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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 13:12

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Tout a commencé en Novembre 2002.

Nous revenions de la Réunion et la Fournaise ne nous avait pas fait la joie de se montrer dans toute sa splendeur.

Nicolas étant tombé amoureux des volcans et ayant rapporté 6 kg de laves et scories diverses ,  nous avons cogité pour lui offrir un spectacle assuré ; nous avons d’abord songé à la Sicile , mais il y fait très très chaud , ( nous sommes plutôt Finlande , St Pétersbourg et Danemark )  , c’est alors que nous avons pensé à l’Islande ; ça tombe bien , nous avions le GDR Finlande/Islande 2001 , après une brève lecture , nous nous dîmes que c’était exactement l’endroit qu’il nous fallait : grand spectacle assuré , grands espaces , paysages grandioses , air pur , terres vierges , pas de pollution sonore , oiseaux , flore et faune à foison.

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Le temps passe, on y pense.

Puis on y pense et on y pense.

Puis on y va ?

Puis commencent les interrogations : l’hébergement et l’intendance ? Saura-t-on passer les gués… ?

Nous avons survécu à 15 jours épiques à St Petersburg, cela ne peut pas être pire.

Décembre 2004 : on y va.

 

Janvier 2005 : début de la préparation du voyage.

Comme d’habitude, je commence par consulter les brochures des voyagistes, tout va très très bien, mais les voyagistes sont des professionnels du voyage organisé (heureusement ), mais justement c’est ce «organisé » qui nous chiffonne un peu car nous, ce que nous cherchons, c’est s’exonérer du groupe, s’arrêter lorsque ça nous chante, écouter et observer les oiseaux autant que nous le souhaitons, se balader hors des sentiers battus.

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Puis j’établis mon tableau avec le GDR, tout va très bien.

Puis j’ajoute la colonne du Gallimard, tout va bien.

J’imprime des cartes via Lexilogos et je donne un coup de marqueur sur les sites, mais impossible de « rabouter » les cartes (problème d’échelle).

Ensuite, je commence à naviguer sur Internet et je tombe sur le site des  Gilabert  là, tout va mal, tout se complique car je viens de retomber sur terre, ce n’est pas si simple que je le pensais, nous venons de trouver nos frères, des «  gens vrais » qui ont vécu ce que nous souhaitons vivre et leur formidable récit nous éclaire sur ce qui nous attend vraiment.

On y va ?

On y va, St Petersburg…

Nous achetons la carte au 500 000ème (20 € quand même, c’est la première ligne du budget) et je commence à entourer au crayon les sites qui nous intéressent, mais cela devient vite illisible.

Je file acheter une planche et une boite de punaises.

Je punaise la carte sur la planche.
Les hommes étant partis au ski, j’investis la cuisine, j’étale toute ma documentation, j’imprime le récit des Gilabert, j’ajoute une colonne à mon tableau et je l’imprime.

Munie de l’index de la carte et de mon tableau, je punaise les sites sur la carte, mais ça se corse quand il faut traduire les « Th » par le « P » (Þingvellir), les d par « ð » (Viðimýri)…

Heureusement que les Gilabert ont pris soin de transcrire tous les noms avec le clavier Islandais.

Mon circuit prend forme, mais ça ressemble trop aux voyages aseptisés  des voyagistes et des guides.

Je me plonge dans la saga de Chris et MF Gilabert, je « rosis » les sites inconnus des guides,  je remplis la colonne vierge de mon tableau,

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Je punaise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y en a partout, heureusement que je suis seule.

A présent, il faut remettre le tableau à jour de façon cohérente, faire des étapes,  trouver des hébergements, traduire avec Google car l’anglais n’est pas ma « cup of tea » et traduire la traduction en rigolant.

Tiens, c’est bizarre, mon itinéraire va dans le sens inverse des aiguilles d’une montre alors que tous les voyagistes et les récits de voyages tournent dans le sens opposé.

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Février 2005 

 

Maintenant, je contacte 3 voyagistes Comptoir d'Islande, Island Tours et Nord-Espaces  afin qu’ils m’établissent un devis et qu’ils me confortent dans la faisabilité du projet.

En étudiant le tableau, comme je m’y attendais, il va falloir faire l’impasse sur certaines régions : les Iles Vestmann et la péninsule du Nord-Ouest vont en faire les frais et sûrement Grímsey lorsque nous serons sur place.

Le projet murit, je supprime, j’intervertis, je change les étapes.

Echange de courriels avec les voyagistes.

Je ne pense qu’à ça, je ne rêve que d’Islande quand j’arrive à dormir, car tout bouillonne dans ma tête comme à Hveravellir.

Le grand labbe attaque, vite une parade, un bâton ? (pas pour le taper mais pour le tromper sur la taille de son adversaire) et s’il n’y en avait pas ? J’ai trouvé, il me faut un bâton pliant, genre canne d’aveugle qui me servira aussi pour tester la profondeur des gués. En parlant des gués, ne pas oublier d’emporter  les sandales de mer. Que faire de la bouteille de gaz au retour ? Avec toutes ces questions, il est 2h30 du matin et je n’ai toujours pas dormi et c’est comme ça depuis 2 semaines.

Un petit courriel à Chris et MF et voici quelques réponses à mes questions.

Les insomnies continuent.

Bientôt, je vais me mettre à parler Islandais !!!!

Aujourd’hui, visite aux concessionnaires Suzuki.

 

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 Le Jimny est beaucoup trop petit pour 3, le Grand Vitara 2 portes est à peine plus grand. Pas moyen de trouver un garage qui propose le 5 portes.

  

 Photo Suzuki

 

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Nous allons chez Toyota et là, nous trouvons le RAV4 qui correspond à ce que nous cherchons.

 

 

 

 Photo Toyota

 

 

 

 Rentrés à la maison,  nous faisons établir des devis chez les voyagistes et les loueurs, le Toyota est bien au dessus de nos moyens.  

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Quelques jours plus tard, un Vitara 5 portes est garé vers chez nous, il est aussi grand que le RAV4 et les devis sont plus abordables.

 

 

 

 

 

Photo Suzuki

 

 

 

Le voyage prend forme.

Maintenant, je peaufine l’itinéraire en tendant des fils de couleurs différentes sur la carte suivant les étapes  et je me rends compte que  certaines  sont composées de trop de pistes et que d’autres ne se déroulent que sur la N1.

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », je reprends le guide des hébergements Farmholidays et je redécoupe le voyage.

10 Mars, j’envoie le projet final aux voyagistes et j’attends les devis en B&B et en demi-pension.

Le premier m’appelle une fois, puis me laisse en plan.

Le deuxième m’établit un devis uniquement en B&B.

Le troisième, uniquement en demi-pension.

Le choix est vite fait, 800 € de moins pour celui qui propose la demi-pension, les autres prestations étant identiques.

Le GDR 2005 et le Petit Futé  en mains, je me replonge dans mon tableau.

Jean-Louis s’interroge : Que fait-on s’il y a une éruption ?

Réponse de Nicolas : Comme tout le monde, on ira voir.

JL se demande s’il doit vraiment partir avec deux frappadingues de notre espèce !

Tous les jours, je consulte le site de la météo islandaise : pas brillant, celui  des séismes : pas d’étoile verte, dommage, l’activité sismique est au plus bas, le calme précède-t-il la tempête ? ; celui des conditions de circulation des pistes : ça ne s’ouvre pas vite.

9 juin, YOUPI, la  F35 est ouverte. L’itinéraire de remplacement n’a plus lieu d’être, heureusement, car cela nous aurait fait faire un détour de 450 kilomètres.

Nous attendons avec impatience l’ouverture des F862 (parc de Dettifoss) et F208 (Eldgjá).

Les sacs sont bouclés, sans oublier  maillots de bain, pulls, gants et doudounes (ni la provision de chocolat). Drôles de bagages pour des vacances d’été !!!

Plus la date approche, plus le doute s’installe.

Si j’avais mal préparé les étapes ?

S’il pleuvait sans discontinuer ?

Si nous avions un accident ?

Et si, et si ?

Le ventre se serre, les insomnies reprennent.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 12:16

Jeudi 16 juin, c’est le grand départ.

 

Le soleil brille et chauffe, profitons-en bien, car les conditions météo ne seront peut-être pas les mêmes  les 17 prochains jours !!!!

Décollage à 15h au lieu de 14h15.

Après un vol sans histoire, malgré quelques  turbulences, nous arrivons à Keflavík sous le soleil à 16h (heure locale).

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Depuis les hublots, nous apercevons nos premiers paysages islandais : lupins, lave, toundra arctique, fumées de l’usine géothermique de Blue Lagoon.

 

 

 

 

Après moult tracas dus à une panne informatique et à l’inexpérience d’une stagiaire, nous prenons possession de notre compagnon de route, un 4 X 4 KIA Sportage automatique bleu marine 34890 km au compteur et nous souscrivons à l’assurance complémentaire « Super CDW » (12 000 Kr) qui ne peut être payée qu’en Islande *.

Le temps de passer au bureau de change, car demain, c’est le 17 juin, jour de fête nationale, et nous voilà partis vers notre première étape : la péninsule Reykjanes.

Dès que nous rencontrons le petit cochon rose Bonus à la sortie de l’aéroport, nous nous arrêtons faire nos emplettes. Tout Reykjavík a du se donner rendez-vous ici, il y a autant de monde que dans nos supermarchés une veille de Noël, mais beaucoup moins de caisses.
Quarante minutes d’attente pour payer, ce doit être l’effet 17 juin.

 

Nous reprenons notre route vers Blue Lagoon  (Bláa Lónið)  à travers nos premières laves tourmentées.

  Situé dans un champ de lave (Svartsengi : les champs noirs), dans un décor surréaliste, ce lac, est une piscine d’eau chaude naturelle à 40°,  alimentée par l’usine géothermique campée à proximité.

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Une constante odeur d’œuf pourris nous accueille, elle est due au soufre présent  dans cette eau chaude qui émane de sources captées à 1800 m sous terre et est évacuée vers le lagon après avoir alimenté la centrale et s’être un peu refroidie.

Quelques baigneurs barbotent dans une eau opalescente, certains ont le visage enduit de silice blanchâtre.

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Des volutes de vapeur masquent et dévoilent l’usine, tout cela est un peu irréel et ne nous incite pas à la baignade.

Bleu, d’accord, mais lagon…, rien ici ne nous rappelle les vrais lagons de la Réunion.

Nous sommes Islandais depuis trop peu de temps pour apprécier les bienfaits de la terre qui vit sous nos pieds ….

