Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 13:12

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Tout a commencé en Novembre 2002.

Nous revenions de la Réunion et la Fournaise ne nous avait pas fait la joie de se montrer dans toute sa splendeur.

Nicolas étant tombé amoureux des volcans et ayant rapporté 6 kg de laves et scories diverses ,  nous avons cogité pour lui offrir un spectacle assuré ; nous avons d’abord songé à la Sicile , mais il y fait très très chaud , ( nous sommes plutôt Finlande , St Pétersbourg et Danemark )  , c’est alors que nous avons pensé à l’Islande ; ça tombe bien , nous avions le GDR Finlande/Islande 2001 , après une brève lecture , nous nous dîmes que c’était exactement l’endroit qu’il nous fallait : grand spectacle assuré , grands espaces , paysages grandioses , air pur , terres vierges , pas de pollution sonore , oiseaux , flore et faune à foison.

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Le temps passe, on y pense.

Puis on y pense et on y pense.

Puis on y va ?

Puis commencent les interrogations : l’hébergement et l’intendance ? Saura-t-on passer les gués… ?

Nous avons survécu à 15 jours épiques à St Petersburg, cela ne peut pas être pire.

Décembre 2004 : on y va.

 

Janvier 2005 : début de la préparation du voyage.

Comme d’habitude, je commence par consulter les brochures des voyagistes, tout va très très bien, mais les voyagistes sont des professionnels du voyage organisé (heureusement ), mais justement c’est ce «organisé » qui nous chiffonne un peu car nous, ce que nous cherchons, c’est s’exonérer du groupe, s’arrêter lorsque ça nous chante, écouter et observer les oiseaux autant que nous le souhaitons, se balader hors des sentiers battus.

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Puis j’établis mon tableau avec le GDR, tout va très bien.

Puis j’ajoute la colonne du Gallimard, tout va bien.

J’imprime des cartes via Lexilogos et je donne un coup de marqueur sur les sites, mais impossible de « rabouter » les cartes (problème d’échelle).

Ensuite, je commence à naviguer sur Internet et je tombe sur le site des  Gilabert  là, tout va mal, tout se complique car je viens de retomber sur terre, ce n’est pas si simple que je le pensais, nous venons de trouver nos frères, des «  gens vrais » qui ont vécu ce que nous souhaitons vivre et leur formidable récit nous éclaire sur ce qui nous attend vraiment.

On y va ?

On y va, St Petersburg…

Nous achetons la carte au 500 000ème (20 € quand même, c’est la première ligne du budget) et je commence à entourer au crayon les sites qui nous intéressent, mais cela devient vite illisible.

Je file acheter une planche et une boite de punaises.

Je punaise la carte sur la planche.
Les hommes étant partis au ski, j’investis la cuisine, j’étale toute ma documentation, j’imprime le récit des Gilabert, j’ajoute une colonne à mon tableau et je l’imprime.

Munie de l’index de la carte et de mon tableau, je punaise les sites sur la carte, mais ça se corse quand il faut traduire les « Th » par le « P » (Þingvellir), les d par « ð » (Viðimýri)…

Heureusement que les Gilabert ont pris soin de transcrire tous les noms avec le clavier Islandais.

Mon circuit prend forme, mais ça ressemble trop aux voyages aseptisés  des voyagistes et des guides.

Je me plonge dans la saga de Chris et MF Gilabert, je « rosis » les sites inconnus des guides,  je remplis la colonne vierge de mon tableau,

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Je punaise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y en a partout, heureusement que je suis seule.

A présent, il faut remettre le tableau à jour de façon cohérente, faire des étapes,  trouver des hébergements, traduire avec Google car l’anglais n’est pas ma « cup of tea » et traduire la traduction en rigolant.

Tiens, c’est bizarre, mon itinéraire va dans le sens inverse des aiguilles d’une montre alors que tous les voyagistes et les récits de voyages tournent dans le sens opposé.

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Février 2005 

 

Maintenant, je contacte 3 voyagistes Comptoir d'Islande, Island Tours et Nord-Espaces  afin qu’ils m’établissent un devis et qu’ils me confortent dans la faisabilité du projet.

En étudiant le tableau, comme je m’y attendais, il va falloir faire l’impasse sur certaines régions : les Iles Vestmann et la péninsule du Nord-Ouest vont en faire les frais et sûrement Grímsey lorsque nous serons sur place.

Le projet murit, je supprime, j’intervertis, je change les étapes.

Echange de courriels avec les voyagistes.

Je ne pense qu’à ça, je ne rêve que d’Islande quand j’arrive à dormir, car tout bouillonne dans ma tête comme à Hveravellir.

Le grand labbe attaque, vite une parade, un bâton ? (pas pour le taper mais pour le tromper sur la taille de son adversaire) et s’il n’y en avait pas ? J’ai trouvé, il me faut un bâton pliant, genre canne d’aveugle qui me servira aussi pour tester la profondeur des gués. En parlant des gués, ne pas oublier d’emporter  les sandales de mer. Que faire de la bouteille de gaz au retour ? Avec toutes ces questions, il est 2h30 du matin et je n’ai toujours pas dormi et c’est comme ça depuis 2 semaines.

