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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 18:07

Jeudi 11 juin 2009

 

2h20. réveil en fanfare. Deux bonshommes de nationalité indéterminée,  arrivés tardivement, rentrent en braillant comme en plein jour (d'ailleurs, il fait grand jour), claquent les portes et s'invectivent.

Si je me lève et les enguirlande, je ferai plus de bruit qu'eux, ils ne comprendront rien à ce que je leur dirai et on ne sait jamais, ce sont peut-être des êtres malfaisants qui hantent les lieux. La côte de Barðaströnd est réputée pour ses fantômes…

Les douches sont modernes, équipées de jets d'hydro massages. Le hic est que dans celle que j'occupe, le robinet thermostatique est bloqué. Si j'insiste, je me  retrouve façon homard thermidor. J'attends que l'autre se libère pour y aller. Je sais qu'elle fonctionne car les cloisons ne touchant pas le plafond, j'entends mon voisin qui gémit de plaisir.

Ici, la propreté n'est pas la première des préoccupations : les poubelles n'ont pas été vidées depuis le début de la saison touristique, les douches ne sont pas nettes, elles n'ont pas vu le Cif depuis longtemps ; sous les lits, on trouve une bergerie.

Les prises ne sont pas aux normes européennes.

Dans la salle de bains à la douche bloquée, pas de miroir devant la glace ni de prise pour que les messieurs se rasent.

Petit déjeuner copieux préparé par la Walkyrie qui s'avère être une étudiante embauchée pour la saison estivale.

Une adresse à ne pas recommander.

 

Nous voici partis. A gauche, le ciel est clair et bleu, le soleil brille. A droite, c'est brumeux et pluvieux. Dommage, c'est à droite que nous allons direction le fjord de Patreksfjörður.

Au bout de trois kilomètres, je me rends compte que nous avons oublié les bouteilles d'eau au réfrigérateur ainsi que le skyr. Laisser la flotte, pas d'importance, mais le skyr, pas question !!!

Nous reprenons la route 62 et longeons la mer bordée de pré où broutent des moutons.

A droite, la montagne noire, sinistre qui s'effrite, laissant cailloux et rochers sur les pentes.

La route quitte le bord de mer pour grimper jusqu'au col des Kleifaheiði.


Le paysage est grandiose.



Avant d'atteindre le col, de nombreuses plaques de neige sont encore présentes.




Nous faisons un arrêt pour saluer la statue (Kleifabði) réalisée en 1947 par les ouvriers pour fêter la fin de la partie la plus difficile de la construction de la route. A l'origine, il aurait dû tenir une pelle au bout du bras qui dépasse.

La tradition locale veut que si on ne lui dit pas bonjour en arrivant et au-revoir en partant, ça porte malheur!!!



Puis, c'est la descente vertigineuse vers le fjord de Patreksfjörður.

Nous l'attendons longtemps ; à chaque virage nous disons : Il est encore loin le fjord de Patrick ?


Le voici, superbe, majestueux, terminé par un genre de marais salant.



Nous laissons la route 62, à droite, qui conduit à Patreksfjörður et prenons la route 612 à  gauche qui ne tarde pas à devenir en terre au niveau du Garðar, navire norvégien échoué ici en 1981.


Ce bateau, construit en 1912 était utilisé pour la chasse aux phoques et la pêche.



Nous tournons à gauche par la route gravillonnée 614 très raide, au début caillouteuse puis tôle ondulée et enfin bien entretenue.




Dans la descente, au détour d'un des nombreux virages, apparaît la baie de Rauðisandur (baie des sables rouges).


En fait, le sable est ocre rosé. Il brille au soleil. C'est superbe cette immense langue de sable, cette mer bleue se confondant avec le ciel et ces prairies vert tendre.













Nous continuons à droite et stoppons devant l'église de Saurbær. Tout est fermé, y compris les volets. Elle est noire avec un toit rouge. Nous n'en avons pas encore vu de semblable.



Nous allons jusqu'au bout de la route, à Lambavatn.

Les fossés sont bordés de populage des marais. 




Jean-Louis n'a pas envie de faire la petite randonnée.

Nous revenons et empruntons le chemin de randonnée situé devant l'église.


C'est curieux, le pictogramme du panneau indiquant le sentier de randonnée semble adapté à l'âge des participants !!!




Au bout de 300 mètres, Jean-Louis oblique vers l'estran et trouve un monticule herbeux où nous pique-niquons (skyr en dessert, bien sûr…)

Nous repartons en direction de la ferme de Melanes.

Jean-Louis a très envie d'aller jusqu'aux ruines de Sjöundá tristement célèbres à cause d'une histoire d'amour tragique.

Nous traversons la cour d'une ferme et nous ne trouvons personne. Je n'aime pas entrer chez les gens sans autorisation, même si un panneau indique la direction.

Le chemin n'est pas tracé, nous cheminons une centaine de mètres dans des fondrières. Je m'embourbe plusieurs fois et nous faisons demi-tour.

Nous reprenons la voiture et remontons la route 614. Nous tournons à gauche pour continuer par la route 612 qui borde le fjord.


Au niveau du flugvöllur (aérodrome) de Sandoddi, juste en face de Patreksfjörður, nous sommes surpris de voir toute cette région sableuse.




La grande plage de Vatnsdalur invite à la baignade. Je n'ai pas emporté mon maillot de bain en Damart...


Au détour d'un virage, nous voyons deux bateaux puis un avion. Nous sommes arrivés au musée de Hnjótur.



Comme à Skógar, un fermier, Egill Ólafsson, a récupéré et collectionné divers ustensiles anciens de la région des Vestfirðir offrant un aperçu de la vie quotidienne des siècles passés. On y trouve différents objets liés à l'activité économique de la première moitié du XX° siècle servant aux différents corps de métiers de la région : barques et outils de pêcheurs… on y trouve même un pygargue naturalisé, une chaire et son prédicateur ainsi que deux cercueils !!!

Ces accessoires offrent un bon aperçu de la lutte du peuple pour l'existence et l'ingéniosité qu'il a fallu pour survivre dans des conditions difficiles.

Pas aussi complet que celui de Skógar, mais très intéressant.


Un  hangar abrite un Antonov russe AN-2  avec des ailes toilées, construit en Pologne en 1967. Egill en a fait l'acquisition en 1993, l'appareil, servant au transport de fret, ayant subi une avarie alors qu'il atterrissait sur l'aérodrome d'Eyri.


S'y trouvent également : une vieille voiture et une embarcation. Les moyens de transports air, terre, mer réunis dans un même entrepôt.




Devant ce hangar, on trouve aussi un DC3 de l'armée américaine basée à Keflavík.




Après avoir dégusté un thé accompagné d'une excellente gaufre chantilly-myrtille, nous reprenons la route 612 A l'intersection,  nous bifurquons à droite par la route 615 pour rejoindre notre hébergement : l'hôtel Látrabjarg.


Nous sommes logés dans une chambre à trois lits, mais il n'y a pas de miroir au-dessus du lavabo. Pratique pour se raser… La bonde du lavabo fuit, pas facile de faire tremper du linge…



La vue est superbe sur le Patreksfjörður et l'embouchure de l'Orlygshöfn, petit fjord secondaire.



Le repas étant servi à 19h, il reste une heure pour explorer les environs.

Nous poursuivons la route 615 en terre puis graviers, puis caillasse et trous. C'est là qu'on se dit qu'on a bien fait d'investir dans la location d'un 4 X 4.


Nous dérangeons les sternes qui nidifient sur le chemin et dans les prés alentours








Nous descendons vers la plage de sable fin de Hænuvík. Une jeune fille tient une boutique d'artisanat dans la ferme de ses parents. Elle tricote durant les longues soirées d'hiver. Nous nous laissons tenter par une paire de chaussettes pour bébé. Sa petite sœur va chercher un agneau afin que nous le caressions. Il me tète le doigt, heureusement que ses dents sont à peine sorties !!


Un court instant, un bain de pieds dans la mer me tente, mais l'eau à 3° et la température de l'air m'en dissuadent.




Retour à l'hôtel où nous est servie une soupe à la tomate, du haddock et du riz ainsi qu'un bol de skyr à la crème. C'était bon, mais ça avait un goût de trop peu. 5900 ISK ou 35 € par personne, demain, nous pique-niquerons !!

Nous reprenons la voiture et allons faire un repérage de route pour demain.

Nous empruntons la route 612 en direction de Breiðavík. "Gravier volant" et tôle ondulée, ça secoue de partout ; on dirait que la voiture va se disloquer.

Pas un mouton, pas un cheval, pas un oiseau, pas un végétal ; un désert minéral noir.

Notre vallée était à l'ombre mais celle de Breiðavík ensoleillée.

Nous nous promenons sur la plage de sable fin.


Il fait chaud. Je suis en polo à manches courtes. Je n'ai même pas pensé à me tremper les pieds dans la mer.



Nous retournons à la voiture garée devant l'hébergement de Farmholidays et entrons afin de consulter nos messages sur Internet. Le premier quart d'heure est gratuit mais à cause de la connexion 56K, au bout du temps imparti nous ne somme même pas connectés sur notre messagerie.
Ce sera pour une autre fois.
Retour au bercail où nous écrivons jusqu'à minuit trente sans allumer.


Voici ce que je vois de la fenêtre à minuit ce 11 juin.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 14:13

Vendredi 12 juin 2009

 

La nuit a été calme : pas d'esprit, pas de braillard.
Une surprise nous attend, il n'y a pas de verrou dans la douche commune ; ça commence à faire beaucoup.
Nous ne sommes pas habitués à fréquenter les hôtels de luxe, mais pour 98 € on peut s'attendre à un miroir au-dessus du lavabo, à un lavabo qui ne fuit pas, et à un verrou à une douche. Même dans les hôtels F1 il y a plus de confort et de services.

Je pose mes chaussons devant la porte et laisse couler l'eau durant la phase savonnage (je sais, ce n'est pas écolo). Lors de la phase essuyage, je parle. La journée s'annonce trop belle pour la gâcher par une chanson…

Petit-déjeuner léger, à l'instar du dîner.

Une adresse à ne pas retenir...


Le ciel est bleu, parcouru de nuages blancs.

Patreksfjörður brille au fond du fjord calme.


La mer est calme, la plage déserte…



Un petit vent frais, froid (3°) fait osciller l'herbe.

Préparez-vous les oiseaux, nous arrivons !!!!!!!!!

 

Surprise, la route 612 que nous avions vue noire hier est rose et les bas côtés moussus. Ou c'est une hallucination collective, ou ils ont repeint cette nuit.


A partir de Breiðavík, les silènes violines et les renoncules âcres (boutons d'or) reviennent, puis ce sont les moutons.










Silène acaule





















Renoncule âcre












Il faut attendre d'être en vue de la plage de sable blanc de Latravík pour apercevoir des oiseaux.

La plage est interdite à cause de la nidification.
Nous voyons plusieurs pluviers dorés se dandiner sur les bas-côtés.