Nous rejoignons le port de Grindavík par la 43, c’est une bourgade composée de quelques maisons décrépies clairsemées ça et là, présentée dans le Gallimard comme « un pittoresque village de pêcheurs » ; cela doit faire un bout de temps qu’ils n’y sont pas allés !!

Nous continuons sur la 427 (route en terre qui aurait mérité son classement en F)  à vitesse réduite jusqu’à la minuscule église en bois de Krísuvík (Krísuvíkurkirkja), entourée de moutons gambadant dans l’herbe verte. Malheureusement, un imbécile l'a brûlée au nouvel an 2010 pour célébrer la nouvelle année…

 

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Nous poursuivons sur la 42 qui devient de la tôle ondulée après quelques kilomètres de goudron ; ce ne sont que fondrières, graviers, pierres et montagnes russes.

Pas mal pour un baptême de 4 X 4 !!

A droite, la mer bleue et des moutons ; à gauche, des cairns (ou des Trolls ?) et des moutons ; devant : rien ; derrière : rien.

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De Blue Lagoon à Breiðabólstaður (soit 80 km), nous n’avons croisé que trois voitures et des centaines de moutons.

Nous sommes heureux d’arriver sur la 38 goudronnée.

Le bleu lumineux des lupins qui bordent la route illumine la vue magnifique sur le Mont Hekla dans le lointain.

L’odeur d’œufs couvés nous prend à la gorge.

Exténués par ces 105 km de routes défoncées, nous arrivons enfin (à 21h45) à notre ferme de Hjarðarböl.

Et là, pas de bol !!!

Nous avions pris soin de téléphoner à 19h pour donner notre position et le fermier nous avait assuré qu’il gardait notre dîner au chaud. Il a sûrement changé d’idée entre temps, car sur place, il nous a rétorqué qu’après 19h30, ils ne servaient plus.

Après nous être déchaussés (c’est très mal vu de garder ses chaussures à l’intérieur), nous nous  installons dans notre chambre confortable, puis nous  allons à Selfoss dîner dans un snack. Nous ne savions pas ce que contenaient nos assiettes, mais c’était appétissant.

Direction Hveragerði (les jardins chauds) surnommé « la ville des fleurs », haut lieu de la géothermie islandaise.

Dans les zones d’activité volcanique, le magma forme des poches en profondeur ou se répand à la surface par éruptions. Ce sont ces poches de magma qui sont à l’origine des manifestations géothermiques (solfatares, geysers, sources chaudes et marmites de boues bouillonnantes.

Dans les serres poussent tomates, poivrons et concombres dont nous ferons une grande consommation lors de notre séjour.

Dans d’autres serres, sont cultivés pommes, oranges, kiwis et bananes que nous dégusterons en dessert.

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En montant vers le golf, nous faisons connaissance avec notre premier geyser : le Grýla. De loin, nous le voyons cracher à trois ou quatre mètres de hauteur ; lorsque nous sommes devant lui, il nous salue d’un panache d’au moins dix mètres.

Merci. Nicolas est heureux.

 

 

 

 

 

 

  

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Rue Hvernammad ( ?) dans une cavité que nous surnommons « trou du diable » bouillonne et déborde une eau nauséabonde, l’activité est telle, que je n’ose y plonger le thermomètre ; à côté, un micro geyser crachote une eau à 70°.

 

 

Plus loin s‘étiole un jardin mangé à demi par les fumerolles soufrées.

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Au fond de la rivière issue de la captation d’eau chaude poussent des mousses ferrugineuses.

 

 

 

 

 

 

 

Pratiquement à l’angle des rues Hverahlið et Laufskógar, une maison bénéficie d’une source d’eau chaude personnelle. Dans le jardin, un trou béant d’environ quarante mètres carrés  laisse apercevoir une eau frémissante. Il y a quelques années, une fissure vomissant de la vapeur est apparue dans le plancher de la maison. Je crois que j’aurais déménagé !!

Partout  des évents de vapeur jaillissent de la terre.

Le Geyser Ruslahver (ou Önnuhver)  jadis, endormi, servait de poubelle ; en 1947, lors d’un tremblement de terre il se réveilla et recracha toutes les ordures.

01- Hver 3

 

 

 

 

Des lupins, encore des lupins, l’Islande pratique intensivement la lupiniculture **.

 

 

 

 

 

 

 

*   Si vous voulez en savoir plus sur les assurances, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande", au chapitre Conduire en Islande 

** Si vous voulez en savoir plus sur les lupins, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au  chapitre Flore islandaise 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 23:50

Vendredi 17 juin, fête nationale.

 

Le soleil a brillé toute « la nuit », difficile de trouver le sommeil, les rideaux sont trop courts en longueur et en largeur !!!

La journée s’annonce radieuse.

Branle-bas de combat, Jean-Louis a perdu son billet d’avion. Après maintes recherches, nous téléphonons à l’agence à Paris pour leur demander conseil.

Pas d’autre issue que de le faire rééditer (à nos frais) par Icelandair le jour de notre départ.

Une idée lumineuse me vient. Et s’il était avec la carte routière donnée par Budget ? Par chance, il y est bien. Téléphone à Paris et grosse rigolade aux dépens de Jean-Louis.

Nous voici repartis après un solide petit déjeuner : thé, café, lait, céréales diverses et variées, pains et beurres de toutes sortes, confitures, yaourts et súrmjolk  ou skyr en version aromatisée (genre de fromage blanc nature ou aux fruits) tomates, concombres, œufs durs, charcuterie, quartiers de pommes et d’oranges (Nous n’avons pas goûté à tout …).

Jean-Louis fatigué par la route cahotante de la veille cède le volant à Nicolas.

Après avoir franchi l’un des plus grands ponts d’Islande qui enjambe le torrent Ölfusa, plein d’essence à Selfoss, c’est férié, il n’y a pas de station à chaque coin de rue et le 4 x 4 est gourmand.

Petite visite aux vieilles maisons du XVIII° siècle à Eyrarbakki (village souvent cité dans « la Cloche d’Islande d’Halldor Laxness ».

Nous récupérons la N1 à Selfoss et nous dirigeons vers le sud.

Les chevaux batifolent et les brebis accompagnées de leurs deux agneaux paissent dans les verdoyantes et grasses prairies que nous traversons.

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Halte sur le pont qui franchit la Markartljót. Au loin, nous découvrons l’archipel des îles Vestmann  (Vestmannaeyar).

 

 

 

Nous laissons la route N°1 et empruntons la 249 qui se dirige vers Þórsmörk.

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Depuis quelques kilomètres,  nous avons remarqué une belle chute qui s’élance du mont Eyjafjall, c’est Seljalandsfoss.

 

 

 

 

 

 

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Haute de 40 mètres, elle se transforme en écume irisée balayée par le vent.

En suivant prudemment le petit sentier glissant, nous pouvons passer derrière sans nous mouiller. C’est féerique.

 

 

 

 

 

 

Nous continuons notre chemin par la F249. C’est notre première vraie route réservée aux 4 X4. Nicolas enclenche la 4H/D* et c’est parti progressivement car il faut amadouer la bête.

Nous nous faisons doubler à toute allure par les énormes 4 X 4  des habitants de Reykjavík venus passer la fin de semaine à la campagne.

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Le paysage est bucolique, des ruisseaux dévalent les pentes moussues, quelques maisons colorées se détachent du vert des flancs des collines.

 

 

 

 

 

Le décor change, le vert fait place aux dégradés de gris.

Nous accélérons un peu l’allure et nous arrêtons dubitativement devant le premier gué.

Pas le temps de se creuser la tête, un 4 X 4 attelé  d’une remorque passe sans ralentir.
Il y a environ dix centimètres d’eau …

Les quatre autres gués se franchissent tout aussi facilement. Il y a suffisamment de circulation  (ce n’est tout de même pas la place de l’Etoile) pour que nous nous fiions aux autres véhicules.

Notre hôte (qui avait consulté le 1777) nous avait conseillé de nous arrêter au niveau de la route piétonne menant à Þórsmörk car l’eau était beaucoup trop haute pour nous pour s’aventurer au delà.

Merci pour ce judicieux conseil, car l’eau arrive au moins jusqu’au moyeu des hautes voitures qui s’y engagent.

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Nous décidons de pousser, à pieds, jusqu’au bord opposé du lac  glaciaire.

Nous admirons les icebergs blancs, bleus, noirs, translucides.

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 Nicolas descend en chercher un fragment et l’expression sucer de la glace prend ici tout son sens.

 

 

 

 

 

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Au bout d’une demi-heure de marche, sous un soleil de plomb (30°), nous rebroussons chemin, car plus nous avançons, plus le glacier recule. Nous n’y arriverons jamais.

 

 

 

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Surprise à notre retour, les Trolls ont profité de notre absence pour nous crever un pneu. Ce n’est pas dû à une pierre coupante, mais à un clou.

Déballage de tout le fourniment.
En 7 minutes, c’est changé et rangé. Si c’était pour Schumacher, il n’y aurait pas de quoi pavoiser, mais là, les hommes sont contents de leur  œuvre.

 

 

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 Ce lagon glaciaire du Gigjökull a totalement disparu sous les cendres lors de l'éruption de l' Eyjafjallajökull en mars 2010...

 

 

 

 

 Il faudra attendre demain pour  faire réparer le pneu, car aujourd'hui c’est férié, et tout est fermé.

Pourvu que nous ne crevions pas une deuxième fois !!

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Déjeuner (à 15h) au pied de la cascade Seljalandsfoss, un petit vent frisquet fait envoler nos provisions.

Le ciel est d’un bleu limpide.

 

 

 

 

Nous poursuivons notre route jusqu’à Skógar, nous longeons une immense plage de sable noir constellée de blocs de lave. A quoi sert une plage, puisque ici, personne n’aurait l’idée de tremper un orteil dans une eau aussi froide ?

Enjolivée par des champs de lupins et deux magnifiques arcs-en-ciel, la cascade de Skógafoss choit de 60m.

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Une légende raconte que sous la chute se trouve le trésor de Þrasi, premier colon d’Islande et que l’on peut voir les reflets de l’or dans les arcs-en-ciel.

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Plus loin, au bout d’une route caillouteuse, se trouve la langue glaciaire de Sólheimajökull née du volcan Katla.

 

 

 

 

 

 

 

 Dans le silence, on entend le clapotis de l’eau sous la glace et le craquement de la glace produit par Nicolas qui vient de s’embourber en traversant pour rapporter un fragment de glace pure !!!

A l’hôtel Dyrhólæy de Brekkur, nous avons l’agréable surprise d’occuper deux chambres.

