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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:35

Dimanche 19 juin

 

Depuis « cette nuit », c’est pluie et temps bouché. Il fait frisquet.

Si depuis notre arrivée j’étais en polo à manches courtes, il va falloir songer à enfiler un gilet.

Bien calés par le petit déjeuner islandais habituel, nous voici repartis vers de nouvelles découvertes.

Nous retraversons le désert de Skeiðarársandur, toujours aussi noir, toujours aussi déprimant avec en toile de fond la masse du Vatnajökull et nous arrivons à l’intersection qui mène au parc de Skaftafell.

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Sur un parking, les morceaux de tôle froissée rescapés du  jökulhlaup du Grímsvötn de 1996 ressemblent à une sterne prête à prendre son envol.

 

 

 

La fonte des glaces a généré un gigantesque lac dans la caldeira. Sous la pression, la bulle d’eau a explosé, créant un raz-de-marée de trois milliards de mètres cubes de boue et de glace, balayant routes et ponts. La route N°1 fut obstruée par les blocs de glace gros comme des icebergs qui mirent un an à fondre.

La région était aussi isolée qu’avant 1974 jusqu’à la reconstruction des ponts et de la route.

La légende raconte qu’une servante nommée Katla avait passé un pacte avec le Diable. Elle noya un berger qui venait de lui dérober ses culottes de sorcière dans une cuve remplie de lait. Les habitants de Þykvibær puisaient leur lait, asséchant petit à petit  la cuve. Katla put repêcher ses culottes et s’échappa pour se réfugier dans un cratère. Depuis, de gigantesques volutes de lait jaillissent de ce volcan nommé Katla ; ils sont appelés jökulhlaup par les scientifiques.

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Nous effectuons la promenade jusqu’au pied de la langue glaciaire grisâtre du Skatafellsjökull.

 

 

 

 

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Une grive mauvis, pas farouche, nous accompagne quelques instants.

 

 

  

 

 

 

Il pleut à verse, et le lac monte en tourbillonnant en une poignée de secondes.

Nous ramassons de belles pierres vertes dont nous ne connaissons pas le nom.

Dans le centre d’information  du parc national, nous assistons à la projection du film sur l’éruption du Grímsvötn* de 1996.

La pluie battante nous fait renoncer à la balade jusqu’à la bergerie abandonnée de Sel (bergerie) et la cascade de Svartifoss.

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Nous repartons par la route N°1, la pluie s’estompe, et prenons la route en terre menant au pied de la langue  glaciaire  du Svínafellsjökull. 

 

 

 

 Nous continuons en direction du lac de Jökulsárlón.

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Chacun voit dans les replis des contreforts des collines environnantes des figures différentes.

 

 

 

 

 

 

En franchissant le pont sur la  Jökulsà, nous les apercevons, fantomatiques dans la brume, bleus, blancs, turquoises, striés de noir, opalescents, translucides, cristallins, scintillants d’une myriade de paillettes. Ils sont là, en attente de franchir la frontière lac / mer pour leur dernier voyage.

Qui, ils ? Mais les icebergs bien sûr !

Paysage et température arctique.

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Les phoques batifolent à quelques mètres du rivage, les sternes piquent dans la mer telles des torpilles et ressortent avec de petits poissons.

  

 

 

 

Nous déjeunons dans la  voiture, bien au chaud, devant ce spectacle  majestueux.

Le temps est tellement bouché que nous ne distinguons même pas le Breiðamerkurjökull duquel se détachent les icebergs.

Bien couverts car il fait un froid polaire, nous montons dans un drôle de bateau à roues ou une voiture amphibie.

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Le « capitaine » nous équipe de gilet de sauvetage et un zodiac nous accompagne (pour repêcher les imprudents ?). On ne plaisante pas avec la sécurité !!!

 

 

 

 

 Nous partons en croisière au milieu des icebergs aux formes étranges, troués, creusés de grottes, de tunnels.

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De temps à autres, un bruit terrifiant se fait entendre, le glacier se met à « vêler », des pans de glace vive se fissurent et des icebergs de plusieurs dizaines de tonnes s’effondrent dans les eaux du lac.

Parfois, un iceberg se retourne dans un bruit de tonnerre,  pousse ses voisins, et bloque le cheminement vers la mer.

Sachant que 80% de leur masse est immergée, il est plus prudent de ne pas trop s’en approcher, car lorsqu’ils basculent, cela provoque un mini raz-de marée dangereux.

Les icebergs se creusent, s’arrondissent, basculent et se retournent pour conserver leur équilibre et se dédoublent.

L’eau, le soleil et le vent s’improvisent sculpteurs, taillant, ciselant, polissant les icebergs que le froid et le feu ont drapés de turquoise et de noir.

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L’accompagnateur nous passe un morceau de glace, pure, translucide.

Elle date de 1000 à 1500 ans.
Le « capitaine » nous apprend que le lac, né du recul du glacier (100 mètres tous les ans) s’est formé au début du XX° siècle après que des secousses telluriques l’eurent séparé de la mer, dont il est isolé par une moraine.

 

 Selon les géologues, l’accès devrait s’ouvrir dans un proche avenir, entraînant la disparition du lac et de la route.

Le lac a une  profondeur de 50 à 300 mètres.

La glace saturée d'eau liquide fondante devient bleue.

Les stries noires sont dues aux débris de moraine ou aux cendres.
La glace qui emprisonne du phytoplancton (chlorophylle verte) lors de sa formation est verte.

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Après la promenade, nous nous réchauffons avec un bon chocolat chaud accompagné d’une délicieuse gaufre.

Nous passons plus d’une heure à admirer les phoques, les sternes, les blocs dérivant dans le chenal que nous longeons jusqu’à la mer  à la recherche des icebergs en état de sublimation.

La sublimation  est le passage direct de l’état solide à l’état gazeux sous le soleil. Ce phénomène physique engendre un halo de vapeur autour des icebergs.

Mais, vu le temps couvert et le froid polaire, c’est plutôt la congélation que la sublimation !!!

Nous retournons par la route N°1 vers le sud.

Quelques kilomètres après Jökulsárlón, nous bifurquons vers le Fjallsjökull au pied duquel s'étale le lac glaciaire  Breiðárlón.

C’est encore plus fantastique qu’à Jökulsárlón.

Nous sommes seuls à des kilomètres à la ronde, le temps semble s’être arrêté, pas un car, pas un humain, pas un oiseau, que nous pour être émerveillés, éblouis, extasiés devant tous ces icebergs multicolores.

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A regrets, nous quittons ce petit coin de paradis pour retrouver le noir sandur.

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Une jolie cascade (sans nom) qui avait échappé à notre vigilance à l’aller va se perdre dans un océan de lupins.

 

 

 

 

Après avoir traversé l’ Öræfi, nous arrivons à Litla-Hof.

Installés dans notre minuscule chambre, nous attendons le dîner en lisant le livre d’or.

Au menu ce soir : soupe (devinez à quoi ?..... Gagné !!!), filet de lieu, gâteau chantilly.

Comme d’habitude, tout est de qualité et copieux.

 

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Promenade pédestre et vespérale sous une pluie fine vers Hof et sa petite église de tourbe ; une des six restantes en Islande.

Nous ne pouvons pas la visiter car un office s’y déroule.

 

 

 

 

 

* Pour en savoir plus sur le Grímsvötn, consulter la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Géologie.

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 20:35

Lundi 20 juin

 

Petit déjeuner identique aux précédents.

Temps bouché, une petite bruine fine s’insinue dans les moindres interstices.

 

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Nous visitons l’église de Hof (église) qui date de 1884, sa voûte est peinte bleue et la peinture vert céladon qui orne le fond lui donne un petit air coquet.

Les sièges sont recouverts de velours rouge.

Elle est tellement émouvante, qu’il eût été dommage de ne pas y revenir. Autour, un cimetière envahi par les herbes. Un bénitier en basalte complète le tableau.

 

 

 

 

 

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Nous assistons à de charmantes scènes équines.

 

 

 

 

 

 

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Aujourd’hui, temps fort du voyage, une promenade ornithologique à   Ingólfshöfði.

Malgré de nombreux courriels depuis la France et coups de téléphone depuis l’Islande, nous ne pouvons intégrer la visite de 9h, il va nous falloir attendre  11h.

Un peu avant la station service, nous nous dirigeons vers la lagune de Leirur par un chemin empierré.

Une grande charrette est stationnée et deux voitures patientent.

Nous nous habillons chaudement et le fermier arrive au volant de son tracteur.

Ce n’est pas un vrai fermier, c’est Einar Sigurðsson , un guide de haute montagne qui seconde son père.

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Nous sommes une vingtaine à prendre place dans la charrette.

Accrochés aux ridelles et à la barre centrale, nous voici partis, d’abord dans le lit de la rivière. Ça chahute, ça cahote, ça brinquebale, il faut bien s’amarrer.

 

 

 

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Puis c’est la traversée de l’immense lagune de sable noir de Leirur.
C’est marée basse, le sable est juste humide.

 

 

 

 

Des cygnes chanteurs*, des oies*, des grands labbes* (Skummur) nous survolent.  

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 L’imposante falaise d’Ingólfshöfði se profile devant nous.

Au bout d’une vingtaine de  minutes, nous arrivons au pied de la colline de sable noir.

 

 

 

 

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Un autre tracteur et sa remorque attendent le groupe précédent.

 

 

 

 

 

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Alors que nous montons, nous croisons le papa d’Einar : Sigurður Bjarnason un fringant septuagénaire barbu à l’allure de vieux loup de mer.

 

 

 

 

 

Il faut gravir cette dune et ne pas se faire doubler par le troisième et le quatrième âge.

Le genou se bloque mais il faut serrer les dents et avancer, aidée par les bâtons de randonnée.

Arrivés, essoufflés, en haut, nous sommes accueillis par le grand labbe qui surveille le nid de Madame.

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La vue est fabuleuse, nous découvrons à perte de vue l’interminable lagune et le Skeiðarársandur sans fin.

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Une stèle commémore l’accostage du premier colon viking : Ingólfur Arnarson  en 874.

 

 

 

 

 

 

 

 Photo : photo.is

 Il perpétua le geste traditionnel de tous les colons arrivant sur une terre inexplorée en lançant à la mer les montants en bois sculpté de son trône qu’il avait transporté depuis sa Norvège natale. Ces sculptures représentant l’effigie des dieux se nommaient « Setstokkar ». Elles étaient précipitées à la mer en vue des côtes et dérivaient jusqu’à ce que les dieux indiquent l’endroit favorable où s’installer. C’est dans la « baie des vapeurs », autrement dit à l’emplacement de l’actuelle Reykjavík qu’elles touchèrent terre.

Einar nous explique que nous sommes sur le territoire de milliers de macareux, grands labbes et sternes qui viennent y nidifier.

Si les macareux* sont débonnaires, le grand labbe* et la sterne* attaquent en piqué et cela ne sert à rien de se baisser, car ils adaptent leur trajectoire immédiatement.

Il faut lever le bras ou le bâton pour les tenir à distance.

Il faut également se méfier des sternes, qui non contentes d’attaquer, lâchent des projectiles liquides,   gras et nauséabonds.

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Nous progressons silencieusement jusqu’au bord de la falaise, et là, ô merveille des merveilles, des myriades de macareux moines*, pas farouches, nous regardent, tournent la tête, posent pour la photo.

