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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 00:23

             LIENS UTILES POUR BIEN PRÉPARER SON VOYAGE

                            LES GUIDES PAPIER


                        Bibliothèque du voyageur Gallimard : Le grand guide de l'Islande
Le Guide du Routard : Islande
Le Petit Futé : Islande
Lonely planet : Islande

Guide Marcus du voyageur : Islande, l'île aux volcans  
Islande de Ragnar Þ Sigurðsson et C. Masson
Islande, photos de P. Desgraupes


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   Association France-Islande
   Voyage Forum
   Guide du routard
   ABM
         

                             SITES DE VOYAGEURS
   
  A mon avis, le meilleur site et le plus documenté
      Un incontournable (à  lire absolument avant de
traverser un gué)
      L'islande à vélo
      En famille à vélo
      De magnifiques photos
      Morbihan-Islande en voilier

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 Islandtours
 Gallia et Compagnie de ferries Smyril Line
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Aérodrome de Reykjahlíð
Iceland Express : une compagnie à bas prix
Transavia : une compagnie à prix bas
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                         Flybus : compagnie d'autocars
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                         L'Ambassade de France en Islande                     
Informations touristiques de Þingvellir
Tout savoir sur la géographie de l'Islande
Tripadvisor : informations touristiques et cartes
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:19


Nous imaginions l’Islande aride et sans aucune végétation, mais c’était  sans compter sur les héroïques petites fleurs que nous avons rencontrées dans les endroits les plus insolites : silène acaule  perchée sur les orgues basaltiques de Reynir, ou poussant dans les endroits les plus déserts comme le Laki.
silene acaulis-2






Silène acaule
Silene acaulis









silene acaulis-3






Silène acaule
Silene acaulis









silene-4







Silène acaule
Silene acaulis











Silène maritime
se frayant un chemin dans la caillasse de Þorsmörk,  thym arctique à Hveravellir, épilobe arctique croissant dans l’écume des cascades, armérie maritime s’insinuant dans les anfractuosités des coulées de lave.

silene maritime






Silène maritime
Silene maritima








thymus praecox-






Thym artcique

Thymnus praecox








epilobe arctique





Epilobe arctique
Epilobium latifolium








armérie maritime







Armérie maritime
Armeria maritima







Nous avons été étonnés par la diversité des espèces rencontrées dans les sous-bois d’ Ásbyrgi : dryade à huit pétales, myrtilles que les Islandais récolteront à l'occasion de "Berjamór", bartsie alpine, bouleaux tortueux aux troncs torturés, saule laineux, camarine noire dont la fructification des baies profite aux oiseaux qui se gorgent avant la saison hivernale. Les graines tombées au sol ne sortiront de leur dormance qu’au retour des jours plus longs.

 
dryade-3








Dryade à huit pétales

Dryas octopetala








dryade à 8 petales-1








Dryade à huit pétales
Dryas octopetala








myrtilles







Myrtilles

Vaccinium myrtillus










bartsie-2








Bartsie alpine

Bartsia alpina









bouleau-tortueux








 

 

 

 

 

 

 

Bouleaux tortueux
Betula pubescens subspecies tortuosa





 

 

                    Saule laineux Salix lanata
  
07-saule2      07-saul1
camarine (Empetrum nigrum)









Camarine

Empetrum nigrum










camarine-2









Camarine
Empetrum nigrum











Et les angéliques vertes de Vík au milieu de l’océan de lupins, et la magnifique bartsie alpine de Skaftafell,  et les délicats plumeaux de la linaigrette oscillant dans le vent, accrochant la lumière rasante. Ces fleurs immaculées poussent dans les milieux humides des tourbières.
angélique jeune








Angélique (jeune)

Angelica archangelica




angélique adolescente-2







Angélique adolescente
Angelica archangelica









angélique adulte-1








Angélique adulte
Angelica archangelica








bartsie-3







Bartsie alpine

Bartsia alpina









linaigrette-2






Linaigrettes de Scheuchzer
Eriophorum Scheuchzeri Hoppe










Et les mousses Grimmia du Laki, vert céladon, qui enrobent d’un épais manteau vert les coulées de lave, n’ont besoin de presque rien pour subsister dans les déserts froids. Une fissure, une once de terre et elles se développent en coussinets sur les rochers.


Mousses Grimnia-1








Mousses Grimnia

Grimnia pulvinata











Et tout là-haut, au nord, près du fjörd Kaldalón, en bordure du Drangajökull, nous avons eu la surprise de rencontrer la dryade à huit pétales, le silène acaule, la camarine, le thym précoce, la cardamine, la céraiste ; toutes ces fleurs poussant à ras de terre pour ne pas être la proie du vent polaire qui règne ici.

Nous y avons vu également le bouleau nain qui ici, n'est pas un arbre avec un tronc, mais une longue racine feuillue rampant au ras des cailloux, bravant le vent du nord.
 

dryade-2







Dryade à huit pétales
Dryas octopetala







silene acaulis-1









Silène acaule

Silene acaulis







camarine






Camarine
Empetrum nigrum









thymus praecox-








Thym précoce
Thymnus praecox







cardaminopsis petraea et deschampsia alpina






Cardamine
Cardaminopsis petraea







ceraiste alpinium






Céraiste alpine
Cerastium alpinium








bouleau nain






Bouleau nain
Betula nana







 

 

Il y a aussi ces mousses ou algues fluorescentes, le pohlia wahlengergii,  qui colonisent les rivières du Laki et du Landmmannalaugar signalant une zone particulièrement humide.

pohilia wahlenbergii






pohlia wahlengergii










Et tous ces lichens et végétaux inconnus qui du littoral rocheux arrosé par les embruns jusqu’aux déserts représentent la seule végétation.

Et puis le bleu des milliers lupins qui illumine les paysages désertiques.

  lupins-1  

lupins-6


                    
                    D'AUTRES FLEURS ISLANDAISES

alopecurus-2







Vulpin des prés

Alopecurus pratensis








alopecurus-1






Vulpin des prés
Alopecurus pratensis









armérie et lychnis des Alpes





Lychnis des Alpes et
armérie maritime

Lychnis alpina
et
armeria maritima






angélique adolescente










Angélique adolescente
Angelica archangelica















angélique adulte-1








Angélique adulte
Angelica archangelica









azalée alpine-2








Azalée alpine
Loiseleuria procumbens









azalée alpine







Azalée alpine
Loiseleuria procumbens










Bartsie-1










Bartsie alpine
Bartsia alpina















campanule







 

 

Campanule à feuilles rondes
Campanula rotundifolia








canche et lychnis des Alpes







Canche alpine 
et
Lychnis des Alpes
Deschampsia alpina
et
Lychnis alpina





cardamine










Cardamine de Nyman
Cardamina nymanii














cardamine-2








Cardamine des prés
Cardamine pratensis












centaurée











Centaurée
Centaurea














Cochlearia arctica








Cranson arctique
Cochlearia arctica








épilobe-1













Epilobe en épi
Epilobium augustifolium




Fléoles des prés Phleum pratense









 

 

 

 

 

 

Fléole des prés
Phleum pratense






gallium normanii








Gaillet
Galium normanii








geranium sylvaticum-5







 

 

 

Géranium des bois
Geranium sylvaticum










géranium sylvaticum-1







 

Géranium des bois
Geranium sylvaticum









géranium sylvaticum-2







 

 

Géranium des bois
Geranium sylvaticum









linaigrette-1









Linaigrette de Scheuchzner
Euriophorum Scheuchzeri Hoppe














lychnis-2







 

 

 

Lychnis des Alpes
Lychnis Alpina









lychnis des Alpes-1









 

 

Lychnis des Alpes
Lychnis Alpina










pavot 3 couleurs











Pavots d'Islande
Papaver nudicaule





pavot d'islande jaune











Pavot d'Islande
Papaver nudicaule






populage-1












Populage des marais
Caltha palustris
















populage











Populage des marais
Caltha palustris







Rhodiola rouge









Orpin rose
Rhodioma rosea











rhodiola jaune-2











Orpin jaune
Rhodiola rosea










silene acaulis-3











Silène acaule
Silene acaulis










silène dioique-1










Silène dioïque
Silene dioeca












silene dioique-2JPG














Silène dioïque
Silene dioeca














silène maritime-1











Silène maritime
Silene maritima








pissenlits









Pissenlits
Taraxacum officinale








Trolles












Trolle d'Europe
Trollius europaneus






vaccinium uliginosum-2











Myrtilles
Vaccinium myrtillus









saule laineux et bouleau nain









Saule laineux
et bouleau nain
Salix lanata
et betula nana









salix borealis












Saule boréal
Salix borealis









salix borealis femelle-2












Saule boréal femelle
Salix borealis









saule à feuille de Philica (salix phylicifolia)










Saule à feuille de Philica
Salix philicifolia








jonc












Jonc
Juncus









cytise-1










Cytise en pleine floraison le 23 juin
Laburnum








cakile arctica










Roquette de mer
Cakile arctica










honkenya peploide











Pourpier de mer
Honckenya peploide











Ce ne sont que quelques-unes des 470 espèces présentes sur le territoire islandais.
 

 

LES LUPINS (Lupinus nootkatensis)

 

De retour d'un voyage  en Alaska en 1947, un chercheur islandais a rapporté quelques graines de lupin ramassées dans les Montagnes Rocheuses. II les a plantées dans un parc  près de Reykjavik dans un champ de laves et de caillasses. Ces lupins se sont bien acclimatés en Islande, ont fait des petits et se sont répandus sur plusieurs milliers d'hectares sur tout le territoire, menaçant toutes les nouvelles plantations d'arbres.
lupins-4
 On peut expliquer la colonisation rapide  par le système racinaire de cette légumineuse qui lui permet de ne pas manquer d'azote dans les lieux pierreux. Ses racines sont susceptibles de solubiliser le phosphore minéral que l’on trouve à profusion dans les laves.  

lupins-5
Le lupin a la propriété (grâce à des bactéries qui peuplent ses racines) de fixer dans le sol l'azote de l'air. La plante agit donc comme un agent fertilisant et reconstructeur des sols abîmés, permettant à sa suite la colonisation par d'autres végétaux ...
Sur ces bases, ce sont des milliers d'hectares de lupins qui ont été semés dans de nombreuses régions semi-désertiques du pays. Les lupins ont une résistance extraordinaire aux conditions difficiles, et une propension incroyable à s'étendre et se développer rapidement ...
lupins-7
On pourrait craindre, à ce rythme, que leur développement ne devienne à terme incontrôlable, mais il n'en est rien, car dans la plupart des cas, après avoir rempli leur rôle de réparateur de la nature, les lupins disparaissent d'eux-mêmes entre 15 et 40 ans ...
La plante est cependant tellement dominante que des recherches seront encore nécessaires pour mesurer son impact réel sur la flore islandaise.
Le service des "Eaux et Forêts" islandais ne l'utilise donc qu'avec une certaine prudence, seulement dans des zones où les sols sont extrêmement endommagés et où l'expansion phénoménale de cette plante peut être maîtrisée.
 

Néanmoins, les particuliers conservent la liberté de semer des lupins où bon leur semble. Des fermiers dont les terres sont en partie stériles l'ont fait dans l'espoir d'étendre leurs herbages, et rien ne le leur interdit.               

Certains voient cette pratique d’un mauvais œil car le lupin n’a jamais poussé naturellement en Islande et déjà, il a colonisé les plantes indigènes du parc de Skaftafell où son arrachage massif a commencé il y a plusieurs années.

Lupins-2
Le service des "Eaux et Forêts" islandais envisage de mettre en place une législation plus contraignante pour contrôler les semis de lupins et - à titre plus général - l'introduction de plantes n'appartenant pas à la flore naturelle de l'Islande.

Le surpâturage immodéré des moutons ayant érodé la terre, la plantation de lupins d’Alaska a été entreprise pour stabiliser l’érosion des sols dans certaines régions et faire du fourrage pour nourrir les ovins l’hiver.

Les lupins suscitent aussi d'autres formes d'intérêt. Certains herboristes islandais pensent que les racines de la plante contiennent des molécules permettant de stimuler les défenses immunitaires humaines. Des essais privés se seraient montrés intéressants pour limiter les effets secondaires de certaines chimiothérapies.


Entre notre premier passage en juin 2005 et notre séjour en juin 2009, nous avons constaté une grande différence.

Dans le sud, le long de la route N°1, ce n'était que sandur noir mais maintenant, les lupins ont envahi chaque centimètre carré.

