus mauvaise. Si nous avons croisé quelques autocars 4 X 4 aux abords de Landmannalaugar, ici, la route nous appartient.
Zut, nous avons oublié de visiter les « toilettes les plus chères du monde » (voir  saga des
Gilabert).

 

La route surplombe les méandres d’une rivière, la vue est spectaculaire. 

12-meand1 12-meand2

Des mousses en tapissent les bords.

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12-panor

 

 

 

 

 

 

 

Un panorama à couper le souffle.

 

 

 

 

Les gués se succèdent. Certains étroits et peu profonds, d’autres un peu plus profonds mais clairs. Le onzième nous laisse perplexes, mais nous passons sans que je ne me déchausse ; les quinzième et dix-septième sont bien larges mais notre « grande expérience » nous incite à traverser. Aux vingt-trois et vingt-quatrième, ça se corse, c’est large, ça bouillonne, l’eau est boueuse. Personne à l’horizon. Je me déchausse et fais trempette. Aujourd’hui l’eau est plus froide que d’habitude.

Il me faut plusieurs minutes pour trouver le passage, le niveau de l’eau est élevé et le lit de la rivière est plein de trous. Après quelques atermoiements, Nicolas, pas trop rassuré, franchit les deux gués. Nous avons vaincu la rivière Skaftá.

12-gue

Enfin, nous sommes devant  l’Eldgjá (la faille du feu). C’est la plus longue faille éruptive du globe (35 kilomètres environ) dont l’éruption remonte à 934.

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En 1956 le géologue B.C. Heezen établit la carte détaillée des fonds de l'Atlantique Nord, plus exactement de la dorsale médio - océanique (en 1873 on parlait déjà d'elle !!!). Le géologue venait de découvrir l'une des plus grandes fractures de l'écorce terrestre. Elle s'allonge de l'Islande jusqu'en Antarctique où elle décrit un "S ». On a du mal à l’imaginer.

Personne  pas âme qui vive, nul humain, nul oiseau, nul insecte ; le silence total, c’est comme si nous étions les seuls rescapés d’une catastrophe nucléaire.

Nous avons du mal à nous imaginer qu’à notre gauche se trouve la plaque tectonique américaine et qu’à notre droite se dresse la plaque européenne. Les bords s’éloignent de deux centimètres par an (c’est la dérive des continents). Et si c’était aujourd’hui ? Nous avons beau écarquiller les yeux, rien ne bouge …

Nous pique-niquons dans le rift devant ce spectacle insolite.

Il est déjà 16 heures, nous avions projeté de rendre visite à la cascade d'Ófærufoss qui s’élance de la lèvre nord-ouest de la faille, mais l’accès avec le 4X 4 en est interdit, il faudrait s’y rendre à pied et la balade dure 1h15.

Question : Si nous rebroussons chemin, 1l y a 24 gués à franchir ; les deux premiers difficiles, et  trois tangents. Faut-il revenir par Landmannalaugar, sachant que nous allons traîner pour admirer le paysage, ou faire le tour par le sud ?

Le sud nous semble plus raisonnable. C’est certainement plus long, mais c’est plus sage.

Nous traversons les deux premiers gués avec un petit pincement au cœur.

 

12-Skarf

 

 

 

 

 

 

Nous franchissons quelques gués dérisoires et plongeons vers la N1 par les monts Skaftartunga.

 

 

 

De l’herbe, des moutons, des vaches, des chevaux, des fermes, toutes ces choses  que nous avions oubliées !!!!!

Sur la N1, en une heure, nous ne croisons, ni ne doublons aucune voiture, pas âme qui vive.

Naturellement, de Vík à Hvolsvöllur, la pluie nous accompagne.

Retour à notre gîte d’Efsti-Dalur à dix neuf heures.

Nous dînons dans notre chambre et allons nous délasser dans le hot-pot. La pluie refait son apparition, mais nous sommes abrités sous le balcon.

Recrus de fatigue, nous nous glissons sous la couette douillette et nous remémorons cette journée inoubliable.

 

* Si vous voulez en savoir plus, voir le chapitre Géologie  

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 19:00

Mardi 28 juin

 

Il pleut, le brouillard est à notre porte, il ferait bon rester sous la couette.

Après avoir dégusté saumon fumé et filets de harengs (ce que je ne ferais jamais en France …), nous avons du mal à quitter ce havre de paix, sa charmante hôtesse et ses deux adorables toutous.

13-Thing-lac

 

 

 

 Après un arrêt à Laugarvatn et ses sources d’eau chaude au bord du lac, puis longé le lac Þingvallavatn (le plus vaste d’Islande),  nous continuons vers la dernière étape du « Cercle d’Or » : Þingvellir.