 

 

 

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Nous avançons jusqu’à 1,50m en faisant très attention de ne pas mettre les pieds

dans les trous des nids.

 

 

 

 

 Le bas de la falaise est au moins à 150 m et nous n’avons pas d’ailes !!!

Ils sont tellement rigolos avec leur livrée de maître d’hôtel, leur tête blanche, leur bec triangulaire constitué de plaques cornées rouge-orangé, noir et orange.

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Leur œil rond cerclé de rouge est souligné par un fin sourcil noir interrogateur.

Plongeurs émérites, ils attrapent de petits poissons qu’ils arrivent à maintenir en travers de leur bec, grâce à leur langue. Immobile, je les observe silencieusement, ils m’ont oubliée, je fais partie du paysage.

 

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C’est très difficile de quitter ces petits clowns.

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Alors que nous progressons le long de la falaise, nous sommes attaqués par le grand labbe. Vite, nous levons le bâton et il passe au large. Ouf, nous l’avons échappé belle, mais un Allemand de notre groupe n’aura pas cette chance, il gardera une belle cicatrice sur le crâne du passage en rase-motte (car, justement, la motte était absente !!!).

 

 

 

 

 

 

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La femelle (du labbe, pas de l’Allemand) pond deux œufs qui ressemblent à une pomme de terre.

 

 

 

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Les poussins sont à même le sol, il faut faire très attention afin de ne pas les écraser, mais le labbe veille et ne nous laisse pas approcher la zone du nid.

 

 

 

 

 

 

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Sur l’autre bord de la falaise, encore et toujours des macareux, nous ne nous en plaignons pas, ils sont tellement attendrissants que nous y passons encore un long moment.

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Quelques guillemots de Brünnich* couvent un œuf vert vers le bas de la falaise.

Un de nos compagnons nous fait profiter de sa longue vue pour les admirer, car ils sont un peu loin.

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Nous continuons notre balade toujours au milieu des grands labbes *, mais à notre grande déception, nous ne croisons aucune sterne.

Il nous faut maintenant quitter nos amis à plumes et redescendre la dune.

C’est beaucoup plus rapide qu’à l’aller et surtout moins fatiguant.

Nous montons sur la remorque et en avant pour la traversée de la lagune.

Tout le monde est silencieux, avec encore dans les yeux tous ce petit monde ailé que nous venons de déranger.

Merci Einar, ce fut une aventure inoubliable.

 

Nous dévorons une plaque de chocolat pour nous réchauffer.

Dépêchons nous, car nous avons deux heures de retard sur le planning et nous ne voulons pas que le repas de ce soir nous passe sous le nez comme le premier jour.

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Arrêt à Jökulsárlón, le Vatnajökull est toujours dans le brouillard.

C’est regrettable, nous ne le verrons pas.

Doucement, les fantômes des géants de glace font leur apparition, perçant l’épais rideau de brume.

C’est marée montante et les petits icebergs sont agglutinés en patientant jusqu’à la renverse.

 

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Les gros icebergs coincés dans le chenal sont toujours là, en attente de dégeler un peu pour se frayer un passage vers la mer.

 

 

 

Les sternes sont toujours à l’affût de la nourriture, les phoques (payés par l’office de tourisme ? accomplissent toujours le même circuit.

C’est encore aussi fantasmagorique, mais il nous faut partir.

 

Après bien des tergiversations, nous attaquons la redoutable et redoutée F985.

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La brume descend du Vatnajökull.

Au bout de quelques kilomètres, un brouillard épais nous enveloppe, nous avançons tout doucement, cela a un avantage : nous ne voyons pas le bas du précipice.

 

 

 

 

 

Le temps nous semble long, ne nous sommes nous pas trompés de route ? Impossible, il n’y en a qu’une !!

Les rochers surgis du brouillard forment des figures irréelles. Nous nous attendons à voir jaillir des Trolls.

 

 Enfin, une éclaircie, le paysage est grandiose mais le vide fait peur.

La brume revient. Cette route ne finira donc jamais ?

Enfin, le brouillard se déchire, et en haut d’un Blindæð ***nous découvrons un paysage merveilleux, le glacier est blanc, gris, noir, nous sommes sur le Vatnajökull, nous l’avons vaincu !!

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Dire qu’il va falloir redescendre par la même route !!!

Au loin, le refuge.

Arrivés devant les baraquements, nous sommes surpris par l’apparition d’une mariée en longue  robe blanche. Que fait-elle ici ?

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Nous nous promenons à pied sur le glacier car la balade en motoneige ou chenillette est beaucoup trop chère (à partir de 86 €).

 

 

 

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Nicolas part très loin, il veut toucher la glace blanche du Skálafellsjökull.

 

 

  

 

 

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Et c’est reparti pour la descente dans le brouillard. Elle s’effectue sans encombre et dans le silence.

 

 

 

 

 

Parvenus en bas, une plaque de chocolat bien noir vient nous requinquer en magnésium !!

 

Peu après le port de pêche de Höfn se construit une nouvelle route et un tunnel qui éviteront  l’ascension de la côte caillouteuse de la route N°1.

 

Au niveau de Ðjúpivogur, quatre kilomètres d’une terrible route en graviers signalée par Malbik Endar***, nous met les reins en compote et nous ralentit.

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Au bord du Berufjörður, une multitude de cygnes chanteur* glissent gracieusement sur les eaux calmes.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

Des rouleaux de brume s’estompent dans les champs que nous longeons.

Il est très tard, nous avons téléphoné plusieurs fois à l’hôtel Staðarborg qui nous héberge ce soir afin de bien réserver le dîner.

Nous n’avons rien pris depuis le petit déjeuner, hormis le chocolat, et il commence à « faire faim ».

C’est un très vieux monsieur qui nous accueille, nous sommes seuls dans l’hôtel et je pense qu’il aurait préféré que nous n’arrivions jamais.

Bien que selon ses dires il ne soit pas un grand cuisinier, il nous concocte un délicieux repas :

Soupe …. Et non, cette fois ci, c’est aux champignons, poisson, pommes de terre, chou-fleur  mais nous sommes privés de dessert certainement parce que nous sommes arrivés tard !!

Cela me fait mal au cœur de constater qu’à son âge (environ 80 ans  ce monsieur travaille encore

Je l’aide à dresser la table et je débarrasse les plats et les couverts à la fin du repas  Il est très content.

Nous allons à Breiðdalsvík (la large baie)  laver la voiture qui est toute boueuse après l’épisode F985.

En chemin, nous rencontrons un « sheep boy » à cheval qui regroupe brebis et agneaux.

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Nous nous promenons sur la plage et ramassons de belles zéolithes****, mais la bruine se transformant en grosse pluie, nous filons nous camoufler sous la couette.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

 

 

*        Si vous voulez devenir incollable sur ces oiseaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre oiseaux 

**      Si vous voulez comprendre pourquoi Einar ne porte pas le nom de son Papa, voir  la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre les patronymes  

***     Si vous voulez connaître la signification de ces panneaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Conduire en Islande

****   Si vous voulez en savoir plus sur les pierres, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au  chapitre Géologie et volcanisme  

     

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 21:18

Mardi 21 juin, c’est l’été.

 

C’est pluie et brouillard. Un proverbe islandais dit : Si tu n ‘es pas content du temps, attends cinq minutes.  Il y a bien longtemps que les cinq minutes sont écoulées, et nous n’avons pas vu le soleil pointer le bout de ses rayons.

Petit déjeuner coutumier auquel il faut ajouter des tranches d’agneau fumé

(hangikjöt) auxquelles je n’arriverai jamais à m’habituer.

Nous découvrons un hot-pot en chargeant la voiture, mais il est vide, pas de regrets !!!

Après de grands adieux à notre hôte, nous partons à la conquête des fjords de l’est.

 

Stöðvarfjörður est un mini port autour d'une ravissante église bleue.

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Fáskrúðsfjörður a été fondé par les fameux pêcheurs d’Islande Français au début du XX° siècle.

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Les noms des rues y sont écrits dans les deux langues.


 

 

 

 

 

 

 

En contrebas, se trouve un monument  où l’on peut déchiffrer le nom de quarante-neuf marins Français et de leurs bateaux.

 

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La bruine, le brouillard et les prairies donnent à ces fjords un petit air de loch écossais, l’on s’attend à en voir surgir Nessie.

 

 

 

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Nous passons à Reyðarfjörður, niché au fond d'un très long fjord.

Nous ne pouvons profiter de la splendeur de ces fjords, la pluie battante et le brouillard dense gâchent tout.

 

 

 

 

  

La montée vers Neskaupstaður, dans le brouillard épais ressemble à l’ascension de la F985.

Nous passons sous le tunnel du col de Oddsskarð, un gros camion a juste la place de s’y faufiler.

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De l’autre côté, nous sommes accueillis par le la glace, il y a moins de brouillard, il fait 3°, c’est l’été !!!

 

 

 

 

 

 

 Les larges plaines verdoyantes alternent avec les pentes enneigées.

A Neskaupstaður, c’est une horrible odeur de poisson qui nous reçoit. La ville est un peu tristounette. S’il avait fait beau, notre perception des choses en eût sûrement été modifiée.

Heureusement que quelques lupins égaient le paysage.

Nous regrettons un peu les 80 kilomètres de détour, car le village ne possède  rien qui mérite qu’on s’y attarde et le temps ne permet pas d’effectuer l’excursion en bateau.

En redescendant sur Reyðarfjörður, le voile de brume se soulève et laisse entrevoir les bateaux et les îlots sur le long fjord, ainsi qu’une incommensurable myriade de cascades qui dévalent  de la montagne encore embrumée

Par une superbe route de montagne tortueuse, bordée de maquis, agrémentée de ruisseaux, glaciers, névés et quantité de cascade, nous arrivons à Egilsstaðir.

  

Nous montons jusqu’à Seyðisfjörður.

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La température annoncée est de 2°, la glace est au bord de la route, les lacs sont gelés, du givre sucre les herbes ondulantes sous le vent ; c’est magnifique.

Les quelques voiles de brume qui nimbent les glaciers leurs confèrent un aspect étrange.

 

 

   

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La puissante cascade de Gugufoss se rue entre les roches.

 

 

 

  

Seyðisfjörður est un petit port de pêche très accueillant. C’est de là que débarquent les touristes venant du Danemark.

A la fin du XIX° siècle, des norvégiens s’installèrent dans ce port, attirés par les ressources halieutiques du hareng, ce qui explique toutes ces coquettes petites maisons de bois colorées et son église bleu ciel dans la pure tradition norvégienne.

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Sur la route du retour vers  Egilsstaðir, nous admirons les cascades que nous n’avions pas vues en descendant.

 

 

 

 

  

Nous nous dirigeons ensuite vers LA forêt de Hallormsstaður en longeant le lac Lagarfljót ou Lögurinn. Tant de verdure, ça nous change des « sandur ».

Autrefois, l’Islande était boisée, mais les différents cataclysmes et l’exploitation immodérée l’on décimée.

Depuis 1903, on a  replanté une quarantaine d’espèces : bouleaux nains, épicéas, mélèzes, sapins rouges etc.…

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  Comme au Loch Ness en Ecosse, il se raconte aussi qu'un monstre vivrait dans les eaux sombres du lac. Nous ne l'avons pas aperçu…

 

De retour à Egilsstaðir nous faisons le plein, car il n’y a plus une station avant Mývatn à 195 kilomètres.