Du point de vue touristique, c'est magnifique, mais du point de vue écologique, cela pose beaucoup de problèmes.

 lupins-6

Le lupin essaime là où on n’a pas du tout besoin de lui et y prend souvent le dessus sur les espèces locales. Il s’étale sur les versants herbeux, accapare les terrasses alluviales et les lits de rivière, il sait même envahir des sous-bois de bouleaux tortueux au point d’étouffer toutes les plantes de petite taille. Pourquoi disparaitrait-il des milieux qu’il a lui-même rejoints, où il a réussi à évincer les plantes d’origine ? Il n’y a pas en Islande de plantes concurrentes de la famille et de la vivacité du lupin, à apprécier une telle variété de milieux, à s’opposer à sa domination. Des campagnes d’arrachage ont montré combien il était résistant. On trouve maintenant des tapis continus de lupins dans toutes les régions du pays, il y a longtemps que l’espèce est hors de contrôle. Les choses changent, tardivement : une loi a été votée pour interdire son utilisation sur les plateaux centraux (au-dessus de 500 m d’altitude) ainsi que dans les zones protégées. Sa plantation n’est maintenant plus effectuée que par les services gouvernementaux, (Landgræðsla ríkisins), alors qu’avant les agriculteurs participaient activement. Un sérieux coup de frein a été mis au programme « lupin ».

lupins-3
On peut rétorquer que l’Islande n’est pas un sanctuaire écologique, une réserve naturelle figée qu’il faudrait à tout prix maintenir en l’état, et qu’il est inévitable de modifier artificiellement les milieux, surtout pour enrayer l’érosion. C’est vrai mais cela n’empêche pas de mieux choisir les pièces rapportées. D’autres plantes introduites pour stabiliser les sols donnent satisfaction sans perturber l’équilibre de la flore existante. C’est le cas notamment de la canche de Béring ou de la fétuque rouge, chacune proche d’une espèce naturelle en Islande. Bien sûr elles aussi se sont éparpillées dans le pays mais toujours mêlées aux autres graminées, jamais dominantes ; elles ne sont pas classées comme invasives en Islande. Des plantes « islandaises » sont aussi semées, comme le pâturin des prés. Le cas des élymes est à part car elles ne donnent satisfaction que sur le sable ou le limon, des sols où de toute façon le lupin ne prend pas bien ; leur usage est toujours aussi important et même en hausse. Toutes ces plantes nécessitent de l’engrais les premières années pour garantir la prise, jusqu’à 250 kg/ha, alors que le lupin n’en a pas besoin, d’où l’engouement qu’il a suscité.
Lupins à Rif

Je remercie chaleureusement Régis Despouy et Yann Pichon pour leur aide précieuse quant à la reconnaissance des végétaux.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 21:11

LE MACAREUX

 


Il se tient dressé, bien droit sur ses pattes palmées orange.

Il n’a pas usurpé son surnom : clown des mers.

Ses ailes très courtes qui favorisent la nage l’handicapent pour le vol.

La faible portance le contraint à battre des ailes très rapidement.

Grégaire, cet oiseau de la famille des alcidés niche en colonies (à Ingólfshöfði, ils sont environ 300 000).


Ils déposent un unique œuf blanc dans un nid qu’ils creusent eux même dans la terre, caché sous l’herbe et tapissent ce nid de plumes.

Les deux parents couvent durant une quarantaine de jours. Les poussins sont abecqués avec les petits poissons ou les mollusques stockés dans le bec des adultes.

Leur longévité est de 22 ans toujours avec le même compagnon.

 

LE GRAND LABBE


C’est un oiseau d’environ 130 cm d’envergure, qui ressemble un peu à un goéland.

Son plumage est brun ; ses pattes palmées et son bec sont noirs.

C’est un migrateur solitaire qui se retrouve jusqu’au tropique du Cancer.

En période de nidification, il vit en petites colonies.

Le nid, construit par les deux parents est une dépression creusée à même le sol, tapissé de débris d’herbes et autres éléments.

 





La femelle pond deux œufs qui ressemblent à une pomme de terre…






Il se nourrit de petits poissons, œufs, petits mammifères et s’attaque aux petits macareux, aux fous et aux guillemots. Il combat également les autres oiseaux afin qu’ils lâchent ou régurgitent leur pêche, la rattrapant au vol.

Il s’alimente également de baies à l’automne.


Les poussins sont à même le sol, il faut faire très attention afin de ne pas les écraser, mais le labbe veille et ne laisse personne approcher la zone du nid.


 

LES GUILLEMOTS

 

GUILLEMOT DE BRÜNNICH

 

C'est petit oiseau d’environ 45 cm de hauteur et 75 d’envergure.

Le dos, la tête, le cou et la partie supérieure de la poitrine sont noirs, le ventre est d’un beau blanc, le bec noir effilé.
C’est le seul oiseau qui migre à la nage. L’oisillon, dès trois semaines, part avec son père, incapable de voler lui aussi à cause de la mue, pour un long périple de plus de 1000 kilomètres à la nage, puis en volant jusqu’aux rivages de Terre neuve.

Le poussin n’est apte à voler qu’à un mois et demi.

Le guillemot n'est doué, ni pour l’envol, ni pour la marche, car ils possèdent de très petites ailes disproportionnées par rapport à sa taille.

Une fois dans les airs, sa vitesse peut atteindre 75 kilomètres à l’heure.

Il niche en colonies sur les aspérités des parois abruptes.


La femelle pond un unique œuf  vert tacheté que les deux parents couvent durant 30 à 36 jours.


Les parents alimentent le poussin avec des poissons, des mollusques, du krill, qu’ils vont pêcher jusqu’à 15 kilomètres du nid.

Il plonge à une grande profondeur et attaque les poissons par en dessous.

Vers une vingtaine de jours, le petit quitte le nid et tombe de la falaise, dans la mer.

Tous les jeunes nagent et appellent leurs parents qui subviennent à leurs besoins dans l’eau.

 

GUILLEMOT DE TROÏL

 

Son cousin le guillemot de Troïl est noir brillant et blanc, l'œil  cerclé de blanc et terminé par un long trait fin (guillemot de Troïl bridé), le bec également souligné de blanc.

Cet oiseau niche généralement en colonies denses au milieu des falaises et pond son unique œuf directement sur le roc ou le sol. Les œufs ont la forme d'une poire, de telle façon qu'ils pivotent sur eux-mêmes lorsqu'ils sont dérangés, et ne tombent pas en bas de la falaise.

 

GUILLEMOT A MIROIR



Le guillemot à miroir est noir, un triangle blanc posé sur ses ailes. L'intérieur de son bec est rouge vif ainsi que ses pattes.

 

LE PINGOUIN TORDA

 

Le pingouin torda a le dos noir et le ventre blanc. Il est doté de pattes de canard. De son œil part un fin trait blanc jusqu'à son bec. Une rayure blanche traverse le bout des ailes et le bec. Ils nichent souvent côte à côte avec le guillemot de Troïl.

 

LA STERNE ARCTIQUE


C’est un oiseau qui ressemble à une hirondelle, son envergure est de 70 cm pour un poids de

100 grammes, sa queue est fourchue, ses ailes en faux, ses pattes et son bec sont rouge sang.
Elle se nourrit de petits poissons qu’elle attrape en plongeant en piqué.
C’est une espèce qui a pour surnom : Mathusalem ailé car la plus vieille sterne a

vécu jusqu’à l’âge avancé de 34 ans.

Cet oiseau migrateur entreprend au-dessus des océans un raid géant qui peut atteindre 17500 kilomètres.
Elle niche en Islande et au nord du Groenland au ras du 84ème parallèle. C’est l ‘oiseau dont la nidification s’effectue le plus près du Pôle Nord.

Durant les onze semaines de l’été arctique elle couve et élève ses deux sternelots.
Début septembre, elle quitte les rivages du nord et met le cap au sud. Elle longe les côtes de Norvège, d’Europe et d’Afrique. Elle vole au grand large à une vitesse de croisière de 40 kilomètres par heure tout en pêchant de petits poissons.

Début novembre, elle atteint le sud de l’Afrique après avoir parcouru environ
12 000 kilomètres.
Puis elle se dirige vers le Cap de Bonne-Espérance.

Et la voilà repartie  toujours plus au sud. Elle doit braver les vents très puissants

qui soufflent de l’est vers le sud-est, en évitant de se faire balayer par les tempêtes qui la font dériver comme une feuille morte jusqu’en Australie ou en Nouvelle-Zélande.
Arrivée aux alentours du 60ème parallèle, elle bifurque vers le Pôle Sud et se pose sur la glace.

C’est là, dans cet impressionnant désert gelé qui commence à fondre et à se disloquer en des milliers de glaçons flottants qu’elle va passer tout l’hiver, ou plutôt l’été, car au Pôle Sud, au mois de décembre, c’est le plein été.
Elle retrouve le soleil de minuit.
C’est l’oiseau qui profite le plus longtemps dans sa vie de la lumière du soleil : 8 mois sur 12, 24 heures sur 24. Quand se repose-t-elle ?

Ici, elle trouve tout en abondance : krill et crevettes dont elle se gave du matin au soir et du soir au matin.
Tandis qu’elle pêche, la glace continue de fondre et se rapproche chaque jour un peu plus de la terre ferme.
Au mois de mars, elle a effectué un voyage de plusieurs centaines de kilomètres en direction du Pôle Sud.

Il est temps de remonter, les vents ne soufflent plus vers l’est, mais vers l’ouest.
Il lui suffit de se laisser transporter tout le long de l’Antarctique vers l’Amérique du Sud.
Arrivée au dessus de la Mer de Weddel, elle bifurque plein nord pour se laisser planer, sans fatigue, par les vents violents qui l’emportent  vers le nord-est, droit vers l’Afrique.
Puis, elle suit le même chemin qu’à l’aller et atterrit en juin  auprès de son nid et retrouve son mari  qui lui reste fidèle jusqu’à la mort.

                                                                                 (Merci à la Hulotte)

 

NOS OISEAUX D’ISLANDE

 

Depuis que nous avons découvert les macareux dans la réserve des Sept-Îles en Bretagne, nous avons une tendresse particulière pour cet oiseau clown. Durant notre séjour en Islande, nous avons été comblés à Ingólfshöfði.

 

Tous les grands labbes, prédateurs et charognards que nous avons croisés nous ont impressionnés par leur envergure et leur attitude belliqueuse.


Nous avons regretté d’être trop loin des guillemots de Brünnich et Troïl pour pouvoir bien les observer.


 
Nous nous sommes méfiés des sternes arctiques et de leurs projectiles nauséabonds et avons admiré leur vivacité à pêcher.

C'est un oiseau qui ne prend même pas le temps de se poser pour nourrir son oisillon vorace.


 
Le pluvier doré nous a bien agacés à nous narguer afin que nous ne découvrions pas ses petits.


 

Les mouettes tridactyles et les infatigables et merveilleux voiliers que sont les pétrels ou fulmars boréaux nous ont assourdis de leurs cris stridents.

 


A Reykjavík, les canards colverts, oies sauvages, eiders duveteux et cygnes sont venus picorer dans nos mains pour notre plus grand bonheur.


 

 

Photo : Wikipedia

Nous nous sommes amusés du manège de l’huîtrier-pie, qui court, saute, hoche la tête comme un enfant pressé en poussant ses bik-bik-bik aigus et ouvre les petits coquillages de la pointe de son bec.


 

Nous avons observé la bergeronnette d’Ásbyrgi qui s’élançait d’un vol énergique afin d’attraper les insectes.

 Photo : Wikipedia


Nous avons espionné le grand gravelot qui trottinait le long du bord de mer, cherchant sa pitance.

Photo : Wikipedia 


Nous avons été étonnés de la familiarité de la grive mauvis si peu farouche au bord du chemin du parc de Skaftafell.

 

Le courlis corlieu précédé de son chant « courrrrlis » indique tout de suite à qui l’on a affaire.


Le chevalier gambette, souvent perché sur un piquet semble surveiller les alentours.
 

Nous avons passé de longs moments à espionner le lagopède qui nichait sous notre summarhús et prenait le soleil sur la terrasse. 


Nous vous avons aimé, petit peuple ailé que nous prenons plaisir à regarder vivre, que ce soit en Islande où en France.

 

 

 

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 23:33

Góðan dagínn, eg heiti Svali.

Bonjour, je m'appelle Vent Frais.

 

Laissez-moi vous conter mon histoire.

Je suis un petit cheval islandais.



Petit, car tous les chevaux islandais sont petits par rapport aux standards européens. Chez vous, pour être appelé cheval, il faut mesurer plus d'1.47 m au garrot, dans mon île tous mes parents mesurent entre 1.25 et 1.45 m.

Ne dîtes surtout pas aux Islandais que nous sommes des poneys !!!

Aujourd'hui, chez vous également, vous avez compris qu'il faut nous appeler CHEVAUX !!!

 

En Islande, nous sommes élevés  en race pure depuis plus de mille ans l’importation de chevaux ayant été interdite depuis l'an 930, soit moins de soixante ans après le début de la colonisation de l'île (874).
Comme tous les équidés du monde, toute ma famille est issue d'un cheval sauvage.

Celui-ci qui évoluait dans les steppes de l'Europe de l'ouest jusque vers les toundras d'Asie de l'est.