Le repas est délicieux : soupe d’asperges, saumon, légumes froids (tomate, concombre, poivron, salade), glace vanille. (Tél. : +354 487 1 333 - Fax : +354 487 1 507) 
 

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 Nous projetons de rendre visite au phare de Dyrhólæy par la 218, mais nous devons rebrousser chemin, car c’est clôturé à cause de la nidification jusqu’au 1er juillet.

 

 

 

 

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Dommage, nous ne verrons pas non plus de près les falaises de Renisfjara ni les aiguilles creuses qui évoquent Etretat.

 

 

 

 

 

La violence des flots et des embruns ont creusé une imposante arche dans une coulée de basalte dont les parois abruptes abritent d’importantes colonies de macareux qui, dès l’été venu, bravent la virulence des vents pour y installer leur nid. 

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Par la 215, route bordée de prairies, nous découvrons le village de Reynir et sa charmante église ceinte d’un minuscule cimetière, avant d’arriver à la plage de sable noir de Reynishverfi.

 

 

 

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De gigantesques orgues basaltiques tachetés de blanc abritent quelques macareux et pétrels fulmars.

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Nous poussons jusqu’à Vík ; le distributeur d’essence et le lavage sont en panne.

Le temps se couvre, dommage, car l’église, entourée de lupins est magnifique, nous ne pourrons l’immortaliser.

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Des angéliques bordent le chemin qui mène à la plage.

 

 

 

 

 

Il fait gris, le brouillard tombe, pour nous, le classement dans les 10 premières plus belles plages du monde n’est pas justifié.

Retour à l’hôtel.

Aujourd’hui, pas la moindre fumerolle, aucun effluve nauséabond, pas le plus petit geyser.

Sommes-nous encore en Islande ?

 

 

 

*        Si vous voulez en savoir plus sur la conduite et les routes, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Conduire en Islande

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 23:15

Samedi 18 juin

 

 

Comme Jean-Louis était resté à l’hôtel hier soir, nous retournons à Reynir et Reynishverfi et tombons sur « la Maison de Toutou » et une charmante scène familiale.

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Nous gagnons Vík pour faire réparer le pneu.
Personne au garage, c’est samedi, lendemain de férié.

La prochaine station est à 70 kilomètres.
Un Islandais, voyant notre détresse, appelle le garagiste qui arrive 10 minutes plus tard, il  effectue la réparation pendant que nous retournons avec Nicolas chercher les poches à glace que nous avions oubliées à l’hôtel.

Ils sont très serviables ces Islandais !!!

Le ciel s’étant éclairci, nous pouvons photographier l’église et ses lupins bleu Majorelle.

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Dernier coup d’œil sur la plage de Vík, nous ne changerons pas d’avis à son sujet !!!

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Plein, lavage et départ de Vík à 11h.
Pas question de monter à la faille de l’Eldgjá à cette heure.

Nous avions déjà renoncé à Landmannalaugar car notre hôte nous a indiqué qu’il avait neigé cette nuit et que la route était impraticable.

La route traverse le désert de Mýrdalssandur, steppe désertique à la végétation aride.

 

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 Nous nous arrêtons au monolithe de Hjörleifshöfdi (butte de Hofði), un rocher montagne de 110 mètres de haut.

 

 

 

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La traversée de la Mýrdalssandur est angoissante, les champs de lupins s’espacent, laissant place à une espèce de toundra, puis à un désert de scories noires.

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, le temps est à l’unisson du paysage : couvert, gris, venteux.

Soudain, à gauche, surgit un champ de Trolls, mais non, déception, il s’agit de la ferme de Laufskálavarða, et les cairns ont été édifiés par les touristes à l’aide de pierres déposées par les Ponts et Chaussées locales.

Et la poésie alors ???

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 Le paysage change encore.

Le sable fait place aux roches recouvertes de lichens argentés, c’est le champ de laves de l’Eldhraun (la coulée de feu), né de l’éruption du Lakagigar (la rangée de cratères) en 1783.

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Nous attaquons la piste du Laki (F206), les paysages sont grandioses, la cascade de ???? (merci de m'indiquer le nom :-) ) n’a qu’un faible débit aujourd’hui, mais est impressionnante. On se l’imagine à la fonte des neiges.

Jean-Louis est de plus en plus vert, vert céladon,  assorti aux flancs des montagnes environnantes.

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Au deuxième gué, nous cheminons dans le lit de la rivière.

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Le cinquième gué est très large, après la lecture du panneau, Jean-Louis est décomposé.

Je sors ma « bible ».

 

 

 

 

 

 

 Lecture du chapitre « passage de gué » de Christian  Gilabert.

Lecture des conseils d’un  "pro du gué".

Envoi de cailloux, réflexion, engueulades : « Vous êtes fous, on rebrousse chemin, on ne passera jamais ».

N’ayant rien dit jusqu’alors, je chausse mes sandales de mer, remonte mon pantalon, attrape mon bâton de randonnée marqué d’un repère à la hauteur du pot d’échappement, et, sous les cris d’orfraie de Jean-Louis, j’affronte les flots.

J’avance pas à pas, sondant avec mon bâton.

L’eau est beaucoup moins froide que je l’imaginais.

Un vieux proverbe islandais dit : En Islande, il y a deux sortes de rivières : les rivières à 4 degrés ... et les rivières à moins de 4 degrés ! "

Je pense que 10° est plus près de la vérité, c’est agréable, mais je ne m’y baignerais pas jusqu’au cou …

Il y a environ 20 centimètres d’eau.

Arrivée saine et sauve sur l’autre rive, les hommes s’apprêtent à traverser, lorsqu'arrive un 4 X 4 en sens inverse.

Petite marche arrière pour observer.
Comme prévu, les autochtones ne ralentissent pas et rigolent en voyant ma tenue de pêcheur à la crevette.

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Nous voici repartis au milieu des cratères, des  scories et des cendres.

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 Un petit détour nous permet d’admirer la chute de Fagrifoss.

 

 

 

 

Au douzième gué, très large et impétueux,  j’y retourne. L’eau est toujours à la même température et à la même profondeur.

La piste déserte traverse des déserts de cendres, des zones de cratères ; quelques lacs viennent égayer le paysage lunaire. Superbe panorama sur le Vatnajökull (glacier des eaux).

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La route est de plus en plus défoncée.

 

 

 

 

 

 

Arrivés à l’intersection vers Blágil, nous prenons la décision collégiale de faire demi-tour, car nous avons mis 2h30 pour faire 26 kilomètres et il nous reste 20 kilomètres pour arriver au Laki et 46 kilomètres pour revenir.

Il faut être humble devant la nature et ne pas surestimer ses capacités.

Tant pis, mais ne prenons pas de risques.

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Petit pique-nique pour nous donner des forces.

 

 

 

 

 

 La descente ne nous prend qu’une heure.

Il faut dire que comme il n’a pas plu, nous passons les treize gués « à l’islandaise », sans ralentir.

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Nous arrivons à notre ferme de Hunkubakkar à Kirkjubæjarklaustur (l’église de la ferme du couvent).

 

 

 

 

 

 

Nous ne regrettons pas de ne pas avoir continué.
Après avoir déposé nos bagages dans notre petite chambre rudimentaire mais très propre, (nous n’avons pas eu droit aux bungalows), nous allons laver la voiture. Elle en a bien besoin !!!

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Nous prenons la route circulaire pour arriver à la jolie cascade de Foss.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nicolas s'amuse comme un petit fou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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De l’autre côté de la route, les insolites colonnes basaltiques de Dverghamrar entourent un champ de lave recouvert de lichens.

 

 

 

Nous retournons dîner : soupe aux asperges (encore), côtes de mouton, gâteau à la cannelle et glace à la vanille.

Bien lestés nous effectuons notre sortie vespérale vers l’est.

Après Foss, le paysage est bucolique, dans de vertes prairies pâturent agneaux et brebis, la rivière serpente, mais deux kilomètres  plus loin commence l’enfer ; nous débarquons sur une autre planète.

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Nous sommes dans l’Öræfi.

Jusqu’en 1974, la route s’arrêtait ici et ne se poursuivait qu’à partir de Höfn.

 

 

 

 

 

Pour continuer la route, il fallait faire le tour par l’ouest et le nord ou rallier l’est par la mer.

Des fermiers acheminaient les voyageurs dans leur charrette, et parfois, les sables mouvants absorbaient chevaux, charrette et humains.

Nous arrivons à Núpsstaður et sa ravissante petite église recouverte de tourbe datant du XVII° siècle. A l’intérieur, un magnifique harmonium, paraît-il, toujours en service.

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C’était peut-être la voiture du prêtre !!!

 

 

 

 

Nous traversons le Skeiðarársandur désertique, stérile, noir, déprimant.
Les sables noirs résultent des crues cataclysmiques (jökulhlaup) causées par les éruptions sous-glaciaires des volcans Grímsvötn et Grænalón.

Ne trouvant pas le monument érigé en mémoire des coulées de 1996, nous rebroussons chemin au niveau du pont sur la Gígja.

De nouveau, nettoyage de la voiture à Kirkjubæjarklaustur (prononcer : Kir-kiou-bé-yar-klaos-tur, ce n’est tout de même pas sorcier !) car elle est pratiquement aussi sale qu’à la descente du Laki.

Nous cherchons, en vain, le pavement basaltique de Kirkjugólf (le pavement de l’église).                                                                                           

La légende raconte que lors d’une éruption, un pasteur fit à ses ouailles un sermon hors du commun sur le feu et le soufre (le sermon du feu) pour que cessât cette apocalypse. La coulée de lave s’arrêta juste avant les premières maisons et épargna le village.

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Une chapelle, édifiée sur l’emplacement de l’ancienne église en commémore l’histoire.

 

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:35

Dimanche 19 juin

 

Depuis « cette nuit », c’est pluie et temps bouché. Il fait frisquet.

Si depuis notre arrivée j’étais en polo à manches courtes, il va falloir songer à enfiler un gilet.

Bien calés par le petit déjeuner islandais habituel, nous voici repartis vers de nouvelles découvertes.

Nous retraversons le désert de Skeiðarársandur, toujours aussi noir, toujours aussi déprimant avec en toile de fond la masse du Vatnajökull et nous arrivons à l’intersection qui mène au parc de Skaftafell.

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Sur un parking, les morceaux de tôle froissée rescapés du  jökulhlaup du Grímsvötn de 1996 ressemblent à une sterne prête à prendre son envol.

