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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:07


Samedi 13 juin 2009

 

Petit déjeuner aussi léger que celui d'hier.
Le temps est couvert mais le ciel est bleu au-dessus de Patreksfjörður.

Vingt-trois kilomètres de route 615 et 612 en tape cul nous attendent avant de rejoindre le navire norvégien Garðar.

Nous retournons à Patrek, espérant trouver une boulangerie (utopie) ou une épicerie autre que la station service.

Nous pensions que les deux boutiques repérées hier soir avec un trèfle comme logo et commençant par Spar seraient des épiceries. Que nenni, ce sont des banques.


Nous attaquons la route 63 qui s'élève très vite par une pente à 10% vers les sommets enneigés. Arrivés au col, le cirque grandiose nous barre l'horizon.


Nous descendons vers Tálknafjörður par une pente vertigineuse à 12%.

C'est un très joli village dont toutes les coquettes maisons sont fleuries de tulipes et jonquilles ou décorées de maisonnettes à elfes.



Nous nous arrêtons au café Kaffihús et demandons s'il existe une boulangerie ou une épicerie. Pas de commerce, hormis l'inévitable station-service N1.

Le comptoir du café nous intrigue : des cases fermées comme dans une salle des coffres. Nous demandons à la tenancière s'il s'agit de décoration, mais ce sont bien des boîtes à lettres. Le café fait office d'agence postale ainsi les fermiers des alentours peuvent venir chercher leur courrier à toute heure. A côté, un grand coffre fort. La "bistrotière" délivre également l'argent aux habitants.



En voyant notre carte, la cafetière nous demande d'où nous venons et où nous allons.

Lorsque nous lui indiquons Þingeyri, elle nous dit que c'est là qu'elle a rencontré son mari et qu'elle connaît bien la ferme d'Alviðra où nous sommes attendus ce soir.

Dans le fjord, des bassins d'élevage de crevettes. "L'or rose des fjords". Sur les rives, des arbres, beaucoup d'arbres.

Nous reprenons la route en direction de Bíldudalur. Ça grimpe dur. Superbes vues sur le fjord.

Au sommet des hautes landes de Tunguheiði, encore de la neige.



Les échappées sur l'Arnarfjörður (fjord de l'aigle) et Bíldudalur sont époustouflantes.



Bíldudalur est une petite ville plaisante, mais les maisons sont moins coquettes, les jardins moins soignés qu'à Tálknafjörður.

Nous empruntons la route en terre 619 en direction de Selárdalur, à la pointe de la péninsule.


De jolies maisons entourées d'arbres sont disposées sur les flancs de la falaise ou posées dans la vallée non loin des plages de sable blond.










Hvestudalur




















La petite maison
dans la prairie












A Hringsdalskumlið  des fouilles archéologiques ont débuté suite à la trouvaille d'un fémur humain.

Arrivés à Selárdalur, nous découvrons l'œuvre de Samúel Jónsson. Il a résidé ici jusqu'à son décès en 1969.

Samúel était un passionné du béton armé. Il a passé sa vie à construire une église, une maison, des décors dans ce matériau. Un Picassiette ou facteur Cheval islandais...

L'ensemble est en rénovation depuis plusieurs années et les travaux semblent stoppés.

Dans l'église, on trouve une reproduction de Saint Pierre de Rome.



Dehors, attendant des jours meilleurs, une fontaine aux lions et la représentation naïve de Leif Eriksson apercevant les côtes de la future Amérique qu'il dénommera Vinland.


On découvre également un nourrisseur de phoques et de morse, un cygne et le pignon d'une bâtisse étayé.

Sa maison, ornée d'un chapiteau où sont posés deux lions a été repeinte en rose, blanc et jaune.

Était-ce comme ceci au temps de Samúel ? Celui-ci était amoureux du béton. Toutes ses réalisations sont conçues dans ce matériau.


A l'aller comme au retour, je scrute la mer et chaque rocher : pas de phoque. Si j'ai bien compris ce que me disaient les eiders, il y a une grande cousinade annuelle de phoques à Ytri-Tunga le jour de la fête nationale et comme c'est assez loin, ils sont déjà partis.