Il y a plus de douze siècles, les vikings débarquèrent avec leurs chevaux. Mes arrière-arrière-arrière grands-parents appartenaient à la race scandinave, vraisemblablement apparentés au Fjord actuel et au Tarpan (éteint en 1880), les autres étaient d'origine d'Europe de l'ouest et possédaient des ancêtres celtes.







Cheval "fjord"















Photo : Wikipedia

Toute ma famille est issue de ce seul patrimoine génétique qui a joué un rôle essentiel dans la colonisation et l'exploitation de l'île.

 

L'élevage de mes ancêtres devint problématique à cause de la consanguinité, la race n'a pas connu les mêmes exigences sélectives que celles du continent à cause de l’isolement de nos fermes.

Une loi de 930, toujours en vigueur, interdit de faire entrer en Islande un cheval né dans un pays étranger.


Ainsi, mon cousin, Beint Afram, Droit Devant ; parti pour une compétition en France n'est jamais revenu : un cheval islandais qui sort  du pays  ne peut y reposer les pattes.

 









mon cousin :
Beint Afram








C'est la même chose pour croiser des chevaux islandais nés à l’étranger avec ceux d’Islande, il faut importer un étalon ou une jument. Tous les ans, chaque famille pleure un des leurs qui ne reviendra jamais sur sa terre natale.

Et dire que ça dure depuis la colonisation par les vikings il y a plus de mille ans.

Et ce n'est près de s'arrêter…

 

Nous, les chevaux islandais possédons cinq allures au lieu des trois du reste du monde équin. Outre le pas, trot et galop il faut ajouter l’amble volant (skeid) et le tölt qui sont des allures naturelles et non issues du dressage.


 






Le tölt









photo : Florence Garde FFCI


Le tölt est l’allure la plus confortable pour notre cavalier. Elle comporte quatre temps dont les posés coïncident à ceux du pas, mais elle fluctue de la vitesse du pas à celle du galop.

Ainsi, les secousses sont réduites au minimum nous pouvons couvrir avec notre cavalier de très longs parcours sans fatigue.


L’amble est une allure sautée par laquelle l’antérieur et le postérieur d’un même côté se lèvent ensemble.

Les allures latérales (tölt et amble) se rencontraient chez tous les équidés au début du millénaire (haquenées de dames et chevaux de curés, à cause de leur confort) mais ont disparu avec l’apparition des routes sur le continent et donc des attelages ainsi que l’utilisation par l’armée des chevaux.

La disparité de nos  robes (celle du cheval, pas celle du curé ni celle de la dame !!!) est très importante.




Elle offre une véritable panoplie de couleurs puisque toutes les robes sont admises : gris, noir, café au lait, brun, alezan, pie, isabelle, rouan… sauf l'appaloosa.

Au printemps, nous perdons notre pelage d'hiver.











Les Islandais ont un respect tout particulier pour les chevaux qui conservent leur pelage blanc toute l'année.

Ce pelage blanc est un vestige de la période glaciaire où il nous servait de camouflage.

 

 








Mes frères et sœurs naissent généralement en juin après environ 11 mois de gestation.

Nos pattes sont courtes et vigoureuses, mais nous sommes pourvus de solides paturons et de sabots extrêmement durs pour nous déplacer sur les surfaces les plus dures et les plus glissantes. Il faut dire qu'en Islande, le temps est plutôt rude pour nous.







Notre crinière abondante laisse entrevoir nos petites oreilles

















Des tisserands filent les crins de notre crinière et de notre queue, comme la laine de mouton, pour confectionner des rênes et des cordes solides.

            

Nous sommes très appréciés car dociles, robustes, courageux, endurants, intelligents, d'humeur égale, attachés à notre maître et très accommodants. De plus, nous avons le pied sûr, ce qui est un atout majeur pour les sols islandais.

Nous demandons peu d’attention  et nous nous contentons d’une pitance plus diversifiée que les autres chevaux.

Nous nous nourrissons  de façon frugale (herbe et 7kg de foin pas jour).







L’hiver, nous grattons la neige pour brouter un peu de verdure ou de lichen.





Une alimentation trop riche est nocive pour notre santé.
Notre entretien est très facile, nous pouvons porter des charges considérables et collaborons harmonieusement avec le cavalier, bref nous sommes le compagnon idéal.



Nous ne sommes ni fragile ni frileux, notre poil doux et soyeux s’allonge de huit à dix centimètres durant les périodes de froidure.

Notre croissance est lente, on ne nous monte pas avant cinq ans.
Nous devenons adultes à sept ans et notre longévité est exceptionnelle (mon ancêtre le plus âgé est décédé à 57 ans).

En Islande les chevaux sont ferré à froid ou à chaud par de nombreux maréchaux ferrants.

En hiver, pour circuler sur les sols difficiles, neige ou glace ; on nous déferre.

Nous résistons bien aux maladies, mais en pays tempéré nous sommes sensibles à l'eczéma et aux insectes.

L'été, nous nous tenons à l'écart des points d'eau infestés de moucherons qui nous gâchent la vie.

 

En Islande, le cheval islandais est utilisé depuis plus de mille ans pour le transport : en effet, bien que nous soyons petits, nous portons sans problème un adulte sur de très longues distances.  Sur cette île aux terrains escarpés, nous transportions les habitants, reliions les villes entre elles, de manière rapide et efficace. Il ne faut pas oublier que le tour de l'île par la route n'a été effectif qu'en 1974.




On nous utilise comme cheval de conduite pour rassembler et faire migrer les nombreux et grands troupeaux de moutons
élevés sur l'île.




Les chevaux islandais s'imposent rapidement comme un élément essentiel de l'île, sur lesquels une bonne partie de l'économie repose jusqu'au XIX° siècle.                
 

Les plus robustes d'entre nous ont été utilisés pour transporter les troncs d'arbres échoués sur les côtes vers les contrées isolées au-delà des glaciers. Plus d'une fois, hommes, chevaux et biens disparurent dans des crevasses.

Autrefois, la morue séchée constituait l'alimentation de base des islandais. Elle était acheminée à dos de cheval des ports vers l'intérieur des terres en convois.

Pendant des centaines d'années, aucun pont ne franchissait les fleuves et les rivières. Sans les chevaux, il eut été impossible d'acheminer les marchandises d'une région à l'autre.

 

Aujourd’hui, l’Islande compte environ 82 000 chevaux, soit environ un pour trois habitants.

 

Parce que nous sommes robustes, peu exigeants, courageux, rustiques, dociles et résistants, nous, les chevaux islandais, avons longtemps été exportés vers les îles britanniques et la Pologne pour travailler dans les exploitations minières.








Une fois dans le puits de mine, plus aucune chance de revoir la lumière du jour.












Mon arrière grand-père, Svartur (noir), le dernier cheval islandais employé dans une mine britannique a pris sa retraite au cours des années 1980.

Comme ses congénères, il était devenu aveugle à passer sa vie dans le noir et rhumatisant à cause de l'humidité qui y régnait.

 

 Dans la deuxième partie du XIXème siècle, on dit que la peintre Rosa Bonheur aurait eu des chevaux islandais qu'elle peignait et exposait au Bois de Boulogne. Un bien grand honneur pour ma famille.



Au début du vingtième siècle (1903), les pêcheurs de morue, les fameux "Pêcheurs d'Islande", revenaient parfois à leur port d'attache avec un poulain islandais qu'ils avaient troqué dans les villages littoraux contre un baril de 20 litres de vin.

Ce n'était pas cher payer la vie de mes cousins…

 

Depuis les années 1950-60, on nous exporte de plus en plus vers l'Europe continentale pour une pratique de compétition et de loisirs.

Le Gæðingakeppni est un concours très populaire en Islande et est en passe de le devenir en Europe continentale.

Photo : Landsmot.is

En voiture ou en traîneau, l'attelage est une discipline dans laquelle, nous les  Islandais sommes également très appréciés.

Actuellement, 6000 chevaux islandais vivent en France (la plupart résident en Alsace et dans le Nord-est de la Lorraine) et 40 000 en Allemagne.

 

Voilà, vous connaissez un peu mieux l'histoire de ma famille.

J'espère rester à jamais sur mes terres islandaises.

 

Svali

 

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:35
Contrairement à une idée reçue, il faut savoir que l'Islande n'a jamais été, au cours de son histoire, un pays de chasse à la baleine. Il n'existe pas de tradition baleinière nationale en Islande.
Depuis la colonisation de l'Islande par les vikings, au 9ème siècle, la baleine n'avait jamais été chassée. Les populations littorales se contentaient de se partager les baleines qui venaient s'échouer sur les côtes et y mourir de mort naturelle.
Les "Sagas" islandaises, des textes conservés depuis mille ans, en témoignent.

Ce n'est qu'au 19ème siècle que des stations baleinières ont été installées en Islande, par des étrangers (d'abord des Basques Espagnols, puis des Norvégiens) dans les fjords du Nord-Ouest et de l'Est.



ancienne station baleinière de Gjörgur



Photo : figaro.fr

L'Islande était alors un pays trés pauvre dont les maigres ressources étaient pillées par des Etats plus puissants. L'abondance des baleines a permis à cette activité lucrative de se développer très rapidement, aidée par les progrès technologiques (canon lance-harpon). Ainsi, la période de 1883 à 1915 a connu une véritable sur-exploitation, notamment par les Norvégiens.

Les baleines étaient chassées essentiellement pour leur graisse que l’on faisait fondre sur place. L’huile obtenue, conditionnée en barils, était un produit de qualité dont toute l’Europe était consommatrice. Elle servait pour la fabrication du savon et pour l’éclairage des villes.
Avec les fanons cartilagineux de certaines espèces, on produisait également des "baleines" qui étaient utilisées dans la fabrication des parapluies et des ombrelles, mais aussi pour faire des armatures de corsets pour les dames et des raidisseurs de cols de chemise pour les messieurs.







Fanons
de baleine








Photo : wikipedia

Cette matière flexible, facile à travailler et résistante à l’eau était en quelque sorte l’ancêtre des matières plastiques.

Mais cette sur-exploitation, qui ne faisait aucun cas de ce qu'on appelle aujourd'hui "la gestion de la ressource", a rapidement abouti à raréfier les cétacés dans les eaux islandaises.
A début du 20ème siècle, l'Islande s'est inquiétée du pillage de ses eaux territoriales, et dès 1915, le parlement islandais a voté une loi interdisant toute chasse à la baleine, et ce moratoire islandais a duré jusqu'en 1948, permettant à la population de baleines de se reconstituer progressivement.

L'Islande a ainsi été, historiquement, le premier pays au monde à interdire la chasse baleinière.

En 1948, devant l'extrême abondance des baleines dans ses eaux, l'Islande a autorisé la reprise de la chasse baleinière, jusqu'en 1986, année à partir de laquelle elle a décidé d'appliquer le moratoire décrété par la CBI, suspendant ainsi, à nouveau, rigoureusement, toute chasse baleinière pendant 17 ans, jusqu'en 2003.

A partir de 2003, l'Islande a décidé la mise en place de programmes de chasse dite "scientifique", portant sur un petit nombre de baleines de Minke (ou petits rorquals). L'économie de l'Islande dépendait alors à 70 % de la pêche, et cette décision était justifiée par les observations de l'organisme national de gestion des ressources halieutiques qui montraient une prolifération excessive des baleines de Minke.
La baleine de Minke n'est pas une espèce menacée ni protégée. Elle se nourrit de poissons et de calamars, ce qui la fait entrer en concurrence avec les pêcheries islandaises lorsqu'elle prolifère trop (plus de 5000 de ces cétacés étaient alors recensés dans les eaux islandaises).

Après trois ans de chasse dite "scientifique", sur la base de quotas restreints, le gouvernement Islandais a décidé partir d'octobre 2006 la reprise de la chasse "commerciale" à la baleine, sur une base annuelle limitée à 39 baleines, dont 30 baleines de Minke.








Depeçage d'une baleine









Photo : AFP


Cette décision a fait l'objet d'une communication officielle aux ambassadeurs étrangers en poste à Reykjavík, expliquant les motifs de la mesure : la prolifération excessive de certaines espèces de baleines dans les eaux islandaises et leur impact trop important sur les ressources halieutiques.


En Islande, une seule compagnie baleinière (Hvalur) et un seul grand patron de pêche, Kristjan Loftsson, pratiquent la chasse baleinière.
Photo : Wikipedia

Lorsque l'Islande a repris la chasse commerciale, ce fut à l'initiative de cette compagnie et avec le soutien du gouvernement de droite de l'époque qui lui a concédé les licences nécessaires.

                                             Sources : Facebook, Christian Gilabert
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 22:29


MINKY WHALE – BALEINE DE MINKE


C'est cette espèce de baleine que nous devions voir lors de notre "sortie baleine" de Husavík.



Nous avons vu, au loin, une baleine, nous avons fait confiance à la guide qui nous a annoncé qu'il s'agissait d'une baleine de Minke.