Un petit courriel à Chris et MF et voici quelques réponses à mes questions.

Les insomnies continuent.

Bientôt, je vais me mettre à parler Islandais !!!!

Aujourd’hui, visite aux concessionnaires Suzuki.

 

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 Le Jimny est beaucoup trop petit pour 3, le Grand Vitara 2 portes est à peine plus grand. Pas moyen de trouver un garage qui propose le 5 portes.

  

 Photo Suzuki

 

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Nous allons chez Toyota et là, nous trouvons le RAV4 qui correspond à ce que nous cherchons.

 

 

 

 Photo Toyota

 

 

 

 Rentrés à la maison,  nous faisons établir des devis chez les voyagistes et les loueurs, le Toyota est bien au dessus de nos moyens.  

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Quelques jours plus tard, un Vitara 5 portes est garé vers chez nous, il est aussi grand que le RAV4 et les devis sont plus abordables.

 

 

 

 

 

Photo Suzuki

 

 

 

Le voyage prend forme.

Maintenant, je peaufine l’itinéraire en tendant des fils de couleurs différentes sur la carte suivant les étapes  et je me rends compte que  certaines  sont composées de trop de pistes et que d’autres ne se déroulent que sur la N1.

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », je reprends le guide des hébergements Farmholidays et je redécoupe le voyage.

10 Mars, j’envoie le projet final aux voyagistes et j’attends les devis en B&B et en demi-pension.

Le premier m’appelle une fois, puis me laisse en plan.

Le deuxième m’établit un devis uniquement en B&B.

Le troisième, uniquement en demi-pension.

Le choix est vite fait, 800 € de moins pour celui qui propose la demi-pension, les autres prestations étant identiques.

Le GDR 2005 et le Petit Futé  en mains, je me replonge dans mon tableau.

Jean-Louis s’interroge : Que fait-on s’il y a une éruption ?

Réponse de Nicolas : Comme tout le monde, on ira voir.

JL se demande s’il doit vraiment partir avec deux frappadingues de notre espèce !

Tous les jours, je consulte le site de la météo islandaise : pas brillant, celui  des séismes : pas d’étoile verte, dommage, l’activité sismique est au plus bas, le calme précède-t-il la tempête ? ; celui des conditions de circulation des pistes : ça ne s’ouvre pas vite.

9 juin, YOUPI, la  F35 est ouverte. L’itinéraire de remplacement n’a plus lieu d’être, heureusement, car cela nous aurait fait faire un détour de 450 kilomètres.

Nous attendons avec impatience l’ouverture des F862 (parc de Dettifoss) et F208 (Eldgjá).

Les sacs sont bouclés, sans oublier  maillots de bain, pulls, gants et doudounes (ni la provision de chocolat). Drôles de bagages pour des vacances d’été !!!

Plus la date approche, plus le doute s’installe.

Si j’avais mal préparé les étapes ?

S’il pleuvait sans discontinuer ?

Si nous avions un accident ?

Et si, et si ?

Le ventre se serre, les insomnies reprennent.

Par Myriaðe - Publié dans : La découverte (juin 2005)
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Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 12:16

Jeudi 16 juin, c’est le grand départ.

 

Le soleil brille et chauffe, profitons-en bien, car les conditions météo ne seront peut-être pas les mêmes  les 17 prochains jours !!!!

Décollage à 15h au lieu de 14h15.

Après un vol sans histoire, malgré quelques  turbulences, nous arrivons à Keflavík sous le soleil à 16h (heure locale).

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Depuis les hublots, nous apercevons nos premiers paysages islandais : lupins, lave, toundra arctique, fumées de l’usine géothermique de Blue Lagoon.

 

 

 

 

Après moult tracas dus à une panne informatique et à l’inexpérience d’une stagiaire, nous prenons possession de notre compagnon de route, un 4 X 4 KIA Sportage automatique bleu marine 34890 km au compteur et nous souscrivons à l’assurance complémentaire « Super CDW » (12 000 Kr) qui ne peut être payée qu’en Islande *.

Le temps de passer au bureau de change, car demain, c’est le 17 juin, jour de fête nationale, et nous voilà partis vers notre première étape : la péninsule Reykjanes.

Dès que nous rencontrons le petit cochon rose Bonus à la sortie de l’aéroport, nous nous arrêtons faire nos emplettes. Tout Reykjavík a du se donner rendez-vous ici, il y a autant de monde que dans nos supermarchés une veille de Noël, mais beaucoup moins de caisses.
Quarante minutes d’attente pour payer, ce doit être l’effet 17 juin.

 

Nous reprenons notre route vers Blue Lagoon  (Bláa Lónið)  à travers nos premières laves tourmentées.