Nous sommes enfin à Látrabjarg (falaise de la fertilité).


C'est le point le plus occidental de l'Europe comme l'indique l'enseigne du pizzaïolo local.



C'est ici que nidifient les plus grands rassemblements d'oiseaux du monde (c'est ce qui est écrit sur les guides…).

Un chemin dallé gravit la pente de la falaise, puis un petit sentier longe le rebord.


A la première falaise, nous sommes accueillis par des milliers de mouettes tridactyles, pétrels et pingouins torda. Ils sont rigolos avec leur vol pataud. Chaque corniche, replat, anfractuosité est occupé par des dizaines d'oiseaux, pépiant, ricanant, braillant… Quel concert !!











Mouettes tridactyles


















Colonie de guillemots













Nous cheminons le long de la falaise, nous aplatissant dès que nous entendons pépier. Des guillemots de Brünnich, des pingouins torda, des pétrels, des guillemots de Troïl, des mouettes, mais seulement une demi-douzaine de macareux.


Il doit bien y en des macareux puisqu'il y a des nids creusés dans le sol herbeux.

Je les aime ces petits oiseaux au bec multicolore. Ils ne sont pas farouches à condition qu'on ne fasse pas de bruit et qu'on les approche sans geste brusque.

 



Le guillemot de Brünnich est reconnaissable à son ventre blanc et son dos noir mat, seul son bec est souligné d'un trait blanc. Il pond un unique œuf directement sur le bord de la falaise.

 









Guillemot de
Brünnich et son oeuf
vert












Son cousin le guillemot de Troïl est noir brillant et blanc, l'œil  cerclé de blanc et terminé par un long trait fin (guillemot de Troïl bridé), le bec également souligné de blanc.

Cet oiseau niche généralement en colonies denses au milieu des falaises et pond son unique œuf directement sur le roc ou le sol. Les œufs ont la forme d'une poire, de telle façon qu'ils pivotent sur eux-mêmes lorsqu'ils sont dérangés, et ne tombent pas en bas de la falaise.







Guillemot de Troïl et
Guillemot de Brünnich





















oeuf de guillemot















Le guillemot à miroir est noir, un triangle blanc posé sur ses ailes. L'intérieur de son bec est rouge vif ainsi que ses pattes.

 









Guillemot à miroir














Le pingouin torda a le dos noir et le ventre blanc. Il est doté de pattes de canard. De son œil part un fin trait blanc jusqu'à son bec. Une rayure blanche traverse le bout des ailes et le bec. Ils nichent souvent côte à côte avec le guillemot de Troïl.

 








Pingouin torda















Qui est passé par ici ? Voici les restes de son déjeuner.

 







Restes du festin du goëland














Dans la mer, nous apercevons une baleine, plus exactement un mesoplodon bidens ou Baleine de Sowerby

 

Nous redescendons jusqu'au phare. Je suis déçue, terriblement déçue. Si les macareux désertent Ingólfshöfði  et Látrabjarg, ou sont-ils ? Est-ce dû au réchauffement climatique ? En ont-ils assez des touristes qui viennent les déranger ?


Nous déjeunons sous un chaud soleil devant les ruines de Brunnanupar, ancien port de pêche désaffecté en 1620 mais dont l'activité reprit jusqu'en 1880.



En remontant vers Breiðavík, nous obliquons à droite, direction Keflavík (pas l'aéroport) par la lande de Látraheiði.


La route est caillouteuse et raide, mais pas pire que la 612 ou la 614. Pas âme qui vive.



Des stères de dalles extraites des flancs de la montagne attendent que les camions viennent les chercher.

Nous découvrons Breiðavík et sa baie, les falaises de Látrabjarg, au loin, le Snæfellsjökull enneigé et en haut d'un blindhead (sommet de côte sans visibilité), la baie de Rauðisandur. C'est magnifique, grandiose, sublime, majestueux… Le sable ocre rougeoie au soleil.








Baie de Rauðisandur













Falaises de Latrabjarg, au loin le Snæfellsjökull enneigé









Jean-Louis s'arrête devant le panneau "réservé au 4 X 4" et nous continuons à pieds.
Un peu tard pour prévenir !!! Il faudrait être inconscient pour venir jusqu'ici avec une voiture "normale"...


Nous découvrons le poste de secours dans le fond de la baie de Keflavík.



Quelques pavots arctiques poussent courageusement dans la caillasse.


Comme il n'y a aucune autre route, nous remontons par le même chemin et remarquons un lagopède courant dans le pierrier, se confondant avec les cailloux.

Nous décidons d'aller visiter Patreksfjörður afin de gagner du temps car la journée de demain est très chargée.


Nous nous arrêtons au musée de Hnjótur et Jean-Louis déguste un œuf de guillemot à la coque et moi, une gaufre chantilly-myrtille. J'essaie de le culpabiliser en le traitant de goéland, en lui faisant prendre conscience que des parents pleurent un bébé en devenir. Ce cœur insensible continue sa dégustation sans aucun remord.





Nous sommes contents d'arriver en vue du Garðar, car c'est là que la route goudronnée commence.



Dès que nous sommes de l'autre côté du fjord, les lupins illuminent les bas-côtés.
Nous cherchons une station service. Il n'y a que N1 et là, nous faisons connaissance avec les cartes prépayées. Il faut acheter une carte à 3000, 5000 ou 10 000 ISK qui ne sert qu'une fois. Pour s'en sortir, il faut bien gérer le compteur et connaître la moyenne de la consommation d'essence du véhicule. Pas moyen de faire le vrai plein. Une galère quand on sait le peu de stations installées dans les Vestfirðir. De plus, les stations sont majoritairement dirigées par N1. Alors, pas moyen de s'en exonérer.

Nous pique-niquons dans une rue au-dessus du port dans un champ de pissenlits et lupins.

Patreksfjörður est une jolie ville (900 habitants) étagée sur quatre niveaux. Il y a très peu de boutiques. Les jeunes doivent s'ennuyer comme des rats morts. Heureusement qu'on trouve une piscine.

 

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:07


Samedi 13 juin 2009

 

Petit déjeuner aussi léger que celui d'hier.
Le temps est couvert mais le ciel est bleu au-dessus de Patreksfjörður.

Vingt-trois kilomètres de route 615 et 612 en tape cul nous attendent avant de rejoindre le navire norvégien Garðar.

Nous retournons à Patrek, espérant trouver une boulangerie (utopie) ou une épicerie autre que la station service.

Nous pensions que les deux boutiques repérées hier soir avec un trèfle comme logo et commençant par Spar seraient des épiceries. Que nenni, ce sont des banques.


Nous attaquons la route 63 qui s'élève très vite par une pente à 10% vers les sommets enneigés. Arrivés au col, le cirque grandiose nous barre l'horizon.


Nous descendons vers Tálknafjörður par une pente vertigineuse à 12%.

C'est un très joli village dont toutes les coquettes maisons sont fleuries de tulipes et jonquilles ou décorées de maisonnettes à elfes.



Nous nous arrêtons au café Kaffihús et demandons s'il existe une boulangerie ou une épicerie. Pas de commerce, hormis l'inévitable station-service N1.

Le comptoir du café nous intrigue : des cases fermées comme dans une salle des coffres. Nous demandons à la tenancière s'il s'agit de décoration, mais ce sont bien des boîtes à lettres. Le café fait office d'agence postale ainsi les fermiers des alentours peuvent venir chercher leur courrier à toute heure. A côté, un grand coffre fort. La "bistrotière" délivre également l'argent aux habitants.



En voyant notre carte, la cafetière nous demande d'où nous venons et où nous allons.

Lorsque nous lui indiquons Þingeyri, elle nous dit que c'est là qu'elle a rencontré son mari et qu'elle connaît bien la ferme d'Alviðra où nous sommes attendus ce soir.

Dans le fjord, des bassins d'élevage de crevettes. "L'or rose des fjords". Sur les rives, des arbres, beaucoup d'arbres.

Nous reprenons la route en direction de Bíldudalur. Ça grimpe dur. Superbes vues sur le fjord.

Au sommet des hautes landes de Tunguheiði, encore de la neige.



Les échappées sur l'Arnarfjörður (fjord de l'aigle) et Bíldudalur sont époustouflantes.



Bíldudalur est une petite ville plaisante, mais les maisons sont moins coquettes, les jardins moins soignés qu'à Tálknafjörður.

Nous empruntons la route en terre 619 en direction de Selárdalur, à la pointe de la péninsule.


De jolies maisons entourées d'arbres sont disposées sur les flancs de la falaise ou posées dans la vallée non loin des plages de sable blond.










Hvestudalur




















La petite maison
dans la prairie












A Hringsdalskumlið  des fouilles archéologiques ont débuté suite à la trouvaille d'un fémur humain.

Arrivés à Selárdalur, nous découvrons l'œuvre de Samúel Jónsson. Il a résidé ici jusqu'à son décès en 1969.

Samúel était un passionné du béton armé. Il a passé sa vie à construire une église, une maison, des décors dans ce matériau. Un Picassiette ou facteur Cheval islandais...

L'ensemble est en rénovation depuis plusieurs années et les travaux semblent stoppés.

Dans l'église, on trouve une reproduction de Saint Pierre de Rome.



Dehors, attendant des jours meilleurs, une fontaine aux lions et la représentation naïve de Leif Eriksson apercevant les côtes de la future Amérique qu'il dénommera Vinland.


On découvre également un nourrisseur de phoques et de morse, un cygne et le pignon d'une bâtisse étayé.

Sa maison, ornée d'un chapiteau où sont posés deux lions a été repeinte en rose, blanc et jaune.

Était-ce comme ceci au temps de Samúel ? Celui-ci était amoureux du béton. Toutes ses réalisations sont conçues dans ce matériau.


A l'aller comme au retour, je scrute la mer et chaque rocher : pas de phoque. Si j'ai bien compris ce que me disaient les eiders, il y a une grande cousinade annuelle de phoques à Ytri-Tunga le jour de la fête nationale et comme c'est assez loin, ils sont déjà partis.

Nous déjeunons dans l'herbe épaisse qui jouxte l'église et reprenons la route en terre 619 vers Bíldudalur où nous faisons connaissance avec la pompe à essence Shell automatique. Ça m'énerve, pas moyen de faire le plein, plein. Il faut annoncer avant de se servir la somme.

Donc, il faut connaître la contenance du réservoir, le kilométrage depuis le dernier plein, la consommation de la voiture, l'âge du pompiste (inexistant), savoir faire une règle de trois.

Comme paramètre, il nous manquait juste la contenance du réservoir.

Pour nous remettre de toutes ces émotions (il faut bien se justifier), nous entrons dans la petite épicerie-bistrot-pizzéria-journaux-glacier-pâtissier adjacente. Jean-Louis se régale d'un gâteau à la framboise servi avec un cordage de Chantilly et moi d'une glace Brynja, la meilleure d'Islande (c'est la pub qui l'affirme).

Nous repartons par la route 63 qui se transforme en piste en terre au grand dam de mon mari qui déteste ce revêtement et se traîne à 30/40 km/h.