La route N°1, d’Egilsstaðir à Grímsstaðir où nous sommes attendus est   déserte,  de belles échappées sur le canyon de la Jökulsá á Fjöllum nous délassent.

De superbes cascades déferlent de la montagne et vont augmenter le débit de la Jökulsá.

A une quarantaine de kilomètres d’Egilsstaðir une station service toute neuve attend le client, les enfants nous font de grands signes afin que nous nous y arrêtions.

Peu après la portion de route en gravier, un panneau « traversée de rennes » nous tient en éveil. Dès qu’au loin, un mouton pointe le bout d’une oreille, nous nous demandons de quel animal il s’agit.

Pas de renne, mais la pluie refait son apparition.

Les rennes ne sont pas natifs de l'Islande, mais y furent introduits de 1770 à 1778. De nos jours, une harde de 3.000 têtes environ circule librement sur les plateaux de l'Est du pays.
Un vol d’oies sauvages nous suit durant quelques kilomètres.

 

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Les vingt kilomètres de route prévus en  gravier se sont transformés en une superbe autoroute.

 

 

 

 

 

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Avec ce genre de panneau, impossible de se perdre !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 Après trente kilomètres de sandur noir de noir, une route nous conduit à notre ferme de  Grímsstaðir-Grímstunga, au milieu de nulle part.

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Nous sommes accueillis par un gentil chien de berger islandais qui ne demande que des caresses (et des gâteaux).

  

  

 

 

 

 

 

 

 

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Pas âme qui vive à des kilomètres à la  ronde.

 

 

 

 

 

 

 

 Nous nous installons dans notre vaste chambre et allons de ce pas déguster une exquise soupe islandaise *(kjötsúpa) au mouton, les légumes habituels et des petits pains ronds maison. Toujours pas de dessert.

Ce soir, pas de promenade digestive, il fait un froid de loup. Nous profitons de la cuisine collective déserte pour nous installer et rédiger nos cartes ou notre carnet de route.

 

* La recette de la soupe islandaise se trouve dans la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande", au chapitre recettes 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 17:18

Mercredi 22 juin

 

Il ne pleut pas.

A notre immuable petit déjeuner s’ajoutent des filets de harengs marinés. Il fallait oser y goûter à cette heure matinale, je l’ai fait, les hommes n’ont pas osé.

 

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Nous empruntons la 864, route déserte traversant un désert gris parsemé de pierres polies par le vent, pour rejoindre le parc national de Jökulsárgljúfur (le canyon de la rivière glacée).

 

 

 

 

 

La plus puissante chute d’eau d’Europe, Dettifoss, s’élance dans un fracas assourdissant d’une hauteur de 44 mètres et 100 mètres de large au bout d’un canyon creusé dans le basalte. Son débit est de 500 mètres cubes par seconde.

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Nous marchons 10 minutes sur un petit chemin qui la surplombe pour nous en approcher. Nous sommes trempés par les embruns.

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En suivant le cours de la Jökulsá á Fjöllum, nous continuons au milieu des rochers et des marécages, nargués par un pluvier doré qui trottine devant nous sans que nous puissions le photographier ; depuis plusieurs jours, nous rencontrons ses congénères qui se comportent comme lui. C’est certainement un stratagème afin que nous ne trouvions pas son nid.

 

 

Photo ruv.is

Nous arrivons en 25 minutes à la cascade de Selfoss, où plusieurs cascades se fracassent de 10 mètres de haut en arc de cercle, sur une très grande largeur, sur des éboulements de colonnades basaltiques. L’eau s’infiltre dans les fissures, gonfle en gelant et fait éclater la roche. Les tuyaux d’orgue finissent par se détacher un à un.

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Nous reprenons la route en tôle ondulée, elle est si mauvaise, qu’elle aurait dû être  classée F. Les véhicules « normaux » ont l’air de souffrir.

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Nicolas aperçoit un cratère, gueule en biais, qui laisse voir des scories rouges et noires. Il bifurque, en suivant des traces anciennes.

Jean-Louis « Trouillot 1er » commence à paniquer et lorsque nous approchons, il s’écrie : Vite, demi-tour, ça chauffe, ça chauffe !!!

 

 

Mais non, le volcan n’est pas en éruption, c’est juste Nicolas qui a mis le chauffage à fond pour se sécher les pieds !!!!! Ca promet demain !!!

  

Nous arrivons à la cascade de Hafragilfoss, haute de 27 mètres, que nous découvrons d’en haut.

 

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 Ces trois chutes forment un ensemble unique au monde.

 

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Nous parvenons à Ásbyrgi (la forteresse des Dieux) en franchissant un pont tout neuf sur la Jökulsá.

 

 

 

 

Le gigantesque ravin en forme de fer à cheval décrit un arc autour d’une végétation composée de bouleaux tortueux, de saules arctiques et de sous-bois propices à la promenade.

 

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                                                Photo Jónas Gunnlaugsson ismennt.is

Deux théories tentent d’expliquer sa formation.

Si l’on en croit la mythologie, il s’agirait de l’empreinte de Sleipnir, le  cheval d’Odin qui courait sur terre, sur mer et dans les airs, grâce à ses 8 pattes. L’explication plus scientifique attribue ce phénomène géologique à une éruption du Grímsvötn qui aurait provoqué une gigantesque coulée d’eau, qui,  ne pouvant s’évacuer par la rivière Jökulsá á Fjöllum,  aurait jailli ici et formé le canyon.

Nous nous baladons dans le sous-bois, c’est reposant. Il fait frais et l’humidité fait ressortir l’odeur d’humus.

 Les saules,

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camarines

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myrtilles et bartsies, tapissent les sous-bois

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 Photo Wikipedia

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Quelques grives mauvis nous accompagnent.

 

 

 

 

 

Nos pas nous mènent près d’un petit lac où s’ébattent quelques canards et canetons  Une bergeronnette sautille de rochers en rochers.

Plus loin, agrippés au bord de la falaise basaltique (100 mètres), couvent des pétrels.

 

   

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                                                              Photos Wikipedia

Un panneau nous indique la direction d’une source, c’est une vaste fumisterie, il s’agit tout simplement d’un robinet !!!

Nous décidons de déjeuner au bord de l’Océan Glacial Arctique dans la péninsule de Tjörnes.

A partir de Lón, le brouillard tombe.

Nous ne pouvons nous arrêter où nous le désirons car il n’y a pas d’accès à la plage    (on se demande bien pourquoi !!!).

 

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Enfin, nous pouvons stopper sur une aire d’information, en contre-haut de l’océan. Les contours de l’ Öxarfjörður sont noyés dans les brumes. Nous sortons pour admirer  le paysage, mais le vent sibérien nous plaque contre la voiture.

Vite, au chaud.

 

 

 

Nous dégustons nos sandwiches au saumon fumé avec, en toile de fond, l’Océan Glacial Arctique.

Ça a de la gueule, non ?

 

 

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Nous nous arrêtons à la ferme de Mànàrbbakki et visitons un musée de la vie et des commerces d’autrefois, notre guide, nous explique le fonctionnement du téléphone au début du XX° siècle, le N° des abonnés était un code en Morse.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les maisons traditionnelles sont rares en Islande.Un toit recouvert de plaques de gazon, des pièces enterrées, des murs constitués de blocs de tourbe, des ouvertires réduites garantissaient aux habitants une isolation contre la rudesse du climat 

 

 

 

 

 

Le musée minéralogique d'Ytri-Tunga est exeptionnellement fermé, tant pis, nous ne verrons pas les fossiles découverts dans les différentes strates de la falaise de Tjörnes

 

 

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 Au large, l île Lundey  sanctuaire pour macareux et fulmars que l'on peut découvrir à partir d'une excursion au départ d'Húsavík.

 

  

 

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Avec Nicolas nous avons parié que nous nous baignerions jusqu’aux genoux, dans  l’Océan Glacial Arctique.

C’est dit, c’est fait.

Et dans Océan Glacial Arctique, il y a : glacial et arctique. Brrr.

 

 

 

 

 

 

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Renseignements pris auprès du guide de la ferme de Mànàrbbakki, la température de l’eau est de 3°.

La baignade ne dure que trois à quatre minutes, nos jambes sont tétanisées. Vite, nous revenons nous sécher dans la voiture.

Nous flottons dans nos chaussures, nous avons bien perdu 2 pointures !!!

Les chairs sont bien raffermies. Il nous faudra 48h avant que les pieds ne reprennent leur taille normale.

Dommage de bénéficier d’aussi belles plages et de ne pas en profiter ….

Deux carrés de chocolat pour nous remettre de nos émotions et en route pour Húsavík (la baie des maisons).

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Nous montons jusqu’en haut du tire-fesses utilisé par les skieurs pour avoir une vue d’ensemble sur la ville.

C’est un port pittoresque, autour d’une église rénovée.

 

 

 

 

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L'église au clocher caractéristique vert et blanc a été édifiée en 1906, son architecture « en croix » est unique en Islande.

 

 

 

 

 

 

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 A l’intérieur, de belles banquettes en bois ciré, aux coussins recouverts de toile grège cachent des radiateurs.

On peut être dévot et aimer son confort !!!

 

 

 

 

 

Une gentille jeune fille préposée à la garde de l’église nous donne l’autorisation de photographier les merveilleux objets en bois sculpté.

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Nous effectuons la réservation de la croisière des baleines pour le lendemain matin.

Visite du musée des cétacés. On y apprend plein de choses sur les baleines, orques, dauphins ; nombreux squelettes. Vidéos sanguinolentes sur la chasse à la baleine qui n’a jamais été pratiquée à Húsavík.

Il est fâcheux  que rien ne soit expliqué en français, hormis les interdictions.

Nous rejoignons notre hébergement de Þinghúsið Hraunbær et nous avons la bonne surprise d’être logés dans deux jolies chambres donnant sur la Laxà (rivière aux saumons).

Notre accueillante  hôtesse nous a élaboré un délicieux repas : soupe aux champignons, poisson, légumes habituels, skyr.

Nous laissons Jean-Louis discuter avec des Belges, et nous allons laver la voiture à Húsavík.

A l’aller, nous avions repéré un lac où l’eau fumait.

Munis de nos maillots de bain, nous allons tâter la température.

Déception, l’eau est à peine « dégourdie ». Pas de bain chaud ce soir, cela nous aurait pourtant changés du bain de l’après-midi !!!

Surprise, arrivés à Húsavík, le soleil brille sur l’Ile Flatey.

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Nous allons voir les séchoirs à poissons.

Cela ne doit pas être la saison, car ils sont tous vides.          

 

 

 

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 Une sterne nous attaque et lâche une bombe malodorante que nous évitons.

 

 

 

 

 

 

Nous rentrons sous la pluie.

Nous annonçons la bonne nouvelle : le soleil est à Húsavík.

23h50, le soleil darde de ses derniers feux les frondaisons de Þinghúsið Hraunbær, nous attendons notre premier soleil de minuit et traînons dehors jusqu’à 1h en photographiant.

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Je ne sais pas si c’est la proximité du cercle polaire, mais nous n’avons jamais connu une aussi belle et douce lumière cuivrée mordorée.

Le soleil, déjà bas sur l’horizon enlumine le décor de fils d’or.

Il va falloir aller dormir.

