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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 20:35

Lundi 20 juin

 

Petit déjeuner identique aux précédents.

Temps bouché, une petite bruine fine s’insinue dans les moindres interstices.

 

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Nous visitons l’église de Hof (église) qui date de 1884, sa voûte est peinte bleue et la peinture vert céladon qui orne le fond lui donne un petit air coquet.

Les sièges sont recouverts de velours rouge.

Elle est tellement émouvante, qu’il eût été dommage de ne pas y revenir. Autour, un cimetière envahi par les herbes. Un bénitier en basalte complète le tableau.

 

 

 

 

 

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Nous assistons à de charmantes scènes équines.

 

 

 

 

 

 

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Aujourd’hui, temps fort du voyage, une promenade ornithologique à   Ingólfshöfði.

Malgré de nombreux courriels depuis la France et coups de téléphone depuis l’Islande, nous ne pouvons intégrer la visite de 9h, il va nous falloir attendre  11h.

Un peu avant la station service, nous nous dirigeons vers la lagune de Leirur par un chemin empierré.

Une grande charrette est stationnée et deux voitures patientent.

Nous nous habillons chaudement et le fermier arrive au volant de son tracteur.

Ce n’est pas un vrai fermier, c’est Einar Sigurðsson , un guide de haute montagne qui seconde son père.

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05-char

 

 

 

Nous sommes une vingtaine à prendre place dans la charrette.

Accrochés aux ridelles et à la barre centrale, nous voici partis, d’abord dans le lit de la rivière. Ça chahute, ça cahote, ça brinquebale, il faut bien s’amarrer.

 

 

 

05-lei

 

 

 

 

Puis c’est la traversée de l’immense lagune de sable noir de Leirur.
C’est marée basse, le sable est juste humide.

 

 

 

 

Des cygnes chanteurs*, des oies*, des grands labbes* (Skummur) nous survolent.  

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 L’imposante falaise d’Ingólfshöfði se profile devant nous.

Au bout d’une vingtaine de  minutes, nous arrivons au pied de la colline de sable noir.

 

 

 

 

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Un autre tracteur et sa remorque attendent le groupe précédent.

 

 

 

 

 

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Alors que nous montons, nous croisons le papa d’Einar : Sigurður Bjarnason un fringant septuagénaire barbu à l’allure de vieux loup de mer.

 

 

 

 

 

Il faut gravir cette dune et ne pas se faire doubler par le troisième et le quatrième âge.

Le genou se bloque mais il faut serrer les dents et avancer, aidée par les bâtons de randonnée.

Arrivés, essoufflés, en haut, nous sommes accueillis par le grand labbe qui surveille le nid de Madame.

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La vue est fabuleuse, nous découvrons à perte de vue l’interminable lagune et le Skeiðarársandur sans fin.

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Une stèle commémore l’accostage du premier colon viking : Ingólfur Arnarson  en 874.

 

 

 

 

 

 

 

 Photo : photo.is

 Il perpétua le geste traditionnel de tous les colons arrivant sur une terre inexplorée en lançant à la mer les montants en bois sculpté de son trône qu’il avait transporté depuis sa Norvège natale. Ces sculptures représentant l’effigie des dieux se nommaient « Setstokkar ». Elles étaient précipitées à la mer en vue des côtes et dérivaient jusqu’à ce que les dieux indiquent l’endroit favorable où s’installer. C’est dans la « baie des vapeurs », autrement dit à l’emplacement de l’actuelle Reykjavík qu’elles touchèrent terre.

Einar nous explique que nous sommes sur le territoire de milliers de macareux, grands labbes et sternes qui viennent y nidifier.

Si les macareux* sont débonnaires, le grand labbe* et la sterne* attaquent en piqué et cela ne sert à rien de se baisser, car ils adaptent leur trajectoire immédiatement.

Il faut lever le bras ou le bâton pour les tenir à distance.