 

 

 

La fonte des glaces a généré un gigantesque lac dans la caldeira. Sous la pression, la bulle d’eau a explosé, créant un raz-de-marée de trois milliards de mètres cubes de boue et de glace, balayant routes et ponts. La route N°1 fut obstruée par les blocs de glace gros comme des icebergs qui mirent un an à fondre.

La région était aussi isolée qu’avant 1974 jusqu’à la reconstruction des ponts et de la route.

La légende raconte qu’une servante nommée Katla avait passé un pacte avec le Diable. Elle noya un berger qui venait de lui dérober ses culottes de sorcière dans une cuve remplie de lait. Les habitants de Þykvibær puisaient leur lait, asséchant petit à petit  la cuve. Katla put repêcher ses culottes et s’échappa pour se réfugier dans un cratère. Depuis, de gigantesques volutes de lait jaillissent de ce volcan nommé Katla ; ils sont appelés jökulhlaup par les scientifiques.

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Nous effectuons la promenade jusqu’au pied de la langue glaciaire grisâtre du Skatafellsjökull.

 

 

 

 

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Une grive mauvis, pas farouche, nous accompagne quelques instants.

 

 

  

 

 

 

Il pleut à verse, et le lac monte en tourbillonnant en une poignée de secondes.

Nous ramassons de belles pierres vertes dont nous ne connaissons pas le nom.

Dans le centre d’information  du parc national, nous assistons à la projection du film sur l’éruption du Grímsvötn* de 1996.

La pluie battante nous fait renoncer à la balade jusqu’à la bergerie abandonnée de Sel (bergerie) et la cascade de Svartifoss.

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Nous repartons par la route N°1, la pluie s’estompe, et prenons la route en terre menant au pied de la langue  glaciaire  du Svínafellsjökull. 

 

 

 

 Nous continuons en direction du lac de Jökulsárlón.

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Chacun voit dans les replis des contreforts des collines environnantes des figures différentes.

 

 

 

 

 

 

En franchissant le pont sur la  Jökulsà, nous les apercevons, fantomatiques dans la brume, bleus, blancs, turquoises, striés de noir, opalescents, translucides, cristallins, scintillants d’une myriade de paillettes. Ils sont là, en attente de franchir la frontière lac / mer pour leur dernier voyage.

Qui, ils ? Mais les icebergs bien sûr !

Paysage et température arctique.

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Les phoques batifolent à quelques mètres du rivage, les sternes piquent dans la mer telles des torpilles et ressortent avec de petits poissons.

  

 

 

 

Nous déjeunons dans la  voiture, bien au chaud, devant ce spectacle  majestueux.

Le temps est tellement bouché que nous ne distinguons même pas le Breiðamerkurjökull duquel se détachent les icebergs.

Bien couverts car il fait un froid polaire, nous montons dans un drôle de bateau à roues ou une voiture amphibie.

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Le « capitaine » nous équipe de gilet de sauvetage et un zodiac nous accompagne (pour repêcher les imprudents ?). On ne plaisante pas avec la sécurité !!!

 

 

 

 

 Nous partons en croisière au milieu des icebergs aux formes étranges, troués, creusés de grottes, de tunnels.

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De temps à autres, un bruit terrifiant se fait entendre, le glacier se met à « vêler », des pans de glace vive se fissurent et des icebergs de plusieurs dizaines de tonnes s’effondrent dans les eaux du lac.

Parfois, un iceberg se retourne dans un bruit de tonnerre,  pousse ses voisins, et bloque le cheminement vers la mer.

Sachant que 80% de leur masse est immergée, il est plus prudent de ne pas trop s’en approcher, car lorsqu’ils basculent, cela provoque un mini raz-de marée dangereux.

Les icebergs se creusent, s’arrondissent, basculent et se retournent pour conserver leur équilibre et se dédoublent.

L’eau, le soleil et le vent s’improvisent sculpteurs, taillant, ciselant, polissant les icebergs que le froid et le feu ont drapés de turquoise et de noir.

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L’accompagnateur nous passe un morceau de glace, pure, translucide.

Elle date de 1000 à 1500 ans.
Le « capitaine » nous apprend que le lac, né du recul du glacier (100 mètres tous les ans) s’est formé au début du XX° siècle après que des secousses telluriques l’eurent séparé de la mer, dont il est isolé par une moraine.

 

 Selon les géologues, l’accès devrait s’ouvrir dans un proche avenir, entraînant la disparition du lac et de la route.

Le lac a une  profondeur de 50 à 300 mètres.

La glace saturée d'eau liquide fondante devient bleue.

Les stries noires sont dues aux débris de moraine ou aux cendres.
La glace qui emprisonne du phytoplancton (chlorophylle verte) lors de sa formation est verte.

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Après la promenade, nous nous réchauffons avec un bon chocolat chaud accompagné d’une délicieuse gaufre.

Nous passons plus d’une heure à admirer les phoques, les sternes, les blocs dérivant dans le chenal que nous longeons jusqu’à la mer  à la recherche des icebergs en état de sublimation.

La sublimation  est le passage direct de l’état solide à l’état gazeux sous le soleil. Ce phénomène physique engendre un halo de vapeur autour des icebergs.

Mais, vu le temps couvert et le froid polaire, c’est plutôt la congélation que la sublimation !!!

Nous retournons par la route N°1 vers le sud.

Quelques kilomètres après Jökulsárlón, nous bifurquons vers le Fjallsjökull au pied duquel s'étale le lac glaciaire  Breiðárlón.

C’est encore plus fantastique qu’à Jökulsárlón.

Nous sommes seuls à des kilomètres à la ronde, le temps semble s’être arrêté, pas un car, pas un humain, pas un oiseau, que nous pour être émerveillés, éblouis, extasiés devant tous ces icebergs multicolores.

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A regrets, nous quittons ce petit coin de paradis pour retrouver le noir sandur.

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Une jolie cascade (sans nom) qui avait échappé à notre vigilance à l’aller va se perdre dans un océan de lupins.

 

 

 

 

Après avoir traversé l’ Öræfi, nous arrivons à Litla-Hof.

Installés dans notre minuscule chambre, nous attendons le dîner en lisant le livre d’or.

Au menu ce soir : soupe (devinez à quoi ?..... Gagné !!!), filet de lieu, gâteau chantilly.

Comme d’habitude, tout est de qualité et copieux.

 

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Promenade pédestre et vespérale sous une pluie fine vers Hof et sa petite église de tourbe ; une des six restantes en Islande.

Nous ne pouvons pas la visiter car un office s’y déroule.

 

 

 

 

 

* Pour en savoir plus sur le Grímsvötn, consulter la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Géologie.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 20:35

Lundi 20 juin

 

Petit déjeuner identique aux précédents.

Temps bouché, une petite bruine fine s’insinue dans les moindres interstices.

 

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Nous visitons l’église de Hof (église) qui date de 1884, sa voûte est peinte bleue et la peinture vert céladon qui orne le fond lui donne un petit air coquet.

Les sièges sont recouverts de velours rouge.

Elle est tellement émouvante, qu’il eût été dommage de ne pas y revenir. Autour, un cimetière envahi par les herbes. Un bénitier en basalte complète le tableau.

 

 

 

 

 

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Nous assistons à de charmantes scènes équines.

 

 

 

 

 

 

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Aujourd’hui, temps fort du voyage, une promenade ornithologique à   Ingólfshöfði.

Malgré de nombreux courriels depuis la France et coups de téléphone depuis l’Islande, nous ne pouvons intégrer la visite de 9h, il va nous falloir attendre  11h.

Un peu avant la station service, nous nous dirigeons vers la lagune de Leirur par un chemin empierré.

Une grande charrette est stationnée et deux voitures patientent.

Nous nous habillons chaudement et le fermier arrive au volant de son tracteur.

Ce n’est pas un vrai fermier, c’est Einar Sigurðsson , un guide de haute montagne qui seconde son père.

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Nous sommes une vingtaine à prendre place dans la charrette.

Accrochés aux ridelles et à la barre centrale, nous voici partis, d’abord dans le lit de la rivière. Ça chahute, ça cahote, ça brinquebale, il faut bien s’amarrer.

 

 

 

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Puis c’est la traversée de l’immense lagune de sable noir de Leirur.
C’est marée basse, le sable est juste humide.

 

 

 

 

Des cygnes chanteurs*, des oies*, des grands labbes* (Skummur) nous survolent.  

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 L’imposante falaise d’Ingólfshöfði se profile devant nous.

Au bout d’une vingtaine de  minutes, nous arrivons au pied de la colline de sable noir.

 

 

 

 

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Un autre tracteur et sa remorque attendent le groupe précédent.

 

 

 

 

 

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Alors que nous montons, nous croisons le papa d’Einar : Sigurður Bjarnason un fringant septuagénaire barbu à l’allure de vieux loup de mer.

 

 

 

 

 

Il faut gravir cette dune et ne pas se faire doubler par le troisième et le quatrième âge.

Le genou se bloque mais il faut serrer les dents et avancer, aidée par les bâtons de randonnée.

Arrivés, essoufflés, en haut, nous sommes accueillis par le grand labbe qui surveille le nid de Madame.

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La vue est fabuleuse, nous découvrons à perte de vue l’interminable lagune et le Skeiðarársandur sans fin.

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Une stèle commémore l’accostage du premier colon viking : Ingólfur Arnarson  en 874.

 

 

 

 

 

 

 

 Photo : photo.is

 Il perpétua le geste traditionnel de tous les colons arrivant sur une terre inexplorée en lançant à la mer les montants en bois sculpté de son trône qu’il avait transporté depuis sa Norvège natale. Ces sculptures représentant l’effigie des dieux se nommaient « Setstokkar ». Elles étaient précipitées à la mer en vue des côtes et dérivaient jusqu’à ce que les dieux indiquent l’endroit favorable où s’installer. C’est dans la « baie des vapeurs », autrement dit à l’emplacement de l’actuelle Reykjavík qu’elles touchèrent terre.

Einar nous explique que nous sommes sur le territoire de milliers de macareux, grands labbes et sternes qui viennent y nidifier.

Si les macareux* sont débonnaires, le grand labbe* et la sterne* attaquent en piqué et cela ne sert à rien de se baisser, car ils adaptent leur trajectoire immédiatement.

Il faut lever le bras ou le bâton pour les tenir à distance.

Il faut également se méfier des sternes, qui non contentes d’attaquer, lâchent des projectiles liquides,   gras et nauséabonds.

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Nous progressons silencieusement jusqu’au bord de la falaise, et là, ô merveille des merveilles, des myriades de macareux moines*, pas farouches, nous regardent, tournent la tête, posent pour la photo.