 

 

 

 Il est encore très tôt, dès que nous descendons de voiture, sur un parking désert, nous sommes émus par la sérénité qui se dégage de ce lieu.

Un rayon de soleil crève soudain la couche nuageuse pour célébrer cette

quiétude.

Une grande plaine en hémicycle striée de maints ruisseaux, une cascade dévalant de hautes falaises qui la délimite, une adorable petite église, des linaigrettes, des bouleaux nains, des oiseaux pépiant, tout concourt à cette impression d’harmonie.

Nous parcourons la plaine sur un cheminement en bois vers la paroi basaltique en pensant aux réunions du parlement (l’Alþing) qui se tenaient ici au X° siècle. Alors qu’à l’époque féodale tout le monde s’étripait pour régner, les « sauvages » vikings donnèrent ici une belle leçon de démocratie en écrivant en ce lieu les grandes pages de l’histoire islandaise. Les chefs de clans  (et tous les hommes libres)  décidaient de l’avenir du pays, statuaient sur les affaires courantes, unissaient leurs filles, arbitraient les conflits, négociaient la vente des biens  et des animaux. L’assemblée a été supprimée au XVIII° siècle lors de la suprématie norvégienne puis danoise, mais c’est ici, que se termina la domination danoise en 1944  et que fut proclamée l’indépendance de l’Islande. Le plus ancien code de lois d'Islande, Ùlfljòtslög, remonte à l'an 930. Les lois contenues dans le Jònsbòk entrèrent en vigueur en 1281, et certaines d'entre elles le sont encore de nos jours.

 13-Thing-ferme
Nous nous promenons dans les gorges de l’ Almannagjá (la Gorge de tous les hommes) et entre les fissures volcaniques. C’est le prolongement de celle de Grjótagjá que nous avions découverte le huitième jour. Nous avons du mal à imaginer que nous sommes entre les plaques tectoniques de l’Europe et de l’Amérique du nord. D’ordinaire, cela se passe dans les fonds marins, mais ici, chacun peut constater que l’écorce terrestre n’est pas un gros ballon rond.

13-thin-faille

En redescendant vers la voiture, nous nous arrêtons à la petite église construite en 1859 qui abrite une chaire datée de 1683. Cette église est celle de « la cloche d’Islande » de Halldór Laxness.

13-Thing-eglise2 13-Thing-eglise

13-thing stele

 

 

 

 

 

Un des deux petits cimetières contient uniquement  deux tombes, ce sont celles des plus grands poètes islandais : Jónas Hallgrímsson et Einar Benediktsson.

 

 

 

 

13-oxar

 

 

 

 

Un petit tour vers la cascade de Öxaráfoss, et par la 52,  nous nous dirigeons vers la 550 dite la Kaldidalur (la vallée froide) qui n'a pas usurpé son nom.

 

 

  

13-Kaldi

 

Cette piste ouverte aux véhicules « normaux » est digne d’une F. Nous n’avons doublé (avec bien des difficultés) que deux autocars qui peinaient. C’est un véritable désert de cailloux et de roches qui longe les glaciers Þórisjökull et Langjökull. La Kaldidalur était l’une des principales pistes de montagne empruntée par les colons durant la période des sagas. Après bien des cahots, tangages, roulis, secousses, trépidations, soubresauts, nous descendons dans une riante vallée où pâturent, sous le soleil, chevaux et moutons. Ca fait du bien de revoir des êtres vivants !!!

13-grotte

 

 

 

 Nous montons par la F578, piste de la Kalmanstunga,  sur la coulée basaltique vers les grottes de Stefanshellir et Surtshellir. Ces longues galeries sont issues de  fissures du Langjökull survenues au VIII° siècle. Jadis, s’y cachaient les hors-la-loi et les proscrits.

 

 

 

13-chien

 

 

 

 

 

Nous décidons de pique-niquer vers Kalmanstunga. Un gentil chien vient partager notre repas.

 

 

 

 

Plus loin, sur la Hvitá (rivière blanche), nous rencontrons la cascade d’eau limpide du Hraunfossar (cascade de la lave) et les chutes bouillonnantes de Barnafoss (chute des enfants) dénommée ainsi à cause de deux enfants qui y tombèrent un soir de Noël.

13-Hraunf 13-barna

13-Reykh-bain

  

  

 A Reykholt, petit village géothermal où fume la terre, nous découvrons le bain de  Snorri (Snorralaug) , alimenté par un aqueduc caché derrière une porte en bois. Le bain vient de la Skrifla, une source chaude proche. Snorri Sturluson était un homme politique et scalde (1179-1241), auteur de sagas islandaises.

 

 

13-Reykh-eglises

 

 

 

 

 

C'est étonnant pour un aussi petit village de rencontrer deux églises du même culte se faisant face.