Curieuse et interrogative sur le lieu où le soleil se lèvera,  je ne peux  m’endormir,  d’autant que les oiseaux gazouillent.

Quand se reposent-ils ?

N’ayant pas baissé les stores (pour une fois qu’il y en avait !!!), en attendant,  je lis, sans lumière bien sûr.

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Je constate que le paysage rougeoie, les derniers rayons d'or du jour s’endorment dans la Laxà en roulant dans un reflet du courant.

 

 

 

 

 Je me précipite dans la salle de bains et assiste, émerveillée, au coucher du soleil rougeoyant à 2h40.

A 2h50, il pointe le bout de ses rayons, toujours à l’est (?), 2 degrés plus à l’est,   (nous avions emporté une boussole) et reprend son ascension.

Il va falloir réviser notre astronomie !!!!!

Satisfaite, je fais le contraire du soleil, je vais me coucher.

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La vue de notre chambre est féerique, la  Laxà scintille au soleil levant autant qu’au couchant.

J’aperçois le dos irisé des saumons venus respirer, les oiseaux pépient de plus belle en joyeux conciliabules pour saluer cette nouvelle journée qui commence.

 

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:51

Jeudi 23 juin

 

Il fait beau, très beau, un ciel bleu limpide, le soleil brille, un vrai temps à baleines.

Après un délicieux petit déjeuner et ses harengs auxquels j’ai pris goût, nous nous rendons à Húsavík pour notre observation des baleines.

 

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Nous embarquons à 10h sur le Nàttfari, un bateau en chêne, construit en 1965, qui a servi, jusqu’en 1990, à la pêche aux harengs.

 

 

 

 

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 Nous cinglons vers la rive opposée de Skjàlfandi et le vent cingle aussi nos oreilles.

 

 

 

 

 

 La mer est d’huile, l’étrave du bateau fend l’océan bleu poudré d’une myriade d’étoiles scintillantes au soleil.

Au bout d’un quart d’heure de navigation, notre guide s’écrie : Minky whale, Minky whale*, nous apercevons une nageoire dorsale et le bateau file dans la direction du cétacé qui disparaît.

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Notre accompagnatrice nous révèle que c’est sa première sortie en mer et qu’elle est aussi excitée que nous.

Elle nous explique que le but n’est pas de poursuivre les animaux et de les déranger, nous ne couperons jamais leur route et ils nous approcheront lorsque nous serons arrêtés, s’ils le désirent.

Nous naviguons vers les cimes enneigées du Víknafjöll, le scénario se reproduit plusieurs fois, une dorsale à gauche, une caudale à droite, mais nous n’en verrons pas plus.

Nous sommes un peu déçus, car à Tadoussac au Québec une multitude de baleines, rorquals et phoques venaient jouer contre les flancs du bateau et passaient dessous.

Quelques macareux et pétrels viennent nous consoler.

Au bout d’1h30, nous virons de bord pour regagner le port et 6 dauphins à bec blanc* fendent l’eau devant nous, nous les regardons quelques instants et retournons vers Húsavík.

La jeune accompagnatrice nous sert un délicieux chocolat chaud et un gâteau à la cannelle qui sont appréciés par tous les passagers.

Direction Mývatn (le lac aux moucherons).

La route 87 traverse le désert de Hólasandur.

Dans les années 60, la NASA y envoya l’équipage d’Apollo 11 pour se préparer à une expédition lunaire.

Petite déception, depuis toutes ces années, les lichens ont repoussé et ce site n’est plus un désert inquiétant.

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                                                                          Photo nat.is

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Nous décidons de profiter des tables de pique-nique au bord du lac, mauvaise idée, nous sommes vite assaillis par des hordes de moucherons, Nicolas se déguise en homme invisible pour déguster son skyr.  Le repas est vite terminé.

 

 

 

 

  

Les moucherons participent à l’écosystème lacustre, ils entrent dans l’alimentation des oiseaux,  saumons, truites et autres poissons. L’éclosion a lieu en juin et septembre. Ils sont inoffensifs mais agaçants. Les pêcheurs et certains touristes sont munis d’un chapeau-moustiquaire du plus bel effet.

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Arrivés à  Reýkjahlið  nous sommes attirés par des fumerolles, nous nous y rendons bien vite. La terre, fendue, vomit des vapeurs soufrées, il nous est impossible d’y tenir la main.

 

 

 

 

 

 

Grjótagjá est une grande faille où l’on trouve des grottes, nous rencontrons un Islandais qui vient de s’y baigner, il nous raconte que cela fait 30 ans qu’il profite des bienfaits de cette eau chaude mais que la température s’est élevée jusqu’à 50°, puis qu’elle est redevenue supportable.

Nous descendons dans les grottes et vérifions à l’aide du thermomètre à yaourts que nous avions pris soin d’emporter.

La première, accessible, est à 38°, la seconde, plus abrupte à 32°.

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Nous escaladons les rochers au-dessus des grottes et découvrons les lèvres de la faille de la médiane Atlantique. D’un côté la plaque Eurasienne, de l’autre, la plaque Américaine, dans le fond, ça fume, le diable n’est pas loin …..

 

 

 

 

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Sur la N1 face à l’usine de Bjarnarflag, une briqueterie qui transforme les scories volcaniques en matériaux de construction,  nous découvrons les fours à pain. La pâte est placée dans un sac enfermé dans une boîte métallique qui est enterrée dans des cavités creusées à même le sol, closes par des plaques métalliques.

La chaleur de la terre est suffisamment élevée pour permettre la cuisson du pain (hverabraud (pain chaud)) durant 22h. Il est en vente dans la boutique de souvenirs devant l’hôtel. (Il faut avouer que c’est un peu « étouffe chrétien »).

 

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Le lac attenant à  l’usine est d’un joli bleu opale mais un panneau indiquant une température de 80° nous dissuade d’y glisser un orteil.

 

 

 

 

Nous gravissons la crête de Nàmafjall (a montagne de la carrière), une mosaïque de jaunes et d’ocres, où une odeur prégnante de soufre nous environne.

La vue est superbe : le lac, les volcans, l’usine et son lac bleu laiteux, les fumerolles ….

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Nous continuons la route qui longe la montagne teintée de résidus de vapeur de soufre : jaune, blanc, rose, rouge ou vert, et arrivons sur le site géothermique de Hverarönd-Námaskarð.

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Là, on ne tient plus Nicolas qui bondit comme un cabri sur l’ocre de la silice, d’une marmite bouillonnant d’une boue bleu-gris grondante à un solfatare sifflant où il prend un malin plaisir à disparaître dans les vapeurs pestilentielles d’un évent fumerollien qui exhale en permanence un panache de vapeur.

 

 

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Il photographie, filme, nous avons du mal à l’arracher à ce spectacle fascinant.

Les solfatares sont des émanations constituées de vapeur d’eau, d’ammoniac, d’hydrogène, de méthane et de sulfure d’hydrogène.

Pour les  fumerolles, ajouter de l’acide chlorhydrique et des chlorures.

Que des composants qui fleurent bon !!!!!

 

 

 

 

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Nous continuons notre route et passons sous les tuyaux de l’usine de Kröflustöð construite en 1973.

 

 

 

 

 

La forte activité sismique interrompt fréquemment le fonctionnement. Les captages sont à une profondeur de 2200 mètres.

Une toile d’araignée de tuyaux parcourt les flancs de la montagne. Deux turbines de 30 MW chacune fournissent toute la région de l’est et d’Akureyri.

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Nous arrivons au pied du volcan Krafla (818 m), c’est là qu’ont eu lieu les phénomènes volcaniques les plus récents (1984).

Nous  faisons le tour du cratère d’explosion Víti (l'enfer) né en 1724. Le lac Helvíti (300m de diamètre) est rempli d’une eau d’un bleu céruléen ou vert malachite suivant l’intensité lumineuse, bordée par une frange de glace. Derrière ce lac, un autre lac où une eau vert amande  miroite au soleil.

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Nous redescendons vers le site volcanique de Leirhnjúkur.

Après avoir traversé de nombreuses coulées de lave, nous découvrons un site fantastique, des mares bouillonnantes, des solfatares, des fumerolles puis la coulée de lave de 1984 encore chaude et fumante.

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Nous espérons une toute petite éruption, mais en vain.

 

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 Nous rejoignons notre ferme de Stöng au sud du lac.

 

 Photo stong.is

 

 

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Heureusement que celle de  Skútustaðir que j’avais choisie n’était pas libre, car lorsque nous y sommes passés, les touristes étaient tous affublés de la moustiquaire.

 

 

 

Photo auvieuxcampeur.fr

 

La gentille hôtesse qui nous reçoit parle un peu français et ne sait que faire pour nous être agréable.

Notre chambre est vaste, meublée année 60.

Nous avons constaté dans tous nos hébergements, sans exception, une propreté méticuleuse. Nous avons vite compris pourquoi il est impératif de se déchausser, même si nos chaussures nous semblent propres. Nous le faisons bien en arrivant chez nous, alors pourquoi ne pas le faire chez les autres ? Ce n’est pas dans nos traditions, mais nous devrions nous inspirer du meilleur des coutumes vernaculaires.

Nous sommes seuls pour déguster notre dîner : soupe aux asperges-brocolis, délicieux agneau, salade de carottes et chou blanc (ça change), pommes de terre et glace.

Je ne suis pas fanatique de la viande ovine, mais je n’ai jamais dégusté un morceau d’agneau aussi succulent.

Nous décidons d’aller nous baigner.

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Sur le chemin, nous passons par la presqu’île de Neslandatangi afin d’observer les oiseaux. Etant en période de nidification, nous ne les dérangeons pas longtemps.

 

 

Le site de Chris Gilabert parle d’un lac face à l’usine, nous le cherchons vainement , nous allons faire un tour au Blue Lagoon du nord (Jarðböðin), bien plus petit que celui du sud, mais n’ayant pas pris d’argent, nous ne pouvons nous y baigner.

La grotte de Grjótagjá nous tente un instant, mais en réfléchissant nous fait quand même un peu peur, même si nous avons vu l’Islandais s’y tremper.

Nous repartons en longeant le lac Mývatn qui miroite dans le couchant comme si des pièces d’or et d’argent en tapissaient le fond.

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Dépités, nous rentrons à la ferme à minuit et demi et découvrons un Hot-pot. Voilà qui va satisfaire notre envie de trempette.

Une fois le couvercle ôté, nous nous glissons dans une eau bien chaude (42°) et soufrée et marinons une bonne demi-heure. Je vais chercher Jean-Louis afin qu’il en profite. La température extérieure est de 5°, mais le choc thermique attendu n’a pas lieu.

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A 1h30, nous allons nous coucher et dormons du sommeil du juste.

 

 

 

* Pour en savoir plus sur les Minky whale et les dauphins, voir  la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Baleines   , au chapitre Historique de la chasse à la baleine et au chapitre Dauphins

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 10:30

Vendredi 24 juin

 

En me douchant ce matin, une illumination me vient, le lac que nous cherchions hier soir, c’est tout simplement le Blue Lagoon qui l’a annexé suite à la fermeture de l’usine de diatomite qui traitait les  algues unicellulaires (diatomées), abondantes dans les eaux du lac. Grâce à la chaleur collectée en profondeur, les algues étaient séchées dans les fours et s’enveloppaient d’une carapace siliceuse servant, entre autre, à la fabrication des prothèses dentaires, d’abrasifs et d’explosifs .