C'est d'abord le Fossfjörður qui doit son nom à la cascade qui jaillit au fond du fjord, puis c'est le Reykjarfjördur (fjord des vapeurs) où nous guettons la piscine à l'air libre.

Reyka signifie vapeur, donc l'eau doit être chaude.

Elle est tiède : 26°. Après un déshabillage dans la cabane délabrée, je me coule dans l'eau. Le fond est tapissé d'algues glissantes. Je n'aime pas la sensation gluante. Ça ne sent pas le soufre et le tuyau laisse pisser un fin filet d'eau froide. Jean-Louis essaie de tourner la vanne mais c'est rouillé. Je sors rapidement et suis saisie par le froid et le vent glacial. Si ça ne guérit pas ma bronchite, ça m'achèvera.

Rhabillée  plus vite qu'il ne faut pour l'écrire, nous repartons vers les cascades de Dynjandi.


Le troisième sous-fjord se nomme Trostansfjörður, c'est ici que la route quitte les rives du fjord pour s'élever rapidement sur les hauts plateaux où nous attend la neige.



Lorsque je descends (souvent) de la voiture pour photographier, le vent pince les oreilles.

Les panoramas sont tellement extraordinaires ici, que l'on voudrait tout photographier, mais l'image rendue est une pâle représentation de ce que voient les yeux.


Arrivés au-dessus du canyon du quatrième fjord, le Geirþjófsjörður, c'est l'extase, on en prend un sacré coup au cœur.



Ces quatre fjords sont les "quatre doigts" qui composent les Suðurfirðir (les fjords du sud de l'Arnarfjörður).


Nous poursuivons, toujours à petite vitesse, jusqu'aux six chutes de Dynjandi dont la plus imposante se nomme le voile de la mariée.


Il y a beaucoup de monde, nous retrouvons le gros monstre des Suisses que nous avions déjà croisé à Látrabjarg et Sandoddi.



18h45, il est temps de repartir. Nous devrions être arrivés à la ferme d'Alviðra. Comme nos GSM ne fonctionnent pas, impossible de prévenir nos hôtes ; les cabines téléphoniques ne courent pas les rues.

Mon mari met le turbo et c'est à 60 km/h que nous attaquons les "deux derniers doigts" de l'Arnarfjörður : le Dynjandisvogur et le Borgarfjörður.



Vue l'heure avancée, à mon grand regret, nous ne nous arrêtons pas à Hrafnseyri visiter la maison natale et le musée Jón Sigurðsson, ce grand homme politique, héros national islandais.

Il est né ici le 17 juin 1811. Toute sa vie, il s'est battu pacifiquement afin que on pays obtienne son indépendance.

C'était un historien et homme politique qui fut le leader du "mouvement pacifiste pour l'indépendance de l'Islande", alors rattachée au Royaume de Danemark.

Jón avait été élu à l'Alþing en 1844 comme député pour le comté d'Ísafjörður. Il était parvenu à conserver ce siège durant toute sa vie bien qu'il ne soit pas venu à toutes les sessions de l'Alþing. A vrai dire, il vint à treize des dix-sept sessions qui se tinrent durant sa vie. Il se rendit également au Þjóðfundur (Grand rassemblement national) en 1851. Là il a guidé les Islandais dans leur résistance à l'adoption de la Constitution danoise de 1849.

La Constitution ne fut jamais formellement adoptée en Islande, et après des années de lutte, le gouvernement danois octroya à l'Islande, en 1874, une constitution limitée, lui garantissant une large autonomie dans les affaires intérieures.

Le 17 juin, date de son anniversaire, a été choisi par les Islandais pour la proclamation de l'indépendance de la République d'Islande. Cela se passa à Þingvellir le 17 juin 1944, le jour de son 133e anniversaire.
Et depuis, cette date est celle de la fête nationale islandaise.

Il est souvent considéré comme « le Président » (Jón forseti) par les Islandais. La principale raison à cela est qu'il fut, à partir de 1851 président du département de la Hið íslenska bókmenntafélag (Société de littérature islandaise) de Copenhague. Il fut également président de l'Alþing à plusieurs reprises, la première fois en 1849.


Grand virage à droite et nous montons vers les sommets enneigés des "Alpes islandaises".

La côte est rude, nous n'avançons pas vite, les paysages arides et déserts sont splendides. Les vues sur l'Arnarfjörður sont spectaculaires. Arrivés au col d'Hrafnseyrarheiði, des congères nous surprennent. Puis nous plongeons vers le Dýrafjörður par une pente de 15% à la vitesse de 20 km/h.










Hvammsfjall













Les lacets sont très serrés. Bientôt ce sont les lupins et Þingeyri.


Ouf, voici la route 60 goudronnée durant dix-huit kilomètres.

A mi fjord, un pont nous permet de nous exonérer de l'autre moitié du fjord.

Voici la route en terre 624 dont les huit kilomètres sont vite avalés.

A 20h15, nous arrivons à la ferme d'Alviðra. La jeune étudiante qui parle un peu français et connaît Paris nous accueille et nous accompagne à l'annexe où nous serons seuls.



La jeune fille nous déconseille d'aller nous promener en face dans les champs qui bordent le Dýrafjörður car c'est une réserve de nidification.

Un peu plus à droite se trouvent les eiders dont les nids sont signalés par des fanions.


Ainsi, il est facile pour le propriétaire du champ d'aller récolter une partie du duvet que madame eider a arraché de son ventre pour préparer un berceau douillet pour ses petits (les eiderets ?). Le duvet fin et chaud  ainsi vendu pour confectionner le "nec plus ultra" de la couette permettra de mettre "du beurre dans les épinards" ou "de la crème dans le skyr".

Ici, la rhubarbe est gigantesque, tout comme les pissenlits monstrueux. C'est dû à la terre très pauvre en bactéries et en matières organiques ainsi qu'au climat : bien frais en été, bien humide toute l'année, rarement soleil direct et avec angle faible. Je voudrais bien que ma rhubarbe atteigne cette taille. Pour les pissenlits, je me contente de la taille des miens !!!


De la fenêtre de la salle à manger, nous avons une vue superbe sur le fjord et les montagnes.



Minuit et demi, je tente de m'endormir dans cette chambre si claire que je peux lire sans lumière.


Jean-Louis entre et me dit : C'est beau, les sommets enneigés sont roses, où est ton appareil ?



Je marmonne : sur la table, mais la curiosité l'emporte sur l'envie de dormir et je me lève. Ce n'est pas beau, c'est splendide. J'insiste (lourdement) afin que nous allions voir le coucher-lever du soleil à l'église de Sæbol, côté Önundarfjörður, mais il en a assez de la montagne. Nous irons jusqu'au bout de la route au bord du fjord Dýrafjörður et puis c'est tout !!!

Le temps d'enfiler un pantalon et un polo sur mon pyjama et me voici prête à partir.

C'est de plus en plus beau, toute la montagne est rosée ainsi que le ciel au fond du fjord.



Nous laissons la voiture au bord de la route et continuons à pieds par le sentier. La lumière change à chaque instant, c'est, c'est, C'EST… pas de mot pour exprimer une telle beauté.

Dommage que la pointe de Barði nous cache le soleil, nous ne verrons pas le coucher et le lever sur la mer.

Jean-Louis ne regrette pas d'être ressorti. De toute façon, c'est lui qui m'a tirée du lit. Il faut assumer.

2h, nous nous lovons sous la couette.

 

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:10


Dimanche 14 juin 2009

 

Copieux et superbe petit déjeuner chez notre hôte.

La jeune fille a préparé un somptueux buffet dans la salle à manger familiale.



C'est très joli, très cosy ; les portraits de famille de plusieurs générations ornent les murs et le dessus du buffet, une petite bibliothèque contient, entre autre, les Sagas islandaises.



Je ne voudrais pas être chargée d'épousseter.


Discussion, par l'entremise de la jeune fille,  avec notre hôte qui ne parle que l'islandais. Ce n'est pas lui qui sculpte les bois flottés exposés devant sa maison.


 



Nous nous rendons à l'hôtel Núpur, ancien pensionnat.

L'église est fermée.

Nous ne trouvons pas le jardin expérimental "Skrúður" que le père Sigtryggur créa en 1905 afin de transplanter en Islande des végétaux qui n'y poussaient pas habituellement.

A la ferme d'élevage d'eiders de Mýrar ( les marais), la propriétaire nous informe que les canards sont tous partis en mer avec les petits et que nous ne pouvons pas voir une partie des 7000 nids.


Nous revenons à Þingeyri afin de gravir le mont Sandafell et découvrir le panorama.










Þingeyri vu du Sandafell




















Vue du Sandafell














Malheureusement le temps est couvert et il commencer à bérouiner (ne cherchez pas ce mot sur le dictionnaire, c'est du tourangeau équivalant de bruiner), mais les panoramas sont superbes.








le Dyrarfjörður
vu du Sandafell

















L'embouchure du
Dyrarfjörður













Les lupins commencent juste à fleurir.


Direction Ísafjörður par la route goudronnée 60. Nous sommes vite arrivés au col de Gemlufallsheiði où subsistent quelques plaques de neige. Et c'est la descente vers l' Önundarfjörður.

Nous obliquons à gauche par la route en direction de Flateyri.




La plage de sable blond est déserte, pourtant elle est renommée pour ses bains de mer.


A une encablure de l'église, nous apercevons le barrage anti-avalanches édifié après les éboulements de 1995 qui ont anéantis une partie du village.



Le tour de la ville est vite fait, c'est triste et lugubre. Si Flateyri a été une ville riche du temps de la morue et de l'églefin, c'est maintenant un village qui se meurt doucement.

Les maisons et les entrepôts ne sont pas entretenus, voire délabrés.

Nous repartons vers Ísafjörður.


Nous ne tardons pas à entrer dans le tunnel à trois branches en "Y"(Breiðadals og Botnsheiðar). J'en explique le fonctionnement spécifique à Jean-Louis. Au bout de quelques mètres, le tunnel devient à voie unique puis se sépare en deux branches. L'une mène à Ísafjörður, l'autre à Suðureyri. Si un véhicule se présente en sens inverse, il doit se ranger dans les renfoncements prévus, indiqués par un "M".



Justement, une voiture arrive en face de nous et se gare bien gentiment dans son alvéole. Nous ne croisons que cinq voitures. Jean-Louis respire lorsque nous arrivons au bout du tunnel en vue d' Ísafjörður, la capitale des Vestfirðir.

C'est une ville de 4000 habitants qui semble au premier abord coquette et bien soignée.

Elle est édifiée sur une digue qui paraît barrer le fjord.


Une fois la rue principale qui longe le fjord et les deux autres parallèles passées, ça se gâte.

Les maisons et les entrepôts sont mal ou pas entretenus, ça sent la misère et le squat.



Nous arrivons devant notre guesthouse, "la Factor house".

