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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 23:58

Mercredi 10 juin

 

Nuit d'enfer, je me réveille en sursaut. Il fait grand jour, le soleil brille.

Zut, mon portable n'a pas sonné et nous avons raté le ferry.

Il est 3h15.

Du calme, recouche-toi.

Impossible de me rendormir. Il fait trop jour malgré le store et le rideau.

Dring, c'est au tour du portable de Jean-Louis de sonner.

Encore raté, il est 5h, il a oublié de le mettre à l'heure islandaise.

Attendons que mon portable sonne 6h30.

Je bondis sous la douche car si je ferme les yeux c'est un coup à se rendormir.

7h30, le petit déjeuner copieux nous attend.

Notre hôte a tout préparé ; moins de choix que d'habitude mais c'est parfait.

Direction le port où nous validons les billets que nous avions achetés sur Internet.

Je fais mes emplettes en vue du 17 juin.


C'est le premier jour où le ferry fait escale à Flatey avant de se rendre à Brjánslækur dans les Vestfirðir.

Une vingtaine de voiture embarque sur le Baldur ainsi que de nombreux piétons.




Nous négocions avec le préposé aux billets afin qu'il débarque notre Jimny au terminal de   Brjánslækur car nous nous arrêtons à Flatey pour la journée.

Il est interdit de débarquer les véhicules sur l'île de Flatey (île plate).

Jean-Louis est inquiet : tu laisses nos sacs avec toutes nos affaires, ton passeport, les billets d'avion, les bons d'échange et tous les sous et aussi le ravitaillement, et si on ne retrouvait rien ?

Je suis d'un naturel optimiste et j'ai l'habitude de l'Islande et des Islandais et puis, d'autres l'on fait !!

J'ai confiance.

Dans le parking du ferry, nous avons la surprise de retrouver "notre jeep" louée au mois d'avril.

Le monde islandais est bien petit.

 

La traversée du Breiðafjörður (large fjord) s'effectue sous un beau soleil. Ni tangage, ni roulis.

Sur le pont un vent glacé me serre les tempes.





Avant de débarquer, je prends un pull, une écharpe et des gants, initiative que je regretterai toute la journée.

10h40, le Baldur accoste à Flatey.

Jean-Louis a un dernier regret d'abandonner toutes nos affaires sur le ferry.


Nous laissons la "horde de touristes" (une trentaine…) se disperser et nous nous embusquons pour photographier les chevaliers gambette qui volent autour de nous.



C'est la première fois que je vois des séchoirs ou sèchent des poissons : morues, harengs et autres.





De belles maisons colorées en construction semblent ignorer "la crise".
Ce sont certainement des résidences secondaires car il n'y a pas beaucoup de travail sur l'île à moins de s'adonner au télétravail.

Justement, deux techniciens de Simnin montent une antenne surveillés par trois jeunes femmes photographes montées sur le ferry à Stykkishólmur.



Nous grimpons jusqu'à la petite église en rénovation. Les fresques de 1990 qui ornent le plafond sont superbes, elles évoquent le chasseur de macareux, le coupeur de poisson…







On peut même y voir une fresque représentant Jésus vêtu d'un pull islandais…



Juste à côté, une maisonnette jaune datée de 1864 abrite la bibliothèque. Il ne reste qu'une poignée de livres sur les rayons.



Le cimetière est envahi de pissenlits surdimensionnés.

On ne meurt plus beaucoup ici. Il faut dire que la population est très réduite : deux familles vivent sur Flatey l'hiver et une quinzaine l'été.



A côté de l'hôtel Flatey récemment repeint en rouge, un café tout jaune nous accueille. Les tenanciers attendent le client. Peut-être auront-ils plus de chance avec le ferry qui arrive des Vestfirðir  à 13h15.


Nous continuons notre chemin vers la falaise aux oiseaux en passant devant de coquettes maisons revêtues de chatoyantes couleurs.






Il fait beau et chaud, pas un souffle de vent. Les enfants jouent dans la prairie.

Je suis en polo à manches courtes et j'en ai assez de traîner tous mes affutiaux depuis que je suis descendue du ferry.

Nous nous asseyons au dessus de la colonie de sternes et observons leur manège.