Il faut également se méfier des sternes, qui non contentes d’attaquer, lâchent des projectiles liquides,   gras et nauséabonds.

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Nous progressons silencieusement jusqu’au bord de la falaise, et là, ô merveille des merveilles, des myriades de macareux moines*, pas farouches, nous regardent, tournent la tête, posent pour la photo.

 

 

 

05-nid mac

 

 

 

 

 

Nous avançons jusqu’à 1,50m en faisant très attention de ne pas mettre les pieds

dans les trous des nids.

 

 

 

 

 Le bas de la falaise est au moins à 150 m et nous n’avons pas d’ailes !!!

Ils sont tellement rigolos avec leur livrée de maître d’hôtel, leur tête blanche, leur bec triangulaire constitué de plaques cornées rouge-orangé, noir et orange.

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Leur œil rond cerclé de rouge est souligné par un fin sourcil noir interrogateur.

Plongeurs émérites, ils attrapent de petits poissons qu’ils arrivent à maintenir en travers de leur bec, grâce à leur langue. Immobile, je les observe silencieusement, ils m’ont oubliée, je fais partie du paysage.

 

05-mac5  05-mac4

C’est très difficile de quitter ces petits clowns.

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Alors que nous progressons le long de la falaise, nous sommes attaqués par le grand labbe. Vite, nous levons le bâton et il passe au large. Ouf, nous l’avons échappé belle, mais un Allemand de notre groupe n’aura pas cette chance, il gardera une belle cicatrice sur le crâne du passage en rase-motte (car, justement, la motte était absente !!!).

 

 

 

 

 

 

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La femelle (du labbe, pas de l’Allemand) pond deux œufs qui ressemblent à une pomme de terre.

 

 

 

05-bb lab

 

 

 

 

Les poussins sont à même le sol, il faut faire très attention afin de ne pas les écraser, mais le labbe veille et ne nous laisse pas approcher la zone du nid.

 

 

 

 

 

 

05-Labbe-1 05-Labbe-2

Sur l’autre bord de la falaise, encore et toujours des macareux, nous ne nous en plaignons pas, ils sont tellement attendrissants que nous y passons encore un long moment.

05-maca-6-photos.jpg

Quelques guillemots de Brünnich* couvent un œuf vert vers le bas de la falaise.

Un de nos compagnons nous fait profiter de sa longue vue pour les admirer, car ils sont un peu loin.

05-Guillemots 05-oeuf gui

Nous continuons notre balade toujours au milieu des grands labbes *, mais à notre grande déception, nous ne croisons aucune sterne.

Il nous faut maintenant quitter nos amis à plumes et redescendre la dune.

C’est beaucoup plus rapide qu’à l’aller et surtout moins fatiguant.

Nous montons sur la remorque et en avant pour la traversée de la lagune.

Tout le monde est silencieux, avec encore dans les yeux tous ce petit monde ailé que nous venons de déranger.

Merci Einar, ce fut une aventure inoubliable.

 

Nous dévorons une plaque de chocolat pour nous réchauffer.

Dépêchons nous, car nous avons deux heures de retard sur le planning et nous ne voulons pas que le repas de ce soir nous passe sous le nez comme le premier jour.

05-Jokul.JPG

 

 

Arrêt à Jökulsárlón, le Vatnajökull est toujours dans le brouillard.

C’est regrettable, nous ne le verrons pas.

Doucement, les fantômes des géants de glace font leur apparition, perçant l’épais rideau de brume.

C’est marée montante et les petits icebergs sont agglutinés en patientant jusqu’à la renverse.

 

05-Jokul2-copie-1.JPG

 

 

 

 

 

Les gros icebergs coincés dans le chenal sont toujours là, en attente de dégeler un peu pour se frayer un passage vers la mer.

 

 

 

Les sternes sont toujours à l’affût de la nourriture, les phoques (payés par l’office de tourisme ? accomplissent toujours le même circuit.

C’est encore aussi fantasmagorique, mais il nous faut partir.