Cette maison fut construite par un groupe de Norvégiens en 1788, après l’abolition du monopole du commerce en Islande. Ils construisirent huit maisons à Ísafjörður et la Factor’s House est la seule qui reste. En 1975, elle devint bâtiment protégé.


Un panneau nous envoie à la "maison bleue". Nous sonnons aux deux portes : personne. Comme il est 13h, nous pensons qu'ils sont allés déjeuner en famille. Nous allons le faire le plein de ravitaillement chez Bonus et déjeunons au-dessus du golf.

Nous décidons de nous rendre à Bolungarvík, ville ou a été tourné le film Nói Albinói.


La route longe le fjord Ísafjarðardjúp, un voilier vogue sur l'eau glacée.



Au niveau se Hnífsdalur se creuse le tunnel "Oshlíd" qui ressortira aux abords de Bolungarvík ainsi qu'un paravalanche.

La route est dangereuse ici, elle est protégée pare quatre pare-éboulis édifiés entre 1983 et 1994. A voir leur état et les rochers amassés au pied, leur construction n'a pas été programmée au hasard. De nombreux filets métalliques défoncés démontrent leur utilité. Il existe aussi des barrages de cailloux encagés et des parapets en tôle d'acier complètent l'équipement de sécurité.

Bolungarvík est située dans un secteur de couloirs d'avalanches et se trouve enneigés dès l'automne.

 











Phare d'Ósvór












Au hameau de Ósvór, en contrebas de la route, se trouve le musée.

Le pêcheur-guide qui devrait s'occuper de la visite discute avec des Islandais et ne s'occupe absolument pas des deux pauvres Français que nous sommes, pas plus que du couple d'Anglais.

Qu'importe, nous visiterons seuls.

Il n'a même pas revêtu son habit en peau de mouton. Tout fout le camp…


 








Maison d'habitation
et atelier de travail

















L'habitation est
située au premier
étage



















On travaille au
rez-de chaussée



















Une botte en peau de
poisson












En regardant le film Nói Albinói, j'imaginais Bolungarvík comme un village avec quelques maisons délabrées et l'inévitable station-service, mais c'est une petite ville qui s'offre à nous.



Petites maisons sur de petits terrains, mais pelouses bien tondues et jardins fleuris de tulipes ; quelques banques et commerces en plus de la grande station –service.

Nous empruntons la route en terre 630 en direction de la baie de Skálavík.

Ayant atteint le col, une surprise nous attend : des congères plus hautes que le Jimny et un froid arctique.



La descente vers la mer s'effectue au pas.


La neige fait place à un tapis rose ; ce sont des (thym ou saxifrage ?) qui tapissent les bas côtés de la vallée de Breiðabólsdalur.


Tout en bas, dans la large vallée qui précède la plage de sable noir, sont dispersées des sumarhús, chalets d'été, que les habitants de Bolungarvík, Ísafjörður et autres villes investissent dès les premiers beaux jours. Aujourd'hui, nous sommes dimanche et devant presque chaque chalet est garé un gros 4 X 4.

Jean-Louis me certifie que c'est le Groenland que nous apercevons à l'horizon. Il a beau se trouver à deux cents kilomètres, je maintiens que ce sont des nuages.

Après un tour sur la plage (où nous ne voyons aucun phoque), nous remontons frigorifiés.

Le col est sous la brume et Bolungarvík au loin, n'est pas très visible. Il pleut, mais le soleil brille encore sur Ísafjörður. Le temps que nous y arrivions, la pluie arrose également la ville.

18h30, nous retournons à la maison bleue, toujours porte close.

Nous passons le temps au super marché Sankaup et réalisons une étude de prix. Sans conteste, Bonus est meilleur marché, surtout pour le skyr.

19h15, toujours personne à la maison bleue.

Et si ce n'était pas la bonne maison ?

Il s'avère que c'est la maison au toit bleu situé à droite de la "Factor House" et non pas la maison bleue située à gauche, qui doit nous accueillir ce soir.

Je me voyais mal dormir dans le Jimny…

La chambre située en sous-sol est confortable. Nous dînerons au chaud dans la cuisine.

Ouf !!!

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 21:34

Lundi 15 juin 2009

 

Nuit paisible.

Nous allons prendre notre petit-déjeuner à la boulangerie-salon de thé située devant l'hôtel Ísafjörður.

Notre hôtesse ne prépare pas le petit-déjeuner et nous a dit de laisser les clefs sur la porte. Qu'on ne la dérange pas !!!

Le gite est agréable et propre, mais l'accueil…

Au salon de thé, nous discutons avec une québécoise d'une soixantaine d'années qui visite les fjords, seule, à vélo. Elle est bien courageuse.


Nous nous promenons à pieds dans le vieux quartier. Beaucoup de maisons pimpantes et bien entretenues, d'autres moins.

























Jean-Louis s'étant habitué au tunnel, direction Suðureyri.



Dans ce sens, nous ne sommes pas prioritaires.

Pas une voiture d' Ísafjörður à Suðureyri.











Fjord
de Súgandafjörður











Suðureyri vit du poisson et ça se sent...

A la station-service N1, le café est gratuit, même si on ne prend pas de carburant.

Sur le bord du fjord Sugandafjörður, nous trouvons un kayakiste qui a quitté  Reykjavík depuis quinze jours et se rend tout au nord dans les Hornstrandir. Il est heureux, car depuis son départ il n'a eu que du beau temps.

Retour vers Ísafjörður.
A l'entrée du tunnel, dans le virage sans visibilité, nous croisons un énorme camion et sa remorque qui tiennent à peine dans le renfoncement. Ce sera le seul véhicule que nous verrons.

Petite angoisse à l'approche du croisement, mais rien à l'horizon.

Il n'y avait pas de quoi "se mettre la rate au court-bouillon".

Nous tournons à droite en direction de Súðavík.


Nous traversons un "quartier chic" d'Ísafjörður composé de jolies maisons colorées, puis c'est le début du grand Ísafjarðardjúp, appelé plus simplement le Djùp (que l'on prononce Dioup).



Après la pointe d'Arnarnes (le cap de l'aigle), commence l'Alftafjörður (le fjord du cygne).



Au débouché, se trouve le village de Súðavík.


Nous nous arrêtons dans un café décoré "années 60" pour y déguster une pylsa : photos de Marylin, Betty Boop, sièges en skaï rouge, poubelle "route 66"… Toute une époque.





Nous descendons le long de l'Alftafjörður et découvrons les belles maisons peintes et fleuries de Súðavík.
Ici, parait-il, l'argent coule à flots ; c'est la crevette élevée dans les fermes aquacoles du fjord qui génère les revenus.









ferme aquacole













Entre deux groupes de maisons, une ruine dont les éboulis de la montagne ont été laissés en l'état en souvenir de l'avalanche qui a  englouti tout un quartier laissant derrière elle 24 corps sans vie.

En remontant l'autre rive du fjord, nous en voyons la saignée meurtrière.


Du cap Kambsnes, nous découvrons l'île de Vigur, accessible depuis Ísafjörður. Avec Æðey en face, ce sont les deux seules îles habitées du fjord.









Île de Vigur,
au fond, le
Snæfjallaströnd
enneigé












Comment font les enfants pour aller à l'école ? Ces îliens sont des éleveurs d'ovins et d'eiders.

Nous longeons maintenant le Seyðisfjörður puis le Hestfjörður (fjord des chevaux) que nous surnommons le fjord des cascades.

Des versants est et ouest dévalent des myriades de cascades se frayant un chemin au milieu des bouleaux nains et des myrtilliers vierges de fruits en cette saison.





Du cap Hvítanes, nous avons une vue différente sur l'île allongée de  Vigur.

Nous longeons maintenant le fjord de Skötufjörður.


Un chien nous attend devant la ferme de Litlibær (petite ferme).

Cette ferme, construite en 1895 a été habitée jusqu'en 1969. La maison d'habitation est minuscule (3.90 sur 7.40 mètres). Il fut un temps où une vingtaine de personnes y vivaient !!!



Deux appentis servant de cuisine se trouvaient près de là. On y pratiquait la pêche et l'agriculture.


Le Skötufjörður est aussi désert que le Hestfjörður, les maisons ont toutes été abandonnées au fil du temps. Seuls des panneaux aux noms barrés et le nom de la ferme entre parenthèses sur la carte nous en rappellent l'existence.

Nous n'avons jamais vu autant de camions roulant "à tombeau ouvert" que cette route goudronnée 61 qui suit les rives du Skötufjörður. Où vont-ils, que transportent-ils ?

Ce fjord, le  Skötufjörður, nous le surnommons : le fjord aux eiders. De nombreuses colonies de mâles dorment sur les rives tandis que les mamans éduquent les poussins en bordure de plage. Dès que nous nous arrêtons pour les photographier, les pères s'envolent tandis que les mamans continuent de voguer avec les petits.

Du cap Ögurnes, la vue est encore différente sur l'île de Vigur.

En face, nous voyons les flancs enneigés de Snæfjallströnd (la côte des montagnes enneigées), nous avons l'impression que la température a baissé rien qu'à les admirer !!!


Au loin, nous apercevons l'église et le minuscule village d'Ögur ainsi qu'un immense rassemblement de voitures. Que se passe-t-il ?

Le dernier ferry a appareillé dans les années 40, ce ne sont donc pas les amis venus chercher les passagers venant d' Ísafjörður.

En nous approchant, nous découvrons qu'il s'agit de la "casse" de Garðstaðir ; six cents voitures qui rouillent tranquillement dans la cour de la ferme. Beaucoup moins romantique que le ferry…



Nous avons beau faire deux allers et retour de la ferme de Strandsel à Ögur, nous ne voyons aucun phoque. Un eider m'interpelle et me lance : On t'a déjà dit qu'ils étaient à la cousinade d'Ytri-Tunga" !!!


Une échelle permet aux saumons de remonter le cours de la Laugardalsá.



Le pont de Hrútey qui permet de franchir le fjord de Mjóifjörður, pour rejoindre directement Reykjanes, est fermé pour cause de travaux.


Tous les camions descendent le long du fjord par la route en terre 61. Ça fait une belle poussière !!

Au fond du fjord, nous obliquons vers la ferme d'Heydalur où nous sommes attendus.

Nous avons loué un chalet catégorie C à 136 € pour six personnes car la chambre en catégorie IV proposée pour deux coûtait 70 € par personne et nous ne pouvions pas cuisiner.

La réceptionniste trouve le bon d'échange bizarre car nous ne sommes que deux. Elle appelle sa collègue qui veut à tout prix nous fourguer sa chambre et nous imposer un dîner.

Nous réussissons à joindre Sólveig qui s'était occupée de nos réservations chez Farmholidays et elle explique aux réceptionnistes que ce sumarhús est bien pour nous. Où est le problème ? Nous avons payé et que nous soyons un, deux ou six quelle importance ? Tout ça nous a fait perdre plus d'une heure en pinaillage stérile.


Une jeune fille nous accompagne, enfin, à notre cottage situé au bord du fjord. Un petit paradis !!