Après un consistant petit déjeuner, nous quittons notre havre de paix.

 

Le soleil brille sur Skútustaðír, nous gravissons la petite côte qui nous mène aux pseudo-cratères recouverts d’herbe. Ils se forment à partir d’explosions dues au contact de la lave et de l’eau : quand une coulée se déverse  sur les lacs, la mer ou des rivières, la vapeur d’eau formée sous la lave cause une brèche dans la coulée par explosion.  Plusieurs «  éruptions » de scories déclencheront la création de cratères. On les nomme pseudo-cratères car ils n’ont pas de cheminée qui émet de la lave.
Attaqués par des nuées de moucherons, nous nous replions vite vers la voiture.

09-Stuk-1  A Kalfaströnd, émergent des eaux claires du lac Mývatn, des blocs de lave rougeâtres colonisés par les lichens orange vif.

En s’écoulant sur les marécages, une lentille de magma s’est accumulée derrière un barrage naturel. Des dégazages ponctuels ont eu pour effet de figer ces colonnes verticales, qui sont apparues après la vidange du lac de lave.

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En longeant le lac Mývatn vers le nord, nous rencontrons les Dimmuborgir (châteaux noirs) au pied du Mont Hverfjall. Se sont les restes d’un lac de lave figée à l’instar des ruines d’un château. Plusieurs chemins balisés permettent d’en faire le tour.

   

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Deux maçons façonnent un mur en taillant des blocs de lave. Un vrai chef d’œuvre de Compagnon.

 

 

 

 

Le temps est idéal, nous nous rendons à l’ aérodrome de Reykjahlíð pour effectuer un survol de la région.

Le commandant prépare son Cessna 206 et nous survolons le lac. Nous sommes rapidement au-dessus des pseudo-cratères de Skútustaðír, d’en haut,  nous nous rendons bien compte de cette particularité géologique.

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Puis vient le Mont Hverfjall tout noir avec son immense cratère béant (1000 mètres de diamètre), le sentier qui conduit au sommet paraît bien trop difficile pour nous.

 

 

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En route pour Nàmajlall et le site géothermique de Hverarönd-Námaskarð encore plus impressionnant vu du ciel.

 

 

 

Ensuite ce sont l’usine de Króflustöð, le Krafla, le lac Helvíti toujours aussi miroitant, le site volcanique de Leirhnjúkur fumant, Blue Lagoon, l’usine de Bjarnarflag et son lac tentateur. Les vingt minutes prévues se sont transformées en une demi-heure. Nous n’avons pas vu le temps passer.

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Merci commandant pour cette belle balade.

Le vol de vingt minutes revient à  4500 KR (60€), le prix est un peu élevé, mais  le site le justifie, ainsi que les yeux brillants de Nicolas.

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Au revoir le lac Mývatn et ses merveilles.

Nous reprenons la route N°1 par le sud du lac, la partie en gravier a été goudronnée.

Il est l’heure de déjeuner, les bords de la Laxá nous tentent, mais les moucherons sont encore là.

Plus loin, le lac Másvatn semble nous attendre, mais ces saletés de moucherons y sont aussi.

Enfin, nous dénichons un petit coin de rêve, une belle étendue d’herbe épaisse longée par la rivière Reykjadalsa qui s’étire langoureusement sous une falaise où nichent des pétrels.

 

Etant en avance sur le programme, nous nous octroyons une petite sieste sous le soleil. Le thermomètre indique 37°5 (au soleil), nous repartons le visage un peu rouge.

Nous plions bagages et nous dirigeons vers notre gîte de Fosshól.

09-Fosshol                                                                Photo farmholidays.is 

Comme il est très tôt, nous poussons jusqu’à Akureyri, la deuxième plus grande ville d’Islande.

Nicolas se pose plein de questions existentielles : il va y avoir des feux tricolores, comment conduire le 4 X 4 dans la circulation ? Vais-je réussir un créneau avec cette voiture ? On ne va pas pouvoir s’arrêter où bon nous semblera pour photographier.

Effectivement, la circulation s’intensifie, nous rencontrons une voiture toutes les deux ou trois minutes …

Nous découvrons Akureyri de l’autre côté de l’Eyjafjörður.

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Selon une légende, c’est un viking norvégien, Helgi le Maigre, premier homme à s’être installé ici, qui baptisa le lieu Kristnes (le Cap du Christ). Il faut attendre la fin du XIX° siècle pour que la ville se nomme Akureyri (pointe des champs d’orge).

 

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Passé le pont, nous pénétrons dans la rue Hafnarstræti ou subsistent des maisons colorées édifiées entre le XVIII° et le  début du XX° siècle.

 

 

 

  

Nous garons la voiture devant l’office du tourisme où nous ne trouvons pas le "guide Icelandic food" (manger en Islande *) que nous cherchons vainement depuis notre arrivée et déambulons dans la rue piétonne à la recherche d’hypothétiques cadeaux à rapporter.

A part une importante librairie où nous faisons provision de cartes postales et d’une carte routière qui couvre la Kjölur, nous ne trouvons rien.

D‘agréables effluves se dégagent des genêts qui bordent les rues, les sorbiers des oiseleurs embaument les jardins, les aubépines en fleurs distillent un doux parfum.

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                                                           Photos Wikipedia

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L’église en basalte fait penser à des orgues basaltiques.

Elle a été construite en 1940, par le même architecte à qui l'on doit la cathédrale Hallgrímskirja de Reykjavík

 

 

 Photo gallimard

 

 

 

Nous nous goinfrons de glaces Brynja, les meilleures d'Islande (parait-il). Le propriétaire a fait peindre son portrait, et celui de son épouse, sur son camion, ainsi que la représentation du célèbre adage : du producteur au consommateur !!!

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                                                                        Photo Chris Gilabert

Le tour de la ville est vite fait et l’on se demande où peuvent se cacher les 15 000 habitants.

Vite, retournons loin de la « civilisation ».

Non loin de notre bercail, nous longeons le lac Ljósavatn (lac clair) aux eaux calmes. Puis, ce sont les puissantes chutes de Goðafoss, qui dans un fracas d’enfer s’élancent dans la rivière Skjálfandafljót qui a entaillé, pour y creuser son lit, la coulée de lave de Bárðardalur.

Selon la Saga de la Christianisation, le pays était divisé en deux camps : le chrétien et le païen qui menaçaient de s’affronter. En l’an 999, Þorgeir Þorkelsson, un fermier qui habitait près du lac Ljósavatn, harangua les hommes de l'Alþing et dit : "Ayons une seule loi et une seule foi, car si nous rompons la loi,  nous romprons la paix ". Revenu de Þingvellir, Þorgeir jeta les effigies des anciens dieux (Godars) Thor et Odin  dans la chute. Ce geste donna son nom à la cataracte de Goðafoss (la chute des dieux).

Installés dans notre portion de bungalow jaune, dans une grande chambre avec sanitaires privés  (bien qu’ayant réservé en catégorie II) nous allons nous restaurer : minestrone, côte de porc ou saumon, légumes rituels et pas de dessert.

Nous effectuons notre promenade digestive le long des gorges de la Bárðardalur. La rivière Skjálfandafljót est impétueuse et les innombrables îles qui s’y trouvent cassent le courant en provoquant d’énormes vagues.

 09-Skaja                                                                                Photo Wikipedia

Nous nous rendons ensuite au bord de la cascade de Goðafoss vraiment impressionnante avec ses trois chutes de 12 mètres placées en arc de cercle.

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Pour une fois, les fenêtres de notre chambre sont occultées par des stores vénitiens mais la porte semi vitrée laisse passer la lumière.

Nous scotchons une couverture de survie sur les montants de la porte, mais le vent fait bruisser la couverture et nous empêche de dormir.

Nous la bloquons avec une serviette de bains et nous passons une bonne nuit dans l’obscurité.

 

 

* Ce guide se trouve sur la page Recettes .

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 21:19

Samedi 25 Juin

 

Temps gris, humide et bouché.

Repus, nous nous dirigeons par la N1 vers le musée de plein air de Laufás, c’est une ancienne ferme de tourbe construite entre 1860 et 1870,  très bien rénovée.

La façade est composée de plusieurs maisons accolées, en bois peint en

rouge et blanc, l’arrière est en tourbe brute empilée en quinconces, le toit est recouvert d’un épais gazon.

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Entre 20 et 30 personnes vivaient dans cette ferme, ils cultivaient les terres fécondes, pêchaient du poisson dans les rivières proches, et ramassaient le duvet d’eider.

 

 

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Au fronton d’un des pignons, une sculpture en bois peint représente « la dame à l’eider ».

 

 

 

 

 

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Une très jolie petite église ceinte de son cimetière jouxte l’ensemble.

La visite ne commence qu’à 10h, nous n’attendrons pas l’ouverture.

 

 

Nous continuons vers Akureyri et longeons l'Eyjafjörður (le fjord de l’île) jusqu’à Dalvík un petit village de pêcheurs dont la moitié de la ville fut anéantie par les éboulements propulsés par la montagne proche, lors du tremblement de terre de 1934.

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                                                                  Photo Wikipedia

Au large, l’île de Hrisey.

C’est ici que sont élevés les eiders dont les fermiers ramassent les plumes laissées sur le nid par la femelle, pour fabriquer des édredons.

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On trouve y également des bœufs Galloway, importés d’Ecosse. L’élevage en est interdit dans le restant de l’Islande.

 

 

 

 

 

Plus loin, le petit village de pêcheurs d'Olafsfjörður, que nous atteignons en empruntant un long tunnel de 3400 mètres.

 

Il nous faut redescendre très au sud, puis remonter vers le nord pour arriver à Siglufjörður au fond d’un fjord, une des villes les plus septentrionales.

Comme il pleut, nous nous réfugions dans le musée du hareng* situé sur le port qui retrace l’épopée du hareng de la fin du XIX° siècle à nos jours.

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Nous repartons plein sud et traversons de verdoyantes prairies en cours de fauchage.

Nous longeons le Skagafjörður qui miroite sous le soleil.

 

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Au bout de 85 kilomètres, nous découvrons l’évêché de Hólar fondé en 1106. Il fut l’équivalent de Rome durant 650 ans.

La cathédrale a été érigée en 1763, les fonts baptismaux sont taillés dans une pierre qu’on ne trouve pas en Islande. Elle provient sans doute du Groenland d’où elle aurait dérivé sur un iceberg.

Le dernier évêque catholique et ses deux fils furent décapités en 1550.

 

 

Nous visitons la superbe maison en tourbe de 1854 restaurée récemment.
C’est dans l’église du village (fermée aujourd’hui), qu’est exposée la première Bible islandaise (Gudbrandsbiblia) datant de 1584.

 

La route qui mène à Sauðarkkrokur traverse le fjord de Skagafjörður. La lumière est extraordinaire, la mer est bleu lagon, il ne manque que les palmiers.

 

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La ville est insignifiante, hormis la très jolie maison datant de 1903 Villa Nova, appartenant à un riche négociant.

 

 

 

Sous une pluie battante, nous arrivons à Glaumbær, une des plus célèbres fermes en tourbe d’Islande.

Elle a été édifiée au XIX° siècle. De la route, nous ne distinguons qu’une masse herbue percée de petites fenêtres.