 

 

 

 

 La plus grande (à gauche) a été achevée en 1996, elle jouxte un centre culturel dédié à Snorri Sturluson. C'est pour le renouveau culturel de Reykholt, lancé dans les années quatre-vingts, que la construction de cette nouvelle église, plus vaste, avait été décidée. On y donne des concerts tout au long de l'année et, chaque été, un festival de musique s'y déroule.
Celle de droite sur la photo est l'ancienne, elle est en bois et date de 1886. Elle avait été construite dans le style du modèle de l'époque, la cathédrale Dómkirkjan (1847, située place Austurvöllur à Reykjavík). Il y a quelques années elle était peinte en blanc et rouge.

13-ballots.JPG

 

 

 

 

 La route continue à travers les verts pâturages, de grosses balles de fourrage enveloppées de plastique blanc sont disséminées dans les champs attendant d’être rentrées pour nourrir le bétail l’hiver.

 

 

 

A Deildartunguhver, nous entrevoyons à travers les vapeurs la plus puissante source d’eau chaude du monde qui débite 180 litres d’eau par seconde à une température de 97°.

 13-Deildar1 13-Deildar2

13-Deildar3

Quelques secondes devant ces évents et nous obtenons un nettoyage de peau bien plus efficace que chez l’esthéticienne …

Cette eau bouillante chauffe d’immenses serres où poussent légumes et fruits.

13-tomate

 

 

 

 

Devant cette serre, un petit kiosque en bois décoré attend que vous insériez vos 200 couronnes dans la tirelire en échange d’un sac de tomates. Les islandais sont très confiants.

 

 

 

 

13-Deildar4

 

 

 

 

 

 Les villes d’Akranes et Borganes sont chauffées par un pipeline qui sort d’une petite usine.

 

 

 

 

 

A Varmaland, nous bifurquons le long de la vallée de la Norðurá pour aller gravir le volcan Grábrók.

13-Grab2 13-Grab

 

Un escalier, puis un petit sentier aménagé nous mènent au fond du cratère, les flancs sont couverts de scories rouge brique. Notre imagination ne fait qu’un tour et nous charrions Jean-Louis avec « ça chauffe » (voir jour 7).

Nous montons au sommet du grand Grábrók et en faisons le tour.

13-Grab3

 

 

 

 

De là, nous découvrons le petit Grábrók et les ruines d’un enclos à moutons qui dresse ses murets édifiés de blocs de lave.

 

 

 

 

 

Borgarnes, à l’embouchure du Borgarfjörður, nous avons une vue sur les glaciers Ok et Eíriksjökull.

 

13-Langa

  

  

 

 

Nous faisons nos emplettes et nous dirigeons vers notre hébergement de Ensku-Husín au bord de la rivière Langá.

 

 

 

 

 

 

 

 Lorsque nous apprenons que la traduction est : "maison anglaise", les blagues fusent : pas de mitigeur ni de mélangeur,  vieux parquets branlants, haricots rouges à la tomate au petit déjeuner, nourriture bouillie insipide.

Il est 18h30, des convives sont déjà à table.

13-lavabo

 

 

 

 

 

Quand nous visitons, la salle de bains est conforme au standard anglais : vieille baignoire sur pieds, lavabo immense avec deux robinets inaccessibles sur les côtés.

 

 

 

 

La chambre minuscule comporte un petit matelas posé par terre pour Nicolas. Nous regimbons, car c’est bon pour un enfant de cinq ans mais pas pour un adulte. Le patron nous propose de monter un sommier durant notre dîner, mais la patronne donne une autre chambre à Nicolas.

 

Surprises en passant à table. Le velouté de poulet au curry est un délice ; le pain maison aux oignons ou celui au cumin un régal, nous nous délectons du pesto qui l’accompagne ; le gigot doré et les pommes de terre rôties sont succulents, et que dire du crumble à la rhubarbe* et de la boule d’excellente glace à la vanille.

Ce n’est pas possible, le patron a dû faire ses études culinaires en France.

Et bien non, c’est en Suisse que le chef a fait ses armes.

La maison a été bâtie en 1884 par un Anglais et servait uniquement pour loger les pêcheurs. C’est dans les années 2000 que l’héritière, mariée au cuistot  Islandais, la transforma en maison d’hôtes.

Le chef nous a gentiment  confié sa recette de crumble.

En guise de promenade digestive, nous retournons à Borgarnes afin de laver la voiture bien souillée par le passage sur la  Kaldidalur. Deux stations sont dépourvues de lavage, celui de la troisième est en réfection.

Nous poussons jusqu’au bord de la baie de Faxaflói. Un peu plus à l’ouest, sur les récifs d'Álftanes, s'est échoué le "Pourquoi-Pas", navire du commandant Charcot en 1936.

Nous rentrons au gîte la voiture toujours aussi cra-cra.