  Situé dans un champ de lave (Svartsengi : les champs noirs), dans un décor surréaliste, ce lac, est une piscine d’eau chaude naturelle à 40°,  alimentée par l’usine géothermique campée à proximité.

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Une constante odeur d’œuf pourris nous accueille, elle est due au soufre présent  dans cette eau chaude qui émane de sources captées à 1800 m sous terre et est évacuée vers le lagon après avoir alimenté la centrale et s’être un peu refroidie.

Quelques baigneurs barbotent dans une eau opalescente, certains ont le visage enduit de silice blanchâtre.

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Des volutes de vapeur masquent et dévoilent l’usine, tout cela est un peu irréel et ne nous incite pas à la baignade.

Bleu, d’accord, mais lagon…, rien ici ne nous rappelle les vrais lagons de la Réunion.

Nous sommes Islandais depuis trop peu de temps pour apprécier les bienfaits de la terre qui vit sous nos pieds ….

Nous rejoignons le port de Grindavík par la 43, c’est une bourgade composée de quelques maisons décrépies clairsemées ça et là, présentée dans le Gallimard comme « un pittoresque village de pêcheurs » ; cela doit faire un bout de temps qu’ils n’y sont pas allés !!

Nous continuons sur la 427 (route en terre qui aurait mérité son classement en F)  à vitesse réduite jusqu’à la minuscule église en bois de Krísuvík (Krísuvíkurkirkja), entourée de moutons gambadant dans l’herbe verte. Malheureusement, un imbécile l'a brûlée au nouvel an 2010 pour célébrer la nouvelle année…

 

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Nous poursuivons sur la 42 qui devient de la tôle ondulée après quelques kilomètres de goudron ; ce ne sont que fondrières, graviers, pierres et montagnes russes.

Pas mal pour un baptême de 4 X 4 !!

A droite, la mer bleue et des moutons ; à gauche, des cairns (ou des Trolls ?) et des moutons ; devant : rien ; derrière : rien.

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De Blue Lagoon à Breiðabólstaður (soit 80 km), nous n’avons croisé que trois voitures et des centaines de moutons.

Nous sommes heureux d’arriver sur la 38 goudronnée.

Le bleu lumineux des lupins qui bordent la route illumine la vue magnifique sur le Mont Hekla dans le lointain.

L’odeur d’œufs couvés nous prend à la gorge.

Exténués par ces 105 km de routes défoncées, nous arrivons enfin (à 21h45) à notre ferme de Hjarðarböl.

Et là, pas de bol !!!

Nous avions pris soin de téléphoner à 19h pour donner notre position et le fermier nous avait assuré qu’il gardait notre dîner au chaud. Il a sûrement changé d’idée entre temps, car sur place, il nous a rétorqué qu’après 19h30, ils ne servaient plus.

Après nous être déchaussés (c’est très mal vu de garder ses chaussures à l’intérieur), nous nous  installons dans notre chambre confortable, puis nous  allons à Selfoss dîner dans un snack. Nous ne savions pas ce que contenaient nos assiettes, mais c’était appétissant.

Direction Hveragerði (les jardins chauds) surnommé « la ville des fleurs », haut lieu de la géothermie islandaise.

Dans les zones d’activité volcanique, le magma forme des poches en profondeur ou se répand à la surface par éruptions. Ce sont ces poches de magma qui sont à l’origine des manifestations géothermiques (solfatares, geysers, sources chaudes et marmites de boues bouillonnantes.

Dans les serres poussent tomates, poivrons et concombres dont nous ferons une grande consommation lors de notre séjour.

Dans d’autres serres, sont cultivés pommes, oranges, kiwis et bananes que nous dégusterons en dessert.

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En montant vers le golf, nous faisons connaissance avec notre premier geyser : le Grýla. De loin, nous le voyons cracher à trois ou quatre mètres de hauteur ; lorsque nous sommes devant lui, il nous salue d’un panache d’au moins dix mètres.

Merci. Nicolas est heureux.

 

 

 

 

 

 

  

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Rue Hvernammad ( ?) dans une cavité que nous surnommons « trou du diable » bouillonne et déborde une eau nauséabonde, l’activité est telle, que je n’ose y plonger le thermomètre ; à côté, un micro geyser crachote une eau à 70°.

 

 

Plus loin s‘étiole un jardin mangé à demi par les fumerolles soufrées.

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Au fond de la rivière issue de la captation d’eau chaude poussent des mousses ferrugineuses.

 

 

 

 

 

 

 

Pratiquement à l’angle des rues Hverahlið et Laufskógar, une maison bénéficie d’une source d’eau chaude personnelle. Dans le jardin, un trou béant d’environ quarante mètres carrés  laisse apercevoir une eau frémissante. Il y a quelques années, une fissure vomissant de la vapeur est apparue dans le plancher de la maison. Je crois que j’aurais déménagé !!

Partout  des évents de vapeur jaillissent de la terre.

