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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 23:03
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 22:13

Départ lundi 8 juin 2009

 

  Dimanche soir, je finis d'imprimer les dernières feuilles, de cocher les dernières bricoles qui vont combler les trous dans le sac. C'est déjà lundi matin et la nuit va être courte.

Plusieurs fois je me lève, j'ai oublié l'adhésif pour le 17 juin, le baume à lèvres. Je n'ose plus regarder les chiffres rouges du radio réveil qui égrènent les minutes.

1h45, la dernière fois où je jette un œil en me recouchant.

4h, les infos : élections européennes, crash de l'Airbus ; la tête dans le sac je saute du lit à la douche.

C'est parti. Islande, nous voilà.

7h45, nous décollons sous un beau soleil avec ¼ d'heure d'avance.

Quelques nuages moutonneux nous cachent le patchwork de la campagne française, anglaise et écossaise.

Le coton envahit la mer et  enveloppe Heimaey et les côtes islandaises, nous dépossédant de la joie d'admirer notre île chérie.


L'avion descend doucement dans les nuages et l'Islande ensoleillée apparaît.



C'est bon de "rentrer chez soi".


Ayant 1/2 h d'avance, nous attendons impatiemment le loueur de voiture qui arrive au volant de notre "chaperon rouge", un beau Jimny que le capitaine des pompiers ne renierait pas.



Pendant que l'un prend des cours de Jimny, l'autre dévalise la banque : 1 € = 168,44 ISK ; mieux que les 161 d'avril, mais moins bien que les 174 annoncés hier soir par le site de change que j'avais consulté.

Arrivés à Reykjavík, nous récupérons nos bons d'échange chez Farmholidays, puis nous nous rendons rue Skólavörðustígur chez les grands-mères tricoteuses. Lorsque nous sortons de la boutique, mauvaise surprise, un joli papillon s'est posé sur notre pare-brise : 1500 ISK.

Les contractuel(le)s ne perdent pas de temps et ne sont pas indulgents avec les touristes. La voiture croule sous les bagages et des autos-collants du loueur sont apposés sur toutes les vitres. Ça commence mal !!!

Le facteur nous dit qu'il faut régler dans une banque. Ça tombe bien, il y en a une à côté de la baraque à pylsur.

Inflation oblige, la pylsa qui valait 250 ISK et avril est affichée à 260 ISK.
Bonne surprise, comme nous avons payé la contravention rapidement, l'amende ne nous coûte "que" 950 ISK.

Nous achetons un pain de mie chez Bonus (moins cher qu'au 10/11) et allons saluer et nourrir les canards, cygnes, eiders et oies du lac Tjörnin.

Rue Austurstræti, la palissade des "petites bouilles" a disparu laissant place à un autre décor et les travaux ont commencé.

Une barquette de crudités dégustée en vitrine du 10/11 suivie d'un skyr (le premier d'une longue série), passage à l'office de tourisme pour récupérer les adresses des médecins des Vestfirðir : pas compliqué, il n'y a que l'hôpital d'Ísafjörður *


De Reykjavík à Borgarnes, les lupins bleus colonisateurs et les pissenlits jaunes égaient les champs.



Nous passons par le tunnel d'Akranes (800 ISK) qui nous évite de faire le tour du Hvalfjörður.

Nous arrivons à l'hébergement d'Ensku húsin, (la maison de l'Anglais) que nous n'avions pas sélectionné car nous connaissions. Rien n'a changé, hormis le cuistot qui nous explique qu'il est la troisième génération à s'occuper des repas des touristes. On nous attribue la même chambre qu'en 2005.

Dans la salle de bains commune, le lavabo avec les robinets dans les coins est toujours là. Ils n'ont pas encore inventé l'eau tiède !!!



Je suis mauvaise langue en disant que rien n'a changé : les deux robinets du lavabo de la chambre ont été remplacés par un rutilant mélangeur des années cinquante. Il va falloir attendre la septième génération pour passer au mitigeur…

Par contre, un nouveau testament dans une belle édition reliée cuir dort dans un tiroir de la table de nuit. De là à tirer des conclusions hâtives que la religion a plus d'importance que l'hygiène, ce serait de la mauvaise foi (on n'en sort pas !!!).

 

Nous continuons notre route et allons jusqu'à Álftanes, non loin du cap Tanganes rendre hommage au Commandant Charcot dont le bateau, le Pourquoi-pas, s'est échoué ici en 1936.

Il n'y eu qu'un seul survivant sur les 41 membres d'équipage.


Enfin, c'est ce que nous avons crû, car rentrés en France, nous nous sommes aperçus que cette stèle n'avait rien à voir avec Charcot et que nous n'étions même pas au bon endroit...
Ce monument est lié aux premiers colons de la région : il y en a d'autres identiques à des endroits où s'est déroulé un fait marquant de l'histoire de Borgarnes et des Mýrar. Par exemple au jardin public de Borgarnes, au détroit de Brákarsund à Borgarnes, et à Borg.
La stèle de Charcot se trouve à quelques kilomètres de là, devant la plage de Straumfjörður.         
Il faudra revenir en Islande une autre fois...

Alors que nous nous reposons au pied de la stèle, un gentil  chien de berger déboule à toute allure et vient nous faire ses amitiés. Il court en aboyant après les huîtriers-pie et les chevaliers gambette.

Les chevaux restent impassibles devant toutes ces pitreries.









Eglise
d'Álftanes














Nous repartons à Borgarnes dévaliser le rayon de skyr du Bonus…

Puis nous faisons le plein d'essence chez Olis où nous ne trouvons pas les tuyaux pour nettoyer la voiture, pas plus que chez N1. Chez Shell, c'est 100 ISK les 1.30 minutes. Crise oblige… Tout change en Islande.


Une délicieuse odeur nous accueille chez l'Anglais. Nous dégusterons une soupe aux champignons onctueuse, de l'agneau islandais grillé et du saumon, pommes de terre, purée de carottes et concombres à la menthe et nous terminerons par une tranche de gâteau au chocolat servie avec une boule de glace et café à volonté le tout pour 8400 ISK à deux (50 €).

 

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:37

Mardi 9 juin 2009

 

Lestés d'un bon petit-déjeuner : céréales plus súrmjólk, pain noir plus jambon plus fromage, autre pain noir plus beurre plus confiture d'orange ou confiture de fraise, tranches de pastèque, d'œuf dur, de tomates, rondelles de concombre,  lait et jus d'orange (j'ai dit lestés…), nous nous dirigeons tranquillement vers notre immanquable rendez-vous islandais : les phoques d'Ytri-Tunga.

Nous avons une longue histoire d'amour avec eux : 2 fois en juin 2005, avril 2009 et peut-être aujourd'hui.

Nous sommes seuls sur la route 54 qui traverse la large plaine verdoyante. A droite, les nuages couvrent les sommets des Alftárhraun, Saðarhraun et Hagahraun.


Nous obliquons vers les orgues basaltiques de Gerðuberg à Ytri-Rauðamelur.


L'église est toujours fermée, dommage car nous aurions aimé nous asseoir sur les bancs cintrés que nous apercevons de la fenêtre.


Tout est calme, la ferme et les maisons sont abandonnées, nous n'entendons que le chant des chevaliers gambette et des courlis. Un lagopède sautille dans un champ,  des moutons gambadent sur le chemin.


Des vaches noires à fourrure laineuse, des Galloways,  s'enfuient dès que je sors de la voiture pour les photographier.



Une petite rivière coule entre les prairies en doux méandres.



Des silènes acaules violines égaient les champs pierreux érodés par les moutons.



Les nuages s'effilochent doucement des cimes du Rauðamelsfjall.

Jaime la quiétude qui se dégage de ce paysage.

Nous nous garons sur le parking d'Ytri-Tunga dont la maison n'est plus un hébergement de touristes.

Zut, il y a déjà un camping-car et une voiture. Pourvu qu'ils n'affolent pas "nos" phoques.

C'est marée basse, très basse même. Je me demandais s'il y avait des marées car les trois autres fois j'ai vu la mer au bord de la plage. Et bien, j'ai la réponse.

Sur la gauche, à travers les jumelles, j'aperçois deux boules dans l'eau : des phoques. J'approche doucement, essayant de ne pas me casser la margoulette sur les rochers recouverts d'algues et de fucus vésiculeux.


Et que vois-je à quelques mètres sur un rocher ? Une grosse mémère en position de "banane" qui dort et se dore au timide soleil.


Je marche dans le lit de la rivière pour approcher encore plus près. Elle lève la tête mais continue à se prélasser nous montrant tour à tour son flanc, son dos et son ventre gris clair tacheté de gris foncé, se grattant l'oreille avec sa nageoire dorsale, applaudissant de ses nageoires caudales.



La mer est calme, plate, d'huile, juste ridée par moments par une petite brise. C'est un instant de grâce comme il y en a peu dans une journée.

Un instant, elle appelle un peu comme un chien hurlant à la mort. Je l'imite, elle m'écoute mais j'imite certainement mal car elle ne vient pas vers moi. Je ne suis pas crédible en phoque. Par contre, si je continue à marcher sur les rochers glissants, je vais m'étaler et le Morgunblaðid va titrer : "une baleine s'échoue sur la plage d'Ytri-Tunga" !!!


Tant pis, je reviens sur la plage en faisant éclater les vésicules du fucus sous mes bottes. On dirait du papier bulle.



Nous déjeunons sur la plage, assis sur le touret, de tomates, concombre islandais et terminons par un skyr bien sûr.
Pas un bruit, excepté le chant des cygnes, des courlis, des huîtriers, des oies qui passent au-dessus de nos têtes et l'aboiement des phoques au loin, là bas sur les rochers entourés par la mer.