Ici, pas de hot-pot, mais je me délasse sous une bonne douche bien chaude.

 

* La recette du crumble à la rhubarbe se trouve à la page Recettes.

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 17:30

Mercredi 29 juin

 

Mauvaise surprise ce matin pour les hommes, l’eau de la douche est à peine tiédasse.

Petit déjeuner sommaire, mais pas de haricots rouges.

Nous partons sous un beau soleil par la 54.

14-Eldborg

 

 

 

  Nous essayons de trouver l’accès au cratère d’Eldborg (Eldborgarhraun) (la montagne de feu)  mais il n’est accessible qu’à pieds et il faut compter 1h 40 aller et retour. Nous n’avons pas le temps, nous aviserons au retour.

 

 

 

 

14-Ytri Rauda

 

 

 

Nous bifurquons vers Ytri-Rauðamelur où se dressent sur plusieurs centaines de mètres des murs d’orgues basaltiques. Plus le refroidissement des coulées de basalte est lent, plus les orgues seront régulières et parfaites.

 

 

 

14-Ytri eglise

 

 

 

 

 

 

Devant l’église, des moutons semblent attendre le début de l’office.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La route est déserte, les champs sont déserts, le ciel bleu est désert. A peine quelques fermes colorées au pied des montagnes d’où dégringolent des cascades scintillantes au soleil.

14-maison dans prairie 14-cascade-2

Nous nous attendons à voir débouler Laura et Marie Ingalls (de la petite maison  dans la  prairie).

A Vegamot, à la  croisée des routes 54 et 56, une station service, au milieu de nulle part espère un éventuel client. Vue la circulation, le pompiste à intérêt à lire le journal !!!

 

14-analyse

 

 

Nous reprenons la 54. A Ölkelda, nous remplissons une gourde à la source d’eau minérale et nous goûtons. C’est pétillant mais la formule affichée ne semble pas engageante.

Il faut vivre dangereusement, l’Immodium est dans la pharmacie en cas de besoin (s)  (c’est le mot juste …) !!!!!!

 

 

14-phok-matin

 

 

 

 

 

Les phoques sont au rendez-vous à Ytritunga, ils sont rigolos et curieux, mais nous aurions souhaité les voir de plus près. Ce sera peut être pour ce soir.

 

 

 

 A Lýsuhóll dans la cour de l’école qui regroupe tous les enfants de la côte sud de la  péninsule de Snæfellsnes se trouve une piscine où jaillit la seule source d’eau chaude minérale gazeuse. La gardienne nous propose d’ouvrir le bassin pour nous, mais personne n’a envie de prendre un bain à cette heure matinale. Ah, la serviabilité légendaire des Islandais …

14-Budir

 

 

 

 

Plus loin, la petite église de bois noir de Búðir (les huttes) entourée de son cimetière lilliputien est malheureusement fermée.

 

 

 

 Nous commençons l’ascension du mont Snæfellsjökull (volcan au capuchon de neige) par la F570.

14-snae1

 

 

 

 

Ce stratovolcan n’a pas donné signe de vie depuis huit mille cents ans.

 

 

 

 

 

14-snae2-jpg

 

 

 

 

 

Ici aussi, les ryolithes sont présentes et chatoient au soleil.

 

 

 

 

 

Premier arrêt : Songhellir (la grotte qui chante). Nous avons la chance d’y entendre interpréter un chant liturgique par un couple d’Islandais qui s’enregistre. L’acoustique est parfaite et la voix de basse profonde de l’homme donne des frissons dans le dos, on se croirait dans une cathédrale.

14-route snae

 

 

 

Nous continuons entre les glaces, moraines, névés et séracs, le vent souffle fort et nous bouscule lorsque nous descendons de voiture pour photographier.

 

 

 

 

 

14-ski

 

 

 

 

Nous croisons l’équipe de ski d’Islande qui revient de s’entraîner, enfin, c'est ce que nous disent les hommes que nous croisons. Ce sont juste les gars de la DDE locale !!! 

 

 

 

Nous avons cherché, fureté, exploré, fouillé, scruté, mais nous n’avons pas trouvé la porte, ni l’escalier qui permet au professeur Otto Lindenbrok et Axel, son neveu, de descendre dans le cratère pour en ressortir en Sicile dans le Stromboli ; selon Jules Verne dans le voyage au centre de la terre.

Le Snæfellsjökull (1446 m), couronné d’un glacier, est appelé Fuji-Yama islandais, nous ne l’avons jamais vu sans son diadème de nuages.

 

Halte en haut du col où nous découvrons la superbe vue sur la côte sud. Le contraste est saisissant, les plages dorées se succèdent au pied de l’imposant Snæfellsnes.