 























De la terrasse,
je ne vois que la
route qui poudroie,
que l'herbe qui verdoie
que le fjord qui chatoie,









et que les pavots qui rougeoient...














Nous ne serons pas dérangés par les voisins !!!


Nous nous installons puis partons par la route en terre 61 vers Reykjanes. Les camions défilent et la côte à 12% qui mène au col ne les effraie pas.

Arrivés au col d'Alftaborgir, des plaques de neige strient les bords de la route.


Un refuge rouge bien haubanné laisse présager de fortes rafales de vent.


Lorsque nous atteignons le fjord Ísafjörður, la route 61 fait place à la 633 goudronnée. C'est une véritable autoroute. La bande axiale n'est même pas tracée au sol, nous avons l'impression qu'un comité d'accueil nous attend au bout avec le ruban tricolore et des ciseaux…

La route 634 succède à la 633. Nous arrivons à Reykjanes et obliquons vers la droite en direction de l'hôtel d'été et de la station-service.

Encore une N1 ; à carte ou autre ? Sur la porte, nous trouvons un panneau demandant de s'adresser à l'hôtel. L'hôtelière déboule sur son scooter et débloque la pompe. Nous pouvons enfin faire le plein, plein.

La piscine est en réfection.

Ça fume de partout.

Nous nous faisons confirmer que la crique de Hveravík est bien celle qui se trouve à une centaine de mètres. Nous partons en reconnaissance à travers les champs fumants.


Quelle est tiède cette eau de mer : 25-26°, comme à la Guadeloupe et ça fume !!!



 


Le temps de remonter le pantalon et d'enfiler les sandales de plage pour ne pas s'esquinter sur les cailloux et coquilles de moules pointues et nous voici barbotant. Par endroits, l'eau atteint 65° : trop chaud. Nous revenons vite vers le coin à 25-35°, c'est plus agréable.

 

Nous pataugeons un moment puis repartons par la belle route goudronnée en direction du pont en rénovation. Nous virons vers la route en terre 633 qui longe le fjord Mjóifjörður et retrouvons notre sumarhús.


Un lagopède sort de dessous la maison et va se poser sur un rocher devant la terrasse. Il reste ainsi plus d'une demi-heure, le temps que  nous dînons, à se faire admirer.



Puis nous reprenons notre Jimny et cheminons sur le chemin défoncé qui nous conduit au paradis.

En bas de la ferme d'Heydalur, de l'autre côté de la rivière Heydalisá (du bon côté pour nous), se trouve un petit bassin d'eau chaude naturel (Galtarbryggjarlaug) (hot-pot) entouré de populages des marais, (fleurettes jaunes) qui contient une eau à 38-40°.



Une fois déshabillés dans la hutte attenante, il ne reste plus qu'à se laisser glisser dans cette eau délicieuse et à profiter des bienfaits de la terre volcanique. Ça fume, mais ça ne sent pas le soufre ; c'est bon, ça délie les muscles noueux.



L'Islande, c'est le pied.



La pluie commence à tomber, qu'importe, nous sommes dans une bonne eau chaude.


Nous remarquons un troll surgi de la brume qui nous observe.



Il faut bien sortir ; je m'entortille dans ma serviette et rentre dégoulinant dans la voiture.

Le lagopède nous attend et se sauve à peine lorsqu'il nous voit. Il nous connaît maintenant.

Comme nous sommes bien dans notre sumarhús. Nous profitons bien de nos 136 € !!!

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 00:22

Mardi 16 juin

 

3h, le soleil est déjà haut sur le Mjóifjörður mais seulement deux petits degrés au thermomètre. Les oiseaux pépient.



C'est difficile de dormir avec ce jour incessant.

Je ne suis pas certaine de m'être rendormie.

9h. Au-revoir petit chalet.

Nous partons par la route en terre 61.

Comme il a plu hier soir, les camions et les voitures ne soulèvent pas de poussière.


Le fjord est calme, pas une risée, un véritable miroir, les sumarhús et les montagnes s'y reflètent. Seul le sillage des canards vient troubler l'onde claire.



Nous nous arrêtons tous les cent mètres pour photographier. A ce rythme, nous ne sommes pas prêts d'arriver à Hólmavík…

Il fait moins beau qu'à 3h, mais la température est montée à 11°.

Cette fois-ci, nous obliquons à droite par la route goudronnée 633 et remontons l'Ísafjörður.

C'est vraiment superbe ces cascades et ces failles profondes qui se reflètent dans les eaux sombres du fjord.



Peu après un terrain d'aviation, la route se sépare. Nous prenons à gauche la route 635 en terre qui permet de rouler à 60 km/h. Du jamais vu…


Les berges de Langadalsströnd abritent des colonies d'eiders et d'oies qui s'envolent dès que nous nous arrêtons.





Oies cendrées







Quelques fermes, églises et sumarhús animent le paysage désertique.

Des brebis et leurs agneaux batifolent dans les grasses prairies entourant les fermes.


Arrive le fjord de Kaldalón (lagune froide).



Il fait tout de suite plus froid.


Les flancs des Lónseyrarfjall sont griffés de mille cascades saignant des fils d'argent scintillants.










Ne dirait-on pas
la carte d'Islande ?











Au fond du fjord, c'est le domaine des oiseaux : cygnes, huîtriers, chevaliers, courlis, sternes, bécassine, lagopèdes…








Cygnes










Bécassine des marais










Courlis Condrieu et huîtrier pie









Huîtrier pie












Lagopède













Pluvier doré










Ils ne doivent pas voir des hordes de touristes tous les jours…

Jean-Louis n'a pas trop envie d'aller se balader vers la moraine glaciaire ; moi qui avais investi dans l'achat de chaussettes doubles pour cette occasion, je les étrennerai un autre jour…

Il n'a pas envie non plus de poursuivre la route jusqu'au bout du bout, la ferme abandonnée de Tyrðilmýri.


Nous montons quelques mètres sur la butte et découvrons des dryades à huit pétales et des bouleaux nains poussant à ras de terre.







Dryades à huit pétales











Bouleau nain










Plus loin, c'est la cardamine et la céraiste qui bravent le froid.





Cardaminopsis petræa et deschampsia alpina











Cerastium arcticum








Nous déjeunons devant la roche basaltique qui rend hommage à Sigvaldi S. Kaldalóns (1841-1946), médecin dans le dans le Nauteyrarhreppur, à l'extrême nord-ouest de l'Islande et compositeur de musique.



Il a séjourné à la ferme appelée Ármulí, près du fjord Kaldalón et prit le nom de celui-ci.



Un couple de chevalier nous gratifie d'un ballet aérien. De toute évidence, nous gênons.



Nous repartons par la même route toujours déserte.

Nous traversons toute la péninsule par la route 61 qui grimpe fortement vers les hautes landes de Steingrimsfjaðarheiði.

Il fait un froid polaire, arctique, sibérien. Bref, il fait très froid.


Le vent souffle et nous plaque contre la voiture lorsque nous descendons photographier les mille lacs en eau libre, enneigés ou gelés.


Nous sommes le 16 juin et il ne doit faire beaucoup plus de 0°.

La hauteur maximale de ces hautes landes est de 352 mètres mais on se croirait en haute montagne.

La descente vertigineuse nous ramène vertes prairies et moutons, cascades et rivières.

Nous abordons maintenant le Steingrímsfjörður et filons vers Hólmavík capitale du Strandir, haut lieu de la sorcellerie.

Avant d'aller visiter le musée, nous décidons de faire le ravitaillement en skyr au petit supermarché situé à côté de la station-service N1 dont les pompes fonctionnent uniquement avec une carte.

Chez Bonus, le skyr est à moins de 100 ISK, ici, à plus de 200 ISK. Je plains les pauvres gens qui n'ont que ce magasin pour faire leurs courses !

Adieu le skyr.

Nous achetons des poires, ça suffira…


Au musée, nous sommes accueillis par un sorcier qui nous donne un guide rédigé en français.

Cela nous permet d'apprendre quelques coutumes pour le moins étranges, par exemple la nécro-culotte ou nábrók : le sorcier dépeçait un cadavre masculin de la taille aux doigts de pieds et enfilait cette peau qui se confondait avec la sienne. Puis il devait voler une pièce à une veuve et là commençait l'histoire…



Lorsque nous sortons, le soleil brille, le ciel est bleu céruléen, la mer bleu turquin.


Au loin, les cimes enneigées de la péninsule de Vatnsnes. C'est somptueux.


Nous nous promenons dans ce charmant village,





et allons déguster une énorme glace-chantilly au café Riis.
Nous poursuivons notre route jusqu'à notre hébergement de Kirkjoból.

C'est un garçon d'une douzaine d'années qui nous reçoit. Ses parents sont absents, ils reviendront demain. Il nous fait visiter et nous indique que c'est sa petite sœur qui s'occupera du petit déjeuner demain matin…

Il y a au moins quatre autres couples avec nous répartis dans deux maisons. C'est une grosse responsabilité pour ces enfants.

Comme il fait beau, nous continuons la route 61, dont une partie est en terre, jusqu'au fond du fjord Kollafjörður.

Nous découvrons l'île de Grímsey (pas l'île aux oiseaux située sur le cercle polaire) qui abritait un élevage de renards arctiques.


Sur la plage, de grands tas de bois flotté bien alignés ; plus loin sur la grève, du bois flotté, en vrac, arrivé depuis peu avec du plastique, des filets et autres cochonneries.


Le bois venu de Sibérie, rendu pratiquement imputrescible par son passage dans l'eau salée depuis toutes ces années est une aubaine pour les découvreurs.

Nous voulons pique-niquer sur les hauteurs, à côté de l'église Kollafjarðarnes mais un vent glacial et violent nous en dissuade.

Ce sera donc dans notre gite.

22h, nous sommes sur la plage à guetter les oiseaux. Ensemble, nous crions : t'as vu la baleine ? en montrant le même endroit. Etait-ce vraiment une baleine ou une vague frappant un écueil ? Nous ne le saurons jamais.

Hormis les eiders et chevaliers habituels, nous avons vu juste un petit guillemot à miroir.

Superbe coucher de soleil.

Le vent se lève, il fait très froid.

Rentrons.


 Les lutins, dans leur petite maison, nous protègerons ce soir...

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 23:36

Mercredi 17 juin

 

Nuit paisible à Kirkjuból troublée seulement par le bla-bla des huîtriers.

J'attache fermement le drapeau islandais au rétroviseur et nous partons petit-déjeuner.



La maman a tout préparé dans des boîtes hermétiques et la petite n'a eu qu'à les ouvrir. Elle a fait chauffer le lait, l'eau et le café mais a oublié le lait froid. Faute de lait, je prendrai deux fois du súrmjólk (il faut bien trouver une excuse…).
Nous partons en direction d'Hólmavík pour rejoindre la côte du Strandir baignée par l'immense Húnaflói.

Les maisons d' Hólmavík ne sont pas pavoisées, rien n'indique qu'en ce 17 juin c'est la fête nationale, notre 14 juillet à nous.

