Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 17:16

Vendredi 27 Janvier 2006

 

Le grand jour est arrivé, à nous l’Islande et sa féerie hivernale !!!

 

Ici, à Paris, il gèle.

Décollage avec 35 minutes de retard.

L’avion est rempli au quart.

Dès que nous franchissons la couche de nuages nous volons dans un grand ciel bleu et avons l’impression de survoler les montagnes enneigées. Il ne manque que les skieurs et les remontées mécaniques.

Après un vol sans histoire, nous quittons le bleu du ciel pour nous plonger dans la grisaille islandaise.

Nous sommes déçus, nous pensions que la neige recouvrirait le sol, mais étant donné la température,  il ne reste que quelques traces blanches dans les creux.





Nous apercevons les Îles Vestman : Heimey et Surtsey. Pourvu qu’il fasse beau demain pour notre excursion à Heimey.

Il est 16h (heure locale), c’est déjà le crépuscule, mais le thermomètre indique 8°.
Nous rejoignons notre accompagnateur dans le hall.

Surprise, nous pensions nous rendre à Blue Lagoon en autocar, mais c’est une voiture particulière qui nous y conduit. Nous avons l’impression d’être des personnages importants !!!!

Le chauffeur nous dépose et nous indique qu’il viendra nous rechercher dans 1h30.

Heureusement que notre expérience de l’été dernier nous a appris que les Islandais sont honnêtes, car il repart avec tous nos bagages !!!!

Avec tous nos bagages et aussi avec le bon d’échange commun (taxi-Lagoon) qui doit nous donner accès à Blue Lagon ….

Nous expliquons à l’hôtesse et lui montrons la facture de l’agence, elle en fait une photocopie et nous donne notre bracelet électronique. Cela m’étonnerait que cela se soit passé comme ça en France !!!

Surprise lorsque j’arrive dans le vestiaire : Imaginez une salle, au milieu, des bancs, surmontés d’une barre d’où pendent des cintres où sont accrochés des filets ; tout autour, des casiers ; dans cette salle, une ruche de femmes totalement nues qui s’affairent, se déshabillent, se rhabillent, se sèchent les cheveux, papotent ; mais aucune trace de cabine où se dévêtir. (Non Messieurs, il n’y a pas de photo …).

La pudeur, pruderie, voire pudibonderie bien française me retient un instant, toutefois, il va bien falloir faire quelque chose.
Je commence à me déshabiller en me disant: de toutes les façons, tu ne les reverras jamais. J’enfile mon maillot  en me camouflant comme je peux et me rends dans la salle de douche.

Et là, les femmes sous la douche, jusque là silencieuses, commencent à faire des commentaires en me regardant avec insistance.

J’ai commis un crime de lèse-majesté, le maillot ne s’enfile que lorsque vous vous êtes lavés aux endroits stratégiques indiqués par un panneau.


M’en fous, je ne comprends pas plus l’islandais que l’anglais et puis le bruit de l’eau sur les cheveux atténue les quolibets !!!!!!

Une fois les ablutions terminées, je rejoins Nicolas qui lui, s’est déshabillé dans une cabine et s’est douché derrière un rideau. Les Islandais auraient-ils plus de choses à cacher que les Islandaises ?

Nous quittons le hall surchauffé et nous retrouvons dehors où le thermomètre indique 4°.

Vite, plongeons-nous dans le bain chaud. Nous imaginions que l’eau siliceuse était épaisse, mais non, c’est juste une eau extrêmement douce, opalescente, chaude (37-39°), nous avançons, nous avons toujours pied, des têtes glissent à la surface de ce lac de contes de fées dont les contours irréguliers se perdent dans la brume.

 

Nous sommes une cinquantaine à barboter, quelques-uns dégustent un cocktail bleu apporté sur un plateau par un serveur en slip de bain et nœud papillon, c’est surréaliste.

D’autres devisent assis sur des banquettes sous-marines. Cela tient à la fois du forum antique et du Café du Commerce.

Nous supposions que le fond était couvert d’une couche de silice, mais c’est une espèce de granulat fin noir, certainement de la lave concassée.

Des vapeurs fantomatiques montent du lac aux eaux d’un bleu laiteux, moutonnent dans un vent coulis frissonnant, s’effilochent lentement vers les collines de lave vitrifiée.


Nous nous enduisons le visage avec une louche de  silice puisée dans une caisse, ça fait un sérieux nettoyage de peau.



Puis nous allons nous rincer sous l’onde claire d’une cascade, mais le débit est tel que nous imaginons une armée de kinés sadiques nous massant avec le tranchant de la main.

C’est très agréable sur les épaules et sur le dos.





L’eau chaude dénoue les corps, apaise les esprits, réconcilie avec l’univers.

Nous faisons un bref séjour dans les saunas, il y fait bien trop chaud pour moi, l’air est irrespirable.
Dans l’un, c’est la vapeur issue directement du ventre de la terre qui fume, dans

l’autre, c’est l’eau qui goutte sur les pierres chauffées. Vite, retournons dans l’eau tiède (37-39°)…


Un maître-nageur, vêtu d’une combinaison de chantier fluo veille sur les baigneurs.



Dans quinze minutes, notre chauffeur vient nous chercher, il va falloir déjà quitter cette douce torpeur.