 

 

 

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Nous avançons jusqu’à 1,50m en faisant très attention de ne pas mettre les pieds

dans les trous des nids.

 

 

 

 

 Le bas de la falaise est au moins à 150 m et nous n’avons pas d’ailes !!!

Ils sont tellement rigolos avec leur livrée de maître d’hôtel, leur tête blanche, leur bec triangulaire constitué de plaques cornées rouge-orangé, noir et orange.

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Leur œil rond cerclé de rouge est souligné par un fin sourcil noir interrogateur.

Plongeurs émérites, ils attrapent de petits poissons qu’ils arrivent à maintenir en travers de leur bec, grâce à leur langue. Immobile, je les observe silencieusement, ils m’ont oubliée, je fais partie du paysage.

 

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C’est très difficile de quitter ces petits clowns.

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Alors que nous progressons le long de la falaise, nous sommes attaqués par le grand labbe. Vite, nous levons le bâton et il passe au large. Ouf, nous l’avons échappé belle, mais un Allemand de notre groupe n’aura pas cette chance, il gardera une belle cicatrice sur le crâne du passage en rase-motte (car, justement, la motte était absente !!!).

 

 

 

 

 

 

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La femelle (du labbe, pas de l’Allemand) pond deux œufs qui ressemblent à une pomme de terre.

 

 

 

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Les poussins sont à même le sol, il faut faire très attention afin de ne pas les écraser, mais le labbe veille et ne nous laisse pas approcher la zone du nid.

 

 

 

 

 

 

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Sur l’autre bord de la falaise, encore et toujours des macareux, nous ne nous en plaignons pas, ils sont tellement attendrissants que nous y passons encore un long moment.

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Quelques guillemots de Brünnich* couvent un œuf vert vers le bas de la falaise.

Un de nos compagnons nous fait profiter de sa longue vue pour les admirer, car ils sont un peu loin.

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Nous continuons notre balade toujours au milieu des grands labbes *, mais à notre grande déception, nous ne croisons aucune sterne.

Il nous faut maintenant quitter nos amis à plumes et redescendre la dune.

C’est beaucoup plus rapide qu’à l’aller et surtout moins fatiguant.

Nous montons sur la remorque et en avant pour la traversée de la lagune.

Tout le monde est silencieux, avec encore dans les yeux tous ce petit monde ailé que nous venons de déranger.

Merci Einar, ce fut une aventure inoubliable.

 

Nous dévorons une plaque de chocolat pour nous réchauffer.

Dépêchons nous, car nous avons deux heures de retard sur le planning et nous ne voulons pas que le repas de ce soir nous passe sous le nez comme le premier jour.

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Arrêt à Jökulsárlón, le Vatnajökull est toujours dans le brouillard.

C’est regrettable, nous ne le verrons pas.

Doucement, les fantômes des géants de glace font leur apparition, perçant l’épais rideau de brume.

C’est marée montante et les petits icebergs sont agglutinés en patientant jusqu’à la renverse.

 

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Les gros icebergs coincés dans le chenal sont toujours là, en attente de dégeler un peu pour se frayer un passage vers la mer.

 

 

 

Les sternes sont toujours à l’affût de la nourriture, les phoques (payés par l’office de tourisme ? accomplissent toujours le même circuit.

C’est encore aussi fantasmagorique, mais il nous faut partir.

 

Après bien des tergiversations, nous attaquons la redoutable et redoutée F985.

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La brume descend du Vatnajökull.

Au bout de quelques kilomètres, un brouillard épais nous enveloppe, nous avançons tout doucement, cela a un avantage : nous ne voyons pas le bas du précipice.

 

 

 

 

 

Le temps nous semble long, ne nous sommes nous pas trompés de route ? Impossible, il n’y en a qu’une !!

Les rochers surgis du brouillard forment des figures irréelles. Nous nous attendons à voir jaillir des Trolls.

 

 Enfin, une éclaircie, le paysage est grandiose mais le vide fait peur.

La brume revient. Cette route ne finira donc jamais ?

Enfin, le brouillard se déchire, et en haut d’un Blindæð ***nous découvrons un paysage merveilleux, le glacier est blanc, gris, noir, nous sommes sur le Vatnajökull, nous l’avons vaincu !!

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Dire qu’il va falloir redescendre par la même route !!!

Au loin, le refuge.

Arrivés devant les baraquements, nous sommes surpris par l’apparition d’une mariée en longue  robe blanche. Que fait-elle ici ?

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Nous nous promenons à pied sur le glacier car la balade en motoneige ou chenillette est beaucoup trop chère (à partir de 86 €).

 

 

 

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Nicolas part très loin, il veut toucher la glace blanche du Skálafellsjökull.

 

 

  

 

 

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Et c’est reparti pour la descente dans le brouillard. Elle s’effectue sans encombre et dans le silence.

 

 

 

 

 

Parvenus en bas, une plaque de chocolat bien noir vient nous requinquer en magnésium !!

 

Peu après le port de pêche de Höfn se construit une nouvelle route et un tunnel qui éviteront  l’ascension de la côte caillouteuse de la route N°1.

 

Au niveau de Ðjúpivogur, quatre kilomètres d’une terrible route en graviers signalée par Malbik Endar***, nous met les reins en compote et nous ralentit.

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Au bord du Berufjörður, une multitude de cygnes chanteur* glissent gracieusement sur les eaux calmes.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

Des rouleaux de brume s’estompent dans les champs que nous longeons.

Il est très tard, nous avons téléphoné plusieurs fois à l’hôtel Staðarborg qui nous héberge ce soir afin de bien réserver le dîner.

Nous n’avons rien pris depuis le petit déjeuner, hormis le chocolat, et il commence à « faire faim ».

C’est un très vieux monsieur qui nous accueille, nous sommes seuls dans l’hôtel et je pense qu’il aurait préféré que nous n’arrivions jamais.

Bien que selon ses dires il ne soit pas un grand cuisinier, il nous concocte un délicieux repas :

Soupe …. Et non, cette fois ci, c’est aux champignons, poisson, pommes de terre, chou-fleur  mais nous sommes privés de dessert certainement parce que nous sommes arrivés tard !!

Cela me fait mal au cœur de constater qu’à son âge (environ 80 ans  ce monsieur travaille encore

Je l’aide à dresser la table et je débarrasse les plats et les couverts à la fin du repas  Il est très content.

Nous allons à Breiðdalsvík (la large baie)  laver la voiture qui est toute boueuse après l’épisode F985.

En chemin, nous rencontrons un « sheep boy » à cheval qui regroupe brebis et agneaux.

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Nous nous promenons sur la plage et ramassons de belles zéolithes****, mais la bruine se transformant en grosse pluie, nous filons nous camoufler sous la couette.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

 

 

*        Si vous voulez devenir incollable sur ces oiseaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre oiseaux 

**      Si vous voulez comprendre pourquoi Einar ne porte pas le nom de son Papa, voir  la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre les patronymes  

***     Si vous voulez connaître la signification de ces panneaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Conduire en Islande

****   Si vous voulez en savoir plus sur les pierres, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au  chapitre Géologie et volcanisme  

     

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 21:18

Mardi 21 juin, c’est l’été.

 

C’est pluie et brouillard. Un proverbe islandais dit : Si tu n ‘es pas content du temps, attends cinq minutes.  Il y a bien longtemps que les cinq minutes sont écoulées, et nous n’avons pas vu le soleil pointer le bout de ses rayons.

Petit déjeuner coutumier auquel il faut ajouter des tranches d’agneau fumé

(hangikjöt) auxquelles je n’arriverai jamais à m’habituer.

Nous découvrons un hot-pot en chargeant la voiture, mais il est vide, pas de regrets !!!

Après de grands adieux à notre hôte, nous partons à la conquête des fjords de l’est.

 

Stöðvarfjörður est un mini port autour d'une ravissante église bleue.

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Fáskrúðsfjörður a été fondé par les fameux pêcheurs d’Islande Français au début du XX° siècle.

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Les noms des rues y sont écrits dans les deux langues.


 

 

 

 

 

 

 

En contrebas, se trouve un monument  où l’on peut déchiffrer le nom de quarante-neuf marins Français et de leurs bateaux.

 

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La bruine, le brouillard et les prairies donnent à ces fjords un petit air de loch écossais, l’on s’attend à en voir surgir Nessie.

 

 

 

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Nous passons à Reyðarfjörður, niché au fond d'un très long fjord.

Nous ne pouvons profiter de la splendeur de ces fjords, la pluie battante et le brouillard dense gâchent tout.

 

 

 

 

  

La montée vers Neskaupstaður, dans le brouillard épais ressemble à l’ascension de la F985.

Nous passons sous le tunnel du col de Oddsskarð, un gros camion a juste la place de s’y faufiler.

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De l’autre côté, nous sommes accueillis par le la glace, il y a moins de brouillard, il fait 3°, c’est l’été !!!

 

 

 

 

 

 

 Les larges plaines verdoyantes alternent avec les pentes enneigées.

A Neskaupstaður, c’est une horrible odeur de poisson qui nous reçoit. La ville est un peu tristounette. S’il avait fait beau, notre perception des choses en eût sûrement été modifiée.

Heureusement que quelques lupins égaient le paysage.

Nous regrettons un peu les 80 kilomètres de détour, car le village ne possède  rien qui mérite qu’on s’y attarde et le temps ne permet pas d’effectuer l’excursion en bateau.

En redescendant sur Reyðarfjörður, le voile de brume se soulève et laisse entrevoir les bateaux et les îlots sur le long fjord, ainsi qu’une incommensurable myriade de cascades qui dévalent  de la montagne encore embrumée

Par une superbe route de montagne tortueuse, bordée de maquis, agrémentée de ruisseaux, glaciers, névés et quantité de cascade, nous arrivons à Egilsstaðir.

  

Nous montons jusqu’à Seyðisfjörður.

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La température annoncée est de 2°, la glace est au bord de la route, les lacs sont gelés, du givre sucre les herbes ondulantes sous le vent ; c’est magnifique.

Les quelques voiles de brume qui nimbent les glaciers leurs confèrent un aspect étrange.

 

 

   

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La puissante cascade de Gugufoss se rue entre les roches.

 

 

 

  

Seyðisfjörður est un petit port de pêche très accueillant. C’est de là que débarquent les touristes venant du Danemark.

A la fin du XIX° siècle, des norvégiens s’installèrent dans ce port, attirés par les ressources halieutiques du hareng, ce qui explique toutes ces coquettes petites maisons de bois colorées et son église bleu ciel dans la pure tradition norvégienne.