Le Snæfellsness a toujours la tête dans les nuages, la neige recouvre les sommets des montagnes environnantes.

Il ne fait pas chaud : 6°.


Nous nous promenons autour de l'église et sur la plage de Búðir.


C'est fou ce que l'on peut voir comme plantes poussant sans terre sur les amas de lave qui bordent la mer.








Cochlearia











Après cette promenade vivifiante, nous repartons vers Vegamot.

Arrivée en vue d'Ytri-Tunga, je pense fortement : Pourvu qu'il tourne à droite et à ce moment, mon mari me dit : tu veux y retourner ? Quelle question ? Autant demander à un aveugle s'il veut voir…

Le niveau de la mer a un peu augmenté, mais pas assez pour que les phoques viennent au bord de la plage.
Cette fois-ci, ils sont à droite et nous en voyons jouer quatre au loin.

Nous les observons, leur disons au-revoir et à la prochaine fois.

Belle journée.


Nous nous arrêtons à Ölkelda, mais la pompe à main qui délivrait de l'eau pétillante est "dégrennée" (c'est du tourangeau) (désamorcée).

 Une dame nous indique un autre endroit où un robinet nous permet de goûter à une eau pétillante naturelle.

Dans le petit marigot, les bulles remontent de temps à autre. C'est rigolo.



Cette fois, plus d'arrêt jusqu'à Helgafell hormis une pause café-chocolat à la station service de Vegamot (N1 automatique).


Arrivés en haut du col, je prends un grand coup au cœur. Quel spectacle !

A gauche, les montagnes rouges, noires, grises, vertes ; à droite, le ciel bleu dragée et la mer bleu clair.

C'est d'une beauté qui prend aux tripes.


En descendant le petit chemin qui mène à l'église au toit rouge d'Helgafell, j'ai les yeux rivés au sol cherchant un joli caillou.



L'église est fermée. Par la fenêtre, nous voyons les bancs arrondis recouverts de coussins confortables.



Nous regardons les tombes, cherchant celle de Guðrun Ósvífursdóttir. C'est qu'il y a une quantité de Guðrun ici !!!

Mais celle que nous cherchons est morte depuis 1001 ans.

C'est Guðrun Ósvífursdóttir, l'héroïne de la saga des gens du Val au Saumon.

Elle vécut ici, cloîtrée, jusqu'à son dernier jour en 1008.

Nous la trouvons enfin dans un enclos à l'extérieur du cimetière.


Je pose mon joli caillou sur la stèle, mais je suis étonnée de ne pas en trouver d'autre.


Guðrun, 1000 ans après, quelqu'un pense à toi. Quelqu'un pensera-t-il à moi dans 1000 ans ?


Lorsque nous remontons, le chien de la ferme revient se faire câliner. Il doit aimer la saison touristique !!!

Nous gravissons le Mont Helgafell sans parler ni se retourner, enfin moi, parce que mon mari est incapable de tenir dix minutes sans parler…

De plus, il se retourne pour voir si je le suis.

Ses trois vœux ne se réaliseront pas.

En 2005, j'avais fait trois vœux mais j'ai dû louper quelque chose car deux ne se sont pas accomplis, c'est pourquoi je remonte cette année avec trois autres.


Pour être bien certaine, je les ai prononcés devant la table d'orientation pour être sûre que je regardais bien à l'est.


 

Nous avons une superbe vue sur le Breiðafjörður et ses innombrables îles.




Juste à l'entrée de Stykkishólmur, nous faisons le plein chez Olis. Une surprise nous y attend.

Comme hier à Borgarnes, il est affiché 167.3 ISK et sur la pompe s'inscrit 168.8 ISK. Renseignements pris auprès du pompiste, 167.3 c'est si on règle par carte bancaire. C'est directement versé sur le compte d'Olis et 168.3 si on règle au pompiste. La différence de prix est son salaire.

Il fallait le savoir.

Nous trouvons facilement notre hébergement du soir. La guesthouse est située au bord du fjord. Jolie chambre, confortable ; grande salle de bains commune à 4 chambres mais dont seulement deux sont occupées. Nous allons être "comme des coqs dans le plâtre" (citation d'une vieille cousine). 

site : http://frontpage.simnet.is/almdie/
contact :  almdie@simnet.is

Nous partons en repérage sur le port afin de ne pas rater le ferry demain qui nous conduira sur l'île de Flatey.
Devant l'escalier qui mène au phare, le quai d'embarquement, mais le ferry n'est pas là.

Du phare, nous découvrons le Breiðafjörður et toute la ville.





De pimpantes maisons multicolores composent la ville, un hôpital moderne et l'église à l'architecture avant-gardiste déparent un peu le paysage.









Vue d'ensemble





















L'église moderne




















L'hôpital
et l'église













Le petit port est croquignolet avec ses bateaux colorés.



Un navire en inox derrière un monument aux morts fleuri complète le paysage.



Le tour du village, pardon, de la capitale du Snæfellsness est vite fait.

Nous avons repéré un restaurant où nous rendons. Bonne adresse.

Après de délicieux petits pains tièdes et du beurre, une grosse assiette de soupe avec plein de morceaux de poissons variés et crevettes nous est servie, suivie d'une dame blanche et d'un gâteau coulant au chocolat accompagné d'une boule de glace, de myrtilles fraises et mûres présentés dans un coffret laqué. Le tout pour 6300 ISK (36€), y compris une bière.

L'adresse : Narfeyarstofa 3 Aðalgata.


Nous effectuons une promenade digestive au bord du fjord et regagnons notre home pour la nuit.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 23:58

Mercredi 10 juin

 

Nuit d'enfer, je me réveille en sursaut. Il fait grand jour, le soleil brille.

Zut, mon portable n'a pas sonné et nous avons raté le ferry.

Il est 3h15.

Du calme, recouche-toi.

Impossible de me rendormir. Il fait trop jour malgré le store et le rideau.

Dring, c'est au tour du portable de Jean-Louis de sonner.

Encore raté, il est 5h, il a oublié de le mettre à l'heure islandaise.

Attendons que mon portable sonne 6h30.

Je bondis sous la douche car si je ferme les yeux c'est un coup à se rendormir.

7h30, le petit déjeuner copieux nous attend.

Notre hôte a tout préparé ; moins de choix que d'habitude mais c'est parfait.

Direction le port où nous validons les billets que nous avions achetés sur Internet.

Je fais mes emplettes en vue du 17 juin.


C'est le premier jour où le ferry fait escale à Flatey avant de se rendre à Brjánslækur dans les Vestfirðir.

Une vingtaine de voiture embarque sur le Baldur ainsi que de nombreux piétons.




Nous négocions avec le préposé aux billets afin qu'il débarque notre Jimny au terminal de   Brjánslækur car nous nous arrêtons à Flatey pour la journée.

Il est interdit de débarquer les véhicules sur l'île de Flatey (île plate).

Jean-Louis est inquiet : tu laisses nos sacs avec toutes nos affaires, ton passeport, les billets d'avion, les bons d'échange et tous les sous et aussi le ravitaillement, et si on ne retrouvait rien ?

Je suis d'un naturel optimiste et j'ai l'habitude de l'Islande et des Islandais et puis, d'autres l'on fait !!

J'ai confiance.

Dans le parking du ferry, nous avons la surprise de retrouver "notre jeep" louée au mois d'avril.

Le monde islandais est bien petit.

 

La traversée du Breiðafjörður (large fjord) s'effectue sous un beau soleil. Ni tangage, ni roulis.

Sur le pont un vent glacé me serre les tempes.





Avant de débarquer, je prends un pull, une écharpe et des gants, initiative que je regretterai toute la journée.

10h40, le Baldur accoste à Flatey.

Jean-Louis a un dernier regret d'abandonner toutes nos affaires sur le ferry.


Nous laissons la "horde de touristes" (une trentaine…) se disperser et nous nous embusquons pour photographier les chevaliers gambette qui volent autour de nous.



C'est la première fois que je vois des séchoirs ou sèchent des poissons : morues, harengs et autres.





De belles maisons colorées en construction semblent ignorer "la crise".
Ce sont certainement des résidences secondaires car il n'y a pas beaucoup de travail sur l'île à moins de s'adonner au télétravail.

Justement, deux techniciens de Simnin montent une antenne surveillés par trois jeunes femmes photographes montées sur le ferry à Stykkishólmur.



Nous grimpons jusqu'à la petite église en rénovation. Les fresques de 1990 qui ornent le plafond sont superbes, elles évoquent le chasseur de macareux, le coupeur de poisson…







On peut même y voir une fresque représentant Jésus vêtu d'un pull islandais…



Juste à côté, une maisonnette jaune datée de 1864 abrite la bibliothèque. Il ne reste qu'une poignée de livres sur les rayons.



Le cimetière est envahi de pissenlits surdimensionnés.

On ne meurt plus beaucoup ici. Il faut dire que la population est très réduite : deux familles vivent sur Flatey l'hiver et une quinzaine l'été.



A côté de l'hôtel Flatey récemment repeint en rouge, un café tout jaune nous accueille. Les tenanciers attendent le client. Peut-être auront-ils plus de chance avec le ferry qui arrive des Vestfirðir  à 13h15.


Nous continuons notre chemin vers la falaise aux oiseaux en passant devant de coquettes maisons revêtues de chatoyantes couleurs.






Il fait beau et chaud, pas un souffle de vent. Les enfants jouent dans la prairie.

Je suis en polo à manches courtes et j'en ai assez de traîner tous mes affutiaux depuis que je suis descendue du ferry.

Nous nous asseyons au dessus de la colonie de sternes et observons leur manège.

Quelques canards colvert et eiders nagent tranquillement dans la mer.
D'un seul coup, les canards affolés s'envolent suivis par la colonie de sternes qui tournoient. Les canetons files se cacher sous les ailes de leur mère.