Le petit rorqual boréal est un petit cétacé appelé baleine de Minke depuis le début du XX° siècle.

Jusque dans les années 1930, personne ne s’occupait de ce petit rorqual, beaucoup trop petit pour être chassé.

La chasse au rorqual bleu et au rorqual commun, deux grands cétacés, était beaucoup plus rentable.
Dès que cette population se raréfia, l’industrie baleinière se tourna vers le petit rorqual. En 1949, la Norvège en captura au moins 4000 dans l’Atlantique Nord.
Lorsqu'en 1982, la commission baleinière internationale imposa son moratoire, le petit rorqual était l’espèce la plus chassée dans l’Atlantique Nord, en Antarctique et dans le Pacifique Nord (Japon).

Ces mammifères sont des cétacés appartenant au sous-ordre Mysticeti et à la famille des Balaenopteridae.

Ils sont dotés de fanons et de sillons ventraux pour se nourrir.

Les plus petites baleines à fanons peuvent atteindre dix mètres  (les femelles étant en général plus grosses que les mâles) pour un poids de dix tonnes.


Photo : futura.com

On trouve le petit rorqual des mers  tropicales aux mers polaires.

Il reste en plongée de deux à dix minutes jusqu’à un maximum de vingt minutes pour trouver sa nourriture qui varie selon les régions.

Dans l’hémisphère sud, elle est principalement composée de krill (petites crevettes) tandis que dans l’hémisphère nord, elle comporte également des petits poissons 

(capelans, sardines, anguilles de sable …).

Il vit principalement en solitaire, mais on le trouve quelquefois en paire ou en group .
Le petit rorqual migre entre sa zone de nourrissage dans les mers polaires et sa zone d’hivernage dans les mers plus chaudes où il donne naissance à ses petits.

Les migrations varient d’année en année et son comportement reproductif et social reste mystérieux hormis le fait que les populations sont séparées par sexe et par

 âge.

La période de gestation est de dix mois et la période d’allaitement de six mois.

La baleine atteint sa maturité sexuelle vers six-huit ans et peut vivre jusqu’à quarante-cinquante ans, si elle ne fait pas partie des dix pour cent qui meurent chaque année.

La population de petit rorqual a été estimée à quatre vingt mille dans l’Atlantique nord-est et à quatre vingt treize mille dans l’Atlantique nord. Il n’existe aucune estimation pour l’hémisphère sud.

Photo : baleine-northsailing.is

En dépit du moratoire, le petit rorqual continue d’être chassé par trois pays qui profitent des failles dans la convention internationale pour la réglementation pour la chasse à la baleine.

La Norvège chasse dans l’Atlantique nord-est, la mer de Barents et la mer du nord en vertu de son objection au moratoire et fixe elle même ses quotas.

L’Islande chasse également  dans l’Atlantique nord sous prétextes « d’un programme de chasse scientifique ».

Le Japon massacre les petits rorquals à des fins de « recherche scientifique » dans le sanctuaire baleinier de l’Antarctique et du Pacifique nord-ouest.



Actualité baleinière 2007


L'Institut de recherches marines avait, en juin 2007, proposé que, pour la campagne 2007-2008, que la chasse commerciale à la baleine porte sur 400 baleines de Minke et entre 150 et 200 rorquals communs. Le Ministre des Pêcheries, en août 2007, a "enterré" cette suggestion, faute de débouches suffisants pour la viande de baleine. Déjà, pour la saison 2006-2007, 9 captures de rorquals communs avaient été prévues, mais 7 seulement réalisées, faute de rentabilité.

 

Ramené au port de Hvalfjördur (qui signifie le fjord des baleines), le cétacé a ensuite été dépecé en plein air, car la seule usine de traitement encore existante et construite durant la seconde guerre mondiale n'était plus en état.
Photo : futura-sciences

La viande a été entreposée dans les congélateurs d'une usine locale de traitement du poisson, où elle a été bientôt rejointe par celle provenant de six autres rorquals communs et de sept baleines de Minke.

La plus grande partie s'y trouve toujours, invendue. Car l'Islandais refuse désormais de consommer cette viande. Et alors que les Japonais représentaient le principal acheteur potentiel pour ce produit, leur ambassadeur en Islande déclarait qu'il n'était plus intéressé et mettait fin aux tractations en cours en raison des surplus de viande de baleine déjà entreposés dans son pays.

Info : Futura sciences du 28 août 2007


Actualité baleinière 2009 

 

Seuls 1,1% des Islandais assurent manger de la viande de baleine au moins une fois par semaine, alors que 82,4% des 16-24 ans n’en mangent jamais (sondage Gallup réalisé en Islande en 2006).

Selon des chiffres publiés par le Ministre des Pêches au Parlement islandais le 9 février 2009 : chaque rorqual commun tué dans le cadre de la chasse « scientifique » de 2003 à 2007 a coûté deux millions de couronnes islandaises aux contribuables islandais ; Le coût total sur quatre ans a été de 400 millions ISK (2,7 millions d’euros) ; Sur ce total, 180 millions ISK (1,2 millions €) ont été accordés en subventions aux baleiniers, soit 0,9 millions ISK (630.000 euros) par baleine morte.










La saison de la chasse à la baleine s'est ouverte le 26 mai, sur fond de critiques des associations écologistes à l'encontre de la forte hausse des quotas cette année.
L'Islande avait repris la chasse à la baleine en 2006 après 16 ans de moratoire.















Photo : Greenpeace

Le quota de prise de cétacés a été porté cette année à 100 baleines de Minke et 150 rorquals, contre 40 baleines de Minke et 9 rorquals l'an passé, en dépit d'appels internationaux contre l'extension de
la chasse.

Sept pays, dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne avaient protesté en vain en février contre la décision d'accroître les quotas, une décision prise par le gouvernement démissionnaire du précédent Premier ministre Geir Haarde et confirmée par l'actuelle coalition de gauche au pouvoir.

Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), une ONG britannique, a appelé l'Islande à annuler la saison.

Greenpeace a de son côté demandé au gouvernement islandais de revenir sur la décision du précédent gouvernement.

Photo : AFP

Les premières baleines sont habituellement tuées dans une baie voisine de Reykjavik, la pêche étant interdite près du port pour que les touristes puissent continuer à les observer durant la saison, qui dure généralement jusqu'à fin septembre.

La moitié de la viande sera vendue localement, tandis que l'autre moitié sera commercialisée au Japon. La chasse au rorqual devrait elle débuter plus tard.

L'Islande, en proie à une grave crise économique liée à son secteur financier, est le seul pays avec la Norvège à pratiquer la chasse commerciale à la baleine. Le Japon, plus hypocrite,  la pratique officiellement à des fins scientifiques, même s'il commercialise la viande.

                                Sources : AFP 25 mai 2009

 

Novembre 2009

L'Islande a réalisé cette année sa plus importante campagne baleinière depuis des années, avec la prise de 80 baleines de Minke et 125 rorquals communs, sur un quota fixé à 100 baleines de Minke et 150 rorquals communs.
Des quotas non atteints, non pas à cause du manque de baleines dans les eaux islandaises, mais plutôt en raison de la faiblesse du marché, tant national qu'à l'exportation.
Peut-être est-ce dû au fait que cette viande est polluée par du mercure et des métaux lourds, car les baleines sont en bout de la chaîne alimentaire et concentrent ces polluants tout au long de leur cycle de vie ...
Suite à  la mévente de la viande de baleine,  en Islande les stocks congelés sont phénoménaux (1500 tonnes, de l'aveu même de Kristjan Loftsson, patron de la compagnie baleinière crée en 1948, Hvalur), stocks rendus possibles par l'électricité à très bas prix et les milliers de m2 d'entrepôts frigorifiques disponibles en raison de la diminution des quotas de pêche (nulle part au monde on ne pourrait mettre en œuvre une telle logistique de stockage/congélation).
Photo : goodplanet.info


En 2009, un facteur nouveau a cependant apporté un regain d'intérêt pour la consommation de viande de baleine en Islande : son prix ... Tout simplement inférieur de moitié aux autres viandes (mouton, bœuf), et cela dans le contexte de très grave crise économique que traverse le pays.

Une question essentielle que l'on est en droit de se poser : ces baleines sont-elles en voie de disparition ou bien au contraire en voie de prolifération dans les eaux islandaises ?

 

 
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:06



Appelé aussi Lagenorhynchus albirostris ou dauphin à bec blanc, il mesure de 2.5 à 3,15  mètres et pèse de 135 à 275 kilos.

Son bec court, est blanc ou gris et ses nageoires noires. Son dos noir est marqué d'une selle grise derrière la nageoire dorsale.


Ses flancs noirs sont marqués de bandes blanches de part et d'autre de la nageoire dorsale, haute, pointue et arquée vers l'arrière.


Photo : marineteam.com

Sa longévité est inconnue.

Il saute rarement hors de l'eau et lorsque cela lui arrive, il retombe toujours sur le côté.

Il nage en faisant émerger son aileron hors de l'eau.

Moins côtier que le dauphin à flancs blancs, son comportement est assez mal connu.

Il se nourrit principalement de  morues, harengs, merlans, calmars et seiches.

Il habite  les eaux froides des côtes de l'Atlantique Nord.

Grégaires, les dauphins à bec blanc peuvent vivre en colonies allant jusqu’à 1500 individus.

Ils s'associent souvent aux grands rorquals.

Curieux et enjoués, ils aiment naviguer dans le sillage des bateaux.

Photo : Wikipedia


Nous avons pu les admirer lors de la "croisière des baleines" à Husavík, nageant dans le sillage du bateau. 

 


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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 16:01

Photo : Ifremer


Le hareng a joué un rôle majeur dans la vie des Islandais pendant le XX° siècle et sans lui, l’Islande n’aurait certainement pas pu se développer en cette société moderne que nous connaissons aujourd’hui.

Au début du XX° siècle, les pêcheurs et les armateurs modernisent la pêche à la morue et au hareng grâce aux bateaux à moteurs et aux nouveaux outils.

Durant les années de dépression mondiale, vers 1930, l’Islande acquiert  une certaine aisance.

En 1944, l’Islande peut devenir indépendante après 500 ans sous la souveraineté danoise grâce aux ressources halieutiques.

Tout a commencé à la fin du XIX° siècle, lorsque les Norvégiens vinrent pêcher le hareng dans les fjords de l’est et du nord et à exporter de gigantesques quantités vers leur pays.

Des armateurs norvégiens, flairant la bonne affaire, achetèrent des parcelles sur le rivage face aux bancs de poissons.

Ils construisirent des maisons, appontements et entrepôts.
Les Islandais firent de même et en 1881 exportèrent leurs premiers tonneaux de larengs salés vers l'étranger.
 

Les Norvégiens expérimentèrent avec succès les filets dérivants.

Les habitants de Siglufjörður parlent souvent des deux colonisations par les Norvégiens : la première quand le viking Þormoður Ramni s’y installa vers l’an 900 et la deuxième quand, mille ans plus tard en 1903, fut construit le plus connu des villages de hareng du monde.

En quarante ans, ce nouveau petit village devint la quatrième ville du pays avec ses trois mille habitants. Tout tournait autour du hareng, il était salé dans vingt cinq centres et transformé dans cinq usines.








Siglufjörður en 1946











Photo : musée du hareng Siglufjörður

A cette époque le port le plus important de tout le pays était Siglufjörður, des baraquements, des quais et des usines se construisirent dans le fjord.

Plusieurs fois l’exportation du hareng fut plus du quart de toute l’exportation brut du pays.

Dans ce "Klondyke" de l’Atlantique Nord régnait une vraie ambiance de chercheurs d’or. Les négociants-armateurs de hareng arrivaient là et repartaient parfois milliardaires, parfois ruinés et des ouvriers par milliers sont venus y chercher fortune et travail.

Durant les deux guerres, le hareng en saumure était une nourriture appréciée.







Tonneaux de harengs en saumure








Photo : musée du hareng Siglufjörður

Le hareng non salé était brûlé dans les fours pour obtenir de la farine utilisée comme alimentation animale ou comme engrais ou huile pour le savon.

Quand il faisait mauvais, des milliers de bateaux de différentes nationalités restaient en rade dans le fjord.

La vie dans la ville était celle d’une grande ville en effervescence. Sur le cercle polaire, il n’y avait guère d’autre endroit aussi vivant, gai et coloré, presque mondain !!

De bonnes et de mauvaises années de pêche se succédèrent, les bonnes étaient les plus fréquentes.
Après une mauvaise époque de pêche dans les années 1950, le hareng se pêcha mieux que jamais ensuite.

Les Islandais devinrent les pionniers pour développer une nouvelle technique que les autres pays adoptèrent par la suite.

De grands navires en métal remplacèrent les petits bateaux en bois. Ils étaient équipés de puissants winch et palans mécaniques, mais la révolution majeure était le sonar, qui permettait de repérer les bancs sous la surface.