14-Budir haut 14-Budir haut2

14-cascade snae

 

 

 

 

 

Nous nous arrêtons pour déjeuner devant une cascade qui alimente un barrage hydro-électrique. Le soleil chauffe, le ciel est bleu, il fait bon lézarder dans l’herbe verte.

 

 

Nous compatissons pour deux cyclistes qui commencent l’ascension la langue déjà bien pendante.

Dans le Breiðafjörður, la mer est bleu indigo.
Ólafsvík, port sans grand intérêt a l'avantage de posséder une station service où nous pouvons enfin rendre la voiture présentable.

Nous prenons la route de la ferme-église d'Ingjaldshóll vers Rif, où Christophe Colomb aurait séjourné.

 

Jean-Louis veut prendre  en photo l’église de Rif perdue au milieu des lupins,

14-rif lupins

14-sterne

 

 

 

 

mais se fait attaquer par une bande de sternes déchaînées. Je dois détourner leur attention avec le bâton de rando afin qu’il puisse terminer ses prises de vues, mais la meilleure solution est encore le repli dans la voiture.

 

 

14-Hellisandur

 

 

 

 

 Arrêt à Hellisandur devant les petites maisons de tourbe du musée des pêcheurs.

 

 

 

 

 

Juste avant le phare d’ Öndverðarnes , entre deux coulées de lave, la petite plage de sable blond de Skarðsvík miroite au soleil lumineux , la mer est turquoise et paisible,

14-Sandvik-pano.jpg

  les falaises sont couvertes de végétation ….L’Islande se donne des allures d’île tropicale ; il ne manque que les filaos.

Une folle envie de nous baigner est vite réfrénée par la température de l’eau à 8°. Nous observons le ballet des sternes qui piquent dans la mer et ressortent avec un poisson dans le bec.

14-Saxh

 

 

 

Plus loin, Jean-Louis et Nicolas escaladent le mont Saxhóll par un chemin composé se scories rouges et noires. Vue sur la grande coulée de lave et la mer bleue.

 

 

 

 

Nous descendons vers les falaises de Djúpalónssandur à Dritvík au milieu de trolls. Le sable est très noir, les vagues furieuses.

Visite au phare de Malariff à Lóndrangar en passant entre "le pilier chrétien" (Kristnidrangur) et le "piton païen" (Heiðnidrangur).

14-phare Mala 14-piliers

Halte à la ferme de Laugarbrekka, où, vers l’an 1000, a habité Guðriður Þórbjarnardóttir première femme blanche à mettre un enfant européen au monde en Amérique. Christophe Colomb peut aller se rhabiller !!!

 14-Laugarb-2 14-Laugarb-1

 

14-Arnast1

 

 

 

 

Arrêt à Hellnar où nous retrouvons notre couple de Français du troisième gué de Kerlingarfjöll (voir jour 11).

Les mouettes, fulmars boréaux, et autres volatiles font un barouf terrible dans les falaises basaltiques recouvertes de guano.

 

Nous sortons la gourde remplie le matin à Ölkelda et constatons que l’eau claire s’est transformée en analyse d’urine. Nicolas comprend vite pourquoi il n’y avait pas d’usine d’embouteillage à proximité !!!!!

14-Arnast2

 

 

 

 

 

Arnarstapi et son port miniature sera notre dernière étape avant l’arrivée à notre hébergement de Langaholt.

 

 

 

 

14-linaigret

 

 

 

Belle chambre avec immenses baies vitrées et naturellement juste un petit voilage n’occultant rien. Les fenêtres donnent sur le golf où ondulent les linaigrettes et le Snæfellsjökull. Grande salle de bains privée malgré la réservation en catégorie II.

 

 

Notre hôtesse nous dit : « We wait a group wich is coming » avec un accent à couper au couteau. N’étant pas anglophone, je crois qu’elle parle français et comprend qu’elle attend Yvette et son groupe de comiques !! Fou rire inextinguible qui durera toute la soirée et même maintenant lorsque nous nous remémorons la scène.

Un géant viking nous invite à nous servir au buffet pantagruélique.

Soupe de poisson, gigot à la confiture de fraises (les comiques sont Anglais !!), poisson frit, filets de harengs, petits pois, riz, pommes de terre rôties, salade, chou rouge. Un vrai festin, mais toujours pas de dessert.

Promenade digestive sous une petite bruine, à la recherche des os de baleines (voir la saga des Gilabert) que nous ne trouvons pas.

Nous retournons à Ytritunga à la "chasse aux phoques". Personne dans l’eau.

                   

C’est l’heure magique (23h), plus un bruit humain, l’on entend que le ressac, le cri des huîtriers-pie et des gravelots ; les sternes sont calmes et les eiders voguent sur la mer.