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Bravant les éléments, nous en faisons le tour et découvrons une alignée de bâtisses en bois assemblées les unes aux autres par des murs de tourbe.
A l’intérieur, les pièces communiquent entre elles par un long couloir.

La tourbe servait d’isolant.

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A côté dans la maison Áshús se trouve un café. Elle a été bâtie vers 1880 dans une autre région et démontée pour rejoindre les maisons en tourbe et montrer ainsi les types d’habitation qui se sont succédées en Islande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nous rejoignons notre gîte de Bakkaflot.

 

 

 

 

 

Le vent souffle et nous nous amusons beaucoup à regarder les malheureux campeurs essayer désespérément de monter leur tente.

Après un bon repas : soupe aux asperges, mouton, légumes et glace, nous allons laver la voiture et faire le plein à Varmalhið (le versant chaud), car demain, nous attaquons la Kjölur et nous rencontrerons peu de stations-service.

 

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Nous n’irons pas dormir sans avoir rendu visite à la ravissante petite église de Víðimýri (Vídim Rarkikja) construite en 1834. Elle fait partie des six églises de tourbe et bois restant en Islande.

 

 

 

Les riches s’asseyaient devant, les pauvres restaient debout au fond ou dehors. Il existe encore un siège plus bas que les autres réservé aux femmes enceintes hors mariage. Non par gentillesse, mais pour pouvoir les toiser. Cela s’appelle la charité chrétienne !!!!!

 

 

*Si vous voulez tout savoir sur l’épopée du hareng à Siglufjörður, voir la catégorie Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande, au chapitre L'épopée du hareng.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 16:12

Dimanche 26 juin

 

L’étape qui inquiète le plus Jean-Louis.

Après avoir pris connaissance des conditions météorologiques et routières auprès de notre hôtesse, nous nous dirigeons avec une petite appréhension vers la F35 : la piste du Kjölur.

La traversée de l’Islande du Nord au Sud, le désert à l’état pur sous une alternance de pluie et de soleil.

Nous longeons la vallée fertile de la Blöndudalur par la 732 puis attaquons la F35.

 

Première halte au bord du lac Mjóavatn bleu turquoise. Il fait un vent du diable, nous avons du mal à ouvrir les portières. Le froid arctique nous saisit, au prochain arrêt, il faudra mieux se couvrir.

 

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La piste empierrée longe l’immense lac Blöndulon, le paysage est désertique, pas une fleur, pas une touffe de verdure, pas un mouton, pas une voiture.  

 

 

 

 

 

 

 

 

A l’horizon se détachent à gauche le Hofsjökull et à droite le Langjökull

enneigés.

La route se dégrade encore.

 

Nous arrivons à Hveravellir, véritable oasis de chaleur au milieu d’un désert glacial, site géothermique très actif : solfatares vomissant des fumées soufrées ; mares grises bouillonnantes bordées de sédiments pourpres, noirs ou bruns ; cascades roussies de dépôts de soufre, bassins d’eau chaude turquoise.

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11-Hvera-pas

 

Dans un bruit de clapotis et de succion, accompagnés de cognements sourds, vapeurs et gaz comprimés par la boue à haute température crèvent la surface des bassins bouillonnants en dégageant une forte odeur de soufre.

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Une source d’eau chaude se nomme Eyvindarhver en l’honneur d’un hors-la-loi qui habitait dans la petite cahute  qu’il avait creusée dans une brèche de lave au XVIII° siècle.

 

 

 

 

  

Une autre Bláhver en raison de la couleur d’un bleu caractéristique dû à la présence de silice. Le geyser Öskurhólshver crache un panache irisé.

11-Hvera-oeil

 

 

 

 

La température de la jolie mare glougloutant ci-contre est de 87°. Un peu chaud pour s’y baigner !!!

 

 

 

 

 

Une autre source d’eau chaude alimente un bassin par un tuyau, un autre tuyau d’eau froide rafraîchit le bain.

Nicolas barbotte avec délice dans une eau à 38/45°. C’est difficile de s’extirper de cette douce chaleur, car, malgré le soleil, le vent souffle et la température extérieure indique 9°.

11-Hvera Nicolas

 

11-Pjofafel

 

 

 

 

Par la F735 très cahotante, nous montons vers Þjófafell, le panorama est grandiose, à couper le souffle. La route est très difficile, les grosses pierres roulent sous la voiture, des plaques de glace nous font déraper malgré la vitesse réduite.

 

Nous faisons demi-tour et nous retrouvons à Hveravellir de nouveau sur la F35.

Comme c’est dimanche, la pompe à essence est fermée, dommage, car la jauge est descendue bien vite.

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Nous continuons sur la piste déserte, la vue est magnifique sur le Hofsjökull et le Langjökull couverts de neige.

 

 

 

 

Nous bifurquons à gauche par la F347 vers Kerlingarfjöll (la montagne des sorcières).

Nous passons le premier gué sans encombre.

Au deuxième, j’enfile mes sandales de mer pendant que les hommes admirent la cascade de Gýgjarfoss et je brave les flots pas si froids que je ne le pensais.

Nous pouvons traverser sans problème.

Quoi ! Un troisième gué ! Aucun guide n’en fait mention, ni le récit des Gilabert. Celui-ci nous paraît bien plus large et profond que les précédents.

Les rivières sont farceuses ici, elles changent de lit et créent de nouveaux bras tous les ans.

11-kerlin gue

Rebelote, sandales et bâton.

Je pénètre dans l’eau, le courant est assez fort. A cet instant, arrivent deux Français qui s’écrient : « mais ils n’en parlent pas dans le Guide du Routard ! ».

Ils sont éberlués de me voir au milieu du gué et immortalisent la scène.

Après moult tergiversations, nous repérons un itinéraire et nous nous lançons dans les ondes.

Ouf, nous sommes passés. Nous attendons nos Français car leur Jimny est plus

bas que notre Kia et c’est leur premier gué. Tout va bien pour eux aussi.

 

D’un seul coup, apparaît le refuge de Kerlingarfjöll avec ses croquignolets petits chalets verts et rouges.

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Il vaut mieux ne pas avoir oublié le pain, car l’habitation la plus proche est à 100 kilomètres !!!

La pompe à essence est vide et notre jauge se rapproche de zéro.

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Un piton ruiniforme domine une langue glaciaire qui s’étiole, salie par les cendres volcaniques de la dernière éruption de l’Hekla

 

 

 

 

Le soleil brille et le ciel est d’un bleu céruléen.

Nous continuons la route sur 4 kilomètres et contemplons le panorama : neige (il y peu de temps encore, on pratiquait le ski ici), montagnes de ryolithe* et palagonite*, plaines noires, champs de fumerolles, solfatares, vues sur le Hofsjökull, le mont Snækollur  (la tête de neige) 1482 m.

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11-Kerling-beau1

 

 

 

 

De quelque côté que l’on se tourne, ce n’est que magnificence, couleurs

hallucinantes, large palette chromatique, l’appareil photos cliquète, les

onomatopées et interjections fusent.

 

 

 

C’est beau, magnifique, somptueux, majestueux, étrange, féerique, nous ne nous lassons pas de nous extasier sur le paysage.

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  C’est ici que l’appellation de « Terre de glace et de feu » sied le mieux à l’Islande. Les versants fumants et hauts en couleur des rhyolites, entaillés par de profonds ravins, se dégagent progressivement des glaces.

 

 

 

 

 

 

 

 Nous redescendons au refuge, nos Français s’installent et eux aussi s’inquiètent pour l’approvisionnement en essence.

Nous rebroussons chemin et les 10 kilomètres qui nous séparent de l’intersection avec la Kjölur sont vite avalés, nous passons les gués «à l’islandaise» sans oublier de nous arrêter à la cascade de Gýgjarfoss que je n’avais pas eu le loisir de contempler.

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Il est 15h30, nous pique-niquons à la croisée des deux pistes.

Un cycliste !!!!!! apprécie le café chaud que nous lui offrons.

Nous reprenons la route ou plutôt la piste.

 

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La rivière Jökulkvísl s’étire lascivement en larges méandres.

 

 

 

 Le lac Hvítárvatn (où la rivière Hvítá prend sa source) vert, bleu, turquoise, scintille au soleil sous les cimes enneigées du Landjökull.

11-Blaf

 

 

 

 

 

 

Nous traversons le désert de terre et de roches dominé par le sinistre mont Bláfell

 (1204 m) tout noir.

 

 

 Le désert cède la place aux lichens pourpres et aux herbus, quelques fleurettes blanches attentent nos amis les moutons absents depuis 250 kilomètres.

La route s’élargit et redevient goudronnée, les lupins font leur apparition, la civilisation n’est pas loin.

Un grand parking nous indique que la cascade de Gullfoss (la chute d’or) est proche.

Cette cascade d’une hauteur de 32 mètres issue de la Hvítá (rivière blanche) s’élance dans une gorge de 70 mètres de profondeur creusée par les deux chutes. Son débit est de 109 à 2000 mètres cubes par seconde.

11-Gul1
La rivière plonge pour se vaporiser en pluie quelques dizaines de mètres plus bas, faisant scintiller les milliers d’éclats d’obsidienne qui composent la plate-forme

entre les deux chutes.

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Nicolas descend avec moi et nous faisons tremper par les embruns.

Les roches d’obsidienne noire sont glissantes, je dérape et m’écroule en m’entaillant sévèrement le genou. Heureusement que la pharmacie de la voiture est bien garnie et que Jean-Louis qui craint toujours pour les siens n’est pas là.

Lorsque par la suite, avec Nicolas, nous évoquerons Gullfoss d’un ton sibyllin, nous dirons : Pour une belle chute, c’était une belle chute !!!

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Un arc-en-ciel traverse la cascade et nous pouvons en toucher l’origine.

 

 

 

 

Au début du XX° siècle, des industriels étrangers envisagèrent de construire une centrale hydroélectrique. La fille du propriétaire des lieux, Sigriður Tómasdóttir, s’y opposa et les menaça de se jeter dans les chutes. Après de nombreuses interventions auprès des puissants islandais et sa détermination, Gullfoss a été intégrée dans le parc national.

Sur le chemin qui descend à la cascade, une stèle rend hommage à Sigriður.

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Dans un enclos, des chevaux islandais attendent les cavaliers de l’école équestre.

 

 

 

 

Ils sont beaux et doux ces petits chevaux avec leurs grands yeux de velours, certains préfèrent les caresses des touristes aux bottes des élèves.

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 Nous continuons jusqu’à Geysir (celui qui jaillit). De loin, dans le ciel bleu limpide, nous voyons s’élever le panache de Strokkur (la baratte), le petit frère du Grand Geysir qui a donné son nom à tous les geysers du monde.

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 Les geysers sont une manifestation volcanique, qui découle du réchauffement des eaux qui traversent le sous-sol par le magma qui remonte près de la surface du sol. Au contact des roches bouillantes, l’eau se métamorphose en vapeur et quand la pression augmente, une colonne d’eau bouillonnante et de vapeur apparaît et jaillit plus ou moins haut.

 

11-strok2 11-strok4

Depuis quelques années, le Grand Geysir ne jaillissait plus, laissant sa place à Strokkur. Il n’était « remis en service » qu’aux grandes occasions en le remplissant de lessive, ce phénomène physique est simple : les bulles de savon équivalent aux bulles de vapeur qui se forment spontanément dans l’eau surchauffée. En entraînant une réaction en chaîne, elles provoquent le jaillissement d’un jet qui s’élance dans le ciel avec un volume 1500 fois supérieur au volume d’eau vaporisée.