Durant cette époque, la pêche se déplaça vers l’est.
En 1965, la mer s’étant brusquement refroidie, on ne pêchait plus du tout dans le nord.

Malheureusement, en 1969, le hareng a totalement disparu d’Islande car sur-pêché et toute l’économie s’est effondrée. Les coupables étaient les Norvégiens, les Islandais et les Russes.

La disparition du hareng était un coup très dur pour l’Islande, autant sur le plan économique, social et culturel, pour les centres du hareng comme pour la nation toute entière.

Après des années de prospérité jamais connues de toute son histoire, la chute était grande.
L’épopée du hareng s’achevant si brusquement, il fallut bien chercher d’autres alternatives. Très tôt dans les années 1970, une nouvelle technique pour pêcher la morue et le capelan se développa permettant de sauver l’économie et la vie des bourgades de pêche.

Le hareng est revenu 27 ans plus tard. Le stock islandais-norvégien semble avoir retrouvé son équilibre après une protection totale des jeunes harengs dans les frayères des fjords norvégiens.
De très grands bancs de harengs ont repris leur migration traditionnelle vers les grandes fosses d’engraissage de la mer d’Islande.



Le hareng saur


Poème de Joris-Karl Huysmans (1848-1907) Recueil : Le drageoir aux épices

Ta robe, ô hareng, c'est la palette des soleils couchants, la patine du vieux cuivre, le ton d'or bruni des cuirs de Cordoue, les teintes de santal et de safran des feuillages d'automne !
Ta tête, ô hareng, flamboie comme un casque d'or, et l'on dirait de tes yeux des clous noirs plantés dans des cercles de cuivre !
Toutes les nuances tristes et mornes, toutes les nuances rayonnantes et gaies amortissent et illuminent tour à tour ta robe d'écailles.
A côté des bitumes, des terres de Judée et de Cassel, des ombres brûlées et des verts de Scheele, des bruns Van Dyck et des bronzes florentins, des teintes de rouille et de feuille morte, resplendissent, de tout leur éclat, les ors verdis, les ambres jaunes, les orpins, les ocres de rhu, les chromes, les oranges de mars !
Ô miroitant et terne enfumé, quand je contemple ta cotte de mailles, je pense aux tableaux de Rembrandt, je revois ses têtes superbes, ses chairs ensoleillées, ses scintillements de bijoux sur le velours noir ; je revois ses jets de lumière dans la nuit, ses traînées de poudre d'or dans l'ombre, ses éclosions de soleils sous les noirs arceaux !

 

 

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 23:28



Le mouton islandais est une des races les plus pures et les plus anciennes du monde.

Depuis 1100 ans, ils sont élevés pour leur laine  et leur viande (les Islandais les nomment : « les gigots sur pattes »).

Dans la race islandaise, il a été trouvé un gène qui cause des naissances triples, quadruples, voire même sextuples.
La brebis est très fertile et peut agneler jusqu’à dix ans.


Chaque mouton produit quatre kilos de laine à chacune des deux tontes annuelle.

Il n’est pas rare de trouver accrochés aux clôtures des lambeaux de laine laissés par les moutons.
Autrefois, c’étaient les pauvres qui la ramassaient, maintenant, ce sont les touristes…

 

Leur nombre est  le double de celui des habitants (les moutons, pas des touristes …).

Leur viande aromatisée est maigre et tendre.

Les peaux sont douces et épaisses.                         

Ils sont blancs, noirs, bruns ou bicolores.

Dans les fermes, on peut trouver des pulls, bonnets, gants tricotés par les fermières, mais les couleurs sont brutes.


Il faut aller dans les boutiques de souvenirs dans les grandes villes ou à Reykjavík au 19 Skólavörðustígur pour trouver des articles colorés.

 

Les brebis sont d’excellentes mères, elles se promènent en liberté avec deux agneaux, il faut faire très attention quand au bord des routes on rencontre une brebis, les petits ne sont pas loin et ils ont une fâcheuse tendance à traverser pour retrouver leur mère, juste au moment où vous passez.

Ils adorent lécher le sel déversé sur les routes l’hiver et s’ils sont sous le vent, ils ne vous entendent pas arriver.

 

Des grilles (clôture canadienne) sont posées sur le sol pour leur interdire le passage afin d’endiguer les maladies et les empêcher d’aller brouter les vertes prairies qui serviront de fourrage pour l’hiver.

 

Chaque printemps après l'agnelage, les agriculteurs laissent brebis et agneaux divaguer dans les montagnes où ils passent l'été comme des animaux sauvages afin de devenir bien gras.

A l'automne,  le premier samedi après le 12 septembre, les troupeaux sont regroupés et les éleveurs sélectionnent ceux qui deviendront le clou du repas de Noël.

Ce regroupement, le "réttir" est devenu une attraction touristique majeure en Islande Mais le réttir est aussi une affaire sérieuse, c'est un  des événements les plus importants dans la campagne islandaise.

On peut assister à ce "rettir" ; entre autre ; à la bergerie Haukadalsréttir, à l'ouest, dans le comté de Dalasýsla (qui entoure le Hvammsfjöður).

Les agriculteurs convoquent une équipe de bergers et ils randonnent dans la montagne pour retrouver les moutons.

Photo : rhs.is

Ils reconnaissent leurs brebis, béliers et agneaux, car ils sont marqués à l'oreille.

Le berger peut passer toute une journée, pour récupérer certaines brebis qui ont perdu leur troupeau et se cachent derrière les rochers ou dans les crevasses de la pente de montagne.

Certains moutons ne sont  trouvés qu'à fin de l'hiver et d'autres sont perdus à jamais, pris au piège et dévoré par les corbeaux affamés.

Les éleveurs  regroupent leurs moutons dans la vallée et dans une "trieuse" généralement circulaire et en bois.


Il subsiste encore d'anciens modèles en pierre.

 

Les moutons se serrent entre eux et bêlent à fendre l'âme.


Les bergers s'accrochent à leurs cornes, montent sur leur dos et les font glisser dans le compartiment adéquat, une activité appelée "draga í Dilka" en islandais.
Photo : nollur.is
Chaque compartiment de la trieuse est étiqueté avec le nom d'une ferme et après avoir vérifié les marques d'oreille, les propriétaires d'ovins et de leurs assistants  classent les brebis.

Puis ils sélectionnent ceux pour la reproduction et ceux qui seront envoyés à l'abattoir.

La plupart des moutons seront transformés en rôtis,  hot dogs, côtelettes d'agneau, viande pour la soupe (kjötsúpa), hangikjöt (fines tranches d'agneau salé et fumé qui sont le jambon des Islandais), slátur (panse de mouton farcie), svid (tête de mouton marinée dans du petit-lait aigre et bouillie), hrútspungar (testicules de bélier longuement marinés dans du petit-lait aigre, compressés, puis coupés en tranches) ; délicatesses islandaises.


Comme la plupart des animaux en Islande, le mouton islandais est une race spéciale, désormais protégée.

Le chien de berger islandais est aussi unique avec ses oreilles pointues et sa queue en trompette.

 

 

 

 

 

L'Íslenskur Fjárhundur (Chien de berger islandais)

chien Apash

(Apash photo berger-islandais.fr)

chien Moi

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour, moi c'est Kátur (Joyeux) je suis un chien de Berger Islandais et le seul qui soit originaire d’Islande.

 

 

(Photo chiens-chiots.com)

Mes ancêtres sont arrivés avec les premiers colons vikings (874- 930 de notre ère). Ils se sont adaptés, dans leur façon de travailler, au terrain, aux méthodes d’élevage et au dur combat qu’on mené les Islandais pour leur survie au cours des siècles ; mes aïeux  sont parvenus à se rendre indispensables au rassemblement du bétail dans les fermes, non seulement les moutons mais aussi les chevaux qui vivent en liberté sur d'immenses pâturages sur cette île proche du Groenland.  

La dynastie des Bergers Islandais, appartient à la grande famille des spitz, nous sommes  vraisemblablement issus du Buhund Norvégien. Lorsque, au IXème siècle, des Norvégiens conduits par Erik le Rouge, débarquèrent en Islande, ils apportèrent des chiens aux oreilles pointues, très mobiles, capables de garder des troupeaux, de défendre les personnes, mais aussi de chasser. Croisés avec des chiens locaux, ces Buhund donnèrent naissance à ma famille, les Bergers Islandais.

 

Notre lignée est parfois notée en latin : "canis islandicus", même si elle est une race et non une espèce.

Nous ressemblons beaucoup à des chiens trouvés dans des tombes au Danemark et en Suède datant d'environ 8000 avant JC.

chien renard

 

 

 

 

 En 1650, Sir Thomas Brown écrit :"Il y a parfois, exporté d'Islande… un type de chien ressemblant à un renard…Les bergers anglais sont désireux de les acquérir !".

 

 

  

(Photo Jacqueline Thomas) 

 

chien Buffon

 

 

 

 

 

 

 

Au XVIII° siècle, en 1755, le naturaliste Buffon s'intéresse à mes aïeux.

 

 

 

 

 

 

 

(Dessin histoire naturelle du comte de Buffon)

 

Au XIXème siècle, notre race faillit disparaître suite à une épizootie de maladie de Carré. Un chien porteur de la maladie fut introduit sur l'île et contamina mes prédécesseurs qui, à l'époque, n'étaient pas vaccinés.  75 % de mes ancêtres périrent conduisant, en 1901, à une interdiction de l'importation de chiens pour l'Islande.

Notre lignage a été également au bord de l'extinction vers la fin du XX° siècle.

Le "club canin islandais" a été fondé en 1969, le but principal était de veiller sur le chien de Berger Islandais

 

Le chien est maintenant considéré comme faisant partie du patrimoine culturel d'Islande, et le travail se fait actuellement pour encourager la reproduction, et  chercher des "nouveaux" chiens dans des endroits éloignés.

 

chien timbre

 

 

 

 

 

 

En signe de reconnaissance, j'apparais sur ​​un timbre islandais en 1980.

 

 

 

 

(Photo le marchanddutimbre.com)

 

A cause des épidémies, des périodes de famine et des catastrophes naturelles, le nombre de chiens a beaucoup varié au fil du temps. Au 10° siècle, Olaf Tryggvarsson relate qu'une  famine avait  eu des conséquences terribles pour mes ancêtres : pour remédier à la situation la décision a été prise de tuer tous les vieux et les infirmes, car ils mangeaient, mais ne travaillaient pas.

Le chef, Arnor Kærlingenef, a été parmi ceux en faveur de cela, mais sa mère l'a convaincu de repenser sa décision. Et après quelques discussions la sentence a été modifiée en faveur de la réduction du nombre de chiens et de chevaux.

L'Anglais, M. Watson a visité l'Islande à de nombreuses reprises entre 1930 et 1970. Dans les années 50,  il a recueilli quelques-uns des meilleurs spécimens et les as emmenés en Californie aux fins de reproduction.

Cela a suscité une émulation chez certains Islandais et en partie en collaboration avec Watson, ils ont commencé l'élevage sur une petite poignée de chiens sélectionnés avec soin.

chien chiots

                                                             (Photo berger-islandais.fr)

  Cependant, quelques éleveurs islandais avaient compris que les Anglais et les Allemands s'intéressaient à ce chien capable de "travailler aux chevaux". Aussi s'efforcèrent-ils de préserver notre race en isolant les meilleurs sujets non contaminés. Mme Sigriður Pettersdóttir joua ainsi un rôle de premier plan. Elle était en effet la propriétaire d'un mâle réputé, Kotur ("l'espiègle"), que l'on retrouve dans la généalogie de nombreux chiens islandais.

La popularité de ma lignée de Berger Islandais, a grandi au cours de ces dernières décennies et, en dépit du fait que la race est encore très peu nombreuse, elle n’est plus considérée comme étant en danger d’extinction.

 

Aujourd'hui, en Islande nous sommes environ deux cents Bergers Islandais de pure race. D'autres chiens nous ressemblent, mais sont en fait des bâtards. Sur l'île, une tradition veut que les chiens mâles partagent totalement la vie des humains, gardant les troupeaux, faisant étape avec le maître, tandis que les femelles, comme ma sœur Píla (rapide comme une flèche), restent à la maison. Quelquefois, j'aimerais bien être une femelle pour dormir au coin du feu au lieu de courir dans la lande après les moutons.

Avec environ 5000 individus inscrits dans le monde (principalement en Scandinavie et en Europe du Nord), le Berger islandais n'est pas très représenté, mais notre race n'est plus au bord de l'extinction.

 

Nous, les Berger Islandais sommes classifiés "Spitz nordique de troupeau", notre taille est légèrement en dessous de la moyenne, nos oreilles sont dressées et notre  queue enroulée. Regardez-nous attentivement, vous verrez au premier coup d'œil que nous sommes intelligents et enjoués. On dit que l''expression de notre visage ressemble souvent à un sourire qui traduit notre joie de vivre.