14-huitrier 14-gravelot

                            Huîtrier                                                 Gravelot

 

14-eider

                                                   Eiders (photo Wikipedia)

A la jumelle, nous les repérons sur un banc de rochers. Nous approchons, ils sont encore loin mais ils nous détectent et un curieux approche à six ou sept mètres du bord et s’installe tête et queue en l’air.

14-phok-1 14-phok2

Il est magnifique, nous nous avançons en passant de rochers en tas d’algues. Ca glisse, les chaussures sont mouillées, le pantalon bien sale, mais qu’importe, le spectacle le vaut bien.

Arrivés tout au bord de l’eau, trois autres rejoignent le premier et c’est un ballet nautique qui commence. Le premier reste toujours figé comme une statue.

Nous sommes encerclés  par la marée montante, Nicolas me presse de quitter cet endroit, mais c’est trop beau, je ne puis me résoudre à quitter ces quatre clowns.

Nous nous mettons hors d’atteinte des vagues et continuons à les admirer.

Il est minuit, le spectacle est terminé, ils retournent sur leur rocher.

Bless (au revoir) les phoques et tàkk (merci) pour ce moment inoubliable.

Nous allons nous coucher, les yeux pleins de pitreries moustachues.

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 09:35

 Jeudi 30 juin

 

Dernier jour avec notre voiture, le moral est bien bas ce matin malgré un petit déjeuner pantagruélique.

 

Nous montons par la 54 à Ólafsvík et arrivons à Grundarfjörður enchâssé entre les monts Kirkjufell (la montagne-église) et Helgrindur (les crêtes de l’enfer).

 

15-Grunda 15-Grunda mont

 

Nous empruntons une piste vers Bjarnarhöfn, une des plus vieilles églises

(1860) en bois. L’accès nous en est interdit par le propriétaire qui nous refoule car nous ne faisons pas partie d’un groupe.

Pendant que Jean-Louis enfile ses chaussures, nous commençons  silencieusement l’ascension du mont Helgafell (le mont Saint), sans nous retourner, avec nos trois vœux en tête. Nous redescendons, étonnés de ne pas avoir croisé J-L.

Arrivés en bas, nous le trouvons devant la voiture. Un gentil gros matou s’est installé sur la banquette et il n’a pas voulu le déranger.

Tant pis pour ses trois vœux, pour le splendide panorama sur le Breiðafjörður et le chapelet d’îles que nous avons découverts du sommet.

 

15-bredaf-2 15-chat

 

Nous poussons jusqu’à Stykkishólmur, départ des ferries pour les Vestfirðir (les fjords de l'ouest). Nous ne sommes pas emballés par l’église moderne qui détonne un peu dans le paysage, mais le minuscule phare orange nous fait sourire.

15-Stykki-eglise 15-Stykki-phare

 

15-eglise 

 

 

 

Nous redescendons plein sud par la 56 et atteignons le col de Kerlingarskarð (le passage de la mort) sans encombre et sans rencontrer le troll Kerlingar (le sorcier) que craignaient les anciens.

 

 

  

15-kerling

 

 

 

 

 

Au bord du lac Baulárvallavatn, même en cherchant bien, nous ne voyons pas les cinq monstres se prélasser sur les rives, il faut dire qu'il n'y a pas de soleil !!

 

 

 

 

 

Nous retraversons silencieusement la péninsule de Snæfellsnes sous un petit crachin qui se met à l’unisson de la morosité qui règne à l’intérieur de la voiture. Ce soir, nous serons à Reykvavík, nous devrons affronter la grande ville, les feux, la foule, les bouchons, la nervosité, enfin, tout ce qui fait les villes du monde et surtout la fin du séjour islandais.

Déjeuner sur les hauteurs devant le fjord Hvalfjörður, face à Reykvavík. Nous en profitons pour commencer la toilette intérieure de la voiture, car toute la poussière de la quinzaine s’y est incrustée. Une demi-boîte de lingettes y passe.

Nous empruntons le tunnel d’Akranes (1000 Kr) qui fait gagner une heure. Il a été inauguré en 1998, c’est un petit frère de notre Eurotunnel. Les 5770 mètres nous paraissent sans fin, surtout après les accidents du tunnel du Mont Blanc et du Fréjus. Nous ne voyons jamais le bout car il tourne sans cesse.

Ca y est, nous sommes à Reykvavík, il n’y avait pas de quoi se mettre la « rate au court bouillon » car la circulation y est fluide, le périphérique et les avenues bien larges.

15-Isa

 

Nous nous perdons un peu avant de trouver notre hôtel Isafold situé dans un quartier calme. Notre chambre est au rez-de-jardin, ça nous change de nos fermes !!!

 

 

Les hommes vont faire le plein d’essence et une grande toilette à notre Kia avant de la rendre au loueur.