Nous pensions croiser un défilé, rien de tout ça.
Il fait frisquet ce matin : 4°, le vent souffle et le Steingrímsfjörður n'est pas aussi calme qu'hier. Les vagues se cassent sur les écueils provoquant des éclats d'écume blanche.


Notre drapeau qui claque au vent fait fuir les brebis et agneaux à notre approche.



A Hveravík (la baie bouillante), quelques kilomètres avant le village de Drangsnes, ça fume au bord de la route et en face dans la mer où eiders et canetons profitent de cette bonne eau tiède venue du fond de la terre.



Drangsnes, fin de la route goudronnée. Les couleurs ont été hissées sur les maisons.

Nous assistons au lever du drapeau officiel au croisement de la route qui mène à la piscine.

En France, dans chaque village, on trouve un bistrot ; en Islande, même dans une bourgade de 80 âmes comme ici, c'est une piscine…


Nous disons au revoir au petit phare jaune de Grímsey et continuons notre route qui longe la côte battue par le vent.



Toutes les maisons ont été abandonnées. Ne restent que de rares fermes et sumarhús.

Voici le Bjarnarfjörður (fjord des enfants). Du bois flotté jonche les grèves ainsi que de vieux bidons et filets de pêche jetés là par quelque tempête. Le bois flotté a même traversé la route, c'est dire la violence du vent et des flots.



Ici, c'est le domaine des pluviers dorés et des lagopèdes ; quelques huîtriers fouillent les vasières.


Au bout du fjord, une annexe du musée de la sorcellerie d'Hólmavík. C'est fermé en ce jour de fête nationale. On y trouve également deux vénérables maisons en tourbe et un bain naturel du XII° siècle.




Une grande piscine alimentée par l'eau chaude prodiguée par Dame Nature jouxte l'hôtel de Laugarhóll.

L'eau du bout du fjord est d'argent comme du mercure, plate, sans vague, sans ride, on dirait que la montagne fume comme s'il venait de s'y produire une éruption. Tout est gris. Il va pleuvoir d'ici peu.

Dans le fjord une multitude de boules rondes est posée là, venus d'on ne sais où, comme une myriade de têtes de phoques hypothétiques. Ce ne sont que des cailloux…



Les côtes sont de plus en plus déchiquetées, les vagues de plus en plus grosses, le vent de plus en plus violent.


Le brouillard descend doucement des Balafjöll.


Nous nous disons que les sorciers ont préparé la soupe magique et ont soulevé le couvercle de la marmite, d'où cette vapeur. Ils nous attendent pour nous y plonger.


La petite baie de Kaldbaksvík est déserte.


Toutes les maisons sont indiquées sur la carte entre parenthèse et barrées sur les panneaux. Rien, pas un oiseau, pas un mouton, pas une voiture croisée depuis Drangsnes ; que nous.

Les grèves sont envahies de bois flotté : fortune de mer.

Perçus comme un don de Dieu, car chaque jour ramené sur la plage par les puissants courants venus de Sibérie, maintes églises ont été édifiées grâce à cette ressource inépuisable.

A partir du refuge d'urgence fortement haubané situé au fond du fjord de Veiðileysa, nous sommes entourés d'un épais brouillard. On ne rigole plus avec les sorciers. On n'y voit rien de rien. Heureusement que des poteaux jaunes sont plantés au bord du précipice pour nous indiquer la route. Ça grimpe de plus en plus, la neige est de plus en plus présente. Il pleut, on n'y voit goutte. C'est ça la véritable Islande, nous commencions à en avoir assez de ce beau temps depuis neuf jours !!!

Nous croisons trois voitures d'un seul coup ; c'est bien le moment !!!

Nous descendons vers le Reykjarfjörður et le brouillard se délite un peu.

Nous apercevons à peine l'ancienne usine de traitement du  poisson où nous sommes attendus.


Quand il voit l'état du bâtiment, Jean-Louis est désespéré, je lui laisse croire que c'est ici que nous allons dormir.



Nous faisons le tour du bâtiment et arrivons devant l'hôtel Djupavík, une jolie bâtisse rouge et blanc surmontée d'un grand balcon.



Nous dormirons dans l'ancien dortoir des femmes (Kvennabragginn) rénové par Jóna notre hôtesse et son mari.


Nous occupons une des chambres du premier étage qui accueillait alors six saleuses de harengs.


A l'époque, il n'y avait certainement pas de lavabo dans un coin  ni salles de bains dans le couloir ni de salon bibliothèque accueillant.

Au rez-de-chaussée, le restaurant décoré d'objets anciens. On nous sert une délicieuse soupe de tomates. De quoi nous réchauffer. Nous allions repartir lorsque Jóna nous indique qu'elle jouera l'hymne national à 14h au saxophone et qu'il y aura un défilé.

Si je m'attendais à ça au bout du monde !!!

J'imagine déjà la fanfare au grand complet, Monsieur le Maire dans son beau costume, les dames en habit traditionnel, les enfants agitant les drapeaux, pas les majorettes, mais presque.


13h59, Jóna remet un drapeau à son fils et aux deux petites filles des touristes qui logeaient avec nous à Kirkjuból et le défilé commence :



Jóna en tête qui joue les hymnes au  saxophone, se battant avec le vent et les pinces à linge qui maintiennent ses partitions, suivie de son fils et des six touristes présents.

Cent mètres aller, cent mètres retour.

Et ça se termine ainsi sous les applaudissements chaleureux des participants.

C'est idiot, mais je trouve que c'était particulièrement émouvant cette fête nationale et cette ferveur qui s'en dégageait, dans ces conditions extrêmes, isolés, ventés, sous la pluie battante.
Je m'en souviendrai longtemps de ce 17 juin islandais.

La pluie ne cesse pas, nous partons en direction de la rive nord du Reykjarfjörður.

Le brouillard est plus diffus mais nous ne distinguons pas grand-chose de l'autre côté du fjord.

A mi-chemin de Gjögur, la piste se coule entre la montagne et les rochers qui, tels des trolls surgis de la brume, semblent vouloir nous enserrer.


La route grimpe en corniche et le brouillard nous cache les rives du Reykjarfjörður. Ça tombe bien, comme il n'y a plus de piquets jaunes nous ne voyons pas le vide.


Le brouillard se dissipe et nous distinguons la neige. Elle est partout : sur les flancs des montagnes, dans les fossés et même sur la plage. Un 17 juin…



Encore et toujours du bois flotté sur le rivage, ici, il sert d'abri aux moutons.



Sur la baie de Trékyllisvík, la brume est tellement dense qu'on ne distingue même pas l'île d'Arnesey où vit une des plus abondantes colonies d'eiders d'Islande.

Sur la mer déchaînée, quelques familles de canards se font chambouler par les vagues puissantes.


Nous nous arrêtons à Arnes visiter le musée de Kört. Je pensais que l'on pouvait voir une collection d'objets confectionnés en bois flotté mais c'est un recueil d'outils et ustensiles ménagers usuels retraçant la vie des Islandais au début du XX° siècle.




Après ceux de Skógar et Hnjótur,  celui-ci paraît bien petit.

Nous bifurquons enfin sur la piste qui conduit à Krossnes (le cap de la croix) puis à la piscine de Krossneslaug (les bains du cap de la croix).


Nous sommes un peu déçus car il y a déjà deux voitures garées sur les galets et nous apercevons six personnes barbotant dans l'eau fumante.



Nous descendons par la piste cailloutée (à ne surtout pas faire) et remontons illico prêts à nous faire aider par les baigneurs en cas de besoin.

Le temps d'effectuer toutes ces manœuvres et les nageurs rejoignent leur véhicule.

A nous Krossneslaug !!!


Après avoir glissé nos 250 ISK réglementaires dans la tirelire, nous nous déshabillons et filons sous la douche bien chaude pour nous savonner aux endroits stratégiques expliqués par une affichette différente de celles vues en 2005 et 2006.




Ici, bien que situé au bout du monde, tout est nickel, chauffé, tous les produits destinés à la et aux toilettes sont en place.

Puis nous nous précipitons dans l'eau fumante à 38°.

Que c'est bon cette eau bien chaude alors que la température de l'air n'est que de 2°.

Ça fait un bien fou, ça dénoue les muscles tendus par la route empierrée.

Vue sur la mer démontée et les bois flottés.

Une brebis et ses deux agneaux nous espionnent depuis le haut de la butte.

Je tente de faire la planche, mais c'est plutôt le fer à repasser. Cette eau n'a aucune portance.

Ça sent le soufre et le chlore.


La brume tombe de plus en plus se confondant avec la vapeur dégagée par la piscine.

Nous disparaissons peu à peu. Les sorciers et les trolls ont eu raison de nous;



C'est irréel, fantasmagorique, féérique, surnaturel cette sensation de douce torpeur à côté des éléments déchaînés.

Nous reprenons la même route qu'à l'aller et nous arrêtons à Norðurfjörður au bord du fjord éponyme.

C'est un port composé d'une maison d'hôte, d'une épicerie-station service-banque et d'un café.

Déprimant par ce temps !!!


Nous nous arrêtons à Arnes pour photographier les deux églises qui se font face.

Une traditionnelle et une moderne, pour une poignée d'habitants...





Attaque en règle par les sternes.





Je lève le bras muni de l'appareil photo pour m'en prémunir et en profite pour essayer de leur tirer le portrait. Le temps est si couvert que l'appareil met un temps fou à se déclencher et les sternes sont déjà loin lorsque la photo se prend.

Si elles m'avaient laissée gentiment passer, ça n'aurait pris que 30 secondes, là, j'y ai passé plus de 5 minutes et je suis trempée.


Retour bien au chaud à Djupavík.



Le repas nous attend : une délicieuse soupe aux champignons suivie de morue à l'islandaise et de skyr aux myrtilles. De quoi nous remettre des émotions de la journée.


Nous sommes épuisés et montons dans notre chambre douillette d'où nous voyons la mer furieuse se briser sur les rochers et la pluie cingler nos fenêtres.



Nous nous endormons en revivant cette fête nationale étrange et cette piscine du bout du bout du monde.

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 21:20

Jeudi 18 juin

 

Nous avons bien dormi dans ce Kvennabragginn. Ce matin, nous pensons à ces femmes, à leurs mains rongées par le sel et nous parlons de Karitas (voir le roman : Karitas, sans titre de Kristín Marja Baldursdóttir).

 


Cette journée, je sens que je ne vais pas l'aimer.

Nous quittons les fjords de l'ouest et c'est la fin de la première partie du séjour.

 










Usine de harengs
et cascade












La brume s'est dissipée, nous apercevons l'autre rive du fjord et la cascade, qui bien que distante d'à peine 50 mètres, nous était cachée.

Cette nuit, bagarre entre sternes. Les moutons comptaient les points en bêlant à qui mieux- mieux.

Jóna nous a préparé un excellent petit-déjeuner auquel nous faisons honneur. Les harengs sont marinés par ses soins. Ceux au curry sont excellents, mais avec les chaos de la route…

Après avoir pris congé de notre hôtesse et du jeune homme qui faisait beaucoup d'efforts pour parler français, nous repartons.