Depuis l’éruption de 2000  il se réveille de temps à autres et jaillit de nouveau à 60 mètres.

Nous étudions l’activité de Strokkur : l’eau du cratère commence à se balancer, puis se soulève doucement, redescend, le balancement s’accroît, une bulle aigue-marine se forme, enfle, le geyser jaillit dans un bruit d’enfer et se vaporise à une hauteur d’environ 20 mètres, ensuite l’eau se disperse, douchant les curieux, puis l’eau du cratère est à nouveau calme, par la suite, toutes les 2 à 10 minutes, le cycle se reproduit . Plus le temps entre deux jaillissements est important, plus le panache est élevé.

 

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                                                     Photo Skúll Þor Magnússon

Fascinés nous passons un long moment à nous repaître du spectacle, puis nous nous promenons au milieu d’autres geysers en sommeil, de fumerolles, de marmites grondantes, de vapeurs malodorantes.

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Nous sommes intrigués par un bruit inhabituel, c’est un groupe de chevaux islandais* qui trottent, non, qui töltent* sur la route goudronnée.

Les pompes à essence situées en face sont en panne et la jauge est au plus bas, le pompiste nous envoie à Reykholt situé à 25 kilomètres, mais en consultant la carte, nous constatons que sur notre chemin à Uthlíð à 15 kilomètres, se trouve une pompe. Tentons le coup. Nous n’avons droit qu’à 3000 couronnes soit 27 litres, cela nous suffira pour arriver jusqu’à une autre station-service. 

A quelques kilomètres, nous trouvons notre hébergement de Efsti-Dalur.  

11-Efsti.JPG Nous sommes accueillis par un affectueux chien blanc borgne qui ne nous lâche plus.

Notre chambre douillette est équipée d’une salle de bain privative bien que réservée en catégorie II.

Les fenêtres et la porte sont munies de rideaux. Deux bonnes nuits en perspective.

Notre charmante hôtesse nous signale que dorénavant, elle fait demi-pension. Alléchés par la bonne odeur qui s’échappe de la salle à manger, nous nous laissons tenter.

Nous dînons divinement : soupe poireaux pommes de terre, rôti de porc fumé, pommes de terre, chou rouge, mais toujours pas de dessert.

Nous nous rendons à Reykholt pour compléter le plein et laver notre voiture crasseuse.

 

Durant notre absence, notre hôte nous a préparé le hot-pot.

 

11-bain chaud

 

 

 

 

 

 

Nous nous laissons glisser dans une délicieuse eau chaude avec le chien blanc et son compagnon noir venus nous tenir compagnie. Ils sont si affectueux et démonstratifs que nous craignons qu’ils ne viennent  nous rejoindre.

 

 

 

 

 

 

Nous rédigeons nos cartes et le journal, puis nous nous lovons sous notre couette.

 

Demain sera encore une longue journée.

La F35 n’est pas aussi ardue et difficultueuse que nous le pensions.

*        Si vous voulez en savoir plus sur les chevaux islandais, voir le chapitre Le cheval islandais

**      Si vous voulez en savoir plus sur les pierres, voir le chapitre Géologie

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 12:11

Lundi 27 juin

 

Il pleut.

Nous avons passé une excellente nuit grâce aux rideaux épais.

Délectable petit déjeuner avec saumon fumé. De la fenêtre de la salle à manger, nous voyons l’usine de fumage alimentée par la géothermie.

Après avoir appelé le 1777, notre hôtesse nous informe que la piste F208 est totalement ouverte.

Nous voici rassurés, car le 16 juin, jour de notre départ, elle n’était que partiellement accessible  et le 17 juin notre hôte nous avertissait que la neige avait bloqué une partie déjà dégagée.

Nous voici partis vers Landmannalaugar et l’Eldgjá l’étape qui me soucie le plus.

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 Après quelques kilomètres au milieu des prairies, nous empruntons la 32 et longeons la Þjórsá ; la rivière, surplombée par le mont Hekla (montagne au manteau), s’étire en larges méandres parsemés d’îlots colonisés par les lupins.

 

 

 

 

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  Nous nous dirigeons vers la reconstitution de la ferme de Stöng, le Pompéi nordique.

Cette « maison longue » viking était habitée par Gaukur Trándilsson dont la saga a disparu, mais il en est fait référence dans la saga de Njáll le Brûlé.

 

 

 

En 1104, le volcan se réveilla et ensevelit la ferme et la vallée sous une abondante couche de cendres. Les archéologues mirent à jour la ferme en 1939. Ces excavations permirent de fournir de précieux renseignements concernant l'architecture viking de XII° siècle.

Celle que nous visitons en est une fidèle reconstitution, l’original se trouve à quelques kilomètres, à Skeljastaðir.

Les fondations sont en basalte, les murs en tourbe et le toit est recouvert d’herbe. Le bâtiment principal comporte deux pièces contiguës. Les dépendances (sanitaires et laiterie), accolées de chaque côté du bâtiment principal forment une croix.

Nous franchissons la  Þjórsá , traversons un sandur noir et rocailleux , longeons un chapelet de barrages hydroélectriques et bifurquons par la 26 vers Hrauneyjafoss où nous faisons le plein , bien plein pour ne pas se trouver à court, comme hier. La station, située au milieu de nulle part, est mitoyenne à un hôtel constitué d’algéco verdâtres accolés. C’est lugubre.

Nous  sommes à la croisée de deux pistes célèbres : le Sprengisandur et le Fjallabak.

Pour nous,  c’est la F208, le Fjallabak de sinistre réputation qui nous attend, les choses sérieuses commencent

La pluie cesse dès que nous nous engageons sur la F208.

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Les montagnes qui nous entourent passent du noir mat du basalte au noir de jais brillant de l’obsidienne, les coulées de lave rhomboïdales noires truffées de cristaux  scintillent sous le soleil qui succède à la pluie.

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Les mousses vertes fluorescentes zèbrent les flancs ocre, rose, rouille, vert, gris, brun,  jaune de ryolithe. C’est sublime. Il n’y a absolument personne, nous sommes les seuls rescapés de « la fin du monde ».

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Hypnotisés par tant de beauté, nous contemplons le spectacle changeant.

Quelles merveilles.

Une petite pluie fine et un vent coulis nous glacent les os.

 

Nous bifurquons vers le lac Ljótipollur (Infâme bourbier) malgré la désapprobation de Jean-Louis qui n’en mène pas large.

Arrivés au bord, nous nous extasions et Jean-Louis est obligé de reconnaître que c’eût été dommage de ne pas y aller voir.

Un lac bleu-vert sommeille au fond du cratère. Les flancs sont blanc, vert, noir, turquoise, ocre, gris, rouge, pourpre…

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Nous nous arrachons à regret de cette splendeur et découvrons une montagne dont le décor fait marcher notre imagination. Chacun y voit un personnage différent.

12-figureNous nous arrêtons au bord du lac Frostastaðavatn et nous émerveillons encore devant toutes ces couleurs plus délirantes les unes que les autres, on dirait qu’un peintre fou y a écrasé tous ses tubes et que la peinture a giclé partout.

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Le champ de lave de Laugahraun a pour origine une éruption au XV° siècle.

12-Laugarh1 12-Laugh2

Sous un timide soleil, nous franchissons les deux gués qui nous séparent du camp de Landmannalaugar (la vallée où les hommes se baignent nus). Le niveau de l’eau est assez élevé, mais nous passons.

L’eau est tiède et je patauge avec plaisir dans la petite rivière qui mène au camping.

Un groupe de septuagénaires allemands vêtus comme Baden Powell s’escriment à monter une gigantesque tente. Le « planté de sardines » dans la caillasse n’est pas aisé !!!

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Nous allons faire provision de cartes postales dans le vieux bus vert qui sert d’épicerie.

 

 

 

 

 

 
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Jean-Louis escalade la coulée de lave pendant que nous allons voir de plus près de quelle roche verte est composée la montagne que gravissent des randonneurs.

 

 

 

 

Maints bras de la rivière nous barrent la route, mais nous disposons des cailloux pour nous servir de gués.

Nous touchons la colline et nous sommes ébahis de constater qu’il s’agit de sable fin et friable. Une dune du Pyla verte.

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Je "grave" mes initiales qui s'effaceront dès la première pluie ou le premier coup de vent et nous repartons retrouver Jean-Louis.

 

 

 

Nous contemplons les ryolithes* polychromes du mont Brandsgil et les fumerolles de Brennisteinsalda.

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Un dernier regard sur Landmannalaugar qui restera gravé dans notre mémoire.

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En avant pour l’Eldgjá.

Une fois les deux gués franchis, nous reprenons la F208. La route est de plus en plus mauvaise. Si nous avons croisé quelques autocars 4 X 4 aux abords de Landmannalaugar, ici, la route nous appartient.
Zut, nous avons oublié de visiter les « toilettes les plus chères du monde » (voir  saga des
Gilabert).

 

La route surplombe les méandres d’une rivière, la vue est spectaculaire. 

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Des mousses en tapissent les bords.

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12-panor

 

 

 

 

 

 

 

Un panorama à couper le souffle.

 

 

 

 

Les gués se succèdent. Certains étroits et peu profonds, d’autres un peu plus profonds mais clairs. Le onzième nous laisse perplexes, mais nous passons sans que je ne me déchausse ; les quinzième et dix-septième sont bien larges mais notre « grande expérience » nous incite à traverser. Aux vingt-trois et vingt-quatrième, ça se corse, c’est large, ça bouillonne, l’eau est boueuse. Personne à l’horizon. Je me déchausse et fais trempette. Aujourd’hui l’eau est plus froide que d’habitude.

Il me faut plusieurs minutes pour trouver le passage, le niveau de l’eau est élevé et le lit de la rivière est plein de trous. Après quelques atermoiements, Nicolas, pas trop rassuré, franchit les deux gués. Nous avons vaincu la rivière Skaftá.

12-gue

Enfin, nous sommes devant  l’Eldgjá (la faille du feu). C’est la plus longue faille éruptive du globe (35 kilomètres environ) dont l’éruption remonte à 934.

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En 1956 le géologue B.C. Heezen établit la carte détaillée des fonds de l'Atlantique Nord, plus exactement de la dorsale médio - océanique (en 1873 on parlait déjà d'elle !!!). Le géologue venait de découvrir l'une des plus grandes fractures de l'écorce terrestre. Elle s'allonge de l'Islande jusqu'en Antarctique où elle décrit un "S ». On a du mal à l’imaginer.

Personne  pas âme qui vive, nul humain, nul oiseau, nul insecte ; le silence total, c’est comme si nous étions les seuls rescapés d’une catastrophe nucléaire.

Nous avons du mal à nous imaginer qu’à notre gauche se trouve la plaque tectonique américaine et qu’à notre droite se dresse la plaque européenne. Les bords s’éloignent de deux centimètres par an (c’est la dérive des continents). Et si c’était aujourd’hui ? Nous avons beau écarquiller les yeux, rien ne bouge …

Nous pique-niquons dans le rift devant ce spectacle insolite.