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Sur la route du retour vers  Egilsstaðir, nous admirons les cascades que nous n’avions pas vues en descendant.

 

 

 

 

  

Nous nous dirigeons ensuite vers LA forêt de Hallormsstaður en longeant le lac Lagarfljót ou Lögurinn. Tant de verdure, ça nous change des « sandur ».

Autrefois, l’Islande était boisée, mais les différents cataclysmes et l’exploitation immodérée l’on décimée.

Depuis 1903, on a  replanté une quarantaine d’espèces : bouleaux nains, épicéas, mélèzes, sapins rouges etc.…

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  Comme au Loch Ness en Ecosse, il se raconte aussi qu'un monstre vivrait dans les eaux sombres du lac. Nous ne l'avons pas aperçu…

 

De retour à Egilsstaðir nous faisons le plein, car il n’y a plus une station avant Mývatn à 195 kilomètres.

La route N°1, d’Egilsstaðir à Grímsstaðir où nous sommes attendus est   déserte,  de belles échappées sur le canyon de la Jökulsá á Fjöllum nous délassent.

De superbes cascades déferlent de la montagne et vont augmenter le débit de la Jökulsá.

A une quarantaine de kilomètres d’Egilsstaðir une station service toute neuve attend le client, les enfants nous font de grands signes afin que nous nous y arrêtions.

Peu après la portion de route en gravier, un panneau « traversée de rennes » nous tient en éveil. Dès qu’au loin, un mouton pointe le bout d’une oreille, nous nous demandons de quel animal il s’agit.

Pas de renne, mais la pluie refait son apparition.

Les rennes ne sont pas natifs de l'Islande, mais y furent introduits de 1770 à 1778. De nos jours, une harde de 3.000 têtes environ circule librement sur les plateaux de l'Est du pays.
Un vol d’oies sauvages nous suit durant quelques kilomètres.

 

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Les vingt kilomètres de route prévus en  gravier se sont transformés en une superbe autoroute.

 

 

 

 

 

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Avec ce genre de panneau, impossible de se perdre !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 Après trente kilomètres de sandur noir de noir, une route nous conduit à notre ferme de  Grímsstaðir-Grímstunga, au milieu de nulle part.

06-grims

 

 

 

Nous sommes accueillis par un gentil chien de berger islandais qui ne demande que des caresses (et des gâteaux).

  

  

 

 

 

 

 

 

 

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Pas âme qui vive à des kilomètres à la  ronde.

 

 

 

 

 

 

 

 Nous nous installons dans notre vaste chambre et allons de ce pas déguster une exquise soupe islandaise *(kjötsúpa) au mouton, les légumes habituels et des petits pains ronds maison. Toujours pas de dessert.

Ce soir, pas de promenade digestive, il fait un froid de loup. Nous profitons de la cuisine collective déserte pour nous installer et rédiger nos cartes ou notre carnet de route.

 

* La recette de la soupe islandaise se trouve dans la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande", au chapitre recettes 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 17:18

Mercredi 22 juin

 

Il ne pleut pas.

A notre immuable petit déjeuner s’ajoutent des filets de harengs marinés. Il fallait oser y goûter à cette heure matinale, je l’ai fait, les hommes n’ont pas osé.

 

07-route

 

 

 

 

 

Nous empruntons la 864, route déserte traversant un désert gris parsemé de pierres polies par le vent, pour rejoindre le parc national de Jökulsárgljúfur (le canyon de la rivière glacée).

 

 

 

 

 

La plus puissante chute d’eau d’Europe, Dettifoss, s’élance dans un fracas assourdissant d’une hauteur de 44 mètres et 100 mètres de large au bout d’un canyon creusé dans le basalte. Son débit est de 500 mètres cubes par seconde.

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Nous marchons 10 minutes sur un petit chemin qui la surplombe pour nous en approcher. Nous sommes trempés par les embruns.

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En suivant le cours de la Jökulsá á Fjöllum, nous continuons au milieu des rochers et des marécages, nargués par un pluvier doré qui trottine devant nous sans que nous puissions le photographier ; depuis plusieurs jours, nous rencontrons ses congénères qui se comportent comme lui. C’est certainement un stratagème afin que nous ne trouvions pas son nid.

 

 

Photo ruv.is

Nous arrivons en 25 minutes à la cascade de Selfoss, où plusieurs cascades se fracassent de 10 mètres de haut en arc de cercle, sur une très grande largeur, sur des éboulements de colonnades basaltiques. L’eau s’infiltre dans les fissures, gonfle en gelant et fait éclater la roche. Les tuyaux d’orgue finissent par se détacher un à un.

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Nous reprenons la route en tôle ondulée, elle est si mauvaise, qu’elle aurait dû être  classée F. Les véhicules « normaux » ont l’air de souffrir.

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Nicolas aperçoit un cratère, gueule en biais, qui laisse voir des scories rouges et noires. Il bifurque, en suivant des traces anciennes.

Jean-Louis « Trouillot 1er » commence à paniquer et lorsque nous approchons, il s’écrie : Vite, demi-tour, ça chauffe, ça chauffe !!!

 

 

Mais non, le volcan n’est pas en éruption, c’est juste Nicolas qui a mis le chauffage à fond pour se sécher les pieds !!!!! Ca promet demain !!!

  

Nous arrivons à la cascade de Hafragilfoss, haute de 27 mètres, que nous découvrons d’en haut.

 

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 Ces trois chutes forment un ensemble unique au monde.

 

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Nous parvenons à Ásbyrgi (la forteresse des Dieux) en franchissant un pont tout neuf sur la Jökulsá.

 

 

 

 

Le gigantesque ravin en forme de fer à cheval décrit un arc autour d’une végétation composée de bouleaux tortueux, de saules arctiques et de sous-bois propices à la promenade.

 

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                                                Photo Jónas Gunnlaugsson ismennt.is

Deux théories tentent d’expliquer sa formation.

Si l’on en croit la mythologie, il s’agirait de l’empreinte de Sleipnir, le  cheval d’Odin qui courait sur terre, sur mer et dans les airs, grâce à ses 8 pattes. L’explication plus scientifique attribue ce phénomène géologique à une éruption du Grímsvötn qui aurait provoqué une gigantesque coulée d’eau, qui,  ne pouvant s’évacuer par la rivière Jökulsá á Fjöllum,  aurait jailli ici et formé le canyon.

Nous nous baladons dans le sous-bois, c’est reposant. Il fait frais et l’humidité fait ressortir l’odeur d’humus.

 Les saules,

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camarines

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myrtilles et bartsies, tapissent les sous-bois

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 Photo Wikipedia

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Quelques grives mauvis nous accompagnent.

 

 

 

 

 

Nos pas nous mènent près d’un petit lac où s’ébattent quelques canards et canetons  Une bergeronnette sautille de rochers en rochers.

Plus loin, agrippés au bord de la falaise basaltique (100 mètres), couvent des pétrels.

 

   

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                                                              Photos Wikipedia

Un panneau nous indique la direction d’une source, c’est une vaste fumisterie, il s’agit tout simplement d’un robinet !!!

Nous décidons de déjeuner au bord de l’Océan Glacial Arctique dans la péninsule de Tjörnes.

A partir de Lón, le brouillard tombe.

Nous ne pouvons nous arrêter où nous le désirons car il n’y a pas d’accès à la plage    (on se demande bien pourquoi !!!).

 

07-lon

 

 

Enfin, nous pouvons stopper sur une aire d’information, en contre-haut de l’océan. Les contours de l’ Öxarfjörður sont noyés dans les brumes. Nous sortons pour admirer  le paysage, mais le vent sibérien nous plaque contre la voiture.

Vite, au chaud.

 

 

 

Nous dégustons nos sandwiches au saumon fumé avec, en toile de fond, l’Océan Glacial Arctique.

Ça a de la gueule, non ?

 

 

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Nous nous arrêtons à la ferme de Mànàrbbakki et visitons un musée de la vie et des commerces d’autrefois, notre guide, nous explique le fonctionnement du téléphone au début du XX° siècle, le N° des abonnés était un code en Morse.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les maisons traditionnelles sont rares en Islande.Un toit recouvert de plaques de gazon, des pièces enterrées, des murs constitués de blocs de tourbe, des ouvertires réduites garantissaient aux habitants une isolation contre la rudesse du climat 

 

 

 

 

 

Le musée minéralogique d'Ytri-Tunga est exeptionnellement fermé, tant pis, nous ne verrons pas les fossiles découverts dans les différentes strates de la falaise de Tjörnes

 

 

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 Au large, l île Lundey  sanctuaire pour macareux et fulmars que l'on peut découvrir à partir d'une excursion au départ d'Húsavík.

 

  

 

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Avec Nicolas nous avons parié que nous nous baignerions jusqu’aux genoux, dans  l’Océan Glacial Arctique.

C’est dit, c’est fait.

Et dans Océan Glacial Arctique, il y a : glacial et arctique. Brrr.

 

 

 

 

 

 

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Renseignements pris auprès du guide de la ferme de Mànàrbbakki, la température de l’eau est de 3°.

La baignade ne dure que trois à quatre minutes, nos jambes sont tétanisées. Vite, nous revenons nous sécher dans la voiture.

Nous flottons dans nos chaussures, nous avons bien perdu 2 pointures !!!

Les chairs sont bien raffermies. Il nous faudra 48h avant que les pieds ne reprennent leur taille normale.

Dommage de bénéficier d’aussi belles plages et de ne pas en profiter ….

Deux carrés de chocolat pour nous remettre de nos émotions et en route pour Húsavík (la baie des maisons).

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Nous montons jusqu’en haut du tire-fesses utilisé par les skieurs pour avoir une vue d’ensemble sur la ville.

C’est un port pittoresque, autour d’une église rénovée.

 

 

 

 

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L'église au clocher caractéristique vert et blanc a été édifiée en 1906, son architecture « en croix » est unique en Islande.

 

 

 

 

 

 

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 A l’intérieur, de belles banquettes en bois ciré, aux coussins recouverts de toile grège cachent des radiateurs.

On peut être dévot et aimer son confort !!!

 

 

 

 

 

Une gentille jeune fille préposée à la garde de l’église nous donne l’autorisation de photographier les merveilleux objets en bois sculpté.

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Nous effectuons la réservation de la croisière des baleines pour le lendemain matin.

Visite du musée des cétacés. On y apprend plein de choses sur les baleines, orques, dauphins ; nombreux squelettes. Vidéos sanguinolentes sur la chasse à la baleine qui n’a jamais été pratiquée à Húsavík.

Il est fâcheux  que rien ne soit expliqué en français, hormis les interdictions.