Le Geyser Ruslahver (ou Önnuhver)  jadis, endormi, servait de poubelle ; en 1947, lors d’un tremblement de terre il se réveilla et recracha toutes les ordures.

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Des lupins, encore des lupins, l’Islande pratique intensivement la lupiniculture **.

 

 

 

 

 

 

 

*   Si vous voulez en savoir plus sur les assurances, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande", au chapitre Conduire en Islande 

** Si vous voulez en savoir plus sur les lupins, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au  chapitre Flore islandaise 

Par Myriaðe - Publié dans : La découverte (juin 2005)
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Mercredi 15 juin 2011 3 15 /06 /Juin /2011 23:50

Vendredi 17 juin, fête nationale.

 

Le soleil a brillé toute « la nuit », difficile de trouver le sommeil, les rideaux sont trop courts en longueur et en largeur !!!

La journée s’annonce radieuse.

Branle-bas de combat, Jean-Louis a perdu son billet d’avion. Après maintes recherches, nous téléphonons à l’agence à Paris pour leur demander conseil.

Pas d’autre issue que de le faire rééditer (à nos frais) par Icelandair le jour de notre départ.

Une idée lumineuse me vient. Et s’il était avec la carte routière donnée par Budget ? Par chance, il y est bien. Téléphone à Paris et grosse rigolade aux dépens de Jean-Louis.

Nous voici repartis après un solide petit déjeuner : thé, café, lait, céréales diverses et variées, pains et beurres de toutes sortes, confitures, yaourts et súrmjolk  ou skyr en version aromatisée (genre de fromage blanc nature ou aux fruits) tomates, concombres, œufs durs, charcuterie, quartiers de pommes et d’oranges (Nous n’avons pas goûté à tout …).

Jean-Louis fatigué par la route cahotante de la veille cède le volant à Nicolas.

Après avoir franchi l’un des plus grands ponts d’Islande qui enjambe le torrent Ölfusa, plein d’essence à Selfoss, c’est férié, il n’y a pas de station à chaque coin de rue et le 4 x 4 est gourmand.

Petite visite aux vieilles maisons du XVIII° siècle à Eyrarbakki (village souvent cité dans « la Cloche d’Islande d’Halldor Laxness ».

Nous récupérons la N1 à Selfoss et nous dirigeons vers le sud.

Les chevaux batifolent et les brebis accompagnées de leurs deux agneaux paissent dans les verdoyantes et grasses prairies que nous traversons.

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Halte sur le pont qui franchit la Markartljót. Au loin, nous découvrons l’archipel des îles Vestmann  (Vestmannaeyar).

 

 

 

Nous laissons la route N°1 et empruntons la 249 qui se dirige vers Þórsmörk.

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Depuis quelques kilomètres,  nous avons remarqué une belle chute qui s’élance du mont Eyjafjall, c’est Seljalandsfoss.

 

 

 

 

 

 

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Haute de 40 mètres, elle se transforme en écume irisée balayée par le vent.

En suivant prudemment le petit sentier glissant, nous pouvons passer derrière sans nous mouiller. C’est féerique.

 

 

 

 

 

 

Nous continuons notre chemin par la F249. C’est notre première vraie route réservée aux 4 X4. Nicolas enclenche la 4H/D* et c’est parti progressivement car il faut amadouer la bête.

Nous nous faisons doubler à toute allure par les énormes 4 X 4  des habitants de Reykjavík venus passer la fin de semaine à la campagne.

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Le paysage est bucolique, des ruisseaux dévalent les pentes moussues, quelques maisons colorées se détachent du vert des flancs des collines.

 

 

 

 

 

Le décor change, le vert fait place aux dégradés de gris.

Nous accélérons un peu l’allure et nous arrêtons dubitativement devant le premier gué.

Pas le temps de se creuser la tête, un 4 X 4 attelé  d’une remorque passe sans ralentir.
Il y a environ dix centimètres d’eau …

Les quatre autres gués se franchissent tout aussi facilement. Il y a suffisamment de circulation  (ce n’est tout de même pas la place de l’Etoile) pour que nous nous fiions aux autres véhicules.

Notre hôte (qui avait consulté le 1777) nous avait conseillé de nous arrêter au niveau de la route piétonne menant à Þórsmörk car l’eau était beaucoup trop haute pour nous pour s’aventurer au delà.

Merci pour ce judicieux conseil, car l’eau arrive au moins jusqu’au moyeu des hautes voitures qui s’y engagent.

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Nous décidons de pousser, à pieds, jusqu’au bord opposé du lac  glaciaire.

Nous admirons les icebergs blancs, bleus, noirs, translucides.

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 Nicolas descend en chercher un fragment et l’expression sucer de la glace prend ici tout son sens.

 

 

 

 

 

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Au bout d’une demi-heure de marche, sous un soleil de plomb (30°), nous rebroussons chemin, car plus nous avançons, plus le glacier recule. Nous n’y arriverons jamais.