Dire que cet été, cela ne nous disait rien de nous baigner, nous avons perdu une occasion de nous faire plaisir.

Douche en maillot et commentaires idoines, mais ayant repéré des WC, je vais m’y habiller. Je ne me fais pas avoir deux fois !!

Notre chauffeur nous conduit à Reykjavík à notre hébergement : la guesthouse Isafold en trente minutes, enfreignant les limites de vitesses (Sarko n’a pas encore exporté nos radars !!!).

Porte close, nous sonnons, frappons, personne. Comble de malchance, le service de nos GSM est indisponible.

Il est déjà 19h, si cela continue, le car qui doit nous conduire à la poursuite des Aurores Boréales va venir nous chercher avant que nous ayons pu entrer dans notre chambre.
Heureusement que la gentille voisine, voyant notre désarroi, téléphone à l’hôtelier qui arrive dix minutes plus tard.























Photo isafoldguesthouse.is


Apparemment, notre hôte nous a oubliés. Notre chambre à deux lits était réservée au RC et il nous propose une chambre à un lit au premier.

Refusant, il nous propose une chambre à deux lits, mais elle est déjà occupée, nous nous retrouvons donc au deuxième.

Sacrée organisation !!!!!

Le temps de sortir nos gants, de nous rendre au 1011 faire quelques emplettes et dîner sur place, il est l’heure où le mini car vient nous chercher.
Nous rejoignons le grand car au terminal du Flybus et attendons les informations de la météo afin de savoir de quel côté nous allons nous diriger pour avoir une chance d’apercevoir des Aurores Boréales.

Toutes les conditions requises sont réunies ce soir : froid, nuit sans lune, ciel clair, mais les météorologues sont assez sceptiques.

Le chauffeur nous indique que nous mettrons environ ½ heure pour sortir de Reykjavík à cause des embouteillages du vendredi soir … Il y a une voiture tous les 200 mètres et nous nous retrouvons à trois aux feux. Il va falloir l’inviter en région parisienne…

L’accompagnatrice nous indique la station Shell qui distribue l’hydrogène aux autobus.















Photo : rtl.fr


Nous nous dirigeons d’abord vers le nord-est, puis les météorologues nous envoient vers le nord, puis  vers le nord-ouest ; nous nous retrouvons dans la campagne, loin de la pollution lumineuse, aux environs de Mosfellbær.
Nous descendons du car dans la neige, il fait frisquet, une incommensurable myriade d’étoiles scintillent au firmament. Nous écarquillons les yeux, le regard rivé vers le nord, mais point d’Aurore.
Au bout d’une demi-heure, nous remontons dans le car et roulons vers le nord.

Nouvel arrêt, nouvelle déception, ce soir, elles ont décidé de ne pas se montrer.

L’accompagnatrice nous sert un délicieux chocolat chaud reconstituant, accompagné d’un beignet islandais, genre « étouffe chrétien ».
Dépités, nous repartons vers Reykjavík.
Arrivés à Mosfellbær, un grand cri de l’accompagnatrice nous fait découvrir une Aurore naissante.

Vite le car se gare sur une aire de tri sélectif, mais qu’importe, le spectacle est là.

Le chauffeur nous fait rapidement remonter afin de nous emmener vers une zone sans pollution  lumineuse.

Arrivés en rase campagne, nous pouvons admirer, enfin, cette immense trace verte qui barre le ciel, ondulant au milieu des étoiles scintillantes, elle embrase la voûte céleste au grand émerveillement de chacun.




















L'aurore que nous
avons observée
ressemblait à
celle-ci




Le silence nous a étonnés. Nous pensions que l'aurore faisait un bruit de soie froissée.
Après une vingtaine de minutes à contempler ce voile luminescent ondoyant dans le ciel, à regret, nous repartons, car il est bien plus de minuit et nous devrions être rentrés depuis longtemps à Reykjavík.

Mille mercis au chauffeur qui, sans se soucier de l’horaire, nous a fait découvrir cette merveille.

Le temps de déposer tous les passagers devant leur hôtel respectif, nous sommes les derniers à descendre à 1h devant la mairie, les yeux encore remplis de cette merveilleuse « Aube du Nord ».

Toutes ces photos sont issues de sites Internet, malheureusement, toutes celles que j’ai prises sont trop  sombres.

 

 

Pour en savoir plus sur les Aurores, consulter l'article : Aurores Boréales

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Valérie 30/11/2009 14:11


Bonjour, recommanderai tu l'Irlande de ton côté? En effet, je suis en train de chercher des idées pour mes vacances... j'ai lu un article ce week-end qui m'a donné des idées sur le blog d'Atrapalo
: http://blog.atrapalo.fr/ou-passerez-vous-lhiver-2009-2010.html mais avant de me décider, je souhaite avoir des avis... alors voila, tes photos sont magnifiques, l'islande a vraiment l'air d'être
une expérience totalement atypique, notamment en plein hiver, aussi, j'attend ton avis! Merci beaucoup et à bientot! Val.


Présentation

  • : Le blog de Myriaðe
  • : Tous mes voyages en Islande
  • Contact

Profil

  • Myriaðe
  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...

Rechercher