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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 15:35

Dimanche 19 juin

 

Depuis « cette nuit », c’est pluie et temps bouché. Il fait frisquet.

Si depuis notre arrivée j’étais en polo à manches courtes, il va falloir songer à enfiler un gilet.

Bien calés par le petit déjeuner islandais habituel, nous voici repartis vers de nouvelles découvertes.

Nous retraversons le désert de Skeiðarársandur, toujours aussi noir, toujours aussi déprimant avec en toile de fond la masse du Vatnajökull et nous arrivons à l’intersection qui mène au parc de Skaftafell.

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Sur un parking, les morceaux de tôle froissée rescapés du  jökulhlaup du Grímsvötn de 1996 ressemblent à une sterne prête à prendre son envol.

 

 

 

La fonte des glaces a généré un gigantesque lac dans la caldeira. Sous la pression, la bulle d’eau a explosé, créant un raz-de-marée de trois milliards de mètres cubes de boue et de glace, balayant routes et ponts. La route N°1 fut obstruée par les blocs de glace gros comme des icebergs qui mirent un an à fondre.

La région était aussi isolée qu’avant 1974 jusqu’à la reconstruction des ponts et de la route.

La légende raconte qu’une servante nommée Katla avait passé un pacte avec le Diable. Elle noya un berger qui venait de lui dérober ses culottes de sorcière dans une cuve remplie de lait. Les habitants de Þykvibær puisaient leur lait, asséchant petit à petit  la cuve. Katla put repêcher ses culottes et s’échappa pour se réfugier dans un cratère. Depuis, de gigantesques volutes de lait jaillissent de ce volcan nommé Katla ; ils sont appelés jökulhlaup par les scientifiques.

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Nous effectuons la promenade jusqu’au pied de la langue glaciaire grisâtre du Skatafellsjökull.

 

 

 

 

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Une grive mauvis, pas farouche, nous accompagne quelques instants.

 

 

  

 

 

 

Il pleut à verse, et le lac monte en tourbillonnant en une poignée de secondes.

Nous ramassons de belles pierres vertes dont nous ne connaissons pas le nom.

Dans le centre d’information  du parc national, nous assistons à la projection du film sur l’éruption du Grímsvötn* de 1996.

La pluie battante nous fait renoncer à la balade jusqu’à la bergerie abandonnée de Sel (bergerie) et la cascade de Svartifoss.

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Nous repartons par la route N°1, la pluie s’estompe, et prenons la route en terre menant au pied de la langue  glaciaire  du Svínafellsjökull. 

 

 

 

 Nous continuons en direction du lac de Jökulsárlón.

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Chacun voit dans les replis des contreforts des collines environnantes des figures différentes.

 

 

 

 

 

 

En franchissant le pont sur la  Jökulsà, nous les apercevons, fantomatiques dans la brume, bleus, blancs, turquoises, striés de noir, opalescents, translucides, cristallins, scintillants d’une myriade de paillettes. Ils sont là, en attente de franchir la frontière lac / mer pour leur dernier voyage.

Qui, ils ? Mais les icebergs bien sûr !

Paysage et température arctique.

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Les phoques batifolent à quelques mètres du rivage, les sternes piquent dans la mer telles des torpilles et ressortent avec de petits poissons.

  

 

 

 

Nous déjeunons dans la  voiture, bien au chaud, devant ce spectacle  majestueux.

Le temps est tellement bouché que nous ne distinguons même pas le Breiðamerkurjökull duquel se détachent les icebergs.

Bien couverts car il fait un froid polaire, nous montons dans un drôle de bateau à roues ou une voiture amphibie.

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Le « capitaine » nous équipe de gilet de sauvetage et un zodiac nous accompagne (pour repêcher les imprudents ?). On ne plaisante pas avec la sécurité !!!

 

 

 

 

 Nous partons en croisière au milieu des icebergs aux formes étranges, troués, creusés de grottes, de tunnels.

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De temps à autres, un bruit terrifiant se fait entendre, le glacier se met à « vêler », des pans de glace vive se fissurent et des icebergs de plusieurs dizaines de tonnes s’effondrent dans les eaux du lac.

Parfois, un iceberg se retourne dans un bruit de tonnerre,  pousse ses voisins, et bloque le cheminement vers la mer.

Sachant que 80% de leur masse est immergée, il est plus prudent de ne pas trop s’en approcher, car lorsqu’ils basculent, cela provoque un mini raz-de marée dangereux.

Les icebergs se creusent, s’arrondissent, basculent et se retournent pour conserver leur équilibre et se dédoublent.

L’eau, le soleil et le vent s’improvisent sculpteurs, taillant, ciselant, polissant les icebergs que le froid et le feu ont drapés de turquoise et de noir.

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L’accompagnateur nous passe un morceau de glace, pure, translucide.

Elle date de 1000 à 1500 ans.
Le « capitaine » nous apprend que le lac, né du recul du glacier (100 mètres tous les ans) s’est formé au début du XX° siècle après que des secousses telluriques l’eurent séparé de la mer, dont il est isolé par une moraine.

 

 Selon les géologues, l’accès devrait s’ouvrir dans un proche avenir, entraînant la disparition du lac et de la route.

Le lac a une  profondeur de 50 à 300 mètres.

La glace saturée d'eau liquide fondante devient bleue.

Les stries noires sont dues aux débris de moraine ou aux cendres.
La glace qui emprisonne du phytoplancton (chlorophylle verte) lors de sa formation est verte.

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Après la promenade, nous nous réchauffons avec un bon chocolat chaud accompagné d’une délicieuse gaufre.

Nous passons plus d’une heure à admirer les phoques, les sternes, les blocs dérivant dans le chenal que nous longeons jusqu’à la mer  à la recherche des icebergs en état de sublimation.

La sublimation  est le passage direct de l’état solide à l’état gazeux sous le soleil. Ce phénomène physique engendre un halo de vapeur autour des icebergs.

Mais, vu le temps couvert et le froid polaire, c’est plutôt la congélation que la sublimation !!!

Nous retournons par la route N°1 vers le sud.

Quelques kilomètres après Jökulsárlón, nous bifurquons vers le Fjallsjökull au pied duquel s'étale le lac glaciaire  Breiðárlón.

C’est encore plus fantastique qu’à Jökulsárlón.

Nous sommes seuls à des kilomètres à la ronde, le temps semble s’être arrêté, pas un car, pas un humain, pas un oiseau, que nous pour être émerveillés, éblouis, extasiés devant tous ces icebergs multicolores.

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A regrets, nous quittons ce petit coin de paradis pour retrouver le noir sandur.

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Une jolie cascade (sans nom) qui avait échappé à notre vigilance à l’aller va se perdre dans un océan de lupins.

 

 

 

 

Après avoir traversé l’ Öræfi, nous arrivons à Litla-Hof.

Installés dans notre minuscule chambre, nous attendons le dîner en lisant le livre d’or.

Au menu ce soir : soupe (devinez à quoi ?..... Gagné !!!), filet de lieu, gâteau chantilly.

Comme d’habitude, tout est de qualité et copieux.

 

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Promenade pédestre et vespérale sous une pluie fine vers Hof et sa petite église de tourbe ; une des six restantes en Islande.

Nous ne pouvons pas la visiter car un office s’y déroule.

 

 

 

 

 

* Pour en savoir plus sur le Grímsvötn, consulter la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Géologie.

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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