 

 

 

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Surprise à notre retour, les Trolls ont profité de notre absence pour nous crever un pneu. Ce n’est pas dû à une pierre coupante, mais à un clou.

Déballage de tout le fourniment.
En 7 minutes, c’est changé et rangé. Si c’était pour Schumacher, il n’y aurait pas de quoi pavoiser, mais là, les hommes sont contents de leur  œuvre.

 

 

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 Ce lagon glaciaire du Gigjökull a totalement disparu sous les cendres lors de l'éruption de l' Eyjafjallajökull en mars 2010...

 

 

 

 

 Il faudra attendre demain pour  faire réparer le pneu, car aujourd'hui c’est férié, et tout est fermé.

Pourvu que nous ne crevions pas une deuxième fois !!

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Déjeuner (à 15h) au pied de la cascade Seljalandsfoss, un petit vent frisquet fait envoler nos provisions.

Le ciel est d’un bleu limpide.

 

 

 

 

Nous poursuivons notre route jusqu’à Skógar, nous longeons une immense plage de sable noir constellée de blocs de lave. A quoi sert une plage, puisque ici, personne n’aurait l’idée de tremper un orteil dans une eau aussi froide ?

Enjolivée par des champs de lupins et deux magnifiques arcs-en-ciel, la cascade de Skógafoss choit de 60m.

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Une légende raconte que sous la chute se trouve le trésor de Þrasi, premier colon d’Islande et que l’on peut voir les reflets de l’or dans les arcs-en-ciel.

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Plus loin, au bout d’une route caillouteuse, se trouve la langue glaciaire de Sólheimajökull née du volcan Katla.

 

 

 

 

 

 

 

 Dans le silence, on entend le clapotis de l’eau sous la glace et le craquement de la glace produit par Nicolas qui vient de s’embourber en traversant pour rapporter un fragment de glace pure !!!

A l’hôtel Dyrhólæy de Brekkur, nous avons l’agréable surprise d’occuper deux chambres.

Le repas est délicieux : soupe d’asperges, saumon, légumes froids (tomate, concombre, poivron, salade), glace vanille. (Tél. : +354 487 1 333 - Fax : +354 487 1 507) 
 

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 Nous projetons de rendre visite au phare de Dyrhólæy par la 218, mais nous devons rebrousser chemin, car c’est clôturé à cause de la nidification jusqu’au 1er juillet.

 

 

 

 

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Dommage, nous ne verrons pas non plus de près les falaises de Renisfjara ni les aiguilles creuses qui évoquent Etretat.

 

 

 

 

 

La violence des flots et des embruns ont creusé une imposante arche dans une coulée de basalte dont les parois abruptes abritent d’importantes colonies de macareux qui, dès l’été venu, bravent la virulence des vents pour y installer leur nid. 

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Par la 215, route bordée de prairies, nous découvrons le village de Reynir et sa charmante église ceinte d’un minuscule cimetière, avant d’arriver à la plage de sable noir de Reynishverfi.

 

 

 

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De gigantesques orgues basaltiques tachetés de blanc abritent quelques macareux et pétrels fulmars.

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Nous poussons jusqu’à Vík ; le distributeur d’essence et le lavage sont en panne.

Le temps se couvre, dommage, car l’église, entourée de lupins est magnifique, nous ne pourrons l’immortaliser.

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Des angéliques bordent le chemin qui mène à la plage.

 

 

 

 

 

Il fait gris, le brouillard tombe, pour nous, le classement dans les 10 premières plus belles plages du monde n’est pas justifié.

Retour à l’hôtel.

Aujourd’hui, pas la moindre fumerolle, aucun effluve nauséabond, pas le plus petit geyser.

Sommes-nous encore en Islande ?

 

 

 

*        Si vous voulez en savoir plus sur la conduite et les routes, voir la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Conduire en Islande

Par Myriaðe - Publié dans : La découverte (juin 2005)
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 23:15

Samedi 18 juin

 

 

Comme Jean-Louis était resté à l’hôtel hier soir, nous retournons à Reynir et Reynishverfi et tombons sur « la Maison de Toutou » et une charmante scène familiale.

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Nous gagnons Vík pour faire réparer le pneu.
Personne au garage, c’est samedi, lendemain de férié.

La prochaine station est à 70 kilomètres.
Un Islandais, voyant notre détresse, appelle le garagiste qui arrive 10 minutes plus tard, il  effectue la réparation pendant que nous retournons avec Nicolas chercher les poches à glace que nous avions oubliées à l’hôtel.

Ils sont très serviables ces Islandais !!!

Le ciel s’étant éclairci, nous pouvons photographier l’église et ses lupins bleu Majorelle.

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Dernier coup d’œil sur la plage de Vík, nous ne changerons pas d’avis à son sujet !!!

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Plein, lavage et départ de Vík à 11h.
Pas question de monter à la faille de l’Eldgjá à cette heure.