Quelques canards colvert et eiders nagent tranquillement dans la mer.
D'un seul coup, les canards affolés s'envolent suivis par la colonie de sternes qui tournoient. Les canetons files se cacher sous les ailes de leur mère.

Le danger vient du ciel : c'est un aigle majestueux, ou plus exactement un pygargue, qui cherche une proie.


Derrière nous, une brebis course une sterne, plus loin, une sterne course une brebis et ses agneaux qui s'étaient aventurés trop près de son nid posé à même le sol.



En dessous de nous, sur un rocher plat, deux guillemots à miroir prennent le soleil.








Nous continuons notre chemin jusqu'au panneau stop qui nous enjoint de ne pas continuer car c'est la période de nidification. Il ne faut pas déranger les oiseaux.

Nous nous asseyons dans l'herbe au dessus de la falaise et regardons le ballet incessant d'une demie douzaine de macareux qui volent de la falaise à la mer et vice-versa.

Nous sommes bien, le soleil me chauffe le dos, l'air est limpide, on dirait que les côtes neigeuses des Vestfirðir sont à un jet de pierre. Jean-Louis s'endort, bercé par le chant des oiseaux.


Un guillemot à miroir reconnaissable à ses pattes rouges et le triangle blanc sur les ailes se pose à trois mètres de nous. Il reste de longues minutes, se tournant dans tous les sens comme s'il posait. Lorsqu'il lance son cri strident, nous apercevons l'intérieur de son bec encore plus rouge que ses pattes. La gauche est baguée.



C'est l'instant magique de la journée.


16h30, il est temps de rejoindre l'embarcadère.

Nous passons dans une prairie et nous faisons enguirlander par une colonie de chevaliers gambette.



Il faut faire attention à ne pas écraser leurs œufs (nous n'en voyons pas).

De gros sacs contenant des canettes attendent d'être évacués sur le continent.



Le technicien a laissé ses valises sous l'antenne pour reprendre le travail demain.
Quelle confiance !!!


Un chevalier gambette nous souhaite  bon voyage du haut du séchoir à poissons.


17h10, voici enfin le Baldur.



Il décharge une barque, un gros sac et une demi-douzaine de sacs contenant du gravillon.

Les enfants reviennent de Stykkishólmur avec les mamans.

S'ils doivent faire ça tous les jours : 1h30 de bateau matin et soir, quelle fatigue pour ces petits.

Nous nous posons beaucoup de questions sur la vie de ces insulaires : comment sont-ils ravitaillés en eau ?

Pour l'électricité, nous savons. Nous avons discuté avec l'employé de l'usine électrique située juste à côté de l'embarcadère. Ce bâtiment complètement délabré abrite la centrale fonctionnant au diésel.



Pour le téléphone et la télévision, ce sont les antennes et relais hertziens.

Hier soir, à Stykkishólmur, nous avons voulu voir ce qu'il y avait au programme : première chaine : golf, deuxième chaine : golf, troisième, quatrième, cinquième : golf…

Ça ne m'étonne pas que toutes les jeunes femmes soient enceintes ou en charge de bébés…

 

Jean-Louis guette anxieusement le Lieutenant de vaisseau chargé de débarquer la voiture à  Brjánslækur.

Enfin, les clefs du Jimny sont dans sa poche. Si tout va bien, nous retrouverons notre "Chaperon Rouge" sur le port.

Et oui, il est là ; il nous attend sagement garé entre deux gros 4 X 4.

La route 62 qui mène à la ferme de Rauðsdalur est surplombée par une impressionnante montagne dont d'énormes rochers détachés du sommet jonchent les flancs.

A gauche, une étendue de sable ocre rose.

 

Un étrange panneau à l'intersection du chemin qui mène à la ferme de Rauðsdalur expliqué par celui qui se trouve en face : nous sommes chez un réparateur de pneus.





Arrivés à notre hébergement, nous sommes accueillis par une blonde jeune fille qui nous expédie vers les maisons de l'autre côté du chemin.

Elle nous y rejoint, telle une Walkyrie moderne, chevauchant un quad, cheveux et seins au vent.

Nous nous déchaussons et visitons notre petite chambre.

Le salon est immense, nous le partagerons, ainsi que la cuisine, et la salle à manger avec un couple de Danois.

 

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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