 

Après bien des tergiversations, nous attaquons la redoutable et redoutée F985.

05-vatn2

 

 

 

 

La brume descend du Vatnajökull.

Au bout de quelques kilomètres, un brouillard épais nous enveloppe, nous avançons tout doucement, cela a un avantage : nous ne voyons pas le bas du précipice.

 

 

 

 

 

Le temps nous semble long, ne nous sommes nous pas trompés de route ? Impossible, il n’y en a qu’une !!

Les rochers surgis du brouillard forment des figures irréelles. Nous nous attendons à voir jaillir des Trolls.

 

 Enfin, une éclaircie, le paysage est grandiose mais le vide fait peur.

La brume revient. Cette route ne finira donc jamais ?

Enfin, le brouillard se déchire, et en haut d’un Blindæð ***nous découvrons un paysage merveilleux, le glacier est blanc, gris, noir, nous sommes sur le Vatnajökull, nous l’avons vaincu !!

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Dire qu’il va falloir redescendre par la même route !!!

Au loin, le refuge.

Arrivés devant les baraquements, nous sommes surpris par l’apparition d’une mariée en longue  robe blanche. Que fait-elle ici ?

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Nous nous promenons à pied sur le glacier car la balade en motoneige ou chenillette est beaucoup trop chère (à partir de 86 €).

 

 

 

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Nicolas part très loin, il veut toucher la glace blanche du Skálafellsjökull.

 

 

  

 

 

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Et c’est reparti pour la descente dans le brouillard. Elle s’effectue sans encombre et dans le silence.

 

 

 

 

 

Parvenus en bas, une plaque de chocolat bien noir vient nous requinquer en magnésium !!

 

Peu après le port de pêche de Höfn se construit une nouvelle route et un tunnel qui éviteront  l’ascension de la côte caillouteuse de la route N°1.

 

Au niveau de Ðjúpivogur, quatre kilomètres d’une terrible route en graviers signalée par Malbik Endar***, nous met les reins en compote et nous ralentit.

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Au bord du Berufjörður, une multitude de cygnes chanteur* glissent gracieusement sur les eaux calmes.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

Des rouleaux de brume s’estompent dans les champs que nous longeons.

Il est très tard, nous avons téléphoné plusieurs fois à l’hôtel Staðarborg qui nous héberge ce soir afin de bien réserver le dîner.

Nous n’avons rien pris depuis le petit déjeuner, hormis le chocolat, et il commence à « faire faim ».

C’est un très vieux monsieur qui nous accueille, nous sommes seuls dans l’hôtel et je pense qu’il aurait préféré que nous n’arrivions jamais.

Bien que selon ses dires il ne soit pas un grand cuisinier, il nous concocte un délicieux repas :

Soupe …. Et non, cette fois ci, c’est aux champignons, poisson, pommes de terre, chou-fleur  mais nous sommes privés de dessert certainement parce que nous sommes arrivés tard !!

Cela me fait mal au cœur de constater qu’à son âge (environ 80 ans  ce monsieur travaille encore

Je l’aide à dresser la table et je débarrasse les plats et les couverts à la fin du repas  Il est très content.

Nous allons à Breiðdalsvík (la large baie)  laver la voiture qui est toute boueuse après l’épisode F985.

En chemin, nous rencontrons un « sheep boy » à cheval qui regroupe brebis et agneaux.

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Nous nous promenons sur la plage et ramassons de belles zéolithes****, mais la bruine se transformant en grosse pluie, nous filons nous camoufler sous la couette.

 

 

 

 

Photo Wikipedia

 

 

 

*        Si vous voulez devenir incollable sur ces oiseaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre oiseaux 

**      Si vous voulez comprendre pourquoi Einar ne porte pas le nom de son Papa, voir  la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre les patronymes  

***     Si vous voulez connaître la signification de ces panneaux, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Conduire en Islande

****   Si vous voulez en savoir plus sur les pierres, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au  chapitre Géologie et volcanisme  

     

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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