Il est déjà 16 heures, nous avions projeté de rendre visite à la cascade d'Ófærufoss qui s’élance de la lèvre nord-ouest de la faille, mais l’accès avec le 4X 4 en est interdit, il faudrait s’y rendre à pied et la balade dure 1h15.

Question : Si nous rebroussons chemin, 1l y a 24 gués à franchir ; les deux premiers difficiles, et  trois tangents. Faut-il revenir par Landmannalaugar, sachant que nous allons traîner pour admirer le paysage, ou faire le tour par le sud ?

Le sud nous semble plus raisonnable. C’est certainement plus long, mais c’est plus sage.

Nous traversons les deux premiers gués avec un petit pincement au cœur.

 

12-Skarf

 

 

 

 

 

 

Nous franchissons quelques gués dérisoires et plongeons vers la N1 par les monts Skaftartunga.

 

 

 

De l’herbe, des moutons, des vaches, des chevaux, des fermes, toutes ces choses  que nous avions oubliées !!!!!

Sur la N1, en une heure, nous ne croisons, ni ne doublons aucune voiture, pas âme qui vive.

Naturellement, de Vík à Hvolsvöllur, la pluie nous accompagne.

Retour à notre gîte d’Efsti-Dalur à dix neuf heures.

Nous dînons dans notre chambre et allons nous délasser dans le hot-pot. La pluie refait son apparition, mais nous sommes abrités sous le balcon.

Recrus de fatigue, nous nous glissons sous la couette douillette et nous remémorons cette journée inoubliable.

 

* Si vous voulez en savoir plus, voir le chapitre Géologie  

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 19:00

Mardi 28 juin

 

Il pleut, le brouillard est à notre porte, il ferait bon rester sous la couette.

Après avoir dégusté saumon fumé et filets de harengs (ce que je ne ferais jamais en France …), nous avons du mal à quitter ce havre de paix, sa charmante hôtesse et ses deux adorables toutous.

13-Thing-lac

 

 

 

 Après un arrêt à Laugarvatn et ses sources d’eau chaude au bord du lac, puis longé le lac Þingvallavatn (le plus vaste d’Islande),  nous continuons vers la dernière étape du « Cercle d’Or » : Þingvellir.

 

 

 

 Il est encore très tôt, dès que nous descendons de voiture, sur un parking désert, nous sommes émus par la sérénité qui se dégage de ce lieu.

Un rayon de soleil crève soudain la couche nuageuse pour célébrer cette

quiétude.

Une grande plaine en hémicycle striée de maints ruisseaux, une cascade dévalant de hautes falaises qui la délimite, une adorable petite église, des linaigrettes, des bouleaux nains, des oiseaux pépiant, tout concourt à cette impression d’harmonie.

Nous parcourons la plaine sur un cheminement en bois vers la paroi basaltique en pensant aux réunions du parlement (l’Alþing) qui se tenaient ici au X° siècle. Alors qu’à l’époque féodale tout le monde s’étripait pour régner, les « sauvages » vikings donnèrent ici une belle leçon de démocratie en écrivant en ce lieu les grandes pages de l’histoire islandaise. Les chefs de clans  (et tous les hommes libres)  décidaient de l’avenir du pays, statuaient sur les affaires courantes, unissaient leurs filles, arbitraient les conflits, négociaient la vente des biens  et des animaux. L’assemblée a été supprimée au XVIII° siècle lors de la suprématie norvégienne puis danoise, mais c’est ici, que se termina la domination danoise en 1944  et que fut proclamée l’indépendance de l’Islande. Le plus ancien code de lois d'Islande, Ùlfljòtslög, remonte à l'an 930. Les lois contenues dans le Jònsbòk entrèrent en vigueur en 1281, et certaines d'entre elles le sont encore de nos jours.

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Nous nous promenons dans les gorges de l’ Almannagjá (la Gorge de tous les hommes) et entre les fissures volcaniques. C’est le prolongement de celle de Grjótagjá que nous avions découverte le huitième jour. Nous avons du mal à imaginer que nous sommes entre les plaques tectoniques de l’Europe et de l’Amérique du nord. D’ordinaire, cela se passe dans les fonds marins, mais ici, chacun peut constater que l’écorce terrestre n’est pas un gros ballon rond.

13-thin-faille

En redescendant vers la voiture, nous nous arrêtons à la petite église construite en 1859 qui abrite une chaire datée de 1683. Cette église est celle de « la cloche d’Islande » de Halldór Laxness.

13-Thing-eglise2 13-Thing-eglise

13-thing stele

 

 

 

 

 

Un des deux petits cimetières contient uniquement  deux tombes, ce sont celles des plus grands poètes islandais : Jónas Hallgrímsson et Einar Benediktsson.

 

 

 

 

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Un petit tour vers la cascade de Öxaráfoss, et par la 52,  nous nous dirigeons vers la 550 dite la Kaldidalur (la vallée froide) qui n'a pas usurpé son nom.

 

 

  

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Cette piste ouverte aux véhicules « normaux » est digne d’une F. Nous n’avons doublé (avec bien des difficultés) que deux autocars qui peinaient. C’est un véritable désert de cailloux et de roches qui longe les glaciers Þórisjökull et Langjökull. La Kaldidalur était l’une des principales pistes de montagne empruntée par les colons durant la période des sagas. Après bien des cahots, tangages, roulis, secousses, trépidations, soubresauts, nous descendons dans une riante vallée où pâturent, sous le soleil, chevaux et moutons. Ca fait du bien de revoir des êtres vivants !!!

13-grotte

 

 

 

 Nous montons par la F578, piste de la Kalmanstunga,  sur la coulée basaltique vers les grottes de Stefanshellir et Surtshellir. Ces longues galeries sont issues de  fissures du Langjökull survenues au VIII° siècle. Jadis, s’y cachaient les hors-la-loi et les proscrits.

 

 

 

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Nous décidons de pique-niquer vers Kalmanstunga. Un gentil chien vient partager notre repas.

 

 

 

 

Plus loin, sur la Hvitá (rivière blanche), nous rencontrons la cascade d’eau limpide du Hraunfossar (cascade de la lave) et les chutes bouillonnantes de Barnafoss (chute des enfants) dénommée ainsi à cause de deux enfants qui y tombèrent un soir de Noël.

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13-Reykh-bain

  

  

 A Reykholt, petit village géothermal où fume la terre, nous découvrons le bain de  Snorri (Snorralaug) , alimenté par un aqueduc caché derrière une porte en bois. Le bain vient de la Skrifla, une source chaude proche. Snorri Sturluson était un homme politique et scalde (1179-1241), auteur de sagas islandaises.

 

 

13-Reykh-eglises

 

 

 

 

 

C'est étonnant pour un aussi petit village de rencontrer deux églises du même culte se faisant face.

 

 

 

 

 La plus grande (à gauche) a été achevée en 1996, elle jouxte un centre culturel dédié à Snorri Sturluson. C'est pour le renouveau culturel de Reykholt, lancé dans les années quatre-vingts, que la construction de cette nouvelle église, plus vaste, avait été décidée. On y donne des concerts tout au long de l'année et, chaque été, un festival de musique s'y déroule.
Celle de droite sur la photo est l'ancienne, elle est en bois et date de 1886. Elle avait été construite dans le style du modèle de l'époque, la cathédrale Dómkirkjan (1847, située place Austurvöllur à Reykjavík). Il y a quelques années elle était peinte en blanc et rouge.

13-ballots.JPG

 

 

 

 

 La route continue à travers les verts pâturages, de grosses balles de fourrage enveloppées de plastique blanc sont disséminées dans les champs attendant d’être rentrées pour nourrir le bétail l’hiver.

 

 

 

A Deildartunguhver, nous entrevoyons à travers les vapeurs la plus puissante source d’eau chaude du monde qui débite 180 litres d’eau par seconde à une température de 97°.

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Quelques secondes devant ces évents et nous obtenons un nettoyage de peau bien plus efficace que chez l’esthéticienne …

Cette eau bouillante chauffe d’immenses serres où poussent légumes et fruits.

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Devant cette serre, un petit kiosque en bois décoré attend que vous insériez vos 200 couronnes dans la tirelire en échange d’un sac de tomates. Les islandais sont très confiants.

 

 

 

 

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 Les villes d’Akranes et Borganes sont chauffées par un pipeline qui sort d’une petite usine.

 

 

 

 

 

A Varmaland, nous bifurquons le long de la vallée de la Norðurá pour aller gravir le volcan Grábrók.

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Un escalier, puis un petit sentier aménagé nous mènent au fond du cratère, les flancs sont couverts de scories rouge brique. Notre imagination ne fait qu’un tour et nous charrions Jean-Louis avec « ça chauffe » (voir jour 7).

Nous montons au sommet du grand Grábrók et en faisons le tour.

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De là, nous découvrons le petit Grábrók et les ruines d’un enclos à moutons qui dresse ses murets édifiés de blocs de lave.

 

 

 

 

 

Borgarnes, à l’embouchure du Borgarfjörður, nous avons une vue sur les glaciers Ok et Eíriksjökull.

 

13-Langa

  

  

 

 

Nous faisons nos emplettes et nous dirigeons vers notre hébergement de Ensku-Husín au bord de la rivière Langá.

 

 

 

 

 

 

 

 Lorsque nous apprenons que la traduction est : "maison anglaise", les blagues fusent : pas de mitigeur ni de mélangeur,  vieux parquets branlants, haricots rouges à la tomate au petit déjeuner, nourriture bouillie insipide.

Il est 18h30, des convives sont déjà à table.

13-lavabo

 

 

 

 

 

Quand nous visitons, la salle de bains est conforme au standard anglais : vieille baignoire sur pieds, lavabo immense avec deux robinets inaccessibles sur les côtés.

 

 

 

 

La chambre minuscule comporte un petit matelas posé par terre pour Nicolas. Nous regimbons, car c’est bon pour un enfant de cinq ans mais pas pour un adulte. Le patron nous propose de monter un sommier durant notre dîner, mais la patronne donne une autre chambre à Nicolas.

 

Surprises en passant à table. Le velouté de poulet au curry est un délice ; le pain maison aux oignons ou celui au cumin un régal, nous nous délectons du pesto qui l’accompagne ; le gigot doré et les pommes de terre rôties sont succulents, et que dire du crumble à la rhubarbe* et de la boule d’excellente glace à la vanille.

Ce n’est pas possible, le patron a dû faire ses études culinaires en France.

Et bien non, c’est en Suisse que le chef a fait ses armes.

La maison a été bâtie en 1884 par un Anglais et servait uniquement pour loger les pêcheurs. C’est dans les années 2000 que l’héritière, mariée au cuistot  Islandais, la transforma en maison d’hôtes.

Le chef nous a gentiment  confié sa recette de crumble.

En guise de promenade digestive, nous retournons à Borgarnes afin de laver la voiture bien souillée par le passage sur la  Kaldidalur. Deux stations sont dépourvues de lavage, celui de la troisième est en réfection.

Nous poussons jusqu’au bord de la baie de Faxaflói. Un peu plus à l’ouest, sur les récifs d'Álftanes, s'est échoué le "Pourquoi-Pas", navire du commandant Charcot en 1936.

Nous rentrons au gîte la voiture toujours aussi cra-cra.

Ici, pas de hot-pot, mais je me délasse sous une bonne douche bien chaude.

 

* La recette du crumble à la rhubarbe se trouve à la page Recettes.

 

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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