Le danger vient du ciel : c'est un aigle majestueux, ou plus exactement un pygargue, qui cherche une proie.


Derrière nous, une brebis course une sterne, plus loin, une sterne course une brebis et ses agneaux qui s'étaient aventurés trop près de son nid posé à même le sol.



En dessous de nous, sur un rocher plat, deux guillemots à miroir prennent le soleil.








Nous continuons notre chemin jusqu'au panneau stop qui nous enjoint de ne pas continuer car c'est la période de nidification. Il ne faut pas déranger les oiseaux.

Nous nous asseyons dans l'herbe au dessus de la falaise et regardons le ballet incessant d'une demie douzaine de macareux qui volent de la falaise à la mer et vice-versa.

Nous sommes bien, le soleil me chauffe le dos, l'air est limpide, on dirait que les côtes neigeuses des Vestfirðir sont à un jet de pierre. Jean-Louis s'endort, bercé par le chant des oiseaux.


Un guillemot à miroir reconnaissable à ses pattes rouges et le triangle blanc sur les ailes se pose à trois mètres de nous. Il reste de longues minutes, se tournant dans tous les sens comme s'il posait. Lorsqu'il lance son cri strident, nous apercevons l'intérieur de son bec encore plus rouge que ses pattes. La gauche est baguée.



C'est l'instant magique de la journée.


16h30, il est temps de rejoindre l'embarcadère.

Nous passons dans une prairie et nous faisons enguirlander par une colonie de chevaliers gambette.



Il faut faire attention à ne pas écraser leurs œufs (nous n'en voyons pas).

De gros sacs contenant des canettes attendent d'être évacués sur le continent.



Le technicien a laissé ses valises sous l'antenne pour reprendre le travail demain.
Quelle confiance !!!


Un chevalier gambette nous souhaite  bon voyage du haut du séchoir à poissons.


17h10, voici enfin le Baldur.



Il décharge une barque, un gros sac et une demi-douzaine de sacs contenant du gravillon.

Les enfants reviennent de Stykkishólmur avec les mamans.

S'ils doivent faire ça tous les jours : 1h30 de bateau matin et soir, quelle fatigue pour ces petits.

Nous nous posons beaucoup de questions sur la vie de ces insulaires : comment sont-ils ravitaillés en eau ?

Pour l'électricité, nous savons. Nous avons discuté avec l'employé de l'usine électrique située juste à côté de l'embarcadère. Ce bâtiment complètement délabré abrite la centrale fonctionnant au diésel.



Pour le téléphone et la télévision, ce sont les antennes et relais hertziens.

Hier soir, à Stykkishólmur, nous avons voulu voir ce qu'il y avait au programme : première chaine : golf, deuxième chaine : golf, troisième, quatrième, cinquième : golf…

Ça ne m'étonne pas que toutes les jeunes femmes soient enceintes ou en charge de bébés…

 

Jean-Louis guette anxieusement le Lieutenant de vaisseau chargé de débarquer la voiture à  Brjánslækur.

Enfin, les clefs du Jimny sont dans sa poche. Si tout va bien, nous retrouverons notre "Chaperon Rouge" sur le port.

Et oui, il est là ; il nous attend sagement garé entre deux gros 4 X 4.

La route 62 qui mène à la ferme de Rauðsdalur est surplombée par une impressionnante montagne dont d'énormes rochers détachés du sommet jonchent les flancs.

A gauche, une étendue de sable ocre rose.

 

Un étrange panneau à l'intersection du chemin qui mène à la ferme de Rauðsdalur expliqué par celui qui se trouve en face : nous sommes chez un réparateur de pneus.





Arrivés à notre hébergement, nous sommes accueillis par une blonde jeune fille qui nous expédie vers les maisons de l'autre côté du chemin.

Elle nous y rejoint, telle une Walkyrie moderne, chevauchant un quad, cheveux et seins au vent.

Nous nous déchaussons et visitons notre petite chambre.

Le salon est immense, nous le partagerons, ainsi que la cuisine, et la salle à manger avec un couple de Danois.

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 18:07

Jeudi 11 juin 2009

 

2h20. réveil en fanfare. Deux bonshommes de nationalité indéterminée,  arrivés tardivement, rentrent en braillant comme en plein jour (d'ailleurs, il fait grand jour), claquent les portes et s'invectivent.

Si je me lève et les enguirlande, je ferai plus de bruit qu'eux, ils ne comprendront rien à ce que je leur dirai et on ne sait jamais, ce sont peut-être des êtres malfaisants qui hantent les lieux. La côte de Barðaströnd est réputée pour ses fantômes…

Les douches sont modernes, équipées de jets d'hydro massages. Le hic est que dans celle que j'occupe, le robinet thermostatique est bloqué. Si j'insiste, je me  retrouve façon homard thermidor. J'attends que l'autre se libère pour y aller. Je sais qu'elle fonctionne car les cloisons ne touchant pas le plafond, j'entends mon voisin qui gémit de plaisir.

Ici, la propreté n'est pas la première des préoccupations : les poubelles n'ont pas été vidées depuis le début de la saison touristique, les douches ne sont pas nettes, elles n'ont pas vu le Cif depuis longtemps ; sous les lits, on trouve une bergerie.

Les prises ne sont pas aux normes européennes.

Dans la salle de bains à la douche bloquée, pas de miroir devant la glace ni de prise pour que les messieurs se rasent.

Petit déjeuner copieux préparé par la Walkyrie qui s'avère être une étudiante embauchée pour la saison estivale.

Une adresse à ne pas recommander.

 

Nous voici partis. A gauche, le ciel est clair et bleu, le soleil brille. A droite, c'est brumeux et pluvieux. Dommage, c'est à droite que nous allons direction le fjord de Patreksfjörður.

Au bout de trois kilomètres, je me rends compte que nous avons oublié les bouteilles d'eau au réfrigérateur ainsi que le skyr. Laisser la flotte, pas d'importance, mais le skyr, pas question !!!

Nous reprenons la route 62 et longeons la mer bordée de pré où broutent des moutons.

A droite, la montagne noire, sinistre qui s'effrite, laissant cailloux et rochers sur les pentes.

La route quitte le bord de mer pour grimper jusqu'au col des Kleifaheiði.


Le paysage est grandiose.



Avant d'atteindre le col, de nombreuses plaques de neige sont encore présentes.




Nous faisons un arrêt pour saluer la statue (Kleifabði) réalisée en 1947 par les ouvriers pour fêter la fin de la partie la plus difficile de la construction de la route. A l'origine, il aurait dû tenir une pelle au bout du bras qui dépasse.

La tradition locale veut que si on ne lui dit pas bonjour en arrivant et au-revoir en partant, ça porte malheur!!!



Puis, c'est la descente vertigineuse vers le fjord de Patreksfjörður.

Nous l'attendons longtemps ; à chaque virage nous disons : Il est encore loin le fjord de Patrick ?


Le voici, superbe, majestueux, terminé par un genre de marais salant.



Nous laissons la route 62, à droite, qui conduit à Patreksfjörður et prenons la route 612 à  gauche qui ne tarde pas à devenir en terre au niveau du Garðar, navire norvégien échoué ici en 1981.


Ce bateau, construit en 1912 était utilisé pour la chasse aux phoques et la pêche.



Nous tournons à gauche par la route gravillonnée 614 très raide, au début caillouteuse puis tôle ondulée et enfin bien entretenue.




Dans la descente, au détour d'un des nombreux virages, apparaît la baie de Rauðisandur (baie des sables rouges).


En fait, le sable est ocre rosé. Il brille au soleil. C'est superbe cette immense langue de sable, cette mer bleue se confondant avec le ciel et ces prairies vert tendre.













Nous continuons à droite et stoppons devant l'église de Saurbær. Tout est fermé, y compris les volets. Elle est noire avec un toit rouge. Nous n'en avons pas encore vu de semblable.



Nous allons jusqu'au bout de la route, à Lambavatn.

Les fossés sont bordés de populage des marais. 




Jean-Louis n'a pas envie de faire la petite randonnée.

Nous revenons et empruntons le chemin de randonnée situé devant l'église.


C'est curieux, le pictogramme du panneau indiquant le sentier de randonnée semble adapté à l'âge des participants !!!




Au bout de 300 mètres, Jean-Louis oblique vers l'estran et trouve un monticule herbeux où nous pique-niquons (skyr en dessert, bien sûr…)

Nous repartons en direction de la ferme de Melanes.

Jean-Louis a très envie d'aller jusqu'aux ruines de Sjöundá tristement célèbres à cause d'une histoire d'amour tragique.

Nous traversons la cour d'une ferme et nous ne trouvons personne. Je n'aime pas entrer chez les gens sans autorisation, même si un panneau indique la direction.

Le chemin n'est pas tracé, nous cheminons une centaine de mètres dans des fondrières. Je m'embourbe plusieurs fois et nous faisons demi-tour.

Nous reprenons la voiture et remontons la route 614. Nous tournons à gauche pour continuer par la route 612 qui borde le fjord.


Au niveau du flugvöllur (aérodrome) de Sandoddi, juste en face de Patreksfjörður, nous sommes surpris de voir toute cette région sableuse.




La grande plage de Vatnsdalur invite à la baignade. Je n'ai pas emporté mon maillot de bain en Damart...


Au détour d'un virage, nous voyons deux bateaux puis un avion. Nous sommes arrivés au musée de Hnjótur.



Comme à Skógar, un fermier, Egill Ólafsson, a récupéré et collectionné divers ustensiles anciens de la région des Vestfirðir offrant un aperçu de la vie quotidienne des siècles passés. On y trouve différents objets liés à l'activité économique de la première moitié du XX° siècle servant aux différents corps de métiers de la région : barques et outils de pêcheurs… on y trouve même un pygargue naturalisé, une chaire et son prédicateur ainsi que deux cercueils !!!