Nous rejoignons notre hébergement de Þinghúsið Hraunbær et nous avons la bonne surprise d’être logés dans deux jolies chambres donnant sur la Laxà (rivière aux saumons).

Notre accueillante  hôtesse nous a élaboré un délicieux repas : soupe aux champignons, poisson, légumes habituels, skyr.

Nous laissons Jean-Louis discuter avec des Belges, et nous allons laver la voiture à Húsavík.

A l’aller, nous avions repéré un lac où l’eau fumait.

Munis de nos maillots de bain, nous allons tâter la température.

Déception, l’eau est à peine « dégourdie ». Pas de bain chaud ce soir, cela nous aurait pourtant changés du bain de l’après-midi !!!

Surprise, arrivés à Húsavík, le soleil brille sur l’Ile Flatey.

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Nous allons voir les séchoirs à poissons.

Cela ne doit pas être la saison, car ils sont tous vides.          

 

 

 

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 Une sterne nous attaque et lâche une bombe malodorante que nous évitons.

 

 

 

 

 

 

Nous rentrons sous la pluie.

Nous annonçons la bonne nouvelle : le soleil est à Húsavík.

23h50, le soleil darde de ses derniers feux les frondaisons de Þinghúsið Hraunbær, nous attendons notre premier soleil de minuit et traînons dehors jusqu’à 1h en photographiant.

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Je ne sais pas si c’est la proximité du cercle polaire, mais nous n’avons jamais connu une aussi belle et douce lumière cuivrée mordorée.

Le soleil, déjà bas sur l’horizon enlumine le décor de fils d’or.

Il va falloir aller dormir.

Curieuse et interrogative sur le lieu où le soleil se lèvera,  je ne peux  m’endormir,  d’autant que les oiseaux gazouillent.

Quand se reposent-ils ?

N’ayant pas baissé les stores (pour une fois qu’il y en avait !!!), en attendant,  je lis, sans lumière bien sûr.

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Je constate que le paysage rougeoie, les derniers rayons d'or du jour s’endorment dans la Laxà en roulant dans un reflet du courant.

 

 

 

 

 Je me précipite dans la salle de bains et assiste, émerveillée, au coucher du soleil rougeoyant à 2h40.

A 2h50, il pointe le bout de ses rayons, toujours à l’est (?), 2 degrés plus à l’est,   (nous avions emporté une boussole) et reprend son ascension.

Il va falloir réviser notre astronomie !!!!!

Satisfaite, je fais le contraire du soleil, je vais me coucher.

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La vue de notre chambre est féerique, la  Laxà scintille au soleil levant autant qu’au couchant.

J’aperçois le dos irisé des saumons venus respirer, les oiseaux pépient de plus belle en joyeux conciliabules pour saluer cette nouvelle journée qui commence.

 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:51

Jeudi 23 juin

 

Il fait beau, très beau, un ciel bleu limpide, le soleil brille, un vrai temps à baleines.

Après un délicieux petit déjeuner et ses harengs auxquels j’ai pris goût, nous nous rendons à Húsavík pour notre observation des baleines.

 

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Nous embarquons à 10h sur le Nàttfari, un bateau en chêne, construit en 1965, qui a servi, jusqu’en 1990, à la pêche aux harengs.

 

 

 

 

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 Nous cinglons vers la rive opposée de Skjàlfandi et le vent cingle aussi nos oreilles.

 

 

 

 

 

 La mer est d’huile, l’étrave du bateau fend l’océan bleu poudré d’une myriade d’étoiles scintillantes au soleil.

Au bout d’un quart d’heure de navigation, notre guide s’écrie : Minky whale, Minky whale*, nous apercevons une nageoire dorsale et le bateau file dans la direction du cétacé qui disparaît.

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Notre accompagnatrice nous révèle que c’est sa première sortie en mer et qu’elle est aussi excitée que nous.

Elle nous explique que le but n’est pas de poursuivre les animaux et de les déranger, nous ne couperons jamais leur route et ils nous approcheront lorsque nous serons arrêtés, s’ils le désirent.

Nous naviguons vers les cimes enneigées du Víknafjöll, le scénario se reproduit plusieurs fois, une dorsale à gauche, une caudale à droite, mais nous n’en verrons pas plus.

Nous sommes un peu déçus, car à Tadoussac au Québec une multitude de baleines, rorquals et phoques venaient jouer contre les flancs du bateau et passaient dessous.

Quelques macareux et pétrels viennent nous consoler.

Au bout d’1h30, nous virons de bord pour regagner le port et 6 dauphins à bec blanc* fendent l’eau devant nous, nous les regardons quelques instants et retournons vers Húsavík.

La jeune accompagnatrice nous sert un délicieux chocolat chaud et un gâteau à la cannelle qui sont appréciés par tous les passagers.

Direction Mývatn (le lac aux moucherons).

La route 87 traverse le désert de Hólasandur.

Dans les années 60, la NASA y envoya l’équipage d’Apollo 11 pour se préparer à une expédition lunaire.

Petite déception, depuis toutes ces années, les lichens ont repoussé et ce site n’est plus un désert inquiétant.

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                                                                          Photo nat.is

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Nous décidons de profiter des tables de pique-nique au bord du lac, mauvaise idée, nous sommes vite assaillis par des hordes de moucherons, Nicolas se déguise en homme invisible pour déguster son skyr.  Le repas est vite terminé.

 

 

 

 

  

Les moucherons participent à l’écosystème lacustre, ils entrent dans l’alimentation des oiseaux,  saumons, truites et autres poissons. L’éclosion a lieu en juin et septembre. Ils sont inoffensifs mais agaçants. Les pêcheurs et certains touristes sont munis d’un chapeau-moustiquaire du plus bel effet.

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Arrivés à  Reýkjahlið  nous sommes attirés par des fumerolles, nous nous y rendons bien vite. La terre, fendue, vomit des vapeurs soufrées, il nous est impossible d’y tenir la main.

 

 

 

 

 

 

Grjótagjá est une grande faille où l’on trouve des grottes, nous rencontrons un Islandais qui vient de s’y baigner, il nous raconte que cela fait 30 ans qu’il profite des bienfaits de cette eau chaude mais que la température s’est élevée jusqu’à 50°, puis qu’elle est redevenue supportable.

Nous descendons dans les grottes et vérifions à l’aide du thermomètre à yaourts que nous avions pris soin d’emporter.

La première, accessible, est à 38°, la seconde, plus abrupte à 32°.

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Nous escaladons les rochers au-dessus des grottes et découvrons les lèvres de la faille de la médiane Atlantique. D’un côté la plaque Eurasienne, de l’autre, la plaque Américaine, dans le fond, ça fume, le diable n’est pas loin …..

 

 

 

 

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Sur la N1 face à l’usine de Bjarnarflag, une briqueterie qui transforme les scories volcaniques en matériaux de construction,  nous découvrons les fours à pain. La pâte est placée dans un sac enfermé dans une boîte métallique qui est enterrée dans des cavités creusées à même le sol, closes par des plaques métalliques.

La chaleur de la terre est suffisamment élevée pour permettre la cuisson du pain (hverabraud (pain chaud)) durant 22h. Il est en vente dans la boutique de souvenirs devant l’hôtel. (Il faut avouer que c’est un peu « étouffe chrétien »).

 

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Le lac attenant à  l’usine est d’un joli bleu opale mais un panneau indiquant une température de 80° nous dissuade d’y glisser un orteil.

 

 

 

 

Nous gravissons la crête de Nàmafjall (a montagne de la carrière), une mosaïque de jaunes et d’ocres, où une odeur prégnante de soufre nous environne.

La vue est superbe : le lac, les volcans, l’usine et son lac bleu laiteux, les fumerolles ….

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Nous continuons la route qui longe la montagne teintée de résidus de vapeur de soufre : jaune, blanc, rose, rouge ou vert, et arrivons sur le site géothermique de Hverarönd-Námaskarð.

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Là, on ne tient plus Nicolas qui bondit comme un cabri sur l’ocre de la silice, d’une marmite bouillonnant d’une boue bleu-gris grondante à un solfatare sifflant où il prend un malin plaisir à disparaître dans les vapeurs pestilentielles d’un évent fumerollien qui exhale en permanence un panache de vapeur.

 

 

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Il photographie, filme, nous avons du mal à l’arracher à ce spectacle fascinant.

Les solfatares sont des émanations constituées de vapeur d’eau, d’ammoniac, d’hydrogène, de méthane et de sulfure d’hydrogène.

Pour les  fumerolles, ajouter de l’acide chlorhydrique et des chlorures.

Que des composants qui fleurent bon !!!!!

 

 

 

 

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Nous continuons notre route et passons sous les tuyaux de l’usine de Kröflustöð construite en 1973.

 

 

 

 

 

La forte activité sismique interrompt fréquemment le fonctionnement. Les captages sont à une profondeur de 2200 mètres.

Une toile d’araignée de tuyaux parcourt les flancs de la montagne. Deux turbines de 30 MW chacune fournissent toute la région de l’est et d’Akureyri.

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Nous arrivons au pied du volcan Krafla (818 m), c’est là qu’ont eu lieu les phénomènes volcaniques les plus récents (1984).

Nous  faisons le tour du cratère d’explosion Víti (l'enfer) né en 1724. Le lac Helvíti (300m de diamètre) est rempli d’une eau d’un bleu céruléen ou vert malachite suivant l’intensité lumineuse, bordée par une frange de glace. Derrière ce lac, un autre lac où une eau vert amande  miroite au soleil.

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Nous redescendons vers le site volcanique de Leirhnjúkur.

Après avoir traversé de nombreuses coulées de lave, nous découvrons un site fantastique, des mares bouillonnantes, des solfatares, des fumerolles puis la coulée de lave de 1984 encore chaude et fumante.

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Nous espérons une toute petite éruption, mais en vain.

 

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 Nous rejoignons notre ferme de Stöng au sud du lac.

 

 Photo stong.is

 

 

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Heureusement que celle de  Skútustaðir que j’avais choisie n’était pas libre, car lorsque nous y sommes passés, les touristes étaient tous affublés de la moustiquaire.

 

 

 

Photo auvieuxcampeur.fr

 

La gentille hôtesse qui nous reçoit parle un peu français et ne sait que faire pour nous être agréable.

Notre chambre est vaste, meublée année 60.

Nous avons constaté dans tous nos hébergements, sans exception, une propreté méticuleuse. Nous avons vite compris pourquoi il est impératif de se déchausser, même si nos chaussures nous semblent propres. Nous le faisons bien en arrivant chez nous, alors pourquoi ne pas le faire chez les autres ? Ce n’est pas dans nos traditions, mais nous devrions nous inspirer du meilleur des coutumes vernaculaires.