Nous déjeunons dans l'herbe épaisse qui jouxte l'église et reprenons la route en terre 619 vers Bíldudalur où nous faisons connaissance avec la pompe à essence Shell automatique. Ça m'énerve, pas moyen de faire le plein, plein. Il faut annoncer avant de se servir la somme.

Donc, il faut connaître la contenance du réservoir, le kilométrage depuis le dernier plein, la consommation de la voiture, l'âge du pompiste (inexistant), savoir faire une règle de trois.

Comme paramètre, il nous manquait juste la contenance du réservoir.

Pour nous remettre de toutes ces émotions (il faut bien se justifier), nous entrons dans la petite épicerie-bistrot-pizzéria-journaux-glacier-pâtissier adjacente. Jean-Louis se régale d'un gâteau à la framboise servi avec un cordage de Chantilly et moi d'une glace Brynja, la meilleure d'Islande (c'est la pub qui l'affirme).

Nous repartons par la route 63 qui se transforme en piste en terre au grand dam de mon mari qui déteste ce revêtement et se traîne à 30/40 km/h.

C'est d'abord le Fossfjörður qui doit son nom à la cascade qui jaillit au fond du fjord, puis c'est le Reykjarfjördur (fjord des vapeurs) où nous guettons la piscine à l'air libre.

Reyka signifie vapeur, donc l'eau doit être chaude.

Elle est tiède : 26°. Après un déshabillage dans la cabane délabrée, je me coule dans l'eau. Le fond est tapissé d'algues glissantes. Je n'aime pas la sensation gluante. Ça ne sent pas le soufre et le tuyau laisse pisser un fin filet d'eau froide. Jean-Louis essaie de tourner la vanne mais c'est rouillé. Je sors rapidement et suis saisie par le froid et le vent glacial. Si ça ne guérit pas ma bronchite, ça m'achèvera.

Rhabillée  plus vite qu'il ne faut pour l'écrire, nous repartons vers les cascades de Dynjandi.


Le troisième sous-fjord se nomme Trostansfjörður, c'est ici que la route quitte les rives du fjord pour s'élever rapidement sur les hauts plateaux où nous attend la neige.



Lorsque je descends (souvent) de la voiture pour photographier, le vent pince les oreilles.

Les panoramas sont tellement extraordinaires ici, que l'on voudrait tout photographier, mais l'image rendue est une pâle représentation de ce que voient les yeux.


Arrivés au-dessus du canyon du quatrième fjord, le Geirþjófsjörður, c'est l'extase, on en prend un sacré coup au cœur.



Ces quatre fjords sont les "quatre doigts" qui composent les Suðurfirðir (les fjords du sud de l'Arnarfjörður).


Nous poursuivons, toujours à petite vitesse, jusqu'aux six chutes de Dynjandi dont la plus imposante se nomme le voile de la mariée.


Il y a beaucoup de monde, nous retrouvons le gros monstre des Suisses que nous avions déjà croisé à Látrabjarg et Sandoddi.



18h45, il est temps de repartir. Nous devrions être arrivés à la ferme d'Alviðra. Comme nos GSM ne fonctionnent pas, impossible de prévenir nos hôtes ; les cabines téléphoniques ne courent pas les rues.

Mon mari met le turbo et c'est à 60 km/h que nous attaquons les "deux derniers doigts" de l'Arnarfjörður : le Dynjandisvogur et le Borgarfjörður.



Vue l'heure avancée, à mon grand regret, nous ne nous arrêtons pas à Hrafnseyri visiter la maison natale et le musée Jón Sigurðsson, ce grand homme politique, héros national islandais.

Il est né ici le 17 juin 1811. Toute sa vie, il s'est battu pacifiquement afin que on pays obtienne son indépendance.

C'était un historien et homme politique qui fut le leader du "mouvement pacifiste pour l'indépendance de l'Islande", alors rattachée au Royaume de Danemark.

Jón avait été élu à l'Alþing en 1844 comme député pour le comté d'Ísafjörður. Il était parvenu à conserver ce siège durant toute sa vie bien qu'il ne soit pas venu à toutes les sessions de l'Alþing. A vrai dire, il vint à treize des dix-sept sessions qui se tinrent durant sa vie. Il se rendit également au Þjóðfundur (Grand rassemblement national) en 1851. Là il a guidé les Islandais dans leur résistance à l'adoption de la Constitution danoise de 1849.