Ces accessoires offrent un bon aperçu de la lutte du peuple pour l'existence et l'ingéniosité qu'il a fallu pour survivre dans des conditions difficiles.

Pas aussi complet que celui de Skógar, mais très intéressant.


Un  hangar abrite un Antonov russe AN-2  avec des ailes toilées, construit en Pologne en 1967. Egill en a fait l'acquisition en 1993, l'appareil, servant au transport de fret, ayant subi une avarie alors qu'il atterrissait sur l'aérodrome d'Eyri.


S'y trouvent également : une vieille voiture et une embarcation. Les moyens de transports air, terre, mer réunis dans un même entrepôt.




Devant ce hangar, on trouve aussi un DC3 de l'armée américaine basée à Keflavík.




Après avoir dégusté un thé accompagné d'une excellente gaufre chantilly-myrtille, nous reprenons la route 612 A l'intersection,  nous bifurquons à droite par la route 615 pour rejoindre notre hébergement : l'hôtel Látrabjarg.


Nous sommes logés dans une chambre à trois lits, mais il n'y a pas de miroir au-dessus du lavabo. Pratique pour se raser… La bonde du lavabo fuit, pas facile de faire tremper du linge…



La vue est superbe sur le Patreksfjörður et l'embouchure de l'Orlygshöfn, petit fjord secondaire.



Le repas étant servi à 19h, il reste une heure pour explorer les environs.

Nous poursuivons la route 615 en terre puis graviers, puis caillasse et trous. C'est là qu'on se dit qu'on a bien fait d'investir dans la location d'un 4 X 4.


Nous dérangeons les sternes qui nidifient sur le chemin et dans les prés alentours








Nous descendons vers la plage de sable fin de Hænuvík. Une jeune fille tient une boutique d'artisanat dans la ferme de ses parents. Elle tricote durant les longues soirées d'hiver. Nous nous laissons tenter par une paire de chaussettes pour bébé. Sa petite sœur va chercher un agneau afin que nous le caressions. Il me tète le doigt, heureusement que ses dents sont à peine sorties !!


Un court instant, un bain de pieds dans la mer me tente, mais l'eau à 3° et la température de l'air m'en dissuadent.




Retour à l'hôtel où nous est servie une soupe à la tomate, du haddock et du riz ainsi qu'un bol de skyr à la crème. C'était bon, mais ça avait un goût de trop peu. 5900 ISK ou 35 € par personne, demain, nous pique-niquerons !!

Nous reprenons la voiture et allons faire un repérage de route pour demain.

Nous empruntons la route 612 en direction de Breiðavík. "Gravier volant" et tôle ondulée, ça secoue de partout ; on dirait que la voiture va se disloquer.

Pas un mouton, pas un cheval, pas un oiseau, pas un végétal ; un désert minéral noir.

Notre vallée était à l'ombre mais celle de Breiðavík ensoleillée.

Nous nous promenons sur la plage de sable fin.


Il fait chaud. Je suis en polo à manches courtes. Je n'ai même pas pensé à me tremper les pieds dans la mer.



Nous retournons à la voiture garée devant l'hébergement de Farmholidays et entrons afin de consulter nos messages sur Internet. Le premier quart d'heure est gratuit mais à cause de la connexion 56K, au bout du temps imparti nous ne somme même pas connectés sur notre messagerie.
Ce sera pour une autre fois.
Retour au bercail où nous écrivons jusqu'à minuit trente sans allumer.


Voici ce que je vois de la fenêtre à minuit ce 11 juin.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 14:13

Vendredi 12 juin 2009

 

La nuit a été calme : pas d'esprit, pas de braillard.
Une surprise nous attend, il n'y a pas de verrou dans la douche commune ; ça commence à faire beaucoup.
Nous ne sommes pas habitués à fréquenter les hôtels de luxe, mais pour 98 € on peut s'attendre à un miroir au-dessus du lavabo, à un lavabo qui ne fuit pas, et à un verrou à une douche. Même dans les hôtels F1 il y a plus de confort et de services.

Je pose mes chaussons devant la porte et laisse couler l'eau durant la phase savonnage (je sais, ce n'est pas écolo). Lors de la phase essuyage, je parle. La journée s'annonce trop belle pour la gâcher par une chanson…

Petit-déjeuner léger, à l'instar du dîner.

Une adresse à ne pas retenir...


Le ciel est bleu, parcouru de nuages blancs.

Patreksfjörður brille au fond du fjord calme.


La mer est calme, la plage déserte…



Un petit vent frais, froid (3°) fait osciller l'herbe.

Préparez-vous les oiseaux, nous arrivons !!!!!!!!!

 

Surprise, la route 612 que nous avions vue noire hier est rose et les bas côtés moussus. Ou c'est une hallucination collective, ou ils ont repeint cette nuit.


A partir de Breiðavík, les silènes violines et les renoncules âcres (boutons d'or) reviennent, puis ce sont les moutons.










Silène acaule





















Renoncule âcre












Il faut attendre d'être en vue de la plage de sable blanc de Latravík pour apercevoir des oiseaux.

La plage est interdite à cause de la nidification.
Nous voyons plusieurs pluviers dorés se dandiner sur les bas-côtés.

Nous sommes enfin à Látrabjarg (falaise de la fertilité).


C'est le point le plus occidental de l'Europe comme l'indique l'enseigne du pizzaïolo local.



C'est ici que nidifient les plus grands rassemblements d'oiseaux du monde (c'est ce qui est écrit sur les guides…).

Un chemin dallé gravit la pente de la falaise, puis un petit sentier longe le rebord.


A la première falaise, nous sommes accueillis par des milliers de mouettes tridactyles, pétrels et pingouins torda. Ils sont rigolos avec leur vol pataud. Chaque corniche, replat, anfractuosité est occupé par des dizaines d'oiseaux, pépiant, ricanant, braillant… Quel concert !!











Mouettes tridactyles


















Colonie de guillemots













Nous cheminons le long de la falaise, nous aplatissant dès que nous entendons pépier. Des guillemots de Brünnich, des pingouins torda, des pétrels, des guillemots de Troïl, des mouettes, mais seulement une demi-douzaine de macareux.


Il doit bien y en des macareux puisqu'il y a des nids creusés dans le sol herbeux.

Je les aime ces petits oiseaux au bec multicolore. Ils ne sont pas farouches à condition qu'on ne fasse pas de bruit et qu'on les approche sans geste brusque.

 



Le guillemot de Brünnich est reconnaissable à son ventre blanc et son dos noir mat, seul son bec est souligné d'un trait blanc. Il pond un unique œuf directement sur le bord de la falaise.

 









Guillemot de
Brünnich et son oeuf
vert












Son cousin le guillemot de Troïl est noir brillant et blanc, l'œil  cerclé de blanc et terminé par un long trait fin (guillemot de Troïl bridé), le bec également souligné de blanc.

Cet oiseau niche généralement en colonies denses au milieu des falaises et pond son unique œuf directement sur le roc ou le sol. Les œufs ont la forme d'une poire, de telle façon qu'ils pivotent sur eux-mêmes lorsqu'ils sont dérangés, et ne tombent pas en bas de la falaise.







Guillemot de Troïl et
Guillemot de Brünnich





















oeuf de guillemot















Le guillemot à miroir est noir, un triangle blanc posé sur ses ailes. L'intérieur de son bec est rouge vif ainsi que ses pattes.

 









Guillemot à miroir














Le pingouin torda a le dos noir et le ventre blanc. Il est doté de pattes de canard. De son œil part un fin trait blanc jusqu'à son bec. Une rayure blanche traverse le bout des ailes et le bec. Ils nichent souvent côte à côte avec le guillemot de Troïl.

 








Pingouin torda















Qui est passé par ici ? Voici les restes de son déjeuner.

 







Restes du festin du goëland














Dans la mer, nous apercevons une baleine, plus exactement un mesoplodon bidens ou Baleine de Sowerby

 

Nous redescendons jusqu'au phare. Je suis déçue, terriblement déçue. Si les macareux désertent Ingólfshöfði  et Látrabjarg, ou sont-ils ? Est-ce dû au réchauffement climatique ? En ont-ils assez des touristes qui viennent les déranger ?


Nous déjeunons sous un chaud soleil devant les ruines de Brunnanupar, ancien port de pêche désaffecté en 1620 mais dont l'activité reprit jusqu'en 1880.



En remontant vers Breiðavík, nous obliquons à droite, direction Keflavík (pas l'aéroport) par la lande de Látraheiði.


La route est caillouteuse et raide, mais pas pire que la 612 ou la 614. Pas âme qui vive.



Des stères de dalles extraites des flancs de la montagne attendent que les camions viennent les chercher.

Nous découvrons Breiðavík et sa baie, les falaises de Látrabjarg, au loin, le Snæfellsjökull enneigé et en haut d'un blindhead (sommet de côte sans visibilité), la baie de Rauðisandur. C'est magnifique, grandiose, sublime, majestueux… Le sable ocre rougeoie au soleil.








Baie de Rauðisandur













Falaises de Latrabjarg, au loin le Snæfellsjökull enneigé









Jean-Louis s'arrête devant le panneau "réservé au 4 X 4" et nous continuons à pieds.
Un peu tard pour prévenir !!! Il faudrait être inconscient pour venir jusqu'ici avec une voiture "normale"...


Nous découvrons le poste de secours dans le fond de la baie de Keflavík.



Quelques pavots arctiques poussent courageusement dans la caillasse.


Comme il n'y a aucune autre route, nous remontons par le même chemin et remarquons un lagopède courant dans le pierrier, se confondant avec les cailloux.

