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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 00:22

Mardi 16 juin

 

3h, le soleil est déjà haut sur le Mjóifjörður mais seulement deux petits degrés au thermomètre. Les oiseaux pépient.



C'est difficile de dormir avec ce jour incessant.

Je ne suis pas certaine de m'être rendormie.

9h. Au-revoir petit chalet.

Nous partons par la route en terre 61.

Comme il a plu hier soir, les camions et les voitures ne soulèvent pas de poussière.


Le fjord est calme, pas une risée, un véritable miroir, les sumarhús et les montagnes s'y reflètent. Seul le sillage des canards vient troubler l'onde claire.



Nous nous arrêtons tous les cent mètres pour photographier. A ce rythme, nous ne sommes pas prêts d'arriver à Hólmavík…

Il fait moins beau qu'à 3h, mais la température est montée à 11°.

Cette fois-ci, nous obliquons à droite par la route goudronnée 633 et remontons l'Ísafjörður.

C'est vraiment superbe ces cascades et ces failles profondes qui se reflètent dans les eaux sombres du fjord.



Peu après un terrain d'aviation, la route se sépare. Nous prenons à gauche la route 635 en terre qui permet de rouler à 60 km/h. Du jamais vu…


Les berges de Langadalsströnd abritent des colonies d'eiders et d'oies qui s'envolent dès que nous nous arrêtons.





Oies cendrées







Quelques fermes, églises et sumarhús animent le paysage désertique.

Des brebis et leurs agneaux batifolent dans les grasses prairies entourant les fermes.


Arrive le fjord de Kaldalón (lagune froide).



Il fait tout de suite plus froid.


Les flancs des Lónseyrarfjall sont griffés de mille cascades saignant des fils d'argent scintillants.










Ne dirait-on pas
la carte d'Islande ?











Au fond du fjord, c'est le domaine des oiseaux : cygnes, huîtriers, chevaliers, courlis, sternes, bécassine, lagopèdes…








Cygnes










Bécassine des marais










Courlis Condrieu et huîtrier pie









Huîtrier pie












Lagopède













Pluvier doré










Ils ne doivent pas voir des hordes de touristes tous les jours…

Jean-Louis n'a pas trop envie d'aller se balader vers la moraine glaciaire ; moi qui avais investi dans l'achat de chaussettes doubles pour cette occasion, je les étrennerai un autre jour…

Il n'a pas envie non plus de poursuivre la route jusqu'au bout du bout, la ferme abandonnée de Tyrðilmýri.


Nous montons quelques mètres sur la butte et découvrons des dryades à huit pétales et des bouleaux nains poussant à ras de terre.







Dryades à huit pétales











Bouleau nain










Plus loin, c'est la cardamine et la céraiste qui bravent le froid.





Cardaminopsis petræa et deschampsia alpina











Cerastium arcticum








Nous déjeunons devant la roche basaltique qui rend hommage à Sigvaldi S. Kaldalóns (1841-1946), médecin dans le dans le Nauteyrarhreppur, à l'extrême nord-ouest de l'Islande et compositeur de musique.



Il a séjourné à la ferme appelée Ármulí, près du fjord Kaldalón et prit le nom de celui-ci.



Un couple de chevalier nous gratifie d'un ballet aérien. De toute évidence, nous gênons.



Nous repartons par la même route toujours déserte.

Nous traversons toute la péninsule par la route 61 qui grimpe fortement vers les hautes landes de Steingrimsfjaðarheiði.

Il fait un froid polaire, arctique, sibérien. Bref, il fait très froid.


Le vent souffle et nous plaque contre la voiture lorsque nous descendons photographier les mille lacs en eau libre, enneigés ou gelés.


Nous sommes le 16 juin et il ne doit faire beaucoup plus de 0°.

La hauteur maximale de ces hautes landes est de 352 mètres mais on se croirait en haute montagne.

La descente vertigineuse nous ramène vertes prairies et moutons, cascades et rivières.

Nous abordons maintenant le Steingrímsfjörður et filons vers Hólmavík capitale du Strandir, haut lieu de la sorcellerie.

Avant d'aller visiter le musée, nous décidons de faire le ravitaillement en skyr au petit supermarché situé à côté de la station-service N1 dont les pompes fonctionnent uniquement avec une carte.

Chez Bonus, le skyr est à moins de 100 ISK, ici, à plus de 200 ISK. Je plains les pauvres gens qui n'ont que ce magasin pour faire leurs courses !

Adieu le skyr.

Nous achetons des poires, ça suffira…


Au musée, nous sommes accueillis par un sorcier qui nous donne un guide rédigé en français.

Cela nous permet d'apprendre quelques coutumes pour le moins étranges, par exemple la nécro-culotte ou nábrók : le sorcier dépeçait un cadavre masculin de la taille aux doigts de pieds et enfilait cette peau qui se confondait avec la sienne. Puis il devait voler une pièce à une veuve et là commençait l'histoire…



Lorsque nous sortons, le soleil brille, le ciel est bleu céruléen, la mer bleu turquin.


Au loin, les cimes enneigées de la péninsule de Vatnsnes. C'est somptueux.


Nous nous promenons dans ce charmant village,





et allons déguster une énorme glace-chantilly au café Riis.
Nous poursuivons notre route jusqu'à notre hébergement de Kirkjoból.

C'est un garçon d'une douzaine d'années qui nous reçoit. Ses parents sont absents, ils reviendront demain. Il nous fait visiter et nous indique que c'est sa petite sœur qui s'occupera du petit déjeuner demain matin…

Il y a au moins quatre autres couples avec nous répartis dans deux maisons. C'est une grosse responsabilité pour ces enfants.

Comme il fait beau, nous continuons la route 61, dont une partie est en terre, jusqu'au fond du fjord Kollafjörður.

Nous découvrons l'île de Grímsey (pas l'île aux oiseaux située sur le cercle polaire) qui abritait un élevage de renards arctiques.


Sur la plage, de grands tas de bois flotté bien alignés ; plus loin sur la grève, du bois flotté, en vrac, arrivé depuis peu avec du plastique, des filets et autres cochonneries.


Le bois venu de Sibérie, rendu pratiquement imputrescible par son passage dans l'eau salée depuis toutes ces années est une aubaine pour les découvreurs.

Nous voulons pique-niquer sur les hauteurs, à côté de l'église Kollafjarðarnes mais un vent glacial et violent nous en dissuade.

Ce sera donc dans notre gite.

22h, nous sommes sur la plage à guetter les oiseaux. Ensemble, nous crions : t'as vu la baleine ? en montrant le même endroit. Etait-ce vraiment une baleine ou une vague frappant un écueil ? Nous ne le saurons jamais.

Hormis les eiders et chevaliers habituels, nous avons vu juste un petit guillemot à miroir.

Superbe coucher de soleil.

Le vent se lève, il fait très froid.

Rentrons.


 Les lutins, dans leur petite maison, nous protègerons ce soir...

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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...
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