Au revoir petite voiture, toi qui a partagé toutes nos joies et nos peurs, toi qui nous a brinqueballés sur toutes ces pistes défoncées sans coup férir, toi qui nous a abrités durant moult pique-niques, toi qui nous a réchauffés quand le vent soufflait fort.

 

4583 kilomètres en quinze jours, ça crée des liens...

 

Bon, nous n’allons tout de même pas verser une larme pour une voiture …

 

Nous partons à la découverte de Reykvavík (baie des fumées).

Nous arpentons les rues de la vieille ville, cherchons des idées pour les sempiternels souvenirs. Il n’y a pas grand chose et le peu que nous trouvons est à un prix …islandais.

 

 

 

Nous cheminons jusqu’à l’église Hallgrímskirkja  qui doit son nom au plus célèbre écrivain du XVII° siècle Hallgrím Pétursson. Commencée en 1945, inaugurée en 1986,  elle fait référence aux orgues basaltiques islandais. Ce n’est pas étonnant qu’elle ressemble beaucoup à celle d’Akureyri car c’est le même architecte qui en dessina les plans.

La nef, inspirée du style gothique est très sobre, hormis de gigantesques orgues comportant 5275 tuyaux.

15-Hallgrim1                                 15-Hallgrim2

15-Hallgrim3                                 15-Hallgrim5

15-Hallgrim4

 

Nous montons au sommet par l’ascenseur et découvrons du haut des 75 mètres le panorama, ce qui nous permet de repérer l’emplacement des maisons colorées et de la sculpture en bord de mer.

15-vue d'Hallgrim 15-vue Hallgrim2

15-vue Hallgrim-3 15-vue Hallgrim4

Nous  allons musarder aussitôt sous un petit crachin. Ces maisons colorées appartenaient autrefois aux industriels qui avaient fait fortune avec la pêche à la

baleine ; les premières, en tôle ondulée, furent importées de Norvège en 1883.

15-maison reyk 15-maison reyk-2

 

15-Solfarid

 

 

 

 

En bord de mer, la sculpture moderne, Solfarid (voyageur du soleil) rend hommage aux drakkars vikings.

 

 

 

 

15-edf

 

 

 

 

Nous découvrons un poste électrique EDF (EDI J) dont l’architecture ne déparerait pas à Versailles. Ils ne mégotent pas ces Islandais !!!

 

 

 

15-kebab

 

 

Nous dînons d’un kebab, pas tellement cuisine locale, mais seul plat abordable. Cet immeuble sera détruit par le feu, quelques mois après.

 

 

 

 

 

Retour à notre hébergement, pas de hot-pot, mais une bonne douche soufrée bien chaude.

 

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 11:41

Seizième jour

 

Vendredi 1er juillet 

 

Grasse matinée, réveil à 7h45.

Excellent et copieux petit déjeuner.

Il nous reste les trois quarts d’un pain de mie, cela fait le bonheur des canards, cygnes, eiders, oies du lac Tjörnin.

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A côté, au sous-sol de la mairie, nous suivons l’itinéraire de notre voyage sur la grande carte en relief.

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Nous flânons dans les rues bordant le lac au milieu de jolies maisons entourées de jardin à la floraison printanière (nous sommes le 1er juillet !!)

 

 

 

 

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Un petit tour au Parlement,

 

 

et nous partons pour Perlan (la Perle), mais il commence à faire très froid et à pleuvoir. Nous attendons le bus (220 Kr dans la tirelire translucide du conducteur, pas de rendu de monnaie).

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  C’est un dôme abritant un restaurant panoramique tournant (ça, c’est sur les guides touristiques, il n’a pas bougé d’un millimètre !!!) posé sur les réservoirs d’eau chaude de la ville. Les cinq réservoirs contiennent chacun 4 millions de litres d’eau à 85°.

 

 

 

De là-haut, nous découvrons une vue panoramique de Reykjavík.

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Dans le jardin, la compagnie de chauffage, afin de rappeler que l’origine du nom de Reykvavík venait des fumerolles des sources d’eau chaude, a installé un vrai-faux geyser Strokkur qui crache son jet de vapeur à vingt mètres.



 

 

 

 

 

Nous redescendons tranquillement en flânant dans les rues.

Nous assistons aux  séances du Volcano-show où sont projetés trois films sur le volcanisme. Un retrace le volcanisme en Islande, un autre l’éruption de 1973 à Heimaey et le troisième, montre la naissance de Surtsey en 1963.

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  Il fait beau lorsque nous sortons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16-chat

 

 

 

 

 

Nous rencontrons plein de gentils minets qui quémandent des câlins.

 

 

 

 

 

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Retour au lac Tjörnin où nous donnons aux canards le pain récupéré à Perlan.

 

 

 

 

 

Nos pas nous mènent au 19 Skólavörðustígur où sont exposés les pulls tricotés par les grands-mères Islandaises.