Nous décidons d'aller visiter Patreksfjörður afin de gagner du temps car la journée de demain est très chargée.


Nous nous arrêtons au musée de Hnjótur et Jean-Louis déguste un œuf de guillemot à la coque et moi, une gaufre chantilly-myrtille. J'essaie de le culpabiliser en le traitant de goéland, en lui faisant prendre conscience que des parents pleurent un bébé en devenir. Ce cœur insensible continue sa dégustation sans aucun remord.





Nous sommes contents d'arriver en vue du Garðar, car c'est là que la route goudronnée commence.



Dès que nous sommes de l'autre côté du fjord, les lupins illuminent les bas-côtés.
Nous cherchons une station service. Il n'y a que N1 et là, nous faisons connaissance avec les cartes prépayées. Il faut acheter une carte à 3000, 5000 ou 10 000 ISK qui ne sert qu'une fois. Pour s'en sortir, il faut bien gérer le compteur et connaître la moyenne de la consommation d'essence du véhicule. Pas moyen de faire le vrai plein. Une galère quand on sait le peu de stations installées dans les Vestfirðir. De plus, les stations sont majoritairement dirigées par N1. Alors, pas moyen de s'en exonérer.

Nous pique-niquons dans une rue au-dessus du port dans un champ de pissenlits et lupins.

Patreksfjörður est une jolie ville (900 habitants) étagée sur quatre niveaux. Il y a très peu de boutiques. Les jeunes doivent s'ennuyer comme des rats morts. Heureusement qu'on trouve une piscine.

 

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:07


Samedi 13 juin 2009

 

Petit déjeuner aussi léger que celui d'hier.
Le temps est couvert mais le ciel est bleu au-dessus de Patreksfjörður.

Vingt-trois kilomètres de route 615 et 612 en tape cul nous attendent avant de rejoindre le navire norvégien Garðar.

Nous retournons à Patrek, espérant trouver une boulangerie (utopie) ou une épicerie autre que la station service.

Nous pensions que les deux boutiques repérées hier soir avec un trèfle comme logo et commençant par Spar seraient des épiceries. Que nenni, ce sont des banques.


Nous attaquons la route 63 qui s'élève très vite par une pente à 10% vers les sommets enneigés. Arrivés au col, le cirque grandiose nous barre l'horizon.


Nous descendons vers Tálknafjörður par une pente vertigineuse à 12%.

C'est un très joli village dont toutes les coquettes maisons sont fleuries de tulipes et jonquilles ou décorées de maisonnettes à elfes.



Nous nous arrêtons au café Kaffihús et demandons s'il existe une boulangerie ou une épicerie. Pas de commerce, hormis l'inévitable station-service N1.

Le comptoir du café nous intrigue : des cases fermées comme dans une salle des coffres. Nous demandons à la tenancière s'il s'agit de décoration, mais ce sont bien des boîtes à lettres. Le café fait office d'agence postale ainsi les fermiers des alentours peuvent venir chercher leur courrier à toute heure. A côté, un grand coffre fort. La "bistrotière" délivre également l'argent aux habitants.



En voyant notre carte, la cafetière nous demande d'où nous venons et où nous allons.

Lorsque nous lui indiquons Þingeyri, elle nous dit que c'est là qu'elle a rencontré son mari et qu'elle connaît bien la ferme d'Alviðra où nous sommes attendus ce soir.

Dans le fjord, des bassins d'élevage de crevettes. "L'or rose des fjords". Sur les rives, des arbres, beaucoup d'arbres.

Nous reprenons la route en direction de Bíldudalur. Ça grimpe dur. Superbes vues sur le fjord.

Au sommet des hautes landes de Tunguheiði, encore de la neige.



Les échappées sur l'Arnarfjörður (fjord de l'aigle) et Bíldudalur sont époustouflantes.



Bíldudalur est une petite ville plaisante, mais les maisons sont moins coquettes, les jardins moins soignés qu'à Tálknafjörður.

Nous empruntons la route en terre 619 en direction de Selárdalur, à la pointe de la péninsule.


De jolies maisons entourées d'arbres sont disposées sur les flancs de la falaise ou posées dans la vallée non loin des plages de sable blond.










Hvestudalur




















La petite maison
dans la prairie












A Hringsdalskumlið  des fouilles archéologiques ont débuté suite à la trouvaille d'un fémur humain.

Arrivés à Selárdalur, nous découvrons l'œuvre de Samúel Jónsson. Il a résidé ici jusqu'à son décès en 1969.

Samúel était un passionné du béton armé. Il a passé sa vie à construire une église, une maison, des décors dans ce matériau. Un Picassiette ou facteur Cheval islandais...

L'ensemble est en rénovation depuis plusieurs années et les travaux semblent stoppés.

Dans l'église, on trouve une reproduction de Saint Pierre de Rome.



Dehors, attendant des jours meilleurs, une fontaine aux lions et la représentation naïve de Leif Eriksson apercevant les côtes de la future Amérique qu'il dénommera Vinland.


On découvre également un nourrisseur de phoques et de morse, un cygne et le pignon d'une bâtisse étayé.

Sa maison, ornée d'un chapiteau où sont posés deux lions a été repeinte en rose, blanc et jaune.

Était-ce comme ceci au temps de Samúel ? Celui-ci était amoureux du béton. Toutes ses réalisations sont conçues dans ce matériau.


A l'aller comme au retour, je scrute la mer et chaque rocher : pas de phoque. Si j'ai bien compris ce que me disaient les eiders, il y a une grande cousinade annuelle de phoques à Ytri-Tunga le jour de la fête nationale et comme c'est assez loin, ils sont déjà partis.

Nous déjeunons dans l'herbe épaisse qui jouxte l'église et reprenons la route en terre 619 vers Bíldudalur où nous faisons connaissance avec la pompe à essence Shell automatique. Ça m'énerve, pas moyen de faire le plein, plein. Il faut annoncer avant de se servir la somme.

Donc, il faut connaître la contenance du réservoir, le kilométrage depuis le dernier plein, la consommation de la voiture, l'âge du pompiste (inexistant), savoir faire une règle de trois.

Comme paramètre, il nous manquait juste la contenance du réservoir.

Pour nous remettre de toutes ces émotions (il faut bien se justifier), nous entrons dans la petite épicerie-bistrot-pizzéria-journaux-glacier-pâtissier adjacente. Jean-Louis se régale d'un gâteau à la framboise servi avec un cordage de Chantilly et moi d'une glace Brynja, la meilleure d'Islande (c'est la pub qui l'affirme).

Nous repartons par la route 63 qui se transforme en piste en terre au grand dam de mon mari qui déteste ce revêtement et se traîne à 30/40 km/h.

C'est d'abord le Fossfjörður qui doit son nom à la cascade qui jaillit au fond du fjord, puis c'est le Reykjarfjördur (fjord des vapeurs) où nous guettons la piscine à l'air libre.

Reyka signifie vapeur, donc l'eau doit être chaude.

Elle est tiède : 26°. Après un déshabillage dans la cabane délabrée, je me coule dans l'eau. Le fond est tapissé d'algues glissantes. Je n'aime pas la sensation gluante. Ça ne sent pas le soufre et le tuyau laisse pisser un fin filet d'eau froide. Jean-Louis essaie de tourner la vanne mais c'est rouillé. Je sors rapidement et suis saisie par le froid et le vent glacial. Si ça ne guérit pas ma bronchite, ça m'achèvera.

Rhabillée  plus vite qu'il ne faut pour l'écrire, nous repartons vers les cascades de Dynjandi.


Le troisième sous-fjord se nomme Trostansfjörður, c'est ici que la route quitte les rives du fjord pour s'élever rapidement sur les hauts plateaux où nous attend la neige.



Lorsque je descends (souvent) de la voiture pour photographier, le vent pince les oreilles.

Les panoramas sont tellement extraordinaires ici, que l'on voudrait tout photographier, mais l'image rendue est une pâle représentation de ce que voient les yeux.


Arrivés au-dessus du canyon du quatrième fjord, le Geirþjófsjörður, c'est l'extase, on en prend un sacré coup au cœur.



Ces quatre fjords sont les "quatre doigts" qui composent les Suðurfirðir (les fjords du sud de l'Arnarfjörður).


Nous poursuivons, toujours à petite vitesse, jusqu'aux six chutes de Dynjandi dont la plus imposante se nomme le voile de la mariée.


Il y a beaucoup de monde, nous retrouvons le gros monstre des Suisses que nous avions déjà croisé à Látrabjarg et Sandoddi.



18h45, il est temps de repartir. Nous devrions être arrivés à la ferme d'Alviðra. Comme nos GSM ne fonctionnent pas, impossible de prévenir nos hôtes ; les cabines téléphoniques ne courent pas les rues.

Mon mari met le turbo et c'est à 60 km/h que nous attaquons les "deux derniers doigts" de l'Arnarfjörður : le Dynjandisvogur et le Borgarfjörður.



Vue l'heure avancée, à mon grand regret, nous ne nous arrêtons pas à Hrafnseyri visiter la maison natale et le musée Jón Sigurðsson, ce grand homme politique, héros national islandais.

Il est né ici le 17 juin 1811. Toute sa vie, il s'est battu pacifiquement afin que on pays obtienne son indépendance.

C'était un historien et homme politique qui fut le leader du "mouvement pacifiste pour l'indépendance de l'Islande", alors rattachée au Royaume de Danemark.

Jón avait été élu à l'Alþing en 1844 comme député pour le comté d'Ísafjörður. Il était parvenu à conserver ce siège durant toute sa vie bien qu'il ne soit pas venu à toutes les sessions de l'Alþing. A vrai dire, il vint à treize des dix-sept sessions qui se tinrent durant sa vie. Il se rendit également au Þjóðfundur (Grand rassemblement national) en 1851. Là il a guidé les Islandais dans leur résistance à l'adoption de la Constitution danoise de 1849.