 

Moi, j'ai le poil court, c'est un poil de couverture de longueur moyenne, assez rude au sous-poil épais et doux. Mon poil est plus court sur ma face, le sommet de ma tête, mes oreilles et la face antérieure de mes membres ; il est plus long sur mon cou, ma poitrine et à l’arrière de mes cuisses. Ma queue est touffue et la longueur de son poil est en rapport avec celle de ma robe.

Mon frère Lappi (a des pattes différentes), est doté d'un poil long, c'est un  poil de couverture plus long que le mien, assez rude et sous-poil épais et doux. Son poil est plus court sur sa face, le sommet de sa tête, ses oreilles et la face antérieure de ses membres ; il est plus long derrière ses oreilles, sur son cou, sa poitrine, à l’arrière de ses membres antérieurs et de ses cuisses. Sa queue est très touffue et la longueur de son poil est en rapport avec celle de sa robe.

chien Djupi, poils mi-longs

                                                      (Djupi photo communication-lyon.fr)

Poil court ou poil long, tous deux sont épais et extrêmement résistants aux intempéries.

Chez les Berges Islandais, plusieurs couleurs sont admises mais une seule couleur doit toujours prédominer. Les couleurs prédominantes sont : différents tons de fauve, allant du crème au brun rougeâtre, marron (chocolat), gris, noir.

Le blanc accompagne toujours la couleur prédominante. Les marques blanches les plus communes – qui sont souvent irrégulières – sont : une liste ou une marque sur une partie de notre face, un collier, une tache au poitrail, des balzanes de différentes hauteurs et une marque à l’extrémité de notre queue. Des tons plus clairs apparaissent souvent sur la face inférieure de notre corps, de la gorge à l’extrémité de la queue.

Chez mes congénères fauves et gris, comme mes cousines Týra (petite lampe) et Snótra (mignonne) apparaissent souvent le masque noir, les extrémités des poils de couverture noires et même parfois des poils noirs. Les chiens noirs (tricolores) ont une robe noire avec les marques blanches telles qu’elles sont mentionnées plus haut et les marques feu traditionnelles de n’importe quelle nuance sur les joues, au-dessus des yeux (sourcils) et sur les membres. Des plaques des couleurs susmentionnées sur un fond blanc (robe pie) sont admises. Le blanc ne doit pas être totalement prédominant.
Nous ne sommes pas très grands,   les mâles mesurent environ 46 cm, et les femelles 42cm.

 

Je suis un  chien de troupeau rustique, délié et qui aboie, ce qui me rend extrêmement utile pour la manœuvre et la conduite des troupeaux dans les pâturages, en montagne ou pour retrouver les moutons égarés. Je suis très éveillé de nature et réserve toujours un accueil enthousiaste aux visiteurs, sans agressivité.

chien Hot-pot

 

 

 

 

 

 

 Lorsque l'été arrive, j'aime partager le pique-nique des touristes, et j'ai même failli, avec mon frère Sánur, en rejoindre certains dans le hot-pot.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes joyeux, amicaux, joueurs, curieux et sans peur.

Mon instinct de chasseur n’est pas développé, mais cela n'a aucune importance puisque mes maîtres pourvoient à mon alimentation.

Ma nourriture préférée est le poisson.


Nos oreilles sont dressées et très mobiles, elles réagissent au moindre bruit et révèlent notre humeur.
chien double ergot

 

 

 

Nos ergots doubles bien développés sont recherchés pour leur surface portante plus grande.

 

Le terme "ergot" signifie le cinquième doigt du chien correspondant à votre pouce.

Pour l'ergot double on parlera donc de sixième doigt.

 

 

 

 (Photo chepaiva.com)

 A Reykjavík, capitale de l'Islande, notre race est interdite de séjour à cause de la maladie qu'elle véhiculait et risquait de propager à la population. En effet, le Chien d'Islande absorbait l'Echinococcus, un ver parasite, en mangeant les carcasses de moutons. Aujourd'hui, et malgré l'existence de ténifuges efficaces, cette interdiction existe toujours.

Je ne vois jamais mes cousins de toutes races expatriés car les formalités douanières et sanitaires sont très lourdes : Dans mon île, les dispositions légales concernant l‘importation d‘animaux sont extrêmement sévères.

Les autorisations d‘importation ne sont délivrées que sur recommandation du directeur de l‘Office vétérinaire et à des conditions bien précises.

L‘une de ces conditions exige que l‘animal soit totalement isolé des autres animaux (quarantaine) pendant une durée pouvant aller jusqu‘à quatre mois après leur arrivée en Islande.

Pour ces raisons, aucune autorisation n‘est en principe délivrée aux touristes ou aux personnes

ne séjournant que brièvement en Islande. (Pour d‘autres informations Landbúnaðarráðuneytið, Sölvhólsgötu 7, 150 Reykjavík +354-5459750, postur@lan.stjr.is, www.stjr.is/lan).

C'est un peu comme pour les chevaux.

 

Voilà, vous savez tout sur ma famille. Si un jour, vous me rencontrez, n'oubliez pas que j'aime les caresses ….. et les gâteaux.

 

Sources :

Merci à Mme D. Jung pour sa collaboration (berger-islandais.fr)

Club français des chiens nordiques

chiens-des-champs.com

viveleschiens.com

votre-chien.com

icelanddog.org

chien.com

 

 

 

 

 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 16:20

LA FAILLE MEDIO-ATLANTIQUE

L’Islande est un domaine émergé de la dorsale médio-atlantique, longue de

15 000 km, appartenant au vaste système de chaînes volcaniques sous-marines où se forme la croûte océanique. La partie nord de la dorsale médio-Atlantique marque la limite où s’écartent les plaques Eurasie/Amérique du Nord à environ 2 cm/an dans la direction Est-Ouest. Haute, en moyenne de 1500m, reposant sur des fonds de moins 4000m, la dorsale reste normalement sous-marine.

En Islande, l’axe de la dorsale coïncide avec un panache mantellique, remontée de roches chaudes provenant de la base du manteau inférieur. Ce  « point chaud » augmente considérablement la production de magma. Il y a environ 20 millions d’années,  l’accumulation de roches volcaniques a fait émerger l’île et permet aujourd’hui d’observer à terre des processus d’extension classiquement sous-marins.


La zone de rift islandaise, communément dénommée zone néovolcanique ou axiale, couvre environ 26 000 km2, 1/4 de la superficie de l’île. Elle se trouve à la jonction entre la ride de Reykjanes au Sud et celle de Kolbeinsey au Nord.

La zone active du rift n’est pas linéaire, elle se dédouble en deux branches au centre de l’île : la zone du rift d’Islande du nord et la zone du rift de Reykjanes.

  Faille de l'Eldgjá
Faille de Reykjanes

Sa largeur varie de 120 à 250 km du Nord au Sud. Plus on s’en éloigne vers l’Est ou vers l’Ouest, plus les formations volcaniques sont anciennes. On retrouve une répartition des âges en bandes parallèles à la zone axiale comme de part et d’autre des dorsales sous-marines.
Ce mouvement d’écartement des plaques contribue à la formation graduelle de longs grabens (terrain effondré entre deux parties soulevées qui constitue un fossé tectonique) bordés de failles normales parallèles et d’éruptions magmatiques fissurales, accompagnées de séismes.

Bien que l’écartement des plaques soit constant, d’environ 20 mm/an, le rifting n’est pas un processus continu, il se produit par épisodes. 130 éruptions ont été décrites depuis l’an 900, soit une éruption tous les 4 à 6 ans en moyenne.

La zone de rift de Reykjanes a connu au cours de la dernière décennie plusieurs épisodes de rifting accompagnés de nombreux séismes (les plus violents remontent à 1789), mais sans épisode éruptif. La zone de Þingvellir montre un long graben bordé par un réseau de failles normales et de blocs basculés. Le taux d’ouverture est faible, d’environ 3 mm/an, comparé au taux de 21 mm/an mesuré plus au sud dans la péninsule de Reykjanes.

Faille de Þingvellir

La subsidence (affaissement progressif  d’une zone de l’écorce terrestre) du graben est de 0,4 mm/an pour un total de 70 m, traduit une activité d’au moins 10 0000 ans.

 






Quelques kilomètres plus au nord, la zone géothermique de Geysir, présente de remarquables manifestations hydrothermales : sources chaudes, évents de vapeur et surtout des geysers ("jaillir" en islandais) qui ont donné son nom à cette région.










La zone de rift d’Islande du Nord est actuellement plus active. La région du Krafla a connu une longue période d’éruption de 1975 à 1984 alors qu’elle n’avait plus connu d’activité sismique et éruptive depuis 250 ans. Au cours de cette période se sont formés d’importants essaims de failles et de fissures ouvertes accompagnées de volcanisme fissural pour les plus importantes.
Durant cette crise éruptive, l’ouverture cumulée des nouvelles et anciennes failles et des fissures fut de l’ordre de 8 m.








Faille à Leirhnjúkur près de Reýkjahlið




trois photos du site de Namaskard

ERUPTION DU GRÍMSVÖTN NOVEMBRE 2004

L'éruption du volcan Grímsvötn, qui a débuté le 01 Novembre 2004 vers 22 heures GMT s'est terminée le 06 Novembre 2004 au matin. Un petit panache de vapeurs se détachait du site éruptif après la fin de l'éruption.

Ce fut une éruption phréatomagmatique, sans émission de laves.

photo : raunvis.hi.is

Le magma a été expulsé sous forme de pyroclastes au niveau du site éruptif ou de téphras dans le panache éruptif.

La composition du magma est de type quartz tholéite comme lors des dernières éruptions du Grímsvötn.

La fissure éruptive a entraîné la formation d'une cavité circulaire de 1 km de diamètre dans la calotte glaciaire du Vatnajökull; cette cavité étant entourée par des murs de glace verticaux de 100 mètres de hauteur à la fin de l'éruption. L'ensemble de la fissure éruptive, d'orientation E-W est resté actif pendant les premiers jours de l'éruption mais seulement un évent est resté actif les 4 et 5 Novembre. Le site éruptif bien qu'étant localisé dans la caldeira du Grímsvötn, se situe à l'extérieur du lac sous-glaciaire.


Le volume total du jokulhlaup (vidange d'une poche d'eau de fonte) qui a commencé avant l'éruption et probablement enclenché celle-ci est d'environ 0.5-0.6 km3 seulement. Le lac sous-glaciaire du Grímsvötn contenait 0.7 km3 d'eau vers la fin Octobre au début du jokulhlaup. L'épaisseur des retombées de cendres est mince hors des limites du Vatnajökull : 1 cm d'épaisseur à la limite nord du glacier et moins d'1 mm plus au nord dans des zones inhabitées.

A cause du panache éruptif qui a culminé à 13-14 kms de hauteur, le trafic aérien a été perturbé avec un large secteur interdit à la navigation.

 

L'éruption du 01 au 06 Novembre 2004 du Grímsvötn a été similaire à celle de 1983 mais plus courte que celle de 1998 (10 jours).

Photo : raunvis.hi.is

Depuis août 2009, les chambres magmatiques du Grimsvötn sont très gonflées et semblent présager à une nouvelle éruption. 

 

L'éruption du Grímsvötn 21 au 28 mai 2011

 

 

Le samedi 21 mai 2011, à 21h20, un essaim sismique est signalé sous le Vatnajökull au niveau de Gíimsfjall. Les événements ont des magnitudes de M 2 à M 3 en moyenne et se situent à faible profondeur. Selon la presse locale, il semblerait qu'un événement éruptif soit imminent.

 

A 23 heures, il se confirme qu'une éruption a débuté dans le secteur du Grímsvötn sur le glacier Vatnajökull. Le panache éruptif est visible depuis plusieurs endroits du sud de l'île.

 

21 mai

Photo Friðrik Páll Friðriksson

Le Grímsvötn est un important volcan qui se cache sous la glace du Vatnajökull. Il entre en éruption assez régulièrement. Sa dernière colère remonte à 2004. A l'époque, il a été demandé à l'aviation d'éviter la zone, mais aucune perturbation aérienne majeure n'a été observée. L'éruption de 2004 et celle d'avant, en 1998, ont duré environ une semaine.

On s'attendait  à ce qu'un lahar (jokulhlaup en islandais) apparaisse dans la journée de dimanche, une fois que l'eau de fonte du glacier aurait pu se libérer de la pression exercée par ce dernier. De tels phénomènes sont fréquents quand le Grímsvötn entre en éruption et les infrastructures du sud de l'Islande sont conçues pour y faire face.

Grímsvötn: une éruption-surprise ? Pas vraiment !

Alors que l'éruption du Grímsvötn semble marquer le pas, il est intéressant de remarquer qu'elle a surpris tout le monde par sa rapidité, mais que des signes avant-coureurs avaient été observés il y a plusieurs mois déjà.