Nous avions déjà renoncé à Landmannalaugar car notre hôte nous a indiqué qu’il avait neigé cette nuit et que la route était impraticable.

La route traverse le désert de Mýrdalssandur, steppe désertique à la végétation aride.

 

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 Nous nous arrêtons au monolithe de Hjörleifshöfdi (butte de Hofði), un rocher montagne de 110 mètres de haut.

 

 

 

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La traversée de la Mýrdalssandur est angoissante, les champs de lupins s’espacent, laissant place à une espèce de toundra, puis à un désert de scories noires.

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, le temps est à l’unisson du paysage : couvert, gris, venteux.

Soudain, à gauche, surgit un champ de Trolls, mais non, déception, il s’agit de la ferme de Laufskálavarða, et les cairns ont été édifiés par les touristes à l’aide de pierres déposées par les Ponts et Chaussées locales.

Et la poésie alors ???

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 Le paysage change encore.

Le sable fait place aux roches recouvertes de lichens argentés, c’est le champ de laves de l’Eldhraun (la coulée de feu), né de l’éruption du Lakagigar (la rangée de cratères) en 1783.

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Nous attaquons la piste du Laki (F206), les paysages sont grandioses, la cascade de ???? (merci de m'indiquer le nom :-) ) n’a qu’un faible débit aujourd’hui, mais est impressionnante. On se l’imagine à la fonte des neiges.

Jean-Louis est de plus en plus vert, vert céladon,  assorti aux flancs des montagnes environnantes.

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Au deuxième gué, nous cheminons dans le lit de la rivière.

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Le cinquième gué est très large, après la lecture du panneau, Jean-Louis est décomposé.

Je sors ma « bible ».

 

 

 

 

 

 

 Lecture du chapitre « passage de gué » de Christian  Gilabert.

Lecture des conseils d’un  "pro du gué".

Envoi de cailloux, réflexion, engueulades : « Vous êtes fous, on rebrousse chemin, on ne passera jamais ».

N’ayant rien dit jusqu’alors, je chausse mes sandales de mer, remonte mon pantalon, attrape mon bâton de randonnée marqué d’un repère à la hauteur du pot d’échappement, et, sous les cris d’orfraie de Jean-Louis, j’affronte les flots.

J’avance pas à pas, sondant avec mon bâton.

L’eau est beaucoup moins froide que je l’imaginais.

Un vieux proverbe islandais dit : En Islande, il y a deux sortes de rivières : les rivières à 4 degrés ... et les rivières à moins de 4 degrés ! "

Je pense que 10° est plus près de la vérité, c’est agréable, mais je ne m’y baignerais pas jusqu’au cou …

Il y a environ 20 centimètres d’eau.

Arrivée saine et sauve sur l’autre rive, les hommes s’apprêtent à traverser, lorsqu'arrive un 4 X 4 en sens inverse.

Petite marche arrière pour observer.
Comme prévu, les autochtones ne ralentissent pas et rigolent en voyant ma tenue de pêcheur à la crevette.

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Nous voici repartis au milieu des cratères, des  scories et des cendres.

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 Un petit détour nous permet d’admirer la chute de Fagrifoss.

 

 

 

 

Au douzième gué, très large et impétueux,  j’y retourne. L’eau est toujours à la même température et à la même profondeur.

La piste déserte traverse des déserts de cendres, des zones de cratères ; quelques lacs viennent égayer le paysage lunaire. Superbe panorama sur le Vatnajökull (glacier des eaux).

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La route est de plus en plus défoncée.

 

 

 

 

 

 

Arrivés à l’intersection vers Blágil, nous prenons la décision collégiale de faire demi-tour, car nous avons mis 2h30 pour faire 26 kilomètres et il nous reste 20 kilomètres pour arriver au Laki et 46 kilomètres pour revenir.

Il faut être humble devant la nature et ne pas surestimer ses capacités.

Tant pis, mais ne prenons pas de risques.

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Petit pique-nique pour nous donner des forces.

 

 

 

 

 

 La descente ne nous prend qu’une heure.

Il faut dire que comme il n’a pas plu, nous passons les treize gués « à l’islandaise », sans ralentir.

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Nous arrivons à notre ferme de Hunkubakkar à Kirkjubæjarklaustur (l’église de la ferme du couvent).

 

 

 

 

 

 

Nous ne regrettons pas de ne pas avoir continué.
Après avoir déposé nos bagages dans notre petite chambre rudimentaire mais très propre, (nous n’avons pas eu droit aux bungalows), nous allons laver la voiture. Elle en a bien besoin !!!

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Nous prenons la route circulaire pour arriver à la jolie cascade de Foss.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nicolas s'amuse comme un petit fou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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De l’autre côté de la route, les insolites colonnes basaltiques de Dverghamrar entourent un champ de lave recouvert de lichens.

 

 

 

Nous retournons dîner : soupe aux asperges (encore), côtes de mouton, gâteau à la cannelle et glace à la vanille.

Bien lestés nous effectuons notre sortie vespérale vers l’est.