La Constitution ne fut jamais formellement adoptée en Islande, et après des années de lutte, le gouvernement danois octroya à l'Islande, en 1874, une constitution limitée, lui garantissant une large autonomie dans les affaires intérieures.

Le 17 juin, date de son anniversaire, a été choisi par les Islandais pour la proclamation de l'indépendance de la République d'Islande. Cela se passa à Þingvellir le 17 juin 1944, le jour de son 133e anniversaire.
Et depuis, cette date est celle de la fête nationale islandaise.

Il est souvent considéré comme « le Président » (Jón forseti) par les Islandais. La principale raison à cela est qu'il fut, à partir de 1851 président du département de la Hið íslenska bókmenntafélag (Société de littérature islandaise) de Copenhague. Il fut également président de l'Alþing à plusieurs reprises, la première fois en 1849.


Grand virage à droite et nous montons vers les sommets enneigés des "Alpes islandaises".

La côte est rude, nous n'avançons pas vite, les paysages arides et déserts sont splendides. Les vues sur l'Arnarfjörður sont spectaculaires. Arrivés au col d'Hrafnseyrarheiði, des congères nous surprennent. Puis nous plongeons vers le Dýrafjörður par une pente de 15% à la vitesse de 20 km/h.










Hvammsfjall













Les lacets sont très serrés. Bientôt ce sont les lupins et Þingeyri.


Ouf, voici la route 60 goudronnée durant dix-huit kilomètres.

A mi fjord, un pont nous permet de nous exonérer de l'autre moitié du fjord.

Voici la route en terre 624 dont les huit kilomètres sont vite avalés.

A 20h15, nous arrivons à la ferme d'Alviðra. La jeune étudiante qui parle un peu français et connaît Paris nous accueille et nous accompagne à l'annexe où nous serons seuls.



La jeune fille nous déconseille d'aller nous promener en face dans les champs qui bordent le Dýrafjörður car c'est une réserve de nidification.

Un peu plus à droite se trouvent les eiders dont les nids sont signalés par des fanions.


Ainsi, il est facile pour le propriétaire du champ d'aller récolter une partie du duvet que madame eider a arraché de son ventre pour préparer un berceau douillet pour ses petits (les eiderets ?). Le duvet fin et chaud  ainsi vendu pour confectionner le "nec plus ultra" de la couette permettra de mettre "du beurre dans les épinards" ou "de la crème dans le skyr".

Ici, la rhubarbe est gigantesque, tout comme les pissenlits monstrueux. C'est dû à la terre très pauvre en bactéries et en matières organiques ainsi qu'au climat : bien frais en été, bien humide toute l'année, rarement soleil direct et avec angle faible. Je voudrais bien que ma rhubarbe atteigne cette taille. Pour les pissenlits, je me contente de la taille des miens !!!


De la fenêtre de la salle à manger, nous avons une vue superbe sur le fjord et les montagnes.



Minuit et demi, je tente de m'endormir dans cette chambre si claire que je peux lire sans lumière.


Jean-Louis entre et me dit : C'est beau, les sommets enneigés sont roses, où est ton appareil ?



Je marmonne : sur la table, mais la curiosité l'emporte sur l'envie de dormir et je me lève. Ce n'est pas beau, c'est splendide. J'insiste (lourdement) afin que nous allions voir le coucher-lever du soleil à l'église de Sæbol, côté Önundarfjörður, mais il en a assez de la montagne. Nous irons jusqu'au bout de la route au bord du fjord Dýrafjörður et puis c'est tout !!!

Le temps d'enfiler un pantalon et un polo sur mon pyjama et me voici prête à partir.

C'est de plus en plus beau, toute la montagne est rosée ainsi que le ciel au fond du fjord.



Nous laissons la voiture au bord de la route et continuons à pieds par le sentier. La lumière change à chaque instant, c'est, c'est, C'EST… pas de mot pour exprimer une telle beauté.

Dommage que la pointe de Barði nous cache le soleil, nous ne verrons pas le coucher et le lever sur la mer.

Jean-Louis ne regrette pas d'être ressorti. De toute façon, c'est lui qui m'a tirée du lit. Il faut assumer.

2h, nous nous lovons sous la couette.

 

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:10


Dimanche 14 juin 2009

 

Copieux et superbe petit déjeuner chez notre hôte.

La jeune fille a préparé un somptueux buffet dans la salle à manger familiale.



C'est très joli, très cosy ; les portraits de famille de plusieurs générations ornent les murs et le dessus du buffet, une petite bibliothèque contient, entre autre, les Sagas islandaises.



Je ne voudrais pas être chargée d'épousseter.


Discussion, par l'entremise de la jeune fille,  avec notre hôte qui ne parle que l'islandais. Ce n'est pas lui qui sculpte les bois flottés exposés devant sa maison.


 



Nous nous rendons à l'hôtel Núpur, ancien pensionnat.

L'église est fermée.

Nous ne trouvons pas le jardin expérimental "Skrúður" que le père Sigtryggur créa en 1905 afin de transplanter en Islande des végétaux qui n'y poussaient pas habituellement.

A la ferme d'élevage d'eiders de Mýrar ( les marais), la propriétaire nous informe que les canards sont tous partis en mer avec les petits et que nous ne pouvons pas voir une partie des 7000 nids.


Nous revenons à Þingeyri afin de gravir le mont Sandafell et découvrir le panorama.










Þingeyri vu du Sandafell




















Vue du Sandafell














Malheureusement le temps est couvert et il commencer à bérouiner (ne cherchez pas ce mot sur le dictionnaire, c'est du tourangeau équivalant de bruiner), mais les panoramas sont superbes.








le Dyrarfjörður
vu du Sandafell

















L'embouchure du
Dyrarfjörður













Les lupins commencent juste à fleurir.


Direction Ísafjörður par la route goudronnée 60. Nous sommes vite arrivés au col de Gemlufallsheiði où subsistent quelques plaques de neige. Et c'est la descente vers l' Önundarfjörður.

Nous obliquons à gauche par la route en direction de Flateyri.




La plage de sable blond est déserte, pourtant elle est renommée pour ses bains de mer.


A une encablure de l'église, nous apercevons le barrage anti-avalanches édifié après les éboulements de 1995 qui ont anéantis une partie du village.



Le tour de la ville est vite fait, c'est triste et lugubre. Si Flateyri a été une ville riche du temps de la morue et de l'églefin, c'est maintenant un village qui se meurt doucement.

Les maisons et les entrepôts ne sont pas entretenus, voire délabrés.

Nous repartons vers Ísafjörður.


Nous ne tardons pas à entrer dans le tunnel à trois branches en "Y"(Breiðadals og Botnsheiðar). J'en explique le fonctionnement spécifique à Jean-Louis. Au bout de quelques mètres, le tunnel devient à voie unique puis se sépare en deux branches. L'une mène à Ísafjörður, l'autre à Suðureyri. Si un véhicule se présente en sens inverse, il doit se ranger dans les renfoncements prévus, indiqués par un "M".



Justement, une voiture arrive en face de nous et se gare bien gentiment dans son alvéole. Nous ne croisons que cinq voitures. Jean-Louis respire lorsque nous arrivons au bout du tunnel en vue d' Ísafjörður, la capitale des Vestfirðir.

C'est une ville de 4000 habitants qui semble au premier abord coquette et bien soignée.

Elle est édifiée sur une digue qui paraît barrer le fjord.


Une fois la rue principale qui longe le fjord et les deux autres parallèles passées, ça se gâte.

Les maisons et les entrepôts sont mal ou pas entretenus, ça sent la misère et le squat.



Nous arrivons devant notre guesthouse, "la Factor house".

Cette maison fut construite par un groupe de Norvégiens en 1788, après l’abolition du monopole du commerce en Islande. Ils construisirent huit maisons à Ísafjörður et la Factor’s House est la seule qui reste. En 1975, elle devint bâtiment protégé.


Un panneau nous envoie à la "maison bleue". Nous sonnons aux deux portes : personne. Comme il est 13h, nous pensons qu'ils sont allés déjeuner en famille. Nous allons le faire le plein de ravitaillement chez Bonus et déjeunons au-dessus du golf.

Nous décidons de nous rendre à Bolungarvík, ville ou a été tourné le film Nói Albinói.


La route longe le fjord Ísafjarðardjúp, un voilier vogue sur l'eau glacée.



Au niveau se Hnífsdalur se creuse le tunnel "Oshlíd" qui ressortira aux abords de Bolungarvík ainsi qu'un paravalanche.

La route est dangereuse ici, elle est protégée pare quatre pare-éboulis édifiés entre 1983 et 1994. A voir leur état et les rochers amassés au pied, leur construction n'a pas été programmée au hasard. De nombreux filets métalliques défoncés démontrent leur utilité. Il existe aussi des barrages de cailloux encagés et des parapets en tôle d'acier complètent l'équipement de sécurité.

Bolungarvík est située dans un secteur de couloirs d'avalanches et se trouve enneigés dès l'automne.

 











Phare d'Ósvór












Au hameau de Ósvór, en contrebas de la route, se trouve le musée.

Le pêcheur-guide qui devrait s'occuper de la visite discute avec des Islandais et ne s'occupe absolument pas des deux pauvres Français que nous sommes, pas plus que du couple d'Anglais.

Qu'importe, nous visiterons seuls.