Nous sommes seuls pour déguster notre dîner : soupe aux asperges-brocolis, délicieux agneau, salade de carottes et chou blanc (ça change), pommes de terre et glace.

Je ne suis pas fanatique de la viande ovine, mais je n’ai jamais dégusté un morceau d’agneau aussi succulent.

Nous décidons d’aller nous baigner.

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Sur le chemin, nous passons par la presqu’île de Neslandatangi afin d’observer les oiseaux. Etant en période de nidification, nous ne les dérangeons pas longtemps.

 

 

Le site de Chris Gilabert parle d’un lac face à l’usine, nous le cherchons vainement , nous allons faire un tour au Blue Lagoon du nord (Jarðböðin), bien plus petit que celui du sud, mais n’ayant pas pris d’argent, nous ne pouvons nous y baigner.

La grotte de Grjótagjá nous tente un instant, mais en réfléchissant nous fait quand même un peu peur, même si nous avons vu l’Islandais s’y tremper.

Nous repartons en longeant le lac Mývatn qui miroite dans le couchant comme si des pièces d’or et d’argent en tapissaient le fond.

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Dépités, nous rentrons à la ferme à minuit et demi et découvrons un Hot-pot. Voilà qui va satisfaire notre envie de trempette.

Une fois le couvercle ôté, nous nous glissons dans une eau bien chaude (42°) et soufrée et marinons une bonne demi-heure. Je vais chercher Jean-Louis afin qu’il en profite. La température extérieure est de 5°, mais le choc thermique attendu n’a pas lieu.

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A 1h30, nous allons nous coucher et dormons du sommeil du juste.

 

 

 

* Pour en savoir plus sur les Minky whale et les dauphins, voir  la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Baleines   , au chapitre Historique de la chasse à la baleine et au chapitre Dauphins

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 10:30

Vendredi 24 juin

 

En me douchant ce matin, une illumination me vient, le lac que nous cherchions hier soir, c’est tout simplement le Blue Lagoon qui l’a annexé suite à la fermeture de l’usine de diatomite qui traitait les  algues unicellulaires (diatomées), abondantes dans les eaux du lac. Grâce à la chaleur collectée en profondeur, les algues étaient séchées dans les fours et s’enveloppaient d’une carapace siliceuse servant, entre autre, à la fabrication des prothèses dentaires, d’abrasifs et d’explosifs .

Après un consistant petit déjeuner, nous quittons notre havre de paix.

 

Le soleil brille sur Skútustaðír, nous gravissons la petite côte qui nous mène aux pseudo-cratères recouverts d’herbe. Ils se forment à partir d’explosions dues au contact de la lave et de l’eau : quand une coulée se déverse  sur les lacs, la mer ou des rivières, la vapeur d’eau formée sous la lave cause une brèche dans la coulée par explosion.  Plusieurs «  éruptions » de scories déclencheront la création de cratères. On les nomme pseudo-cratères car ils n’ont pas de cheminée qui émet de la lave.
Attaqués par des nuées de moucherons, nous nous replions vite vers la voiture.

09-Stuk-1  A Kalfaströnd, émergent des eaux claires du lac Mývatn, des blocs de lave rougeâtres colonisés par les lichens orange vif.

En s’écoulant sur les marécages, une lentille de magma s’est accumulée derrière un barrage naturel. Des dégazages ponctuels ont eu pour effet de figer ces colonnes verticales, qui sont apparues après la vidange du lac de lave.

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En longeant le lac Mývatn vers le nord, nous rencontrons les Dimmuborgir (châteaux noirs) au pied du Mont Hverfjall. Se sont les restes d’un lac de lave figée à l’instar des ruines d’un château. Plusieurs chemins balisés permettent d’en faire le tour.

   

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Deux maçons façonnent un mur en taillant des blocs de lave. Un vrai chef d’œuvre de Compagnon.

 

 

 

 

Le temps est idéal, nous nous rendons à l’ aérodrome de Reykjahlíð pour effectuer un survol de la région.

Le commandant prépare son Cessna 206 et nous survolons le lac. Nous sommes rapidement au-dessus des pseudo-cratères de Skútustaðír, d’en haut,  nous nous rendons bien compte de cette particularité géologique.

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09-Hver

 

 

 

 

 

Puis vient le Mont Hverfjall tout noir avec son immense cratère béant (1000 mètres de diamètre), le sentier qui conduit au sommet paraît bien trop difficile pour nous.

 

 

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En route pour Nàmajlall et le site géothermique de Hverarönd-Námaskarð encore plus impressionnant vu du ciel.

 

 

 

Ensuite ce sont l’usine de Króflustöð, le Krafla, le lac Helvíti toujours aussi miroitant, le site volcanique de Leirhnjúkur fumant, Blue Lagoon, l’usine de Bjarnarflag et son lac tentateur. Les vingt minutes prévues se sont transformées en une demi-heure. Nous n’avons pas vu le temps passer.

09-blue 09-Viti

Merci commandant pour cette belle balade.

Le vol de vingt minutes revient à  4500 KR (60€), le prix est un peu élevé, mais  le site le justifie, ainsi que les yeux brillants de Nicolas.

09-equipag  09-avion1

Au revoir le lac Mývatn et ses merveilles.

Nous reprenons la route N°1 par le sud du lac, la partie en gravier a été goudronnée.

Il est l’heure de déjeuner, les bords de la Laxá nous tentent, mais les moucherons sont encore là.

Plus loin, le lac Másvatn semble nous attendre, mais ces saletés de moucherons y sont aussi.

Enfin, nous dénichons un petit coin de rêve, une belle étendue d’herbe épaisse longée par la rivière Reykjadalsa qui s’étire langoureusement sous une falaise où nichent des pétrels.

 

Etant en avance sur le programme, nous nous octroyons une petite sieste sous le soleil. Le thermomètre indique 37°5 (au soleil), nous repartons le visage un peu rouge.

Nous plions bagages et nous dirigeons vers notre gîte de Fosshól.

09-Fosshol                                                                Photo farmholidays.is 

Comme il est très tôt, nous poussons jusqu’à Akureyri, la deuxième plus grande ville d’Islande.

Nicolas se pose plein de questions existentielles : il va y avoir des feux tricolores, comment conduire le 4 X 4 dans la circulation ? Vais-je réussir un créneau avec cette voiture ? On ne va pas pouvoir s’arrêter où bon nous semblera pour photographier.

Effectivement, la circulation s’intensifie, nous rencontrons une voiture toutes les deux ou trois minutes …

Nous découvrons Akureyri de l’autre côté de l’Eyjafjörður.

 10-Akureyri

Selon une légende, c’est un viking norvégien, Helgi le Maigre, premier homme à s’être installé ici, qui baptisa le lieu Kristnes (le Cap du Christ). Il faut attendre la fin du XIX° siècle pour que la ville se nomme Akureyri (pointe des champs d’orge).

 

09-Aku3

 

 

 

 

Passé le pont, nous pénétrons dans la rue Hafnarstræti ou subsistent des maisons colorées édifiées entre le XVIII° et le  début du XX° siècle.

 

 

 

  

Nous garons la voiture devant l’office du tourisme où nous ne trouvons pas le "guide Icelandic food" (manger en Islande *) que nous cherchons vainement depuis notre arrivée et déambulons dans la rue piétonne à la recherche d’hypothétiques cadeaux à rapporter.

A part une importante librairie où nous faisons provision de cartes postales et d’une carte routière qui couvre la Kjölur, nous ne trouvons rien.

D‘agréables effluves se dégagent des genêts qui bordent les rues, les sorbiers des oiseleurs embaument les jardins, les aubépines en fleurs distillent un doux parfum.

09-sorbier 09-sorbier-3

                                                           Photos Wikipedia

09-Akureyri

 

 

 

 

 

 

 

L’église en basalte fait penser à des orgues basaltiques.

Elle a été construite en 1940, par le même architecte à qui l'on doit la cathédrale Hallgrímskirja de Reykjavík

 

 

 Photo gallimard

 

 

 

Nous nous goinfrons de glaces Brynja, les meilleures d'Islande (parait-il). Le propriétaire a fait peindre son portrait, et celui de son épouse, sur son camion, ainsi que la représentation du célèbre adage : du producteur au consommateur !!!

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                                                                        Photo Chris Gilabert

Le tour de la ville est vite fait et l’on se demande où peuvent se cacher les 15 000 habitants.

Vite, retournons loin de la « civilisation ».

Non loin de notre bercail, nous longeons le lac Ljósavatn (lac clair) aux eaux calmes. Puis, ce sont les puissantes chutes de Goðafoss, qui dans un fracas d’enfer s’élancent dans la rivière Skjálfandafljót qui a entaillé, pour y creuser son lit, la coulée de lave de Bárðardalur.

Selon la Saga de la Christianisation, le pays était divisé en deux camps : le chrétien et le païen qui menaçaient de s’affronter. En l’an 999, Þorgeir Þorkelsson, un fermier qui habitait près du lac Ljósavatn, harangua les hommes de l'Alþing et dit : "Ayons une seule loi et une seule foi, car si nous rompons la loi,  nous romprons la paix ". Revenu de Þingvellir, Þorgeir jeta les effigies des anciens dieux (Godars) Thor et Odin  dans la chute. Ce geste donna son nom à la cataracte de Goðafoss (la chute des dieux).

Installés dans notre portion de bungalow jaune, dans une grande chambre avec sanitaires privés  (bien qu’ayant réservé en catégorie II) nous allons nous restaurer : minestrone, côte de porc ou saumon, légumes rituels et pas de dessert.

Nous effectuons notre promenade digestive le long des gorges de la Bárðardalur. La rivière Skjálfandafljót est impétueuse et les innombrables îles qui s’y trouvent cassent le courant en provoquant d’énormes vagues.

 09-Skaja                                                                                Photo Wikipedia

Nous nous rendons ensuite au bord de la cascade de Goðafoss vraiment impressionnante avec ses trois chutes de 12 mètres placées en arc de cercle.

09-Goda 09-Goda2.jpg

Pour une fois, les fenêtres de notre chambre sont occultées par des stores vénitiens mais la porte semi vitrée laisse passer la lumière.

Nous scotchons une couverture de survie sur les montants de la porte, mais le vent fait bruisser la couverture et nous empêche de dormir.

Nous la bloquons avec une serviette de bains et nous passons une bonne nuit dans l’obscurité.

 

 

* Ce guide se trouve sur la page Recettes .

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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