Contrairement aux fermes où les coloris sont ternes, ici, la couleur est reine et les motifs Jacquard des pulls « lopi » nous font envie.

Bien sûr, le coût est élevé. Minimum 130 € pour un pull adulte, mais quand on connaît le prix d’une pelote de laine (acrylique) en France ce n’est pas si cher que ça.

 

En cheminant dans les rues piétonnes, nous continuons nos investigations « souvenirs » et revenons bredouilles.

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Ce sera Skyr ou harengs pour les uns et Duty free ou rien pour les autres !!

Nous aimons bien nous imprégner de l’atmosphère d’une ville. Nous nous asseyons sur un muret  et regardons déambuler les autochtones. Les jeunes gens sont tous vêtus d’un costume sombre, chemise blanche et balancent une sacoche. Nous les surnommons les « banquiers ». Les filles et les femmes sont habillées n’importe comment, cela change des « poupées russes »   de l’an dernier. Il y a très peu de gens âgés et très peu d’enfants. Il faudra que je me renseigne sur le taux de natalité.

 

 

Dîner sur un banc, au soleil, de délicieux fish and chips.
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Nous allons chercher un dessert à la supérette 1011 et découvrons une innovation qui devrait s’exporter.

Devant la vitrine, sont attablés les clients qui viennent d’acheter les produits qu’ils font chauffer dans un micro-onde mis à leur disposition par le magasin. De l’étagère à l’estomac en quelque sorte. Nous prenons des Skyr et les dégustons assis bien confortablement en regardant passer les « banquiers ».

 

Notre accompagnateur vient nous chercher à 5h 30 demain matin.

Nous sommes contents d’avoir fait le tour de l’Islande «  à l’envers » car terminer par la péninsule de Snæfellsnes et Reykvavík  repose de la cavalcade des quinze derniers jours.

 

 

Au revoir (Bless) Islande. Nous ne t’oublierons jamais, tu es un pays hors normes, hors du temps. Nous n’oublierons jamais tes paysages grandioses, tes volcans, tes fumerolles, ton eau chaude odorante, tes marmites, tes gués, tes pistes cahotantes, tes 4 x 4 monstrueux, tes couleurs délirantes, tes routes désertes, ton soleil qui ne se couche jamais, tes phoques, tes oiseaux. Nous n’oublierons jamais la gentillesse des chiens, des chats et des Islandais.

 

 

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 19:10

Aujourd’hui, Décembre 2007, il y a plus de deux ans que nous sommes revenus.

Tous les jours, toutes les nuits, je pense à l’Islande.

De temps à autres, je regarde ma « cicatrice de Gulfoss » avec tendresse, c’est ma blessure de guerre, ma « légion d’honneur islandaise » ; c’est un peu d’Islande gravée dans ma chair, comme si nous étions devenues « sœurs de sang » lors d’un rite initiatique.

E-desert 

 

 

 

 

 

Je revois les paysages désertiques si beaux,

 

 

 

 

 

 

 

E-couleurs

 

 

 

 

 

 

 les montagnes éclaboussées de couleurs chatoyantes,

 

 

 

 

 

  E-lave

 

 

 

 

 

 

 

les coulées d’obsidienne scintillantes au soleil, les laves torturées,

 

 

 

 

 

E-cascade

 

 

 

 

 

 

les cascades irisées dévalant les pentes moussues,

 

 

 

 

  

 

E-geyser

 

 

 

 

 

 

les geysers jaillissants,

 

 

 

 

 

  

 

 

E-mouton

 

 

 

 

 

 les moutons traversant les pistes,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

E-chevaux

 

 

 

 

 

les chevaux caracolant dans les prés,

 

 

 

 

 

 

 

 

tous les chiens et les chats qui ont aimé nos caresses

13-chien

 E-chat

et toutes les rencontres que nous avons faites.

Je ne pense qu’à une chose : Y RETOURNER.

 

Et le rêve s'est concrétisé en Janvier 2006.
Avec Nicolas, nous avions projeté d’aller « à la poursuite des aurores boréales » et cerise sur le gâteau  d’admirer Gullfoss prise par les glaces.

Vous trouverez le récit hivernal dans le deuxième volet de ce blog :"A la poursuite des aurores boréales".

Un autre projet hivernal est en gestation pour Février 2008 ; si Oðin le veut.

 

Finalement, il aura lieu en avril 2009. Voir le troisième volet : "Avril en Islande".

Comme j'aime énormémént l'Islande, j'y suis retournée en juin 2009 "les fjords de l'ouest", en mars 2010 (pas de récit), et en décembre 2010 "Nuit magique à Reykjavík".

Et je n'ai pas dit mon dernier mot.

En projet : juin 2011 : "Impressions au soleil de minuit".

 

 

 

 

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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