Il n'a même pas revêtu son habit en peau de mouton. Tout fout le camp…


 








Maison d'habitation
et atelier de travail

















L'habitation est
située au premier
étage



















On travaille au
rez-de chaussée



















Une botte en peau de
poisson












En regardant le film Nói Albinói, j'imaginais Bolungarvík comme un village avec quelques maisons délabrées et l'inévitable station-service, mais c'est une petite ville qui s'offre à nous.



Petites maisons sur de petits terrains, mais pelouses bien tondues et jardins fleuris de tulipes ; quelques banques et commerces en plus de la grande station –service.

Nous empruntons la route en terre 630 en direction de la baie de Skálavík.

Ayant atteint le col, une surprise nous attend : des congères plus hautes que le Jimny et un froid arctique.



La descente vers la mer s'effectue au pas.


La neige fait place à un tapis rose ; ce sont des (thym ou saxifrage ?) qui tapissent les bas côtés de la vallée de Breiðabólsdalur.


Tout en bas, dans la large vallée qui précède la plage de sable noir, sont dispersées des sumarhús, chalets d'été, que les habitants de Bolungarvík, Ísafjörður et autres villes investissent dès les premiers beaux jours. Aujourd'hui, nous sommes dimanche et devant presque chaque chalet est garé un gros 4 X 4.

Jean-Louis me certifie que c'est le Groenland que nous apercevons à l'horizon. Il a beau se trouver à deux cents kilomètres, je maintiens que ce sont des nuages.

Après un tour sur la plage (où nous ne voyons aucun phoque), nous remontons frigorifiés.

Le col est sous la brume et Bolungarvík au loin, n'est pas très visible. Il pleut, mais le soleil brille encore sur Ísafjörður. Le temps que nous y arrivions, la pluie arrose également la ville.

18h30, nous retournons à la maison bleue, toujours porte close.

Nous passons le temps au super marché Sankaup et réalisons une étude de prix. Sans conteste, Bonus est meilleur marché, surtout pour le skyr.

19h15, toujours personne à la maison bleue.

Et si ce n'était pas la bonne maison ?

Il s'avère que c'est la maison au toit bleu situé à droite de la "Factor House" et non pas la maison bleue située à gauche, qui doit nous accueillir ce soir.

Je me voyais mal dormir dans le Jimny…

La chambre située en sous-sol est confortable. Nous dînerons au chaud dans la cuisine.

Ouf !!!

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 21:34

Lundi 15 juin 2009

 

Nuit paisible.

Nous allons prendre notre petit-déjeuner à la boulangerie-salon de thé située devant l'hôtel Ísafjörður.

Notre hôtesse ne prépare pas le petit-déjeuner et nous a dit de laisser les clefs sur la porte. Qu'on ne la dérange pas !!!

Le gite est agréable et propre, mais l'accueil…

Au salon de thé, nous discutons avec une québécoise d'une soixantaine d'années qui visite les fjords, seule, à vélo. Elle est bien courageuse.


Nous nous promenons à pieds dans le vieux quartier. Beaucoup de maisons pimpantes et bien entretenues, d'autres moins.

























Jean-Louis s'étant habitué au tunnel, direction Suðureyri.



Dans ce sens, nous ne sommes pas prioritaires.

Pas une voiture d' Ísafjörður à Suðureyri.











Fjord
de Súgandafjörður











Suðureyri vit du poisson et ça se sent...

A la station-service N1, le café est gratuit, même si on ne prend pas de carburant.

Sur le bord du fjord Sugandafjörður, nous trouvons un kayakiste qui a quitté  Reykjavík depuis quinze jours et se rend tout au nord dans les Hornstrandir. Il est heureux, car depuis son départ il n'a eu que du beau temps.

Retour vers Ísafjörður.
A l'entrée du tunnel, dans le virage sans visibilité, nous croisons un énorme camion et sa remorque qui tiennent à peine dans le renfoncement. Ce sera le seul véhicule que nous verrons.

Petite angoisse à l'approche du croisement, mais rien à l'horizon.

Il n'y avait pas de quoi "se mettre la rate au court-bouillon".

Nous tournons à droite en direction de Súðavík.


Nous traversons un "quartier chic" d'Ísafjörður composé de jolies maisons colorées, puis c'est le début du grand Ísafjarðardjúp, appelé plus simplement le Djùp (que l'on prononce Dioup).



Après la pointe d'Arnarnes (le cap de l'aigle), commence l'Alftafjörður (le fjord du cygne).



Au débouché, se trouve le village de Súðavík.


Nous nous arrêtons dans un café décoré "années 60" pour y déguster une pylsa : photos de Marylin, Betty Boop, sièges en skaï rouge, poubelle "route 66"… Toute une époque.





Nous descendons le long de l'Alftafjörður et découvrons les belles maisons peintes et fleuries de Súðavík.
Ici, parait-il, l'argent coule à flots ; c'est la crevette élevée dans les fermes aquacoles du fjord qui génère les revenus.









ferme aquacole













Entre deux groupes de maisons, une ruine dont les éboulis de la montagne ont été laissés en l'état en souvenir de l'avalanche qui a  englouti tout un quartier laissant derrière elle 24 corps sans vie.

En remontant l'autre rive du fjord, nous en voyons la saignée meurtrière.


Du cap Kambsnes, nous découvrons l'île de Vigur, accessible depuis Ísafjörður. Avec Æðey en face, ce sont les deux seules îles habitées du fjord.









Île de Vigur,
au fond, le
Snæfjallaströnd
enneigé












Comment font les enfants pour aller à l'école ? Ces îliens sont des éleveurs d'ovins et d'eiders.

Nous longeons maintenant le Seyðisfjörður puis le Hestfjörður (fjord des chevaux) que nous surnommons le fjord des cascades.

Des versants est et ouest dévalent des myriades de cascades se frayant un chemin au milieu des bouleaux nains et des myrtilliers vierges de fruits en cette saison.





Du cap Hvítanes, nous avons une vue différente sur l'île allongée de  Vigur.

Nous longeons maintenant le fjord de Skötufjörður.


Un chien nous attend devant la ferme de Litlibær (petite ferme).

Cette ferme, construite en 1895 a été habitée jusqu'en 1969. La maison d'habitation est minuscule (3.90 sur 7.40 mètres). Il fut un temps où une vingtaine de personnes y vivaient !!!



Deux appentis servant de cuisine se trouvaient près de là. On y pratiquait la pêche et l'agriculture.


Le Skötufjörður est aussi désert que le Hestfjörður, les maisons ont toutes été abandonnées au fil du temps. Seuls des panneaux aux noms barrés et le nom de la ferme entre parenthèses sur la carte nous en rappellent l'existence.

Nous n'avons jamais vu autant de camions roulant "à tombeau ouvert" que cette route goudronnée 61 qui suit les rives du Skötufjörður. Où vont-ils, que transportent-ils ?

Ce fjord, le  Skötufjörður, nous le surnommons : le fjord aux eiders. De nombreuses colonies de mâles dorment sur les rives tandis que les mamans éduquent les poussins en bordure de plage. Dès que nous nous arrêtons pour les photographier, les pères s'envolent tandis que les mamans continuent de voguer avec les petits.

Du cap Ögurnes, la vue est encore différente sur l'île de Vigur.

En face, nous voyons les flancs enneigés de Snæfjallströnd (la côte des montagnes enneigées), nous avons l'impression que la température a baissé rien qu'à les admirer !!!


Au loin, nous apercevons l'église et le minuscule village d'Ögur ainsi qu'un immense rassemblement de voitures. Que se passe-t-il ?

Le dernier ferry a appareillé dans les années 40, ce ne sont donc pas les amis venus chercher les passagers venant d' Ísafjörður.

En nous approchant, nous découvrons qu'il s'agit de la "casse" de Garðstaðir ; six cents voitures qui rouillent tranquillement dans la cour de la ferme. Beaucoup moins romantique que le ferry…



Nous avons beau faire deux allers et retour de la ferme de Strandsel à Ögur, nous ne voyons aucun phoque. Un eider m'interpelle et me lance : On t'a déjà dit qu'ils étaient à la cousinade d'Ytri-Tunga" !!!


Une échelle permet aux saumons de remonter le cours de la Laugardalsá.



Le pont de Hrútey qui permet de franchir le fjord de Mjóifjörður, pour rejoindre directement Reykjanes, est fermé pour cause de travaux.


Tous les camions descendent le long du fjord par la route en terre 61. Ça fait une belle poussière !!

Au fond du fjord, nous obliquons vers la ferme d'Heydalur où nous sommes attendus.

Nous avons loué un chalet catégorie C à 136 € pour six personnes car la chambre en catégorie IV proposée pour deux coûtait 70 € par personne et nous ne pouvions pas cuisiner.

La réceptionniste trouve le bon d'échange bizarre car nous ne sommes que deux. Elle appelle sa collègue qui veut à tout prix nous fourguer sa chambre et nous imposer un dîner.

Nous réussissons à joindre Sólveig qui s'était occupée de nos réservations chez Farmholidays et elle explique aux réceptionnistes que ce sumarhús est bien pour nous. Où est le problème ? Nous avons payé et que nous soyons un, deux ou six quelle importance ? Tout ça nous a fait perdre plus d'une heure en pinaillage stérile.


Une jeune fille nous accompagne, enfin, à notre cottage situé au bord du fjord. Un petit paradis !!

 























De la terrasse,
je ne vois que la
route qui poudroie,
que l'herbe qui verdoie
que le fjord qui chatoie,









et que les pavots qui rougeoient...














Nous ne serons pas dérangés par les voisins !!!


Nous nous installons puis partons par la route en terre 61 vers Reykjanes. Les camions défilent et la côte à 12% qui mène au col ne les effraie pas.

Arrivés au col d'Alftaborgir, des plaques de neige strient les bords de la route.


Un refuge rouge bien haubanné laisse présager de fortes rafales de vent.