La Constitution ne fut jamais formellement adoptée en Islande, et après des années de lutte, le gouvernement danois octroya à l'Islande, en 1874, une constitution limitée, lui garantissant une large autonomie dans les affaires intérieures.

Le 17 juin, date de son anniversaire, a été choisi par les Islandais pour la proclamation de l'indépendance de la République d'Islande. Cela se passa à Þingvellir le 17 juin 1944, le jour de son 133e anniversaire.
Et depuis, cette date est celle de la fête nationale islandaise.

Il est souvent considéré comme « le Président » (Jón forseti) par les Islandais. La principale raison à cela est qu'il fut, à partir de 1851 président du département de la Hið íslenska bókmenntafélag (Société de littérature islandaise) de Copenhague. Il fut également président de l'Alþing à plusieurs reprises, la première fois en 1849.


Grand virage à droite et nous montons vers les sommets enneigés des "Alpes islandaises".

La côte est rude, nous n'avançons pas vite, les paysages arides et déserts sont splendides. Les vues sur l'Arnarfjörður sont spectaculaires. Arrivés au col d'Hrafnseyrarheiði, des congères nous surprennent. Puis nous plongeons vers le Dýrafjörður par une pente de 15% à la vitesse de 20 km/h.










Hvammsfjall













Les lacets sont très serrés. Bientôt ce sont les lupins et Þingeyri.


Ouf, voici la route 60 goudronnée durant dix-huit kilomètres.

A mi fjord, un pont nous permet de nous exonérer de l'autre moitié du fjord.

Voici la route en terre 624 dont les huit kilomètres sont vite avalés.

A 20h15, nous arrivons à la ferme d'Alviðra. La jeune étudiante qui parle un peu français et connaît Paris nous accueille et nous accompagne à l'annexe où nous serons seuls.



La jeune fille nous déconseille d'aller nous promener en face dans les champs qui bordent le Dýrafjörður car c'est une réserve de nidification.

Un peu plus à droite se trouvent les eiders dont les nids sont signalés par des fanions.


Ainsi, il est facile pour le propriétaire du champ d'aller récolter une partie du duvet que madame eider a arraché de son ventre pour préparer un berceau douillet pour ses petits (les eiderets ?). Le duvet fin et chaud  ainsi vendu pour confectionner le "nec plus ultra" de la couette permettra de mettre "du beurre dans les épinards" ou "de la crème dans le skyr".

Ici, la rhubarbe est gigantesque, tout comme les pissenlits monstrueux. C'est dû à la terre très pauvre en bactéries et en matières organiques ainsi qu'au climat : bien frais en été, bien humide toute l'année, rarement soleil direct et avec angle faible. Je voudrais bien que ma rhubarbe atteigne cette taille. Pour les pissenlits, je me contente de la taille des miens !!!


De la fenêtre de la salle à manger, nous avons une vue superbe sur le fjord et les montagnes.



Minuit et demi, je tente de m'endormir dans cette chambre si claire que je peux lire sans lumière.


Jean-Louis entre et me dit : C'est beau, les sommets enneigés sont roses, où est ton appareil ?



Je marmonne : sur la table, mais la curiosité l'emporte sur l'envie de dormir et je me lève. Ce n'est pas beau, c'est splendide. J'insiste (lourdement) afin que nous allions voir le coucher-lever du soleil à l'église de Sæbol, côté Önundarfjörður, mais il en a assez de la montagne. Nous irons jusqu'au bout de la route au bord du fjord Dýrafjörður et puis c'est tout !!!

Le temps d'enfiler un pantalon et un polo sur mon pyjama et me voici prête à partir.

C'est de plus en plus beau, toute la montagne est rosée ainsi que le ciel au fond du fjord.



Nous laissons la voiture au bord de la route et continuons à pieds par le sentier. La lumière change à chaque instant, c'est, c'est, C'EST… pas de mot pour exprimer une telle beauté.

Dommage que la pointe de Barði nous cache le soleil, nous ne verrons pas le coucher et le lever sur la mer.

Jean-Louis ne regrette pas d'être ressorti. De toute façon, c'est lui qui m'a tirée du lit. Il faut assumer.

2h, nous nous lovons sous la couette.

 

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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