Après Foss, le paysage est bucolique, dans de vertes prairies pâturent agneaux et brebis, la rivière serpente, mais deux kilomètres  plus loin commence l’enfer ; nous débarquons sur une autre planète.

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Nous sommes dans l’Öræfi.

Jusqu’en 1974, la route s’arrêtait ici et ne se poursuivait qu’à partir de Höfn.

 

 

 

 

 

Pour continuer la route, il fallait faire le tour par l’ouest et le nord ou rallier l’est par la mer.

Des fermiers acheminaient les voyageurs dans leur charrette, et parfois, les sables mouvants absorbaient chevaux, charrette et humains.

Nous arrivons à Núpsstaður et sa ravissante petite église recouverte de tourbe datant du XVII° siècle. A l’intérieur, un magnifique harmonium, paraît-il, toujours en service.

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C’était peut-être la voiture du prêtre !!!

 

 

 

 

Nous traversons le Skeiðarársandur désertique, stérile, noir, déprimant.
Les sables noirs résultent des crues cataclysmiques (jökulhlaup) causées par les éruptions sous-glaciaires des volcans Grímsvötn et Grænalón.

Ne trouvant pas le monument érigé en mémoire des coulées de 1996, nous rebroussons chemin au niveau du pont sur la Gígja.

De nouveau, nettoyage de la voiture à Kirkjubæjarklaustur (prononcer : Kir-kiou-bé-yar-klaos-tur, ce n’est tout de même pas sorcier !) car elle est pratiquement aussi sale qu’à la descente du Laki.

Nous cherchons, en vain, le pavement basaltique de Kirkjugólf (le pavement de l’église).                                                                                           

La légende raconte que lors d’une éruption, un pasteur fit à ses ouailles un sermon hors du commun sur le feu et le soufre (le sermon du feu) pour que cessât cette apocalypse. La coulée de lave s’arrêta juste avant les premières maisons et épargna le village.

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Une chapelle, édifiée sur l’emplacement de l’ancienne église en commémore l’histoire.

 

 

Par Myriaðe - Publié dans : La découverte (juin 2005)
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Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 15:35

Dimanche 19 juin

 

Depuis « cette nuit », c’est pluie et temps bouché. Il fait frisquet.

Si depuis notre arrivée j’étais en polo à manches courtes, il va falloir songer à enfiler un gilet.

Bien calés par le petit déjeuner islandais habituel, nous voici repartis vers de nouvelles découvertes.

Nous retraversons le désert de Skeiðarársandur, toujours aussi noir, toujours aussi déprimant avec en toile de fond la masse du Vatnajökull et nous arrivons à l’intersection qui mène au parc de Skaftafell.

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Sur un parking, les morceaux de tôle froissée rescapés du  jökulhlaup du Grímsvötn de 1996 ressemblent à une sterne prête à prendre son envol.

 

 

 

La fonte des glaces a généré un gigantesque lac dans la caldeira. Sous la pression, la bulle d’eau a explosé, créant un raz-de-marée de trois milliards de mètres cubes de boue et de glace, balayant routes et ponts. La route N°1 fut obstruée par les blocs de glace gros comme des icebergs qui mirent un an à fondre.

La région était aussi isolée qu’avant 1974 jusqu’à la reconstruction des ponts et de la route.

La légende raconte qu’une servante nommée Katla avait passé un pacte avec le Diable. Elle noya un berger qui venait de lui dérober ses culottes de sorcière dans une cuve remplie de lait. Les habitants de Þykvibær puisaient leur lait, asséchant petit à petit  la cuve. Katla put repêcher ses culottes et s’échappa pour se réfugier dans un cratère. Depuis, de gigantesques volutes de lait jaillissent de ce volcan nommé Katla ; ils sont appelés jökulhlaup par les scientifiques.

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Nous effectuons la promenade jusqu’au pied de la langue glaciaire grisâtre du Skatafellsjökull.

 

 

 

 

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Une grive mauvis, pas farouche, nous accompagne quelques instants.

 

 

  

 

 

 

Il pleut à verse, et le lac monte en tourbillonnant en une poignée de secondes.

Nous ramassons de belles pierres vertes dont nous ne connaissons pas le nom.

Dans le centre d’information  du parc national, nous assistons à la projection du film sur l’éruption du Grímsvötn* de 1996.

La pluie battante nous fait renoncer à la balade jusqu’à la bergerie abandonnée de Sel (bergerie) et la cascade de Svartifoss.

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Nous repartons par la route N°1, la pluie s’estompe, et prenons la route en terre menant au pied de la langue  glaciaire  du Svínafellsjökull. 

 

 

 

 Nous continuons en direction du lac de Jökulsárlón.

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Chacun voit dans les replis des contreforts des collines environnantes des figures différentes.