Lorsque nous atteignons le fjord Ísafjörður, la route 61 fait place à la 633 goudronnée. C'est une véritable autoroute. La bande axiale n'est même pas tracée au sol, nous avons l'impression qu'un comité d'accueil nous attend au bout avec le ruban tricolore et des ciseaux…

La route 634 succède à la 633. Nous arrivons à Reykjanes et obliquons vers la droite en direction de l'hôtel d'été et de la station-service.

Encore une N1 ; à carte ou autre ? Sur la porte, nous trouvons un panneau demandant de s'adresser à l'hôtel. L'hôtelière déboule sur son scooter et débloque la pompe. Nous pouvons enfin faire le plein, plein.

La piscine est en réfection.

Ça fume de partout.

Nous nous faisons confirmer que la crique de Hveravík est bien celle qui se trouve à une centaine de mètres. Nous partons en reconnaissance à travers les champs fumants.


Quelle est tiède cette eau de mer : 25-26°, comme à la Guadeloupe et ça fume !!!



 


Le temps de remonter le pantalon et d'enfiler les sandales de plage pour ne pas s'esquinter sur les cailloux et coquilles de moules pointues et nous voici barbotant. Par endroits, l'eau atteint 65° : trop chaud. Nous revenons vite vers le coin à 25-35°, c'est plus agréable.

 

Nous pataugeons un moment puis repartons par la belle route goudronnée en direction du pont en rénovation. Nous virons vers la route en terre 633 qui longe le fjord Mjóifjörður et retrouvons notre sumarhús.


Un lagopède sort de dessous la maison et va se poser sur un rocher devant la terrasse. Il reste ainsi plus d'une demi-heure, le temps que  nous dînons, à se faire admirer.



Puis nous reprenons notre Jimny et cheminons sur le chemin défoncé qui nous conduit au paradis.

En bas de la ferme d'Heydalur, de l'autre côté de la rivière Heydalisá (du bon côté pour nous), se trouve un petit bassin d'eau chaude naturel (Galtarbryggjarlaug) (hot-pot) entouré de populages des marais, (fleurettes jaunes) qui contient une eau à 38-40°.



Une fois déshabillés dans la hutte attenante, il ne reste plus qu'à se laisser glisser dans cette eau délicieuse et à profiter des bienfaits de la terre volcanique. Ça fume, mais ça ne sent pas le soufre ; c'est bon, ça délie les muscles noueux.



L'Islande, c'est le pied.



La pluie commence à tomber, qu'importe, nous sommes dans une bonne eau chaude.


Nous remarquons un troll surgi de la brume qui nous observe.



Il faut bien sortir ; je m'entortille dans ma serviette et rentre dégoulinant dans la voiture.

Le lagopède nous attend et se sauve à peine lorsqu'il nous voit. Il nous connaît maintenant.

Comme nous sommes bien dans notre sumarhús. Nous profitons bien de nos 136 € !!!

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 00:22

Mardi 16 juin

 

3h, le soleil est déjà haut sur le Mjóifjörður mais seulement deux petits degrés au thermomètre. Les oiseaux pépient.



C'est difficile de dormir avec ce jour incessant.

Je ne suis pas certaine de m'être rendormie.

9h. Au-revoir petit chalet.

Nous partons par la route en terre 61.

Comme il a plu hier soir, les camions et les voitures ne soulèvent pas de poussière.


Le fjord est calme, pas une risée, un véritable miroir, les sumarhús et les montagnes s'y reflètent. Seul le sillage des canards vient troubler l'onde claire.



Nous nous arrêtons tous les cent mètres pour photographier. A ce rythme, nous ne sommes pas prêts d'arriver à Hólmavík…

Il fait moins beau qu'à 3h, mais la température est montée à 11°.

Cette fois-ci, nous obliquons à droite par la route goudronnée 633 et remontons l'Ísafjörður.

C'est vraiment superbe ces cascades et ces failles profondes qui se reflètent dans les eaux sombres du fjord.



Peu après un terrain d'aviation, la route se sépare. Nous prenons à gauche la route 635 en terre qui permet de rouler à 60 km/h. Du jamais vu…


Les berges de Langadalsströnd abritent des colonies d'eiders et d'oies qui s'envolent dès que nous nous arrêtons.





Oies cendrées







Quelques fermes, églises et sumarhús animent le paysage désertique.

Des brebis et leurs agneaux batifolent dans les grasses prairies entourant les fermes.


Arrive le fjord de Kaldalón (lagune froide).



Il fait tout de suite plus froid.


Les flancs des Lónseyrarfjall sont griffés de mille cascades saignant des fils d'argent scintillants.










Ne dirait-on pas
la carte d'Islande ?











Au fond du fjord, c'est le domaine des oiseaux : cygnes, huîtriers, chevaliers, courlis, sternes, bécassine, lagopèdes…








Cygnes










Bécassine des marais










Courlis Condrieu et huîtrier pie









Huîtrier pie












Lagopède













Pluvier doré










Ils ne doivent pas voir des hordes de touristes tous les jours…

Jean-Louis n'a pas trop envie d'aller se balader vers la moraine glaciaire ; moi qui avais investi dans l'achat de chaussettes doubles pour cette occasion, je les étrennerai un autre jour…

Il n'a pas envie non plus de poursuivre la route jusqu'au bout du bout, la ferme abandonnée de Tyrðilmýri.


Nous montons quelques mètres sur la butte et découvrons des dryades à huit pétales et des bouleaux nains poussant à ras de terre.







Dryades à huit pétales











Bouleau nain










Plus loin, c'est la cardamine et la céraiste qui bravent le froid.





Cardaminopsis petræa et deschampsia alpina











Cerastium arcticum








Nous déjeunons devant la roche basaltique qui rend hommage à Sigvaldi S. Kaldalóns (1841-1946), médecin dans le dans le Nauteyrarhreppur, à l'extrême nord-ouest de l'Islande et compositeur de musique.



Il a séjourné à la ferme appelée Ármulí, près du fjord Kaldalón et prit le nom de celui-ci.



Un couple de chevalier nous gratifie d'un ballet aérien. De toute évidence, nous gênons.



Nous repartons par la même route toujours déserte.

Nous traversons toute la péninsule par la route 61 qui grimpe fortement vers les hautes landes de Steingrimsfjaðarheiði.

Il fait un froid polaire, arctique, sibérien. Bref, il fait très froid.


Le vent souffle et nous plaque contre la voiture lorsque nous descendons photographier les mille lacs en eau libre, enneigés ou gelés.


Nous sommes le 16 juin et il ne doit faire beaucoup plus de 0°.

La hauteur maximale de ces hautes landes est de 352 mètres mais on se croirait en haute montagne.

La descente vertigineuse nous ramène vertes prairies et moutons, cascades et rivières.

Nous abordons maintenant le Steingrímsfjörður et filons vers Hólmavík capitale du Strandir, haut lieu de la sorcellerie.

Avant d'aller visiter le musée, nous décidons de faire le ravitaillement en skyr au petit supermarché situé à côté de la station-service N1 dont les pompes fonctionnent uniquement avec une carte.

Chez Bonus, le skyr est à moins de 100 ISK, ici, à plus de 200 ISK. Je plains les pauvres gens qui n'ont que ce magasin pour faire leurs courses !

Adieu le skyr.

Nous achetons des poires, ça suffira…


Au musée, nous sommes accueillis par un sorcier qui nous donne un guide rédigé en français.

Cela nous permet d'apprendre quelques coutumes pour le moins étranges, par exemple la nécro-culotte ou nábrók : le sorcier dépeçait un cadavre masculin de la taille aux doigts de pieds et enfilait cette peau qui se confondait avec la sienne. Puis il devait voler une pièce à une veuve et là commençait l'histoire…



Lorsque nous sortons, le soleil brille, le ciel est bleu céruléen, la mer bleu turquin.


Au loin, les cimes enneigées de la péninsule de Vatnsnes. C'est somptueux.


Nous nous promenons dans ce charmant village,





et allons déguster une énorme glace-chantilly au café Riis.
Nous poursuivons notre route jusqu'à notre hébergement de Kirkjoból.

C'est un garçon d'une douzaine d'années qui nous reçoit. Ses parents sont absents, ils reviendront demain. Il nous fait visiter et nous indique que c'est sa petite sœur qui s'occupera du petit déjeuner demain matin…

Il y a au moins quatre autres couples avec nous répartis dans deux maisons. C'est une grosse responsabilité pour ces enfants.

Comme il fait beau, nous continuons la route 61, dont une partie est en terre, jusqu'au fond du fjord Kollafjörður.

Nous découvrons l'île de Grímsey (pas l'île aux oiseaux située sur le cercle polaire) qui abritait un élevage de renards arctiques.


Sur la plage, de grands tas de bois flotté bien alignés ; plus loin sur la grève, du bois flotté, en vrac, arrivé depuis peu avec du plastique, des filets et autres cochonneries.


Le bois venu de Sibérie, rendu pratiquement imputrescible par son passage dans l'eau salée depuis toutes ces années est une aubaine pour les découvreurs.

Nous voulons pique-niquer sur les hauteurs, à côté de l'église Kollafjarðarnes mais un vent glacial et violent nous en dissuade.

Ce sera donc dans notre gite.

22h, nous sommes sur la plage à guetter les oiseaux. Ensemble, nous crions : t'as vu la baleine ? en montrant le même endroit. Etait-ce vraiment une baleine ou une vague frappant un écueil ? Nous ne le saurons jamais.

Hormis les eiders et chevaliers habituels, nous avons vu juste un petit guillemot à miroir.

Superbe coucher de soleil.

Le vent se lève, il fait très froid.

Rentrons.


 Les lutins, dans leur petite maison, nous protègerons ce soir...

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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