En 2010, pendant et après l'éruption de l'Eyafjöll, les pronostics allaient bon train pour savoir si le Katla voisin allait se réveiller. La plupart des observateurs se focalisaient sur les quelques impacts sismiques relevés dans le secteur. Dans le même temps, ils oubliaient de voir ce qui se passait du côté du Vatnajökull. A cette époque, les scientifiques islandais affirmaient que les essaims sismiques observés sous le Vatnajökull étaient le signe très probable d'une intrusion magmatique. L'actualité leur a donc donné raison et c'est bien le magma qui s'est accumulé il y a quelques mois qui perce la surface aujourd'hui.

 

Le 22 mai, la cendre retombe encore abondamment autour du volcan.

 

 Grimsvotn 22 mai matin 21 mai-22 mai

                                                 Photo Friðrik Páll Friðriksson

route N1 22 mai

Photo Friðrik Páll Friðriksson                                       Route N°1

On a d'ailleurs pu s'en rendre compte en consultant la webcam du Jokulsarlón (le superbe lagon glaciaire au sud de l'Islande). Les icebergs étaient recouverts de cendre, de même que la langue glaciaire du Vatnajökull à l'horizon.

nuage cendres et pluie

  Photo New agency                                                           Jokulsarlón

séisme

Les scientifiques pensaient  que l'éruption allait continuer de manière un peu intense pendant 3 ou 4 jours, avant de décliner et de stopper définitivement.

Le tableau ci-dessous montre que la sismicité est beaucoup moins intense qu'au début de l'éruption.

graphique

A 11 heures, il semblait que l'éruption se déroulait sur le même site qu'en 2004. La lave n'a pas fait fondre une grande quantité de glace dans la mesure où le nuage de cendre s'était formé très rapidement. Il était visible de très loin, jusqu'à Reykjavík.

La cendre était beaucoup plus grossière que lors de l'éruption de l'Eyjafjallajökull l'an dernier. C'est une bonne chose car ça la empêché de se disperser sur de grandes distances. La sismicité est restée élevée sur le glacier, mais moins intense qu'au début de l'éruption.

  cendres voiture

  Photo Friðrik Páll Friðriksson                      Cendres

  

A 14 heures, l'éruption du Grímsvötn se poursuivait. Aucun lahar n'avait encore été observé, mais on s'attendait à ce qu'il se produise dans les heures prochaines.

D'après le British Met Office, il était peu probable que le nuage de cendre affectât le reste de l'Europe. Comme les scientifiques le prévoyaient précédemment, les particules de lave sont relativement grosses et ne devaient donc pas provoquer des perturbations majeures dans le trafic aérien comme ce fut le cas l'an dernier. Toutefois, la plupart des aéroports islandais ont été fermés et tous les vols domestiques ont été annulés.

Selon les scientifiques islandais, l'éruption actuelle du Grímsvötn et la plus importante des 100 dernières années sur ce volcan et elle est plus forte que celle de l'Eyjafjallajökull l'an passé. Elle ressemble à l'éruption de 1873.

Le dimanche 22 au matin, le nuage de cendre montait à une hauteur de 15 - 18 km, ce qui signifie que l'éruption est plus puissante que celle de 2004 sur le même site.

 

Le 23 mai à 12 heures, l'éruption se poursuivait, mais la sismicité et le tremor éruptif déclinaient lentement. A cause du nuage de cendre, les vols internationaux et domestiques ont été annulés le matin en Islande, mais on pensait que le trafic reprenne dans l'après-midi.

panache

Photo Reuters

Selon les météorologues islandais, la cendre ne devait pas atteindre l'Europe continentale. Le matin, le nuage de cendre prenait la direction du Groenland.

Les analyses des premiers échantillons de cendre révélèrent qu'elle contenait peu de substances toxiques comme le fluor. Toutefois, les particules  riches en verre sont susceptibles d'irriter les muqueuses des voies respiratoires ainsi que le système digestif et les yeux des animaux. Il a été recommandé aux fermiers de garder le bétail à l'intérieur.

En fin de soirée, le nuage de cendre du Grímsvötn montait jusqu'à 5 - 9 km de hauteur. Le Met Office faisait remarquer que les vents venant du nord étaient très forts et pouvaient affecter cette hauteur. Les retombées les plus importantes ont été enregistrées dans le secteur de Kirkjubæjarklaustur. Seul le NO de l'Islande a été épargné par la cendre. L'éruption est moins intense et aucune émission de lave n'a encore été observée.

Le 24 mai au matin, le nuage de cendre atteint l'Ecosse et entraîne des perturbations au niveau des vols d'hélicoptères à destination des plateformes pétrolières en mer du Nord. Le trafic aérien en Europe continentale n'est pas encore affecté. Les aéroports islandais restent fermés. Certains vols entre Londres et l'Ecosse ont été annulés, ainsi que d'autres entre l'Ecosse et l'Irlande. Toutefois, le nuage de cendre est moins dense que l'an passé et de nouvelles techniques permettent de mieux estimer la densité de la cendre à l'intérieur du nuage. Selon les météorologues islandais, la cendre ne devait pas atteindre l'Europe continentale. Le matin, le nuage de cendre prenait la direction du Groenland.

Les analyses des premiers échantillons de cendre révélèrent qu'elle contenait peu de substances toxiques comme le fluor. Toutefois, les particules  riches en verre sont susceptibles d'irriter les muqueuses des voies respiratoires ainsi que le système digestif et les yeux des animaux. Il a été recommandé aux fermiers de garder le bétail à l'intérieur.

Ce lien donne accès à une bonne vidéo du panache éruptif. On remarquera l'abondance d'éclairs provoqués par l'électricité statique due au frottement des particules de cendre. Le phénomène avait déjà été largement observé l'an dernier lors de l'éruption de l'Eyafjöll.

éclairs 24h

éruption-éclairs

Photo Getty images

orage electrique

Photo Orvaf All Thorgelrsson

24 mai

Photo Friðrik Páll Friðriksson 

 En fin de soirée, le nuage de cendre du Grímsvötn montait jusqu'à 5 - 9 km de hauteur. Le Met Office faisait remarquer que les vents venant du nord étaient très forts et pouvaient affecter cette hauteur. Les retombées les plus importantes ont été enregistrées dans le secteur de Kirkjubæjarklaustur.

Reykjavik après-midi Vik

Photo Friðrik Páll Friðriksson           Reykjavík                       Photo AFP         Vík

Seul le NO de l'Islande a été épargné par la cendre. L'éruption est moins intense et aucune émission de lave n'a encore été observée.

 

Pour information,  la composition de la lave du Grímsvötn est essentiellement basaltique (50 - 51% de silice) avec de petits microcristaux de plagioclase. Elle est pauvre en fluor (5 - 10 mg par kg) et 10% des particules présentent une taille inférieure à 10 microns, alors que pour la cendre de l'Eyafjöll ce pourcentage était de 20%.

En conséquence, bien que le panache éruptif du Grímsvötn monte plus haut que celui de l'Eyafjöll, la grosseur supérieure de la cendre, la composition de la lave et l'indice potentiel d'explosivité laissent supposer que l'espace aérien européen ne sera que très moyennement affecté par le nuage de cendre du Grímsvötn.

En fin d'après-midi, l'éruption décline d'heure en heure. Le panache atteint maintenant une hauteur de 3 - 5 km et la production de cendre a bien baissé depuis le week-end. Un fort vent de nord entraînait la cendre vers le sud de l'Islande, mais le Met Office indiquait qu'il devrait faiblir dans la soirée.

ramassage lave

 

Chaque seconde, on estime que le Grímsvötn vomit 100 tonnes de cendre, vapeur, lave et gaz volcaniques (mais certainement pas de fumée comme on a pu l'entendre sur certaines radios !). Le lundi soir, ce chiffre était de 1000 tonnes par seconde et dimanche de 10 000 - 20 000 tonnes par seconde !  

La sismicité est restée faible.

 

 

Photo AFP    Ramassage de lave et cendres 

Suite à la décrue du nuage, les scientifiques pensaient que  l'éruption devait se poursuivre pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant de cesser complètement. Elle aurait pu pourrait devenir une attraction touristique durant l'été.

 graph nuage 

Le 25 mai au matin, l'éruption du Grímsvötn n'est plus intense ; le panache ne monte plus qu'à environ 2 km de hauteur. Comme l'éruption décline, on pense qu'elle devrait encore durer pendant plusieurs semaines. Les scientifiques islandais pensent même qu'elle pourrait prendre fin dans les prochains jours.

A noter que durant la phase initiale de l'éruption, le Grímsvötn a produit en une journée plus de cendre que l'Eyafjöll en 40 jours l'an passé. Les scientifiques islandais estiment que cette phase initiale est la plus puissante depuis l'éruption de l'Hekla en 1947.

A midi, selon certains observateurs, l'éruption serait terminée. Seul un petit panache de vapeur s'échappait du volcan.

 

28 mai : le Grímsvötn semble s'être rendormi, ne reste que le panache de vapeur pour nous rappeler qu'il s'est fâché durant une petite semaine.

 

Source :

- Claude Grandpey, volcanologue (http://volcans.blogs-de-voyage.fr) - Iceland review

 

 agneau nouveau né 

Photo Franck Bradford                                             Agneau nouveau-né                                                         

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  Photos Friðrik Páll Friðriksson                  Nuit en plein jour

  

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  Photos Friðrik Páll Friðriksson                    Secouristes

 

   

  L’éruption de l’Eyjafjallajökull mars à mai 2010

 

 

AuroreVolcan Credit A Jakobsson

                                                                                      Photo sans trucage A. Jakobsson 4 avril 2010  

 

AuroreVolcan Credit L Jackson

                                                                                              Photo sans trucage L. Jackson 4 avril 2010

 

 Alors que l’éruption de l’Eyjafjallajökull vient de se terminer, revenons sur les événements qui ont secoué le « glacier de la montagne de l’île », traduction littérale de ce mot quasiment imprononçable pour un non-Islandais !

 

 

 

 

L’éruption ne fut pas vraiment une surprise pour les volcanologues islandais qui avaient déjà  enregistré des soubresauts de l’Eyjafjallajökull en avril 2009, avec des séismes à 20-25 km de profondeur sous le volcan.

Cette sismicité a été suivie d’une période de calme jusqu’à fin décembre 2009.

Elle a ensuite repris pendant les trois semaines qui ont précédé l'éruption, avec la plupart des événements à une profondeur allant de 7 à 10 km.

 

Le 19 mars, un essaim sismique (1) débute à l'est du cratère, entre 4 et 7 km de profondeur. L'activité migre ensuite vers l'est et vers la surface le samedi 20 mars. A 22h30, un tremor (2) légèrement plus important est détecté sur 3 stations sismiques situées à moins de 20 km du sommet du volcan. L'éruption débute entre 22h30 et 23h30 GMT au niveau du col Fimmvörðuháls séparant l'Eyjafjallajökull du volcan voisin, le Katla, qui se cache sous le glacier Mýrdalsjökull. Elle est de type fissural, comme souvent en Islande. La fracture, d’une longueur d’environ 800 mètres, émet des fontaines de lave s'élevant à plus de 200 mètres de hauteur.

 

 

Eruption 20 mars-1

                                                                                                                                   Photos Ragnar Axelsson et AFP    Eruption20 mars-3

  

Eruption 20 mars-4 Le 31 mars, une deuxième fracture s’ouvre à environ 800 mètres de la première. Aucun signal sismique ne l’a annoncée, et elle surprend les très nombreux touristes venus assister au spectacle de l’éruption.

 

 

hélico

 

 

 

 

 Photo Þröstur Jón Sigurðsson 

 

 

Une cinquantaine d’entre eux doivent être évacués par hélicoptère.

Des fontaines de lave jaillissent de cette nouvelle fracture, donnant naissance à des coulées qui empruntent les canyons de Hvannárgil et Hrunagil. Au final, ces coulées atteindront une superficie totale d'environ 1,3 kilomètres carrés sur une épaisseur moyenne de 10 à 20 m. Le cône de scories édifié par l’éruption atteint, quant à lui, plus de 82 mètres de hauteur.

Cette première phase a émis un magma (3) très primitif, un basalte à olivine (47% de SiO2). (4)

 

 

Après une brutale et surprenante accalmie de deux jours, le volcan entre, le 13 avril, dans une deuxième phase éruptive plus violente et plus explosive. Cette fois-ci, l’éruption est sommitale, sous le glacier proprement dit. Le volcan vomit un important volume de gaz, cendres et scories (5) sous la forme d'un panache volcanique de plusieurs kilomètres de hauteur. L'éruption fracture plusieurs centaines de mètres de calotte glaciaire et provoque une fonte brutale de la glace. Les écoulements d'eau, de boue et de débris dus à cette fonte entraînent d'importantes inondations et obligent les autorités à évacuer quelque 800 personnes.