 

 

 

 

 

 

En franchissant le pont sur la  Jökulsà, nous les apercevons, fantomatiques dans la brume, bleus, blancs, turquoises, striés de noir, opalescents, translucides, cristallins, scintillants d’une myriade de paillettes. Ils sont là, en attente de franchir la frontière lac / mer pour leur dernier voyage.

Qui, ils ? Mais les icebergs bien sûr !

Paysage et température arctique.

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Les phoques batifolent à quelques mètres du rivage, les sternes piquent dans la mer telles des torpilles et ressortent avec de petits poissons.

  

 

 

 

Nous déjeunons dans la  voiture, bien au chaud, devant ce spectacle  majestueux.

Le temps est tellement bouché que nous ne distinguons même pas le Breiðamerkurjökull duquel se détachent les icebergs.

Bien couverts car il fait un froid polaire, nous montons dans un drôle de bateau à roues ou une voiture amphibie.

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Le « capitaine » nous équipe de gilet de sauvetage et un zodiac nous accompagne (pour repêcher les imprudents ?). On ne plaisante pas avec la sécurité !!!

 

 

 

 

 Nous partons en croisière au milieu des icebergs aux formes étranges, troués, creusés de grottes, de tunnels.

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De temps à autres, un bruit terrifiant se fait entendre, le glacier se met à « vêler », des pans de glace vive se fissurent et des icebergs de plusieurs dizaines de tonnes s’effondrent dans les eaux du lac.

Parfois, un iceberg se retourne dans un bruit de tonnerre,  pousse ses voisins, et bloque le cheminement vers la mer.

Sachant que 80% de leur masse est immergée, il est plus prudent de ne pas trop s’en approcher, car lorsqu’ils basculent, cela provoque un mini raz-de marée dangereux.

Les icebergs se creusent, s’arrondissent, basculent et se retournent pour conserver leur équilibre et se dédoublent.

L’eau, le soleil et le vent s’improvisent sculpteurs, taillant, ciselant, polissant les icebergs que le froid et le feu ont drapés de turquoise et de noir.

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L’accompagnateur nous passe un morceau de glace, pure, translucide.

Elle date de 1000 à 1500 ans.
Le « capitaine » nous apprend que le lac, né du recul du glacier (100 mètres tous les ans) s’est formé au début du XX° siècle après que des secousses telluriques l’eurent séparé de la mer, dont il est isolé par une moraine.

 

 Selon les géologues, l’accès devrait s’ouvrir dans un proche avenir, entraînant la disparition du lac et de la route.

Le lac a une  profondeur de 50 à 300 mètres.

La glace saturée d'eau liquide fondante devient bleue.

Les stries noires sont dues aux débris de moraine ou aux cendres.
La glace qui emprisonne du phytoplancton (chlorophylle verte) lors de sa formation est verte.

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Après la promenade, nous nous réchauffons avec un bon chocolat chaud accompagné d’une délicieuse gaufre.

Nous passons plus d’une heure à admirer les phoques, les sternes, les blocs dérivant dans le chenal que nous longeons jusqu’à la mer  à la recherche des icebergs en état de sublimation.

La sublimation  est le passage direct de l’état solide à l’état gazeux sous le soleil. Ce phénomène physique engendre un halo de vapeur autour des icebergs.

Mais, vu le temps couvert et le froid polaire, c’est plutôt la congélation que la sublimation !!!

Nous retournons par la route N°1 vers le sud.

Quelques kilomètres après Jökulsárlón, nous bifurquons vers le Fjallsjökull au pied duquel s'étale le lac glaciaire  Breiðárlón.

C’est encore plus fantastique qu’à Jökulsárlón.

Nous sommes seuls à des kilomètres à la ronde, le temps semble s’être arrêté, pas un car, pas un humain, pas un oiseau, que nous pour être émerveillés, éblouis, extasiés devant tous ces icebergs multicolores.

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A regrets, nous quittons ce petit coin de paradis pour retrouver le noir sandur.

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Une jolie cascade (sans nom) qui avait échappé à notre vigilance à l’aller va se perdre dans un océan de lupins.

 

 

 

 

Après avoir traversé l’ Öræfi, nous arrivons à Litla-Hof.

Installés dans notre minuscule chambre, nous attendons le dîner en lisant le livre d’or.

Au menu ce soir : soupe (devinez à quoi ?..... Gagné !!!), filet de lieu, gâteau chantilly.

Comme d’habitude, tout est de qualité et copieux.

 

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Promenade pédestre et vespérale sous une pluie fine vers Hof et sa petite église de tourbe ; une des six restantes en Islande.

Nous ne pouvons pas la visiter car un office s’y déroule.

 

 

 

 

 

* Pour en savoir plus sur le Grímsvötn, consulter la catégorie "Tout ce qu'il faut savoir sur l'Islande" au chapitre Géologie.

Par Myriaðe - Publié dans : La découverte (juin 2005)
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  • Je suis atteinte d'Islandite aigüe, maladie incurable, mais je me soigne par des séjours répétés en Islande, où je me gave de skyr comme mon avatar Skyrgámur...

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