Aujourd'hui, nous voyons la route et la partie qui nous avait semblé si ardue à l'aller s'avère roulante. Les bords de mer sont toujours aussi déchiquetés et battus par les vagues.


Le vent a dû souffler très fort hier car du bois flotté gît sur la route et sur les bas-côtés.



Nous admirons les cascades qui griffent les flancs des Balafjöll.


Tous les panneaux indiquant les maisons qui n'existent plus nous remémorent qu'il y a une cinquantaine d'années des gens vivaient ici et ont été obligés de s'expatrier.

C'est émouvant d'y penser.
Arrivées en vue du fjord  Bjarnarfjörður, c'est le calme plat, pas une vague, pas une ride.

Nous coupons la péninsule de Drangsnes et poursuivons la piste 643 qui offre des vues superbes sur le Steingrímsfjörður.



Voici la route 61 bien goudronnée.

Nous achetons une carte de 3000 ISK chez N1 à Hólmavík.

Ça m'énerve cette gestion du carburant !!!


On nous a dit que la route 605, la Tröllatunguheiði (route de la lande des trolls) est la plus courte, la meilleure et la plus jolie.

 



Après quelques kilomètres de bonne route en terre, réservée aux 4X 4, commencent les ornières, les gros cailloux, les fondrières, le bourbier… La piste est totalement défoncée.

Dans la vallée, tout en bas, on aperçoit les camions et pelleteuses qui construisent une belle route qui prolongera la route en terre passant par Gestsstaðir et longera le cours de la rivière.

En attendant l'inauguration, nous continuons à gravir la pente à 12% dans la neige et la gadoue.

Nous évitons un gros caillou rond peint en rouge, ça c'est la version de mon mari, moi je suis certaine que c'était le bonnet rouge d'un troll qui sortait de son trou.

La Tröllatunguheiði, plus courte kilomètriquement certainement, plus belle, je veux bien le croire, mais meilleure, NON et NON. On nous a menti à moins que la route ne se soit dégradée depuis 2005.


Voici maintenant des congères des deux côtés. Il ne manquait plus que ça !!!



La route est parsemée de nombreux petits lacs, certains encore gelés.



Nous abordons la descente : pente à 14%, même état de piste.



Je maudis mon informateur.


On en a bavé, mais voici qu'une échappée nous laisse entrevoir le Króksfjörður et les montagnes ensoleillées du Fagradalshlíð. Splendide, superbe.



Toute peine mérite salaire et là, c'est bien payé !!!

Nous ne sommes pas au bout de nos efforts. Encore sept kilomètres à 14% dans la caillasse à moins de 10 km/h.

Il nous aura fallu pas loin de deux heures pour parcourir les vingt-six kilomètres de la Tröllatunguheiði.

Ces satanés trolls ont tout fait pour nous en dissuader, mais nous sommes passés.

Cette route n'est ouverte que l'été.

 Au temps des sagas, les personnes qui empruntaient ce passage appréhendaient la rencontre avec les trolls malfaisants qui hantaient les lieux. Pour aborder la piste il leur fallait une bonne dose de vaillance.

Avant d'affronter la  Tröllatunguheiði, j'avais demandé à Jean-Louis s'il se sentait du courage. Et bien, il lui en a fallu !!!


La route goudronnée 60 se transforme en une longue digue rendue célèbre par la pub Peugeot.



Elle permet de traverser le Gilsfjörður en neuf kilomètres au lieu des trente faisant le tour du fjord.

Une belle réalisation.

Jimny se sent des ailes, il aborde la Svinadalur (vallée des cygnes) récemment goudronnée à 100 km/h. Hooooooooo, doucement fier destrier, c'est limité à 90 !!

Le col est vite franchi et c'est une belle vallée qui s'offre à nous.

Nous tentons de trouver un coin à l'abri du vent pour pique-niquer, mais ce sera dans la voiture. La bise est vraiment trop froide.

Nous voici à Búdarðalur, village vite traversé (50 km/h).

Nous bifurquons à gauche par la route en terre 586 pour aller rendre visite à Eiríkur Þordvaldsson, baptisé Eric le Rouge (Eiríkur Rauði) à cause de sa crinière flamboyante.


Une jeune fille costumée comme en l'an 1000 vient nous informer que la maison est ouverte alors que nous nous cultivons en lisant tous les panneaux situés devant le parking.



Elle nous accueille dans la reconstitution de ce qui fut la ferme d'Eric (Eiríksstaðir) et nous cuit une petite galette de blé noir, comme au temps des vikings, sur un feu dans les pierres (alimenté au gaz, chut) et nous explique la vie en ces temps reculés.



J'aime mieux vivre en 2000 qu'en 1000 !!!


Dans cette cahute se trouvent le lit de repos du guerrier recouvert de peaux de moutons, les sièges des invités, des casques et des armes que Jean-Louis revêt sur les conseils de la jeune fille.



Pour les femmes, des ustensiles de cuisine et un métier à tisser complètent l'évocation viking.


Nous repartons en longeant le lac Haukadalsvatn, vert comme on n'en voit peu.



La route 60 s'alanguit dans la large et grasse vallée de la Miða ou paissent moutons, vaches et chevaux.
Quelle différence avec les Vestfirðir !!!

Voici les deux volcans Grábrók que nous avions gravi en 2005.

Peu après Bifrost sur la N1, immense ville composée de grands immeubles abritant des universités, un hôtel et un palais des congrès, ce sont des champs de lave qui remplacent les vertes prairies.

Nous guettons le panneau à gauche indiquant la cascade de Laxfoss (cascade du saumon).

Nous passons devant un chemin sans indication et c'était celui-là !

Demi-tour.


Au bout de 5 à 600 mètres, le chemin s'arrête et nous continuons à pieds par une sente qui se coule au milieu d'une forêt de bouleaux, de saules et de sapins (mais oui…).









Salix alaxensis























Bartsie alpine






















Nous suivons deux pêcheurs équipés de nombreuses cannes.


Nous l'entendons, elle est là, majestueuse, puissante, imposante cette superbe cascade Laxfoss qui charrie les eaux poissonneuses de la Norðurá.



Nous poursuivons notre route qui longe le cours de la Norðurá.

Cachées dans les forêts qui ont bien prospéré depuis 2005, s'entassent les sumarhús, résidences secondaires des habitants de Borgarnes et Reykjavík.

Depuis quatre ans que nous sommes passés, l'Islande a été reboisée et les arbres ont bien grandi.

Bravo aux Islandais pour ce beau travail et bravo à la végétation d'avoir bravé les éléments.


Nous voici à Borgarnes cherchant l'ancienne ferme de Bjarg où nous sommes attendus.

La route n'est pas indiquée venant du nord ou de l'ouest mais nous la trouvons en face du camping en revenant du centre de  Borgarnes. Elle serpente entre deux rangées de lupins.



Nous sommes accueillis par Guðrún qui nous montre rapidement la jolie chambre à quatre lits et s'esquive vite fait.

Direction Bonus pour regarnir la glacière, puis la station Olis pour alimenter notre Jimny.

Nous allons faire un tour jusqu'au port qui a bien changé depuis quatre ans. Tout est neuf, les vieux quartiers ont été abattus laissant place à de nouvelles constructions.

Retour chez Olis où nous dînons d'un délicieux filet de poisson du Djúpifjörður et d'une glace Brynja.

Retour dans notre jolie ferme typique islandaise et promenade au bord du Borgarfjörður aux berges couvertes de lupins.

La lumière chaude si particulière en cette fin de soirée donne aux lupins une teinte irréelle.

 

 

 

  Les chevaux profitent des longues journées.

23h30, le ciel est bleu, soleil brille sur les prairies de Bjarg, mais le vent venu du nord souffle très fort.

Demain, direction le grand sud.

Cette fois, c'est fini, adieu les Vestfirðir.

 

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 14:39

 

 

Vendredi 19 juin 2009


Nous avons bien dormi dans la ferme de Bjarg. Grâce au rideau occultant la nuit fut complète dans la chambre. Quel bonheur depuis 10 jours !!

 
Lors du petit-déjeuner, nous faisons la connaissance de Marie-Josée et Robert, deux Québécois. Nous discutons un bon moment d'Islande, je leur donne des tuyaux pour un prochain voyage. Ils reviendront, c'est sûr…

Le soleil brille, le ciel est bleu, mais le vent souffle fort. Le panneau indique 4°…

La route N°1 est agréable. Des brebis et leurs agneaux broutent, des juments et leur poulain batifolent dans les verts pâturages.

Les sumarhús se cachent dans les bois, les bâtiments des fermes sont fraîchement repeints, colorant de rouge, vert et bleu le paysage.

Pas une voiture.

Tout est serein.

Voici le tunnel d'Akranes.

Le ciel est tellement pur que depuis quelques kilomètres nous apercevons Reykjavík sur l'autre rive du Hvalfjörður.

Nous avons décidé de rejoindre Vík par la route buissonnière.

A Mosfellsbær , sur la route 36 qui mène à Þingvellir.


Les lupins fleurissent les bords de la route et ldans les champs.



Nous sommes vendredi matin, il y a une circulation intense.

D'habitude, nous abordons Þingvellir par le sud, cette fois-ci, ce sera par le nord.

Le parking est archi plein, les véhicules stationnent n'importe où, jusque sur les pelouses.

Des hordes de touristes arrivent par cars entiers.




Þingvellir,

au fond : Þingvallabær
au premier plan : l'hôtel Valhölldétruit en 2009












Faille de l'Almannadja 
 
















Lave cordée










Vite, fuyons cette foule, ce n'est pas mon Islande, ni la sérénité que nous connaissions en ces lieux.

 Nous continuons notre route par la 36 puis nous nous engageons sur la 365 en direction de Laugarvatn (le lac des bains).

En avril, cette route était fermée pour travaux. Elle a été goudronnée sur une première partie puis elle devient chemin gravillonné de plus en plus dégradé. Ça se gâte vraiment dans les derniers kilomètres.

Le décor est superbe.
A l'horizon se profilent le Vatnajökull (le lac du glacier) et le Mýrdalsjökull.

Les autocars et les voitures font lever des tonnes de poussière.

L'enfer.

Heureusement que les paysages sont splendides.

Les routes 37 et 35 sont de bien meilleure qualité.

Le paysage change. Ce ne sont que des sumarhús colorées qui peuplent les flancs boisés des montagnes environnantes.

 


Voici Geysir et ses fourmis multicolores.

Strokkur est bien surveillé !!



Il est un peu fainéant aujourd'hui, nous attendons plus d'1/4 d'heure avant qu'il ne se décidé à cracher. Mais ça valait le coup. Il nous fait un triple geyser suivi instantanément d'un double puis c'est le calme plat durant une bonne dizaine de minutes et il crachote un petit brouillard minable.

 Encore trop de monde.

 
Nous repartons et nous arrêtons à Gullfoss, elle aussi est envahie, et ce n'est pas le week-end !!!