 

 

chevaux                                                                          Photo AFP-Brynjar Gauti              

                                                                                                                        

nuit en plein jour 

                                                         Photo Reuters-Ingolfur Juliusson

Une zone circulaire dépourvue de glace suite à sa fonte, d'environ 200 mètres de diamètre, ainsi qu’une nouvelle fissure de 2 km de long sont observées près du sommet du volcan.
Le fort caractère explosif est dû tout d'abord à l'interaction entre l’eau et le magma et au violent choc thermique provoqué par le contact entre la glace à zéro degré et le magma à plus de 1000°C. Cette énergie contribue à fragmenter la roche au niveau de son point d'émission, produisant des particules très fines qui sont expulsées jusqu'à 10 km d'altitude.
                           cendres                                                            Photo AFP-Omar  Oskarsson

 

Cette deuxième phase émet un magma plus différencié et donc plus explosif (58% de SiO2). Le panache de cendre entraîne une très forte perturbation du trafic aérien européen.
L'Institut des Sciences de la Terre islandais a effectué une estimation des matériaux qui ont été expulsés par le volcan dans les trois premiers jours. Au total, 140 millions de mètres cubes de matériaux ont été éjectés. C'est 10 à 20 fois plus important que lors de la première phase éruptive du 20 mars 2010 sur le cratère Fimmvörðuháls.

 

 

panache volcanique

 

 

Photo Reuters

 

 

On pensait que cette phase explosive accompagnée d’un volumineux panache de cendre allait être suivie d’une émission de coulées de lave. En fait, la lave ne s’échappa que modestement du volcan. Elle entraîna pendant quelques jours seulement la fonte du glacier Gígjökull.

 Vers le 20 mai, l’éruption commence à perdre de son intensité. La cendre se fait des plus en plus rare dans le panache dont la blancheur trahit la présence unique de vapeur d’eau. La sismicité chute, ainsi que le niveau du tremor éruptif, signe évident que le magma ne monte plus dans les conduits éruptifs. 

 

A l’heure où j’écris ces lignes ( 1er juin 2010), l’éruption semble terminée. La question qui se pose maintenant est de savoir si le Katla qui sommeille sous le glacier Mýrdalsjökull va se réveiller à son tour. En effet, le passé volcanique de la région a tendance à montrer que ces deux volcans ont des éruptions assez rapprochées. Sans parler de l’Hekla, plus au nord, dont certains disent qu’il a adopté un cycle éruptif décennal depuis quelque temps et pourrait bien, lui aussi, faire parler de lui. 

Malheureusement, l’état actuel de la volcanologie ne permet pas de faire de prévisions. Bien malin celui qui serait capable de prédire l’avenir volcanique de l’Islande !

 

Cette éruption de l’Eyjafjallajökull a pu être suivie au jour le jour par les internautes grâce à plusieurs webcams installées à proximité des sites éruptifs. Les images en streaming  ont permis d’assister, depuis son fauteuil, au jaillissement des fontaines de lave et au développement des volutes de cendre. D’autre part, le site Internet de l’Icelandic Meteorological Office a permis de suivre l’évolution sismique de l’éruption, ainsi que celle du tremor éruptif.

C’est grâce à tous ces éléments que j’ai pu donner quotidiennement – parfois plusieurs fois par jour – des indications sur l’évolution de l’éruption. Il faut aussi remercier le site Iceland Review Online qui a donné, lui aussi, des informations précieuses, en particulier au niveau des problèmes rencontrés par les populations du sud de l’île.

 

route coupée

 

                                                                          
          

                                                                       Photo Reuteurs

 
 

(1)Essaim sismique : ensemble de secousses sismiques très rapprochées.

(2)Tremor éruptif: Un tremor (mot anglais signifiant "tremblement") correspond à l'enregistrement par les sismographes des vibrations continues présentes au niveau du volcan. Ces vibrations sont provoquées par la montée du magma. Le tremor peut durer quelques minutes ou plusieurs jours. La fréquence du tremor varie le plus souvent entre 1 et 5 hertz. Il y a deux catégories de tremors: le tremor harmonique à basse fréquence et le tremor spasmodique de haute fréquence. L'étude du tremor est essentielle pour comprendre le comportement d'un volcan avant, pendant et après une éruption.

(3)Magma : roche en fusion contenant des gaz dissous. Le magma se forme à haute température et sous haute pression par fusion partielle de la croûte terrestre ou du manteau. On garde l’appellation « magma » tant que la roche en fusion est invisible. Lorsqu’elle apparaît à la surface de la terre, elle prend le nom de LAVE.

(4)SiO2 : L'oxyde de silicium (SiO2) est présent dans la plupart des roches volcaniques         

      La concentration en silice peut varier d'une lave à l'autre.

      Une lave "pauvre" en silice (moins de 54 %) sera une lave fluide et chaude, donnant des fontaines et des coulées importantes, les éruptions seront effusives, ne présentant que très peu de risques. Ce fut le cas lors de l’éruption au col de Fimmvörðuháls.
Une lave riche en silice, sera une lave plus froide et visqueuse : elle ne s'épanchera pas sous forme de coulées de lave, mais sera fragmentée par des explosions au moment du dégazage. Ce fut le cas lors de l éruption sous-glaciaire accompagnée du fameux nuage de cendre.  Ces éruptions sont toujours violentes et dangereuses.

(5)Scorie volcanique : Une scorie volcanique (généralement de couleur sombre) correspond à un morceau de magma très vésiculé (empli de bulles de gaz) et donc de faible densité qui est projeté lors d'explosions volcaniques (lors d’éruptions stromboliennes par exemple).

lave

                                                              Photo Þröstur Jón Sigurðsson

image radar

 

 

 Photo AFP-Getty

 

 

Cette image est une image radar du sommet du glacier Eyjafjallajökull, on y découvre 3 cratères de 200 à 300 mètres de diamètre.

 

 

 

 

 

 

  Cet article a été écrit par Claude Grandpey, professeur d’anglais à la retraite, pour la revue de l'associationFrance-Islande. Reproduit ici avec son aimable autorisation. Qu'il en soit remercié.

Passionné de volcanologie et de photographie, il parcourt le monde pour observer les volcans actifs. Il concentre son approche sur les volcans de Sicile (travaux sur la température des gaz à Vulcano et sur les émanations gazeuses sur les basses pentes de l’Etna ; étude de la corrélation  entre l’activité strombolienne et la pression atmosphérique).

Vice-Président de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.).

http://volcans.blogs-de-voyage.fr

 

Publications :

Mémoires volcaniques (Ed. Sequoïa)  2003

Terres de feu, voyages dans le monde des volcans (Ed. Un Autre Regard)  2004

Volcanecdotes (Ed. Un Autre Regard) 2006

 

 

LES DERNIERS SEÏSMES

 

SEÏSME JEUDI 29 MAI 2008

 
Un tremblement de terre de magnitude 6.7 sur l'échelle de Richter a eu lieu en Islande entre 15h30 et 16h (heure islandaise) dans les environs de Selfoss et a été ressenti jusqu'à Ísafjorður (fjords du nord-ouest).

A  Selfoss plusieurs maisons ont été endommagées, ainsi qu'un hôpital.

Mais pas de maisons effondrées, grâce aux techniques de construction anti-sismiques généralisées.
Il n'y a pas eu de blessés, seulement de nombreuses personnes choquées.
La route entre Reykjavik et Selfoss a été fermée temporairement à la circulation, de même qu'un vieux pont de la bourgade touchée.

 

Il s'est produit à la veille d'une visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, mais sa visite a été maintenue.

Aux Etats-Unis, l'institut de géophysique (USGS)  dit avoir enregistré une magnitude 6,1, un niveau considéré comme élevé, à 15H46 GMT, à une profondeur de 10 kilomètres.

Les médias islandais ont quant à eux fait état d'une magnitude comprise entre 6,1 et 6,7 sur l'échelle de Richter.

Selon la télévision RUV, le séisme a été ressenti à Reykjavik mais aussi dans le sud-est de l'île, à environ 300 km de l'épicentre.

Les habitants ont vécu l'épisode avec un flegme typiquement nordique, voire avec humour.

"Rien de particulier à Reykjavík. La secousse a été ressentie mais il fait beau et les gens continuent leur train-train quotidien," selon Julien un expatrié Français.

 

"C'était très excitant. Je suis ravie que quelque chose se soit produit sur cette île", a déclaré à l'AFP Ingibjoerg Thorisdottir, 38 ans, une habitante de Reykjavík qui a ressenti le séisme.

"Ca donne l'impression qu'on est très ivres pendant sept secondes et puis, après plus rien", a-t-elle confié par téléphone.








Le site internet du journal Morgunbladid a montré des photos d'une route fissurée, de vaisselle brisée et d'étagères et de rayons de supermarché renversés.









Selon RUV, quelques personnes se sont fait soigner pour des coupures et des blessures superficielles.

 

"En comparaison avec la Chine, les dégâts matériels sont nuls. Aucune maison ne s'est effondrée mais à l'intérieur, c'est parfois endommagé", a déclaré à l'AFP Borgthor Arngrimsson, un journaliste de RUV.

Les autorités ont recommandé aux habitants de rester hors de chez eux en raison des risques de répliques, et de ne pas utiliser les lignes téléphoniques déjà encombrées.

Selon Torfi Tulinius, professeur à l'université de Reykjavík : "c'est le plus important séisme depuis celui de juin 2001 qui avait fait des "blessés très légers".

Ce séisme avait eu une magnitude de 6,5.

Selon la Protection civile, en Islande "les séismes sont essentiellement dus à l'écartement des plaques tectoniques américaine et eurasienne".

Les régions du sud et du sud-ouest, où s'est produit le séisme du 29 mai, sont les zones sismiques les plus actives.

On a constaté (source Morgunblaðið) une augmentation de l'activité géothermique dans tout le Sud-Ouest de l'Islande depuis le séisme.


"Sur le site de Geysir, le vieux geyser endormi depuis des années qui a donné son nom au site et à tous les geysers du monde, est beaucoup plus chaud depuis jeudi et a même tiré quelques salves occasionnelles !







Quant à Strokkur, le fidèle geyser attraction principale du site, il est nettement plus puissant depuis jeudi soir !"

 

 









Dans l'usine géothermique des Hellisheiði située à une quinzaine de kilomètres, grâce à la construction aux normes anti-sismiques, le seul dégât constaté a été une lampe tombée du bureau.

 

A la suite du tremblement de terre du 29 mai, une crevasse de 5 km de long s'est formée à Hveragerði. Elle commence dans les collines de Reykjafjall au dessus de la ville, traverse l'agglomération et la route n° 1 et finit au Sud près de la ferme de Vellir. Elle est peu visible en ville, mais dans le terrain de golf elle atteint un mètre de large !

Parallèlement, une nouvelle et importante source chaude est apparue, toujours à Hveragerði, juste au dessus de l'école nationale d'horticulture située en haut du village. Elle crache en permanence une boue grise en ébullition.
On a cherché un nom à donner à cette nouvelle source. Gudrídur Helgadóttir, la directrice de l'école d'horticulture, a promis un beau bouquet de fleurs à celui ou celle qui proposera le meilleur nom.

La nouvelle marmite bouillante a été baptisée Leirgerður !

Gerður est un prénom féminin et "leir" signifie "la boue" ... "Gerður la boueuse", en quelque sorte.

L'école nationale d'horticulture de Hveragerði, où est apparue cette nouvelle glougloute a reçu 300 propositions par mail. C'est Jörundur Gardarsson, de Bíldudalur (fjords du Nord-Ouest) qui a remporté le concours avec "Gerður la boueuse", et qui a donc reçu le bouquet de fleurs
promis.


Non loin de Leirgerður il y a un autre "blop-blop" de couleur grise appelé Skjálfti.




Et aussi un autre plutôt rouge-brun nommé Reykjamóri. 






Un autre encore, d'eau bouillante pure celui-là, qui s'appelle Hrifla.

 

 Donner des noms aux sources chaudes est une tradition ancienne en Islande. La plus fameuse d'entre-elles est bien entendu Geysir ("la jaillissante"), dont le nom est devenu un terme générique désignant tous les geysers du monde.

 

Activité sismique 30 mai 2009

 

L'Islande a connu une forte d'activité sismique 48h avant le tremblement de terre.

En cette seule journée du 30 mai, 712 secousses ont été enregistrées dont 17 d'une magnitude comprise entre 3 et 4.9 sur l'échelle de Richter. Les secousses ont principalement eu lieu dans le sud-ouest (autour de Grindavik) et les plus fortes ont été ressenties à Reykjavik.
Le Blue Lagoon (Blue Lagon) a dû être évacué par précaution.


 


L'accès au site géothermique de Gunnhver, non loin de Grindavík, a été fermé (et il y était encore lors de notre passage le 24 juin 2009).

 

 

  QUELQUES PIERRES QUE NOUS AVONS RAPPORTÉES


 Roches volcaniques
 




 


Rhyolites


 


Zéolithes



Inconnues


 

 

 

                       


 

 

 

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