 Toujours aussi éblouissante cette cascade, toujours aussi puissante.

 



Le vent souffle toujours aussi fort.
Direction Selfoss par la route 35.

 Les chevaux gambadent dans ce paysage bucolique.
Encore des sumarhús dissimulés derrière un rideau de sapins et bouleaux.

Qu'elle est belle cette Islande reboisée.

Encore et toujours des lupins.

C'est magnifique.

Selfoss. Nous attendons un bon moment avant de nous insérer dans le flot des voitures sur la N1, puis c'est un grand embouteillage sur le pont.

Le vent est tombé. Les femmes ont sorti leurs habits d'été.

Le thermomètre indique 16° : la canicule…

 Sortis de Selfoss, la circulation se raréfie et c'est tant mieux.
De nombreux hôtels et maisons d'hôtes se sont ouverts depuis notre passage en 2005, d'autres sont en construction.

Le parc hôtelier va s'accroître et nous aurons plus de choix pour nos futurs séjours.

 

Loin devant nous, le Vatnajökull et le Mýrdalsjökull barrent l'horizon, à droite, les îles Vestmann.


Depuis quelques kilomètres, nous apercevons Seljalandsfoss dévaler du sommet des Eyafjöll. Comment ne pas s'y arrêter ?

 Le ciel est bleu magenta, Seljalandsfoss luit au soleil et se termine dans un somptueux arc-en-ciel.

 



Je n'ai jamais vu autant de lupins sur la route N°1 aux abords de la cascade de Skógafoss.



Nous atteignons Vík, son église, ses lupins, ses angéliques, ses trolls et sa plage de sable noir sous le chaud soleil.












Eglise et lupins























Angélique



















Trolls, lupins
et angéliques













Puis c'est le sinistre Mýrdalssandur,  et bien non, il n'est plus sinistre, il a été envahi par les lupins sur plus de vingt kilomètres. Quel changement !!


 On se croirait en Provence dans les champs de lavande.



Dans l'Eldhraun (le feu du champ de lave), quelques touffes laissent présager une colonisation future.


Nous voici à la ferme d'Hunkubakkar, où nous sommes logés dans un petit chalet bien équipé.


Après dîner, nous allons "visiter" Kirkjubæjarklaustur : Jean-Louis veut voir la ville !!!

130 habitants, une station service, 2 hôtels (quand-même), un bistrot, une mini-épicerie, un office de tourisme, une église, la cascade de Systrafoss et le tour est fait.

Je veux voir le pavement que nous n'avions pas trouvé en 2005.

Ce sont les restes de colonnes d'orgues basaltiques arasés par l'érosion glaciaire. Ne subsistent à ras de terre que les sections polygonales qui font penser au sol d'une église. Une légende prétend que les athées qui marchaient sur ce pavement étaient foudroyés sur place.

J'ai essayé, je suis encore là….

Nous le découvrons sur la route 203 en direction de Geirland.



Retour dans notre petit chalet.
La nuit ne va pas être aussi réparatrice qu'à Bjarg, les rideaux sont absents sur la moitié des fenêtres !!!

 

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 00:51

Samedi 20 juin

Ce matin, à 4h, il faisait grand soleil, mais à 9h30, au moment du départ, le ciel est gris.

Jóhanna, notre hôtesse nous informe qu'il risque de pleuvoir cet après-midi.

Jean-Louis qui n'en mène déjà pas large se liquéfie, il n'est plus très enclin pour partir.

Enfin, c'est le départ pour le Lakagígar.


Premier gué, j'enfile mes sandales de mer, attrape mes bâtons de randonnée, marque un repère au niveau du pot d'échappement et me voici partie, bravant les flots. Bazar, c'est froid, même très froid : 4°.
25 centimètres d'eau, nous passons sans problème.



Deuxième gué, bien plus large, beaucoup de courant, l'eau m'arrive aux genoux, bien plus haut que le pot d'échappement.



Je ne trouve pas d'autre passage. J'abdique.

Nous nous donnons une demi-heure pour attendre la venue d'un Islandais qui nous montrera le chemin.

11h, personne.

Nous faisons demi-tour. Deuxième échec du Laki, ça nous fera une bonne occasion pour revenir…

Nous convenons d'aller au parc de Skaftafell pour occuper notre journée.


La vallée du Síða est verdoyante, de grasses prairies où broutent des myriades de moutons sont arrosées de rivières cascadantes, puis ce sont les lichens où quelques rares moutons cherchent pitance.



 
De Núpsstaður à la Skeðará, c'est 25 kilomètres de sandur, noir et angoissant, ponctué de zones recouvertes de lichens.

On se demande ce que les moutons trouvent à manger.
Nous voici à Skaftafell.

Trop de monde au parking, pas une place où se garer. Ça doit être la pagaille en juillet et août…

Nous poursuivons jusqu'au dernier parking où il n'y a personne, c'est pourtant le départ de nombreuses randonnées dont la bergerie de Sel et la cascade de Svartifoss (cascade noire).


Nous voici partis à travers les sous-bois ombragés et fleuris.
 

 



Grassette













Géranium sylvaticum











Gallium












Angélique (jeune)









Vers les années 1950, les fermiers ont planté des peupliers et des sapins qui sont actuellement parmi les plus hauts d'Islande.


Nous croisons d'abord la cascade de Lambhagi,


puis nous arrivons à la bergerie de Sel (sel en islandais veut dire bergerie). Elle a été édifiée au début du XX° siècle et abandonnée en 1946.



Nous progressons dans la lande, ça grimpe et le soleil tape dur derrière les nuages.

Il ne doit pas faire bien chaud là-haut !!!


Une grive mauvis, peu farouche, nous suit un long moment en sautillant et se tourne en tous sens afin de "se faire tirer le portrait !!!

Nous sommes un peu déçus par la cascade de Svartifoss qui rejette moins d'eau que sur les photos. Elle dévale du haut d'orgues basaltiques réguliers qui se sont formés par le refroidissement lent d'une coulée de  lave. L'eau a ensuite brisé la couche de lave et crée ce décor exceptionnel pour cette cascade.



Nous nous disons que nous ne sommes vraiment pas loin de Jokulsarlón et que nous voudrions vérifier s'il y a toujours aussi peu d'icebergs qu'en avril et autant qu'en juin 2005.


Surla route N°1, les lupins ont colonisé les flancs des collines.


Puis c'est l'Öræfi ; la végétation est rase mais permet quand même aux moutons de trouver leur subsistance.

A partir d'Ingólfshöfði, nous trouvons un sol dénudé où le grand labbe veille. Les lupins couvrent les collines.
Nous avons remarqué que depuis quatre ans la végétation s'est énormément développée dans cette région.
Dans quelques années, le Skeiðárarsandur restant aura disparu. La peste bleue aura gagné!!

Les lupins en fleurs enchantent nos visions de l'Islande, en particulier en juin et début juillet.

Les lupins en fleurs enchantent nos visions de l'Islande, en particulier en juin et début juillet.

Cette plante n'appartient pas à la flore naturelle de l'Islande. Ces "lupins nootka" ont été introduits (d'Alaska) en 1945 par le service des "Eaux et Forêts" islandais, dans le but d'enrayer la désertification de certaines zones, notamment dans l'intérieur de l'Islande.

Le lupin est en fait une légumineuse qui a la propriété (grâce à des bactéries qui peuplent ses racines) de fixer dans le sol l'azote de l'air. La plante agit donc comme un agent fertilisant et reconstructeur des sols abîmés, permettant à sa suite la colonisation par d'autres végétaux ...

Sur ces bases, ce sont des milliers d'hectares de lupins qui ont été semés dans de nombreuses régions semi-désertiques du pays. Les lupins ont une résistance extraordinaire aux conditions difficiles, et une propension incroyable à s'étendre et se développer rapidement ...


On pourrait craindre, à ce rythme, que leur développement ne devienne à terme incontrôlable, mais il n'en est rien, car dans la plupart des cas, après avoir rempli leur rôle de réparateur de la nature, les lupins disparaissent d'eux-mêmes entre 15 et 40 ans ...

La plante est cependant tellement dominante que des recherches seront encore nécessaires pour mesurer son impact réel sur la flore islandaise.
Le service des "Eaux et Forêts" islandais ne l'utilise donc qu'avec une certaine prudence, seulement dans des zones où les sols sont extrêmement endommagés et où l'expansion phénoménale de cette plante peut être maîtrisée. Ces dernières années, plusieurs zones de colonisation ont dû être artificiellement détruites car elles gagnaient des territoires de superficie agricole utile.


Le lupin essaime là où on n’a pas du tout besoin de lui et y prend souvent le dessus sur les espèces locales. Il s’étale sur les versants herbeux, accapare les terrasses alluviales et les lits de rivière, il sait même envahir des sous-bois de bouleaux tortueux au point d’étouffer toutes les plantes de petite taille. Pourquoi disparaitrait-il des milieux qu’il a lui-même rejoints, où il a réussi à évincer les plantes d’origine ? Il n’y a pas en Islande de plantes concurrentes de la famille et de la vivacité du lupin, à apprécier une telle variété de milieux, à s’opposer à sa domination. Des campagnes d’arrachage ont montré combien il était résistant. On trouve maintenant des tapis continus de lupins dans toutes les régions du pays, il y a longtemps que l’espèce est hors de contrôle.


Néanmoins, les particuliers conservent la liberté de semer des lupins où bon leur semble. Des fermiers dont les terres sont en partie stériles l'ont fait dans l'espoir d'étendre leurs herbages, et rien ne le leur interdit. Le service des "Eaux et Forêts" islandais envisage de mettre en place une législation plus contraignante pour contrôler les semis de lupins sur les plateaux centraux (à plus de 500 mètres) et - à titre plus général - l'introduction de plantes n'appartenant pas à la flore naturelle de l'Islande.

Les lupins suscitent aussi d'autres formes d'intérêt. Certains herboristes islandais pensent que les racines de la plante contiennent des molécules permettant de stimuler les défenses immunitaires humaines. Des essais privés se seraient montrés intéressants pour limiter les effets secondaires de certaines chimiothérapies.

En attendant, les magnifiques lupins nootka enchantent nos paysages ...

 


Jokulsarlón, nous sommes accueillis par le grand labbe.


Les icebergs bleus, blancs, et noirs sont au rendez-vous ainsi qu'un phoque qui tournoie, plonge, sort la tête et recommence.


 


 

Il y a plus de glace qu'en avril mais beaucoup moins qu'en 2005.


"Maman, les p'tits bateaux ont-ils des jambes ? Mais non, ici ils ont des roues…"



Une grande bande translucide se détache et vogue rapidement vers la mer qui finit par la disloquer.


Nous rentrons par la même route (normal, il n'y en a qu'une seule…)

La brume envahit la lagune de Leirur et engloutit Ingólfshöfði.

Hunkubakkar aussi est dans le brouillard.

Demain, le temps nous permettra-t-il de nous rendre au lac Langisjór ?

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